Faire des plans - Guide sur les arrangements parentaux après la séparation ou le divorce

Section 6 : Situations particulières

Violence familiale

Il y a violence familiale lorsque des enfants ou des adultes sont maltraités au sein d'une famille. La maltraitance peut être physique, sexuelle, financière ou psychologique. La négligence peut aussi être une forme de violence familiale.

Si vous ou vos enfants courez un danger immédiat, appelez la police.

La maltraitance physique comprend :

  • pousser ou bousculer;
  • frapper, gifler ou donner des coups de pied;
  • pincer ou donner des coups de poing;
  • étrangler ou étouffer;
  • blesser à l'aide d'un couteau;
  • blesser à l'aide d'une arme à feu;
  • lancer des objets sur quelqu'un;
  • brûler;
  • retenir physiquement une personne pour permettre à une autre personne de l'agresser;
  • enfermer une personne dans une chambre ou l'attacher;
  • tuer.

L'exploitation financière comprend :

  • prendre votre argent ou vos chèques de paie sans votre permission;
  • vous refuser de l'argent pour des choses dont vous ou vos enfants avez besoin, comme de la nourriture, un logement ou des médicaments;
  • vous faire signer des documents afin de vendre des choses que vous ne voulez pas vendre;
  • vous forcer à modifier votre testament.

La maltraitance psychologique comprend :

  • menacer de vous blesser ou de blesser vos enfants;
  • menacer de détruire vos biens ou les biens de vos enfants;
  • menacer de faire du mal à votre animal de compagnie ou à celui de vos enfants;
  • vous traquer ou traquer vos enfants.

La négligence comprend :

  • ne pas donner, à vous ou à vos enfants, de nourriture, de vêtements ou de logement convenables;
  • ne pas donner, à vous ou à vos enfants, de soins médicaux nécessaires.

La violence sexuelle comprend tout contact sexuel non désiré entre une personne et un autre adulte ou un enfant. Des lois spéciales protègent les enfants contre l'exploitation sexuelle et les activités qui les exploitent et vous pouvez trouver de l'information « La maltraitance des enfants est inacceptable ».

Toutes les formes de violence physique et d'exploitation sexuelle sont des crimes au Canada. Certaines formes de maltraitance psychologique, d'exploitation financière et de négligence sont des crimes au Canada.

Bien que des formes de violence familiale ne soient pas considérées comme des crimes, elles sont tout de même néfastes et peuvent parfois être un signe que le comportement va empirer. Il s'agit entre autres de crier après un membre de la famille ou de l'humilier. Il y a aussi le fait de contrôler les gestes d'une autre personne (p. ex., essayer d'empêcher une personne de voir ses amis et les membres de sa famille). Même si une forme de violence particulière n'est pas un crime, il demeure important d'en tenir compte lorsque vous déterminez ce qui est dans l'intérêt supérieur de vos enfants.

La violence familiale peut être grave, et parfois fatale, pour les victimes. La sécurité doit être votre priorité et vous pourriez avoir besoin d'un plan de sécurité. Le Répertoire de ressources, à la fin du document, renferme des liens vers de l'information sur des services de justice familiale partout au Canada.

Comment la violence familiale touche les enfants

Les enfants vivant dans un climat de violence familiale risquent d'éprouver des problèmes à court terme et à long terme.

Les enfants maltraités peuvent subir des blessures physiques et psychologiques. Ils peuvent aussi avoir des problèmes affectifs, comportementaux et développementaux à court et à long terme. Ils peuvent par exemple :

  • se sentir angoissés, effrayés ou inquiets;
  • éprouver des problèmes à l'école;
  • avoir moins d'habiletés sociales que leurs pairs.

Les enfants peuvent aussi souffrir de troubles affectifs après avoir été directement ou indirectement témoins de violence entre d'autres membres de leur famille. Même s'ils n'ont pas été eux-mêmes blessés, ils peuvent éprouver des problèmes émotifs, comportementaux et développementaux qui peuvent être persistants. Ils risquent aussi de présenter des troubles de stress post-traumatique. Les enfants peuvent être profondément affectés à la vue des résultats de la violence (p. ex., voir un membre de leur famille couvert de bleus ou savoir qu'un parent a peur de l'autre parent).

Des études montrent que les enfants vivent des niveaux de stress élevés s'ils sont eux-mêmes victimes de violence familiale ou s'il y a de la violence familiale à la maison. Ce stress peut forger le développement de leur cerveau et les affecter pour la vie.

