Faire des plans - Guide sur les arrangements parentaux après la séparation ou le divorce

Section 3 : Le rôle parental après la séparation — Donnez la priorité à vos enfants

Quand vous et l'autre parent formiez un couple, vos rapports en tant que couple et parents étaient liés. Après votre séparation et votre divorce, vous n'êtes plus dans la relation de couple et vous devez essayer de former une nouvelle relation en tant que coparents.

L'élément principal des relations coparentales est le fait qu'elles se concentrent sur l'intérêt supérieur de l'enfant. Il y a de nombreuses formes de relations coparentales. La nature de votre relation coparentale dépendra de nombreux facteurs, entre autres à quel point vous vous entendez bien avec l'autre parent. Par exemple, des parents sont capables de se rencontrer régulièrement pour discuter de questions concernant les enfants. D'autres trouvent la chose difficile et préfèrent communiquer par courriel et ce, seulement si c'est nécessaire.

Voici quelques-uns des éléments importants d'une relation coparentale :

  • vous et l'autre parent pouvez attendre l'un de l'autre seulement que ce qui a été convenu verbalement ou par écrit;
  • les rencontres entre vous et l'autre parent sont relativement formelles — elles se déroulent dans un endroit neutre (dans un café, par exemple), à une heure précise, et vous avez habituellement une liste de questions dont vous voulez discuter;
  • vous et l'autre parent êtes détachés l'un de l'autre, sur les plans personnel et émotionnel;
  • vous et l'autre parent ne vous communiquez que très peu de renseignements personnels, à moins que ces renseignements aient un lien avec vos rôles de parents.

Le passage d'une relation de couple à une relation coparentale ne se fait pas du jour au lendemain. Vous devrez y investir beaucoup d'énergie. Il pourrait s'écouler un certain temps avant que vous et l'autre parent appreniez à communiquer seulement en tant que coparents.

Parfois, lorsque des parents séparés se disputent au sujet de leurs enfants, il n'est pas vraiment question des enfants. Leurs disputes peuvent porter en réalité sur des choses qui sont survenues lorsqu'ils étaient en couple. Ils peuvent simplement essayer de contrôler l'autre par l'entremise de leurs enfants. Vous devrez essayer de faire la distinction entre les sentiments que vous éprouvez à l'égard de l'autre parent et ceux que vous éprouvez pour vos enfants.

Mise en garde :

Si vous craignez pour votre sécurité, une relation coparentale dans laquelle vous devez travailler en étroite collaboration avec l'autre parent peut poser problème. Dans la section 6, « Situations particulières », vous trouverez des suggestions sur des calendriers parentaux et des façons de prendre des décisions lorsque vous avez des préoccupations en matière de sécurité.

Quelques conseils pour travailler ensemble

Tandis que vous apprenez à être coparent, n'oubliez pas :

  • de vous employer à mettre de côté votre colère et à coopérer pour faire passer en premier les besoins de vos enfants;
  • d'être poli et de traiter l'autre parent avec respect;
  • d'éviter le sarcasme, l'impolitesse et les insultes.

Cela peut être difficile, surtout si vous éprouvez de vifs sentiments négatifs envers l'autre parent. Cependant, si vous traitez l'autre parent avec respect, vous avez plus de chances qu'il écoute ce que vous dites.

Soyez prêt à avoir de franches discussions avec l'autre parent au sujet de vos enfants. Quand vous étiez un couple, vous viviez ensemble et vous pouviez tenir certaines façons de faire pour acquises. Dans une relation coparentale, vous devez être clair au sujet de vos attentes et du partage des responsabilités.

Par exemple, à quelle fréquence allez-vous communiquer l'un avec l'autre? Par téléphone, par courriel ou en personne? Êtes-vous à l'aise d'entrer dans la maison de l'autre quand vous venez reconduire un enfant, ou allez-vous attendre à l'extérieur?

