« EFFET » : EMPLOI DANS LES LOCUTIONS

The Guide fédéral de jurilinguistique législative française is a collection of articles dealing exclusively with issues in the drafting of French legislative texts. The very nature of the work causes it to be available in French only.

D'après la plupart des ouvrages de langue, la locution <à l'effet que> est un calque de l'anglais to the effect that[1]. Très répandue, on la trouve même dans nos textes législatifs.

En général, on l'emploie pour introduire une proposition résumant l'essentiel d'une nouvelle, d'une information, d'une disposition. Bien des solutions s'offrent à nous pour la remplacer. Voici quelques façons de s'y prendre avec, comme exemple, la phrase suivante « La nouvelle < à l'effet qu'> il est parti nous a surpris. »

  • Le participe présent suivi d'une proposition subordonnée :

    La nouvelle voulant qu'il soit parti nous a surpris. (D'autres expressions peuvent convenir selon le contexte : portant que, montrant que, établissant que, prouvant que.)

  • Une proposition conjonctive introduite par que :

    La nouvelle qu'il est parti nous a surpris.

  • La préposition selon, suivie d'une proposition relative :

    La nouvelle selon laquelle il est parti nous a surpris.

  • Un complément de nom, ce qui donne une phrase encore plus simple et naturelle :

    La nouvelle de son départ nous a surpris.

Parfois, une reformulation est indiquée et donne un tour bien plus conforme au génie de la langue française. La phrase « Il n'y a aucune indication <à l'effet que> son départ est imminent. » gagne à être reformulée ainsi :

D'après (Selon) les renseignements dont nous disposons, son départ n'est pas imminent.

Autre variante :

Rien n'indique que son départ est imminent.

Remarque

L'expression « à cet effet », qui signifie à cette fin, en vue de cela, dans cette intention, pour cet usage, est parfois utilisée à tort sans antécédent. Dans l'exemple suivant : « L'État membre ne pourra pas participer à l'adoption d'un projet d'amendement ou être pris en compte dans le nombre total des États membres <à cet effet> », l'expression ne renvoie à rien d'explicite dans la phrase et il y aurait lieu de la remplacer par « habiles à voter ».

Sources


[1] Frédelin Leroux fils, dans sa chronique Mots de tête (Actualité terminologique, vol. 33, n0 1), fait bande à part. Il soutient que l'expression est issue du vieux français, mais ne va pas jusqu'à lui donner droit de cité.

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