Ententes parentales lorsqu'il y a des antécédents de violence familiale

Tous les membres de la famille doivent être en sécurité. Si vous craignez la violence familiale, il est important d'en tenir compte lorsque vous élaborez les arrangements parentaux. N'oubliez pas, vos enfants peuvent être directement ou indirectement témoins de violence familiale même si vous et l'autre parent n'habitez plus ensemble. Par exemple si vous mettez en place un calendrier parental qui fait en sorte que vous et l'autre parent devez vous croiser, y a-t-il un risque de violence familiale? Si oui, vous pourriez envisager d'établir un calendrier parental différent qui vous permet d'éviter les contacts en personne.

Il est important de tenir compte de la nature et de l'historique de la violence familiale. Certaines formes de violence familiale sont plus graves que d'autres du point de vue de l'élaboration d'un arrangement parental. Dans un cas, par exemple, un parent peut avoir été physiquement violent envers l'autre parent sur une longue période. Il peut aussi avoir usé de violence émotive et essayé d'exercer un contrôle sur l'autre parent. Dans un autre cas, il pourrait n'y avoir eu qu'un incident où les deux parents se sont poussés l'un l'autre.

Examinez votre situation avec soin avant de décider du type de calendrier parental qui convient le mieux à vos enfants. Si vous craignez pour votre sécurité ou celle de vos enfants, voici quelques options à envisager :

  • un échange supervisé, dans le cadre duquel les parents viennent chercher et laisser l'enfant en présence d'une tierce personne. Il est possible de décaler les heures où les parents viennent chercher et laisser leurs enfants de sorte qu'ils ne se voient pas;
  • une visite supervisée, où un parent et un enfant passent du temps ensemble en présence d'une tierce personne;
  • aucun contact entre un parent et un enfant.

Quelques communautés offrent des programmes de visite ou d'échange supervisé. Le Répertoire de ressources à la fin du document renferme des liens au sujet des programmes et des services de justice familiale partout au Canada.

Il importe de noter qu'il est rare qu'un juge ordonne qu'un parent n'ait aucun contact avec un enfant. Les juges rendront des ordonnances interdisant tout contact seulement dans des cas extrêmes. Ce sont généralement des cas où le juge croit qu'un enfant ou un parent est en danger ou qu'un parent risque d'essayer d'enlever un enfant.

Si la violence familiale a été un problème, vous devez en tenir compte lorsque vous déterminez qui prendra les décisions au sujet de vos enfants. Par exemple si l'un de vous deux a été violent envers l'autre et qu'il y a encore des préoccupations relatives à la sécurité, vous pourriez trouver difficile de prendre des décisions conjointement. Cela pourrait donner l'occasion à un parent de continuer à essayer de contrôler l'autre parent.

Règlement des différends lorsqu'il y a des antécédents de violence familiale

Certains mécanismes de règlement des différends ne sont pas indiqués lorsqu'il y a eu de la violence familiale. C'est le cas si l'un de vous deux se sent menacé en présence de l'autre ou si l'un de vous deux essaie de contrôler l'autre. Par exemple vous pourriez être incapable de vous trouver face à face avec l'autre parent dans une séance de médiation et vous devrez envisager d'autres options.

Pour en savoir plus sur les mécanismes de règlement des différends, consultez la section 5, « Options pour élaborer un plan parental ». Si vous avez un avocat, vous devriez lui faire part de vos préoccupations. Dans certains cas, il pourrait être nécessaire de vous adresser au tribunal.

Si vous comparaissez devant un juge du tribunal de la famille, ne tenez pas pour acquis qu'il est au courant d'autres affaires impliquant des membres de votre famille. Il est important d'informer votre avocat et le juge du tribunal de la famille de toutes autres affaires criminelles ou de protection des enfants. Vous devez aussi informer le procureur de la Couronne qui s'occupe du dossier au criminel et l'agence de protection de l'enfance qui s'occupe du dossier en droit de la famille.

Si vous êtes inscrit à un programme d'exécution des ordonnances alimentaires (PEOA) ou prévoyez vous y inscrire, vous devriez aussi informer les responsables de l'existence de problèmes liés à la sécurité. Ils en tiendront compte en prenant des décisions sur la façon d'exécuter les ordonnances alimentaires.

Comment parler aux enfants de la violence familiale

Il peut être difficile de savoir quoi dire à vos enfants lorsque l'autre parent a été violent.