Pensez aux occasions spéciales dans la vie de vos enfants — les anniversaires, les congés spéciaux (p. ex., Noël, Hanoukka, Eid al-Fitr), leur remise de diplômes. Vos enfants vont-ils les apprécier s'ils craignent que leurs parents se disputent ou les fassent sentir coupables de passer du temps avec l'autre parent? Ou ces occasions spéciales sont-elles plus significatives pour vos enfants si vous et l'autre parent pouvez mettre de côté vos différends et mettre au point un plan qui accorde la priorité à vos enfants?

Vous n'avez pas besoin d'être ami avec l'autre parent, mais vous devez trouver une façon de travailler ensemble comme parents dans l'intérêt de vos enfants.

De nombreux professionnels peuvent vous aider à travailler sur votre relation coparentale. Des conseillers, un médiateur et un conseiller parental peuvent vous aider à trouver de nouvelles façons d'être parents ensemble.

Améliorer vos techniques de communication avec l'autre parent

L'apprentissage de techniques de communication positive peut vous aider à régler des problèmes relatifs aux rôles parentaux. Voici quelques suggestions pour vous aider à communiquer.

Préparez-vous

Parfois lorsque nous sommes inquiets ou stressés, il nous est difficile de nous souvenir de tout ce que nous voulons dire. Si vous voulez parler à l'autre parent de sujets importants, essayez de noter vos idées point par point. Cette pratique peut aussi vous aider à bien réfléchir aux différents points.

Écoutez

Écouter semble facile, mais parfois, nous commençons à parler avant même d'avoir écouté ce que l'autre personne a à dire. L'autre personne peut ainsi avoir l'impression de ne pas avoir été entendue. Cela peut aussi créer des malentendus.

Lorsque vous avez été un couple, il peut parfois être très facile de sauter aux conclusions sur ce que l'autre va dire, en vous basant sur vos expériences passées. Il peut aussi être très facile de « jouer sur les points sensibles de l'autre ». Il est important de prendre du recul et de mettre vos idées préconçues de côté.

Essayez d'écouter objectivement ce que l'autre parent dit — pas ce que vous pensez qu'il va dire.

Essayez d'écouter tout ce que l'autre parent dit avant :

  • de décider de la façon dont vous allez réagir;
  • de commencer à parler.
Utilisez le « je »

Vous pouvez faire des phrases en utilisant le « je » pour exprimer vos besoins et vos sentiments sur un point. Elles peuvent vous aider à vous concentrer sur votre vision des choses au lieu de blâmer l'autre parent. Voici un exemple de phrase où on utilise le « je » :

Je suis vraiment triste parce que Sarah me dit qu'elle s'ennuie de moi. Selon l'horaire, nous nous voyons les mercredis, mais ces temps-ci, je travaille souvent ces jours-là. J'aimerais que nous cherchions ensemble une solution à ce problème.

Évitez les phrases au « tu » qui mettent l'accent sur ce que l'autre parent a fait de mal, selon vous.

Tu ne me laisses pas voir Sarah quand je veux.

Les phrases au « tu » peuvent mettre l'autre parent sur la défensive et compliquer la recherche de solutions.

Reformuler

Le fait de reformuler ou de répéter ce que vous croyez que l'autre parent a dit peut vous aider à communiquer.

Cette pratique montre que vous êtes à l'écoute. Elle peut aussi montrer que vous avez compris ce que l'autre parent a dit. En reformulant, vous n'exprimez pas forcément votre accord avec l'autre parent mais plutôt le fait que vous l'avez entendu.

Voici à quoi ressemblerait une reformulation :

Si je te comprends bien, tu aimerais passer plus de temps avec Sarah, mais c'est difficile pour toi les mercredis parce que tu travailles souvent. Tu aimerais que nous trouvions une solution qui tiendrait compte de ton horaire de travail.

Concentrez-vous sur votre enfant

Une fois que tout le monde a été entendu et que vous avez cerné le problème, il est important que vous travailliez tous deux à trouver une solution.

