MONTANT OU SOMME?

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Ces deux termes ont des acceptions différentes; ils ne sont pas interchangeables et ont leurs limites propres.

Un montant est le chiffre auquel s'élève un compte, une somme, un paiement effectué ou envisagé. On commet un anglicisme lorsqu'on parle de «réclamer, payer ou verser un montant». « Montant » ne peut s'employer absolument; il faut préciser : montant des dommages, d'un chèque, d'un versement, d'une dette, etc.

Exemple : 

La somme à payer correspond au montant inscrit à la ligne 224.

Une somme est une quantité d'argent déterminée ou, à tout le moins, qualifiée.

Exemple : 

Une faible somme; dépenser des sommes importantes.

Dans l'exemple ci-après, toutefois, somme est incorrect parce qu'il n'est ni déterminé ni qualifié :

Il est interdit de verser des «sommes» à un parti non enregistré.

En l'occurrence, il vaudrait mieux parler de « fonds ». Voici d'autres termes qui peuvent avantageusement remplacer « somme » ou « montant » selon le contexte :

  • Créance : somme à recevoir
  • Dette : somme due
  • Droit : somme exigée pour l'utilisation d'un service public, l'exercice d'une activité
  • Emprunt : somme empruntée
  • Prêt : somme prêtée
  • Prix : montant de la somme à payer en échange d'un bien ou d'un service

Exemple :  

  • Aucun versement ne peut être accepté avant la date à laquelle la créance est exigible.
  • Le gouverneur en conseil peut, par règlement, fixer les droits à acquitter pour les services fournis aux escompteurs. 
  • Le demandeur doit disposer des fonds nécessaires au financement de son projet.
  • Le prix des services est fixé en fonction du coût réel, majoré des frais généraux et du bénéfice.

En ce qui concerne le terme prix, on trouve dans la législation fédérale un certain nombre d'occurrences de la disposition suivante ou de variantes au même effet :

Le gouverneur en conseil peut, par règlement, fixer le prix à payer pour les services dispensés par l'agence.

Cette formulation semble avoir donné lieu à une certaine confusion entre la somme à payer pour l'obtention de services - qui devrait porter le nom de droit, redevance, etc. - et le prix qui, à l'instar du montant, est un nombre abstrait. C'est dans un sens figuré que doit être comprise l'expression « prix à payer », une interprétation concrète menant à un résultat absurde, qui ressort clairement de l'exemple suivant :

Le demandeur ne paye «aucun prix» relativement au projet mis en chantier avant le […]

Sources

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