Vous pourriez consulter un travailleur social ou un psychologue pour déterminer la meilleure conduite à tenir dans votre situation.

Vos enfants peuvent être fâchés contre l'autre parent ou en avoir peur. Ils peuvent aussi se sentir encore — ou vouloir se sentir — liés à l'autre parent. Dans d'autres cas, vos enfant peuvent être fâchés contre vous et prendre le parti du parent qui a été violent.

Quand vous parlez à vos enfants de l'autre parent, il est important de leur dire seulement le strict nécessaire. Ils n'ont pas besoin d'avoir beaucoup de détails. C'est une bonne idée de rester aussi neutre que possible.

Par exemple si le temps que l'autre parent passe avec vos enfants est supervisé à cause de préoccupations liées à la sécurité, évitez de dire des choses comme :

Ta mère n'est pas gentille. C'est une brute qui frappe les autres pour obtenir ce qu'elle veut. Elle est dangereuse et tu ne dois pas être seul avec elle.

Vous pourriez plutôt essayer de dire quelque chose comme :

Ta mère a de la difficulté à maîtriser sa colère et parfois, elle frappe des gens. Ça peut faire peur et ça peut faire mal. Pour que tout le monde se sente en sécurité, Barbara va être là quand vous allez passer du temps ensemble.

Il est important d'être aussi honnête que possible avec vos enfants, et leur sécurité doit être prioritaire, mais avant de donner de l'information à vos enfants sur la violence familiale, demandez-vous s'ils ont vraiment besoin de cette information. Si oui, est-il possible d'en parler objectivement?

Ressources en matière de violence familiale

Beaucoup de personnes et d'organismes peuvent vous aider, vous et vos enfants. Vous pourriez obtenir l'aide d'un avocat, d'un travailleur social, d'un conseiller, d'un groupe de soutien ou du refuge ou de la maison de transition de votre localité. En outre, des services de protection de l'enfance sont disponibles dans chaque province et territoire et ils peuvent vous aider à répondre aux besoins de vos enfants dans des situations de violence familiale. Le Répertoire des ressources à la fin du document renferme des liens vers des ressources pour les victimes de violence partout au Canada.

L'histoire de Magda

Magda n'en pouvait plus. La situation ne pouvait plus durer. Tout avait commencé quelques années auparavant, tout de suite après la naissance de leur fille, Alicia. Alicia ne faisait pas ses nuits et Magda et Éric étaient tellement épuisés. Une nuit, alors qu'Alicia les avait tenus éveillés jusqu'à trois heures du matin, Éric avait traité Magda de « grosse », « stupide » et « paresseuse ». Elle en a été choquée, mais elle avait mis le comportement d'Éric sur le compte du manque de sommeil.

Toutefois, cela ne s'est pas arrêté là. En fait, la situation a empiré. Éric a commencé à la pousser et à lancer des objets lorsqu'il se mettait en colère. Puis, il a commencé à donner des coups de pied au chien de Magda. Le pire, c'était qu'Alicia était parfois dans la pièce lorsqu'il agissait ainsi. Elle était trop jeune pour comprendre ce qu'il disait, mais elle pouvait sentir le conflit et elle se mettait à pleurer. Ses pleurs ne semblaient qu'irriter encore davantage Éric.

Un jour, Éric a tordu le poignet de Magda si fort qu'il s'est brisé. À l'hôpital, Magda avait trop peur et elle était trop gênée de dire au médecin qu'Éric lui avait fait mal. Elle lui a dit plutôt qu'elle était tombée.

Quelques jours plus tard, Magda a raconté à une amie ce qui s'était vraiment passé. Son amie lui a dit d'en parler à un avocat spécialisé en droit de la famille. Magda a fait croire à Éric qu'elle allait rendre visite à sa mère et elle est plutôt allée consulter l'avocat. Elle lui a raconté les faits et elle lui a dit qu'elle avait peur pour elle et pour Alicia. L'avocat l'a informée de ses options en droit et de ce qu'il pourrait faire pour essayer de les protéger, elle et Alicia. Il lui a dit de contacter la police, et que les services de protection de l'enfance verraient aussi à faire en sorte qu'Alicia soit en sécurité. Il lui a aussi dit qu'elle pourrait trouver des services dans sa collectivité pour l'aider.

Magda savait qu'il serait difficile de quitter Éric, mais elle devait se protéger et protéger Alicia.