Les discussions devraient être axées sur les besoins de vos enfants et sur ce qui est le mieux pour eux. Comment pouvez-vous satisfaire à leurs besoins? Vous devez aussi être pratiques et réalistes. Par exemple, quand vous parlez du calendrier parental, vous devez tenir compte de questions comme l'horaire de travail de chaque parent et les options concernant le transport.

Le fait de vous concentrer sur les besoins de vos enfants peut aider à détourner l'attention de ce que chaque parent « veut » ou « abandonne ». Cela peut signifier qu'au bout du compte, l'arrangement peut être moins commode pour vous, mais il est important de faire ce qui convient le mieux à vos enfants.

Voici à quoi ressemblerait une discussion où l'accent est mis sur vos enfants :

Je sais que Sarah s'ennuie de toi. Examinons l'horaire des activités de Sarah pour voir s'il y a une façon de faire en sorte qu'elle te voie plus souvent.

Il serait utile que vous et l'autre parent vous encouragiez mutuellement à proposer des solutions. Il sera plus facile pour vous deux de vous entendre sur une décision à laquelle vous avez tous deux activement participé.

Voici à quoi ressemble une invitation à fournir plus d'une solution :

Comment crois-tu que nous pourrions organiser l'horaire afin que Sarah te voie plus souvent?

ou

Que vois-tu comme options pour que je puisse passer plus de temps avec Sarah?

Lorsque vous ne pouvez pas communiquer en personne

S'il y a encore beaucoup de conflits entre vous et l'autre parent, vous n'êtes peut-être pas capable de discuter de certains points en personne. Vous pourriez plutôt communiquer :

  • par courriel. Cela vous permet de réfléchir à votre réponse avant de l'envoyer. Si vous discutez d'un point qui pourrait engendrer une dispute, il peut être utile de rédiger un brouillon de votre courriel et de le laisser de côté avant de l'envoyer. Un courriel peut aussi servir de compte rendu des ententes que vous avez prises, et vous pourrez vous y reporter au besoin. Consultez l'annexe B, « Étiquette du courriel pour les parents qui se séparent ou divorcent », pour obtenir quelques conseils sur l'utilisation du courriel pour communiquer;
  • avec l'aide d'un professionnel, comme un médiateur ou un conseiller.

Protégez vos enfants des conflits

L'une des choses les plus importantes que vous pouvez faire pour vos enfants consiste à les protéger des conflits entre vous et l'autre parent. Les études montrent clairement que le minimum de conflits entre les parents est essentiel au bien-être des enfants après la séparation ou le divorce. Cela signifie que vous et l’autre parent devriez vous traiter avec respect devant vos enfants.

Les conflits créent un climat de tension qui peut être néfaste pour les enfants. C'est vrai même s'il n'y a pas de violence physique ou psychologique.

Si le conflit perdure, il peut être une source de stress, de crainte et de problèmes psychologiques et comportementaux chez les enfants. Entre autres choses, des études révèlent que les conflits entre les parents peuvent avoir une incidence sur :

  • la réussite scolaire des enfants;
  • la santé physique et émotionnelle des enfants;
  • les interactions sociales des enfants — avec vous, les autres membres de la famille, leurs amis, et même avec leurs propres conjoints, plus tard.

Les parents donnent aussi un mauvais exemple à leurs enfants s'ils entretiennent le conflit entre eux. Cela ne leur montre pas à régler des désaccords de façon saine. Voici certaines choses que vous devriez garder à l'esprit.

  • Ne vous disputez pas devant vos enfants.
  • Ne vous disputez pas là où vos enfants pourraient vous entendre.
  • Ne demandez pas aux enfants de transmettre des messages à l'autre parent.
  • N'essayez pas de punir l'autre parent :
    • en lui refusant de passer du temps avec les enfants;
    • en refusant que les enfants passent du temps dans sa famille élargie;
    • en ne payant pas la pension alimentaire pour enfants.
  • Ne demandez pas à vos enfants de prendre pour vous contre l'autre parent.
  • Ne laissez pas traîner les documents juridiques là où vos enfants pourraient les voir.
  • Ne parlez pas à vos enfants de vos problèmes avec l'autre parent.
  • N'utilisez pas vos enfants comme une source de soutien affectif.
  • Ne punissez pas vos enfants s'ils se sont mal comportés en les empêchant de voir l'autre parent.

Si vous et l'autre parent ne vous entendez pas sur un point, par exemple l'horaire des vacances des enfants, n'en parlez pas devant eux. Prévoyez plutôt un moment où vous et l'autre parent pourrez en parler au téléphone, ou convenez de communiquer par courriel. Si vous n'arrivez pas à régler le différend de cette façon, vous pourriez souhaiter demander l'aide d'un conseiller, d'un médiateur, d'un aîné, d'un guide spirituel ou d'un avocat.

Nicolas entre les deux

Nicolas avait l'estomac noué en écoutant ses parents se disputer. Le ton de la discussion montait, et il savait qu'elle allait dégénérer encore une fois en un affrontement total d'une minute à l'autre. Il a fermé la porte de sa chambre et a monté le volume de sa musique.

Aussi loin que remontaient ses souvenirs, ses parents se disputaient. Ils s'étaient disputés avant le divorce. Ils ont continué à le faire après le divorce. Ils se disputaient au sujet de choses aussi banales que l'heure du coucher de Nicolas. Ils se disputaient au sujet de choses importantes comme qui devait payer une pension alimentaire pour enfants.

Le pire, c'est qu'ils se disputaient sans cesse devant Nicolas. Ils se disputaient sur le perron lorsque l'un ou l'autre venait chercher Nicolas. Ils se disputaient au téléphone alors qu'il essayait de dormir. Une fois, ils se sont même disputés pendant le spectacle à son école! Nicolas avait eu honte devant les autres enfants, leurs parents et ses professeurs. Il lui avait fallu beaucoup de temps pour leur pardonner cette fois-là, mais cela n'avait rien changé. Ils ont simplement continué à se disputer.

Nicolas était convaincu qu'il était la raison de leurs disputes. Après tout, ils se disputaient toujours à son sujet : où il allait coucher ce soir-là, qui devait payer ses cours de piano et qui allait le conduire à l'école. Quoi d'autre pouvait être à l'origine de ces disputes? Il n'arrivait pas à se concentrer à l'école et il avait perdu tout intérêt pour le piano. Il n'invitait plus ses amis chez lui parce qu'il craignait qu'ils entendent ses parents se disputer à tue-tête. Donc, il passait le plus clair de son temps dans sa chambre — seul.

Monsieur Dupuis, le professeur favori de Nicolas, avait remarqué qu'il semblait malheureux et que ses notes baissaient. Un jour, il a demandé à Nicolas si celui-ci aimerait lui parler de quoi que ce soit. Nicolas était si heureux d'avoir quelqu'un d'autre que ses parents à qui parler que sans même s'en rendre compte, il avait tout dit à Monsieur Dupuis des disputes de ses parents et des sentiments que cela engendrait chez lui.

Avec la permission de Nicolas, Monsieur Dupuis a appelé ses deux parents. Il leur a expliqué que Nicolas se sentait responsable de leurs disputes et que cela le touchait. Les parents de Nicolas ont trouvé difficile d'entendre l'effet que leur comportement avait sur leur fils, mais ils ont commencé à réaliser que les choses devaient changer.

Plus tard la même semaine, son père a décidé d'appeler le conseiller familial que son médecin lui avait recommandé lorsque lui et la mère de Nicolas s'étaient séparés. Le père de Nicolas y est d'abord allé seul, mais après deux ou trois séances, le conseiller l'a encouragé à demander à la mère de Nicolas d'y participer. La mère de Nicolas craignait que la séance de counseling se transforme en une nouvelle dispute, mais elle croyait qu'elle devait essayer pour l'amour de Nicolas.