L'avocat de Magda l'a aidée à demander une ordonnance judiciaire, et le tribunal a pris en compte la sécurité de tous pour décider ce qui était dans l'intérêt supérieur d'Alicia. Aujourd'hui, quand Éric voit Alicia, les échanges sont supervisés et Éric et Magda ne se voient jamais.

Quand un parent veut déménager

Parfois, l'un des deux parents, ou les deux, veulent quitter la région où ils habitaient lorsqu'ils étaient ensemble. Les raisons les plus courantes qui poussent les gens à déménager sont :

  • pour un nouvel emploi ou pour améliorer leur situation financière;
  • à cause d'une nouvelle relation (p. ex., avec un nouveau conjoint qui vit ailleurs);
  • pour se rapprocher de leur famille.

Une personne peut vouloir s'éloigner de son ancien conjoint lorsque des préoccupations quant à la sécurité se posent en raison de la violence familiale.

Parfois, un parent veut déménager très tôt après la séparation. D'autres fois, un parent pense à déménager seulement beaucoup plus tard.

Si vous élaborez votre arrangement parental

Lorsque vous élaborez un arrangement parental avec l'autre parent, c'est une bonne idée de penser aux déménagements futurs. Que ferez-vous si un parent veut quitter la région, seul ou avec les enfants? Même si vous croyez qu'il est peu probable que cela se produise, il est important d'y réfléchir.

Il y a différents types de déménagements. Par exemple déménager d'une rue à une autre dans la même ville n'aura probablement pas d'incidence sur le calendrier parental. D'autres déménagements, par exemple dans une autre ville ou province, pourraient avoir une incidence sur la relation des enfants avec un parent ou avec d'autres personnes importantes dans leur vie.

Lorsque vous rédigez votre plan parental, vous pourriez convenir qu'un parent qui prévoit un déménagement local doit en prévenir l'autre parent. Il y a des raisons pratiques de le faire. Par exemple l'autre parent doit savoir où aller chercher et ramener l'enfant.

Pour d'autres déménagements, comme dans une autre province, voici quelques exemples de points dont vous pourriez traiter :

  • Le parent qui veut déménager doit-il donner un préavis? Ou seulement s'il compte déménager avec les enfants?
    • Quel préavis le parent devrait-il donner? De 60 ou 90 jours avant le déménagement?
    • À qui le parent devrait-il donner un préavis? À l'autre parent? Aux autres personnes importantes dans la vie des enfants, comme les grands-parents?
    • Quels renseignements le parent devrait-il inclure dans le préavis? La nouvelle adresse, les nouvelles coordonnées, la date du déménagement et un projet de nouvel arrangement parental?
  • Un parent aura-t-il besoin de l'accord de l'autre parent ou d'un juge avant de déménager? Le plan parental dira-t-il clairement qu'un parent peut déménager avec les enfants?

Réfléchissez à ce qui serait le plus pratique dans votre situation et ce qui conviendrait le mieux à vos enfants.

Si vous ou l'autre parent prévoyez déménager

Dans la plupart des cas, un parent qui veut quitter la région avec les enfants devra obtenir l'accord de l'autre parent ou demander la permission à un juge. Si un parent amène ou garde un enfant avec lui sans la permission de l'autre parent ou une ordonnance du tribunal qui l'autorise à le faire, il peut commettre un enlèvement. L'enlèvement est un crime au Canada. Si vous avez des questions sur ce que votre entente ou votre ordonnance judiciaire vous permet de faire, à vous ou à l'autre parent, vous devriez consulter un avocat spécialisé en droit de la famille.

Si vous avez une ordonnance judiciaire ou une entente officielle, elle peut préciser le préavis que vous devez donner à l'autre parent. Si c'est le cas, vous devez donner le préavis indiqué. Même si votre entente ou votre ordonnance ne mentionne pas explicitement la nécessité d'un préavis, vous devriez informer l'autre parent bien à l'avance de vos projets de déménager. Vous et l'autre parent aurez ainsi la possibilité de discuter des répercussions du déménagement proposé sur vos enfants et sur l'arrangement parental.

Enlèvement

L'enlèvement d'un enfant par le père ou la mère survient lorsqu'un parent ou un tuteur prend ou garde un enfant sans en avoir légalement le droit ou sans la permission de l'autre parent. L'enlèvement d'enfant est un crime au Canada. Une exception peut s'appliquer lorsqu'un parent prend l'enfant pour le protéger d'un préjudice immédiat.

Si vous croyez que votre enfant a été enlevé (qu'il a été amené ailleurs au Canada ou à l'extérieur du pays) ou qu'il risque d'être enlevé, consultez le Répertoire de ressources à la fin du document pour obtenir des liens et des renseignements utiles.