Même si ça n'a pas été facile, ils ont rencontré le conseiller à quelques reprises et ils en sont ressortis avec des façons de garder Nicolas à l'écart de leurs conflits. Ils ont convenu que peu importe à quel point ils pouvaient être en colère l'un contre l'autre, leur amour pour Nicolas était plus fort que tout et ils devaient lui accorder la priorité. Ils ont décidé qu'en cas de problème, ils communiqueraient par courriel ou ils rencontraient le conseiller de nouveau pour le régler.

Après ces rencontres avec le conseiller, les parents de Nicolas se sont assis avec leur fils et ils lui ont expliqué qu'il n'était pas responsable de leur divorce. Ils se sont excusés de s'être disputés devant lui et lui ont dit qu'ils croyaient tous deux que ce serait peut-être une bonne idée qu'il parle à un conseiller de ses sentiments.

Nicolas s'est senti soulagé de savoir qu'il n'aurait plus à les entendre se disputer. Il était sûr que les choses allaient s'améliorer.

Les jeux auxquels les parents jouent parfois

Les parents mêlent parfois leurs enfants à leurs conflits sans s'en apercevoir. Vous avez peut-être entendu parler de parents en processus de séparation qui utilisent leurs enfants l'un contre l'autre.

Les enfants doivent déjà s'adapter à de nombreux changements. Ils n'ont pas besoin d'être mêlés aux conflits entre leurs parents, même si leurs parents n'ont pas toujours l'intention de le faire. Les parents qui agissent ainsi sont habituellement en colère ou ont l'impression qu'ils ne peuvent pas communiquer avec l'autre parent. Peu importe les raisons pour lesquelles les parents le font, ce comportement peut être néfaste pour leurs enfants.

Vous ne voulez pas mettre vos enfants au cœur de votre conflit. Voici donc quelques exemples des comportements que vous devriez éviter.

L'enfant vu comme « l'enjeu »

Dans des situations de conflit, l'un des parents peut essayer de « gagner » en amenant un enfant de son « côté ». « L'enjeu » est d'amener l'enfant à croire que ce parent a « raison » et que l'autre parent a « tort ». Un parent pourrait en dire trop à l'enfant sur les causes du divorce, ou faire des commentaires désobligeants sur l'autre parent.

Il n'y a pas de gagnant lorsque des enfants sont blessés. Au fil du temps, les enfants peuvent se fâcher contre le parent qui avait « gagné » en premier. En vieillissant, à mesure que les enfants comprennent mieux ce qui s'est passé, ils peuvent sentir qu'ils ont été manipulés.

L'enfant comme « monnaie d'échange »

Un parent peut parfois menacer l'autre parent pour amener ce dernier à se comporter d'une certaine façon.

  • Si tu ne paies pas la pension alimentaire pour enfants que tu dois payer, je ne te laisserai pas les voir.
  • Si tu ne me dis pas ce que tu fais de l'argent que je te donne, je vais arrêter de payer la pension alimentaire pour enfants.
  • Si tu n'arrêtes pas de fréquenter Pat, je ne te laisserai pas voir les enfants aussi souvent.

Lorsque des parents agissent de cette façon, ils mettent probablement l'accent sur leur relation l'un avec l'autre et non sur leurs enfants.

L'enfant comme messager

Parfois, des parents ne se parlent pas directement. Ils peuvent envoyer plutôt des messages par leurs enfants.

  • Tu diras à ton père que lorsque tu es chez lui, tu dois faire tes devoirs.
  • Tu diras à ta mère qu'il vaudrait mieux que son avocat cesse de m'appeler!

Dans de telles situations, les enfants sont pris au cœur du conflit et ils peuvent se sentir stressés et angoissés. Vous devez communiquer plutôt directement avec l'autre parent sur tout ce qui concerne le rôle parental. Essayez de ne pas faire jouer à vos enfants le rôle d'intermédiaires.

Monica la messagère

Anika et Ramesh refusaient de se parler directement.

Ainsi, lorsqu'Anika avait un message à transmettre à Ramesh, elle le donnait à leur fille de 12 ans, Monica.

« Dis à ton père qu'il doit payer la moitié de ta sortie scolaire. »

Ramesh faisait la même chose.

« Dis à ta mère de ne pas te laisser te coucher trop tard les soirs de semaine. »

Les choses devenaient parfois très compliquées…

« Si ton père ne veut pas passer te prendre les vendredis, il doit commencer à te conduire à l'école les mardis et les mercredis une semaine sur deux. »

Monica a fini par s'embrouiller et à en avoir assez. Parfois sa mère ou son père se fâchait lorsqu'elle transmettait le message. Elle détestait être chargée de cette tâche. Elle avait l'impression que ses parents se fâchaient contre elle. Elle était trop jeune pour prendre cette responsabilité. Que connaissait-elle des questions d'argent et d'horaire? Qu'arriverait-il si elle oubliait quelque chose d'important?

Un jour, alors qu'Anika demandait à Monica de donner un message à son père, Monica lui a crié : « Pourquoi ne le dis-tu pas à papa toi-même? C'est toi l'adulte! »

Anika était consternée. Elle croyait que Monica vivait bien avec la situation. Elle s'était peut-être trompée à ce sujet.

Il lui a fallu toute la journée pour trouver le courage de le faire, mais Anika a envoyé un courriel à Ramesh ce soir-là. Elle lui a expliqué ce qui s'était produit, en lui suggérant qu'ils devaient se parler directement au lieu de passer par Monica.

À la lecture du courriel d'Anika, Ramesh s'est senti coupable. Il a pris conscience qu'ils avaient fait passer leurs propres sentiments avant ceux de leur fille. Ramesh a convenu qu'ils devaient faire passer les intérêts de Monica en premier, même s'il leur était plus difficile de communiquer directement.

Ils ont programmé une conversation téléphonique aux deux semaines au cours de laquelle ils parleraient seulement de Monica et dans l'intervalle, ils communiqueraient par courriel au besoin.

Ce sera encore difficile pour eux de communiquer, mais cela ne devrait pas être difficile pour Monica.

Jouer à l'espion

Parfois, un parent peut poser beaucoup de questions à son enfant au sujet de l'autre parent.

  • Est-ce que ta mère a un petit ami? Passe-t-il toute la nuit à la maison?
  • Ton père a-t-il acheté une nouvelle auto?

Ce type d'interrogations met les enfants dans une position difficile. Ils ne veulent pas avoir l'impression de parler dans le dos de l'autre parent. Ces questions peuvent aussi dérouter les enfants. Elles peuvent amener les enfants à se demander si le parent fait quelque chose de mal. Par ailleurs, l'information que les parents obtiennent ainsi est souvent peu fiable.

Il est normal d'être curieux, mais vous devez prendre soin de ne pas pousser vos enfants à sentir qu'ils « dénoncent » maman ou papa.

Le piège de l'espionnage

Patrick se sentait mal de révéler la vérité à son père.

« Eh bien? Ta mère a-t-elle un nouveau petit ami ou quoi? Je veux simplement le savoir », disait le père de Patrick.

Le père de Patrick lui posait beaucoup de questions au sujet de sa mère. Il lui demandait si elle avait acheté de nouveaux meubles avec « son » argent, si elle rentrait tard le soir et quel genre d'amis venaient à la maison. Il posait beaucoup de questions, même des questions dont Patrick ne connaissait pas la réponse.

Patrick ne voulait rien dire cette fois-là parce que sa mère lui avait demandé de ne rien dire. Il ne voulait pas rompre la promesse qu'il avait faite à sa mère, mais il ne voulait pas mentir à son père. De toute façon, ses parents étaient divorcés, alors pourquoi son père voulait-il savoir tout ça?