Si vous ou l'autre parent envisagez de quitter la région avec vos enfants, voici quelques points dont vous voudrez discuter :

  • Comment les enfants entretiendront-ils une relation avec l'autre parent?
    • Est-ce que le parent qui ne déménage pas ou les enfants voyageront pour qu'ils puissent passer du temps ensemble?
    • À combien s'élèveraient les frais de déplacement et qui les acquitterait?
    • Le parent qui ne déménage pas pourrait-il avoir des contacts supplémentaires par téléphone, courriel ou vidéoconférence?
  • Comment le déménagement serait-il dans l'intérêt de vos enfants? Par exemple :
    • Vos enfants auront-t-ils une meilleure éducation?
    • Le parent qui déménage aurait-il une chance d'obtenir un meilleur emploi, une meilleure formation ou d'être plus près de sa famille pour bénéficier de son soutien?
  • En quoi le déménagement serait-il difficile pour vos enfants? Par exemple serait-il difficile pour eux de quitter leurs amis, leur famille, leur école ou leur garderie?

Le fait d'en parler à l'autre parent peut vous permettre de vous entendre sur les différents points. Si vous et l'autre parent en arrivez à un accord au sujet du déménagement, c'est une bonne idée de mettre à jour votre entente ou votre ordonnance judiciaire.

Ces situations peuvent être très complexes. Vous devriez demander conseil à un avocat spécialisé en droit de la famille. Cela vaut particulièrement s'il y a eu de la violence familiale et si des préoccupations liées à la sécurité demeurent.

Il est important de vérifier si les lois de votre province ou de votre territoire renferment des règles précises sur le déménagement avec des enfants. Lorsque les lois provinciales et territoriales s'appliquent, vous devez respecter ces règles et faire en sorte que votre plan parental s'y conforme. Par exemple si vous vivez en Colombie-Britannique, vous devez savoir que la Family Law Act exige que les parents remplissent certaines conditions.

Si vous quittez une réserve

Si vous déménagez hors d'une réserve, vous pourriez communiquer avec le centre d'amitié local pour connaître les services à votre disposition. Les centres d'amitié peuvent aider des Autochtones à quitter des collectivités rurales et éloignées et des réserves pour une ville ou une municipalité. Pour beaucoup d'Autochtones, les centres d'amitié sont le premier endroit où s'adresser pour obtenir des renseignements sur les programmes et les services destinés aux Autochtones. Le Répertoire de ressources à la fin du document renferme des liens vers des renseignements pour les Canadiens d'origine autochtone.

Respectez les conditions de votre entente ou ordonnance

Parfois, un des parents ou les deux ne respectent pas les conditions d'une entente ou d'une ordonnance judiciaire. Par exemple un parent peut :

  • empêcher l'autre parent de voir ses enfants;
  • ne pas respecter l'horaire des visites avec ses enfants;
  • créer des embûches pour empêcher l'autre parent de passer du temps avec ses enfants en faisant des choses comme :
    • ne pas préparer les enfants à temps;
    • prétendre que les enfants sont malades alors que ce n'est pas vrai;
    • programmer pour les enfants des activités parascolaires pendant la période de l'autre parent, sans le consentement de celui-ci.
  • réduire le temps que l'autre parent est censé passer avec les enfants en faisant des choses comme passer prendre les enfants en retard ou les reconduire plus tôt que prévu.

Que puis-je faire?

Le fait que les parents ne respectent pas une entente ou une ordonnance peut être contraire à l'intérêt supérieur des enfants. La loi exige que vous et l'autre parent respectiez votre entente légale ou ordonnance judiciaire.

Si l'autre parent ne respecte pas votre entente ou ordonnance, vous devriez toujours essayer de lui en parler d'abord. Essayez de trouver la raison du problème. Il y a peut-être un malentendu ou l'autre parent a peut-être une préoccupation que vous pouvez régler ensemble.

S'il vous est impossible de régler le problème en parlant à l'autre parent, des services de justice familiale peuvent vous aider. Par exemple vous pourriez envisager des séances d'information parentale ou de médiation. Vous trouverez des liens à des ressources dans le Répertoire de ressources.