Patrick aimait son père, mais il se sentait pris entre les deux. Pourquoi son père ne voyait-il pas à quel point la situation le perturbait?

Parent Disneyland

Bien sûr, les parents s'inquiètent de l'effet que la séparation ou le divorce peut avoir sur leurs enfants. Un parent peut parfois essayer de compenser pour le divorce ou de montrer qu'il aime ses enfants :

  • en leur achetant des cadeaux dispendieux;
  • en les amenant en vacances ou en faisant des activités spéciales avec eux;
  • en ne les obligeant pas à faire leurs tâches;
  • en ne leur imposant pas des limites et des responsabilités convenant à leur âge, comme un couvre-feu.

Si cela peut sembler rendre les enfants heureux à court terme, cette attitude peut avoir des conséquences négatives. L'autre parent ne peut peut-être pas se permettre des achats aussi coûteux et s'en sentir coupable. Parfois aussi, le parent « généreux » ne peut pas non plus se le permettre.

Le fait d'acheter des cadeaux à vos enfants ne compense pas pour le divorce. Cela ne compense pas non plus pour le temps qu'ils ne passent pas avec l'un de vous.

Cela n'aide pas non plus vos enfants si vous les déchargez de leurs tâches et de leurs responsabilités. Vos enfants ont besoin que vous leur donniez une structure et des règles à suivre, et que vous les aidiez à apprendre à devenir responsables. Vos enfants s'attendent à tout cela de votre part, et une partie de votre rôle de parent consiste à les aider à devenir des adultes responsables plus tard.

Remarques désobligeantes

Il peut parfois vous arriver, à vous ou à l'autre parent, de faire des remarques désobligeantes l'un à l'égard de l'autre, devant vos enfants.

  • Ton père n'est tout simplement pas fiable.
  • Ta mère est incapable de se faire une idée.
  • Pourquoi ton père t'a-t-il amené voir une partie de hockey? C'est ennuyant, le hockey.

Même si vous ne pouvez trouver rien de bien à dire au sujet de l'autre parent, ne dites pas des choses négatives. Vos enfants peuvent se sentir mal pour l'autre parent s'ils vous entendent le critiquer. Ils peuvent aussi avoir l'impression que c'est eux-mêmes que vous critiquez.

Parler de votre situation financière à vos enfants

Même dans les familles intactes, les membres de la famille ne peuvent souvent pas se permettre de tout acheter ce qu'ils aimeraient acheter. Après une séparation, le revenu qui permettait de subvenir aux besoins d'un ménage est désormais divisé entre deux ménages. Cela peut signifier qu'un des ménages ou les deux ont moins d'argent à dépenser sur des choses qu'ils aimeraient acquérir.

Quand les enfants demandent des choses ou veulent participer à des activités, c'est parfaitement acceptable de leur expliquer que vous n'en avez pas les moyens : « Nous ne pouvons pas nous le permettre pour le moment, chéri ».

Toutefois, prenez soin de ne pas parler à vos enfants de vos problèmes financiers ou d'en jeter le blâme sur l'autre parent. Ne dites pas : « Je ne peux pas me permettre de t'envoyer au camp de hockey parce que ton père nous a quittés et qu'il ne paie pas la pension alimentaire pour enfants ».

Les finances sont une affaire d'adultes et en parler aux enfants leur impose un lourd fardeau. Parler d'argent aux enfants les met au cœur du conflit parental.

Posez-vous la question : Comment se porte votre relation coparentale?

  • Constatez-vous que vous jouez l'un de ces « jeux »?
  • Quels changements aimeriez-vous apporter à vos rapports avec l'autre parent afin d'améliorer votre relation coparentale?
  • Prenez un point particulier dont vous devez discuter avec l'autre parent. D'après les conseils sur la communication fournis aux pages 18 à 21, comment vous y prendrez-vous pour en discuter?
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