La coordination parentale est un autre service que vous pourriez trouver utile. Un coordonnateur parental aide les parents à respecter leur plan parental. Si un problème surgit une fois qu'un plan parental est établi, le coordonnateur parental essaiera d'abord d'aider les parents à s'entendre sur une solution. Par exemple il peut vous aider à décider de ce que vous faites du calendrier lorsqu'un enfant est malade. Si vous n'arrivez pas à vous entendre, le coordonnateur parental décidera pour vous. La coordination parentale est un service privé dont vous devrez payer les frais.

Vous pourriez aussi consulter un avocat spécialisé en droit de la famille pour vous aider à trouver des solutions.

N'oubliez pas … Ne parlez pas de ces problèmes devant vos enfants. Il est important de garder vos enfants à l'écart des conflits. Ne leur donnez pas l'impression d'être pris entre les deux parents.

Camille s'ennuie de son père

Camille s'est mise à pleurer dès qu'elle a raccroché le téléphone. Elle a passé un autre mois sans voir son père.

« C'est impossible pour moi cette fin de semaine-ci — la prochaine fois, c'est promis. » Il était pris par le travail. Il était occupé avec sa nouvelle femme et son nouveau bébé. Il rencontrait un client important. Il avait toujours une excuse.

Quand les parents de Camille lui ont appris qu'ils allaient divorcer, son père a déménagé la même semaine. Toute la famille est allée au tribunal. Il y avait des avocats et un juge. Camille a même pu dire au juge à quel point elle voulait continuer à voir ses deux parents. Elle ne pouvait pas s'imaginer vivre sans eux. Le juge a décidé que Camille vivrait avec sa mère et qu'elle verrait son père un soir par semaine et tous les samedis.

Cependant, il y avait plusieurs années de cela, et « tous les samedis » s'étaient transformés en « un samedi par deux semaines » ou une fois par mois, si elle était chanceuse. Les fois où elle était chez son père, il accordait plus d'attention à sa nouvelle femme et à son nouveau bébé. Il lui disait : « Nous allons passer du temps ensemble toi et moi plus tard ».

Ça n'arrivait jamais. Ils ne lisaient jamais ensemble les bandes dessinées du journal du dimanche, comme ils le faisaient avant. Il ne l'aidait plus à faire ses devoirs de mathématiques. Ils n'allaient plus ensemble au marché pour acheter des ingrédients pour le souper du samedi soir. En fait, ils ne mangeaient même plus ensemble le soir parce qu'il sortait toujours avec la belle-mère de Camille. Quand elle s'en est plainte, il s'est mis à l'appeler encore moins souvent.

Elle essayait de se convaincre que cela ne lui faisait rien, mais ce n'était pas vrai. Elle aimait son père et il lui manquait.

Puis un samedi, alors que son père avait annulé leur visite, sa mère l'a trouvée qui pleurait dans sa chambre et elle lui a demandé ce qui n'allait pas. Quand Camille lui a dit comment elle se sentait, sa mère a été étonnée d'apprendre que Camille était si bouleversée. Elle avait supposé que comme Camille ne lui avait jamais rien dit, ça ne la dérangeait pas. Le lundi matin, sa mère a appelé un conseiller familial et lui a expliqué la situation. Camille a rencontré le conseiller et elle lui a dit qu'elle aimait vraiment son père et qu'il lui manquait. Camille a demandé à sa mère d'appeler son père et de lui dire que Camille voulait qu'il aille voir le conseiller avec elle. Ce fut un appel difficile pour la mère et le père de Camille. Son père était malheureux d'apprendre que Camille était bouleversée, mais il était heureux d'apprendre qu'elle voulait encore passer du temps avec lui. Il a accepté de rencontrer le conseiller pour établir un plan qu'ils pourraient respecter

Hassan — Faire plaisir à maman

Hassan se sentait coupable de quitter sa mère. Quand ses parents s'étaient séparés, le juge avait décidé qu'il allait passer une semaine sur deux avec son père, mais sa mère devenait toujours tellement contrariée quand venait le temps pour lui de partir.

« Il ne s'ennuie pas de toi comme moi — il ne serait pas parti sinon! disait sa mère. Il n'appelle presque jamais quand tu es ici! » Hassan se sentait mal de partir, comme s'il l'abandonnait. Elle serait toute seule sans lui et il savait qu'il lui manquait vraiment. Et si ce qu'elle disait était vrai? Si son père ne voulait vraiment pas passer du temps avec lui? Est-ce la raison pour laquelle il était parti? Comment cela pourrait-il être vrai? Lui et son père passaient toujours du bon temps ensemble.

« Si ton père n'avait pas demandé à des avocats et des juges de mettre leur nez dans nos affaires, nous n'aurions pas cette ordonnance judiciaire stupide qui t'enlève à moi la moitié du temps! », a-t-elle dit.

Hassan se sentait triste et confus. Il a commencé à trouver des excuses pour ne pas aller chez son père, ou pour revenir plus tôt chez sa mère, ce qui a semblé faire le bonheur de sa mère.

Mais au fond de lui, son père lui manquait et on aurait vraiment dit que son père s'ennuyait de lui aussi. Son père a commencé à évoquer la possibilité de retourner au tribunal pour obliger la mère d'Hassan à respecter l'ordonnance judiciaire. Cela ne semblait pas être une si bonne idée pour Hassan — comment un juge pourrait-il améliorer les choses? Il se sentait pris.

C'est alors qu'une amie de sa mère a parlé à celle-ci d'une séance d'information destinée aux parents en instance de divorce. Elle y a assisté et elle y a reçu beaucoup de renseignements utiles. La séance l'a aidée à prendre conscience qu'il était préférable qu'Hassan entretienne une relation avec ses deux parents.

Par la suite, même si c'était difficile pour elle, elle a encouragé Hassan à voir son père. Elle lui a dit qu'il était important qu'il passe du temps avec son père. Il a fallu du temps et beaucoup d'insistance, mais Hassan a recommencé à passer une semaine sur deux chez son père.

Nouvelles relations et familles recomposées

Nouvelles relations

Aux premières étapes d'une séparation ou d'un divorce, vous n'envisagez peut-être pas une nouvelle relation, mais c'est une chose qui pourrait vous arriver. Le début d'une nouvelle relation romantique peut compliquer davantage l'exercice du rôle parental.

Si vous envisagez de vous engager dans une nouvelle relation, c'est une bonne idée de réfléchir à la façon dont vous vous adaptez à votre séparation ou votre divorce. Vous voudrez aussi tenir compte de la manière dont votre enfant compose avec la séparation ou le divorce.

Il est important de penser à la nouvelle relation du point de vue de vos enfants. Si vous vous engagez dans une nouvelle relation, vous pourriez penser aux points suivants :

  • Il peut être préférable de présenter un nouveau conjoint à vos enfants seulement quand la relation est sérieuse. La stabilité est très importante pour les enfants, et il peut être déroutant et difficile pour eux de devenir proches d'un nouveau conjoint puis de le voir disparaître de leur vie peu de temps après.
  • Introduisez lentement votre nouveau conjoint dans votre cellule familiale. Il peut être préférable d'avoir de brèves rencontres au début.
  • Ne vous étonnez pas si vos enfants n'acceptent pas tout de suite votre nouveau conjoint. Donnez à vos enfants la chance d'exprimer leurs sentiments. Ils doivent sentir que vous les écoutez.
  • Les enfants peuvent avoir peur que votre nouveau conjoint les remplace. Assurez-leur que vous allez toujours les aimer et qu'ils sont une partie importante de votre vie. Il peut être utile de prévoir du temps avec vos enfants, sans votre nouveau conjoint.

Votre nouvelle relation et l'autre parent

Selon le temps qui s'est écoulé depuis votre séparation et la mesure dans laquelle chacun d'entre vous parvient à composer avec la séparation, une toute nouvelle relation peut être difficile pour l'autre parent. Une nouvelle relation est parfois vue comme la « fin réelle » d'une relation, puisqu'elle est le signe qu'un des deux parents est prêt à tourner la page. À court terme, il se peut que l'autre parent réagisse à cette nouvelle situation et devienne moins coopératif. Soyez à l'écoute de ses inquiétudes, et tentez de respecter ses sentiments.

Par exemple, si vous organisez conjointement une fête d'anniversaire pour un de vos enfants peu de temps après votre séparation, il vaut peut-être mieux ne pas inviter votre nouveau conjoint ou nouvelle conjointe. De la même façon, le fait de demander à un nouveau conjoint de passer prendre les enfants ou les déposer peut aussi parfois être source de conflits.

De façon générale, les choses deviennent plus faciles avec le temps.

Belles-familles et familles recomposées

La combinaison de deux familles (deux parents et parfois deux groupes d'enfants) en une nouvelle belle-famille devient chose courante. Il peut être compliqué de créer une belle-famille qui fonctionne. Il faut « l'adhésion » de chaque membre de la famille et cela prend du temps.

Dans certaines belles-familles, le beau-parent n'a peut-être jamais été parent. Pour cette personne, le rôle parental sera un nouveau rôle. Dans les familles recomposées où il y a deux groupes d'enfants, chaque parent peut avoir un style parental différent. Ils peuvent aussi avoir eu des expériences et des approches très différentes à propos de l'éducation des enfants dans leur famille précédente. De plus, il peut y avoir de nouveaux frères ou sœurs par alliance. Peu importe la composition de la belle-famille, cela implique des changements pour chacun de ses membres.

Si vous êtes un parent ou un beau-parent d'une famille recomposée, vous pourriez réfléchir aux points suivants :

  • Comme parent, vous devez rappeler à vos enfants la place spéciale qu'ils occupent dans votre famille et que vous les aimez toujours. Il est important d'avoir du temps seul à seul.
  • Les nouveaux conjoints peuvent en venir à occuper une place très importante dans la vie d'un enfant, mais ils ne remplacent pas la mère ou le père de votre enfant.
  • Il faut du temps pour que la relation entre le beau-parent et l'enfant s'établisse. Tout le monde doit être patient et réaliste.
  • Les parents et les beaux-parents devraient établir les règles de la famille, avec la participation de vos enfants s'il y a lieu. Dites à vos enfants qu'ils donnent leur avis, ce qui ne veut pas dire qu'ils prennent les décisions. Vos enfants peuvent avoir de la difficulté à accepter des règles qu'ils croient être le fait du beau-parent — « Il entre ici et il change tout ». Au moins au début, les beaux-parents devraient laisser les parents décider des points plus importants, comme la discipline.
  • Les relations entre frères et sœurs par alliance prennent du temps à s'établir et elles ne seront pas toutes identiques. Les enfants ont besoin de temps, seuls ensemble, pour déterminer l'allure que prendra leur relation.
  • Traitez tous les enfants de façon équitable et prenez soin que les mêmes règles s'appliquent à tous.
  • Encouragez vos enfants à exprimer librement leurs sentiments.

Les réunions de famille sont une façon de favoriser la discussion et de faire participer tous les membres de la famille à la prise de décisions. Vous pouvez utiliser les réunions familiales pour parler des règles et des tâches et pour régler les problèmes qui surgissent. Vous pouvez aussi les utiliser pour parler, passer du temps ensemble et planifier des activités familiales.

Juan rencontre Julia

Juan et Maria se sont séparés lorsque leur fils unique, Xavier, avait quatre ans. Même s'ils ne pouvaient plus vivre ensemble, ils ont réussi à entretenir une bonne relation coparentale pour le bien de Xavier.

Tout se passait bien jusqu'à ce que Xavier ait huit ans. C'est alors que Juan a rencontré Julia, qui s'était séparée deux ans auparavant et qui avait une fille de dix ans, Mia. Julia et Juan ont commencé à passer du temps ensemble.

Au début, ils ne se rencontraient que pour prendre un café aux deux ou trois semaines. Après quelques mois, ils savaient qu'ils commençaient à éprouver des sentiments profonds l'un pour l'autre. Ils ont commencé à se rencontrer pour dîner puis à passer beaucoup de temps ensemble. Ils ont discuté et décidé que les choses devenaient si sérieuses qu'ils devaient rencontrer les enfants de l'autre.

Avant de présenter Xavier à Julia, Juan en a parlé à Maria. Il a été plutôt surpris de sa réaction. Maria s'est fâchée et elle a dit qu'il n'était pas juste de faire ça à Xavier, qu'il avait vraiment besoin de toute l'attention de son père. Juan se demandait si la réaction de Maria concernait vraiment Xavier, mais il a accepté d'attendre quelques mois de plus avant de présenter Julia à Xavier. Pour garder la paix, il a aussi promis que les premières rencontres seraient brèves.

Deux mois plus tard, Maria s'était faite à l'idée. Xavier a vraiment aimé Julia et il était heureux qu'elle aime autant les sports que lui. Il a toutefois eu de la difficulté à s'entendre avec Mia. Elle avait encore la séparation de ses parents sur le cœur et elle estimait que la nouvelle relation venait déranger sa vie. Parfois, elle n'était pas très gentille avec Xavier.

Julia et Juan se sont aperçus que les choses allaient être plus difficiles qu'ils le croyaient. Ils ont cherché un groupe de soutien pour beaux-parents et ils ont encouragé les enfants à leur parler de leurs sentiments. Ils ont décidé de continuer d'avancer lentement.

Date de modification :