Projet - « Early Intervention for Youth Program »

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Le Early Intervention for Youth Program (Programme d'intervention précoce auprès des jeunes) visait des jeunes à risque élevé (garçons et filles) accusés d'infractions graves. Le programme offrait des séances intensives de consultation individuelle afin d'aider les jeunes contrevenants à apprendre à mieux maîtriser leur colère et à accroître leurs compétences en résolution de problème dans une optique prosociale. Le programme correspondait aux critères du Fonds du système de justice pour les jeunes applicables aux mesures de rechange à la détention qui aident à réadapter les jeunes contrevenants et à les réinsérer dans la société.

Mis sur pied par la Société John Howard d’Ottawa en 2000, le programme a plus tard été prolongé jusqu’en juillet 2002. L'évaluation a porté sur cette période de deux ans.

La Société John Howard d’Ottawa est une organisation caritative sans but lucratif qui œuvre principalement auprès d'individus qui risquent d'avoir des démêlés avec la justice ou qui en ont déjà eu ainsi que de leur famille. Le Programme d'intervention précoce auprès des jeunes s'inspirait largement d’un projet pilote antérieur de la Société.

Le groupe cible du programme était composé de jeunes contrevenants ayant d'importants besoins et qui risquaient de se retrouver en détention ou en probation prolongée. Pour pouvoir participer au programme, les jeunes devaient reconnaître leur culpabilité et le tribunal devait consentir à reporter la détermination de la peine pour au moins trois mois. Certains des participants étaient déjà sous garde en milieu ouvert.

La plupart des participants étaient dirigés vers le programme par le tribunal, des agents de probation ou la police. Certains l'étaient aussi par des foyers de groupe ou des établissements de détention. Un seul intervenant à plein temps dirigeait le programme, le soutien administratif étant fourni par la Société John Howard d’Ottawa.

Une fois accepté au programme, chaque participant était évalué en fonction de l'Inventaire du niveau de surveillance (INS), une liste de contrôle en 53 points.  L’inventaire mesure le niveau et le type de service dont chaque participant a besoin.  Un plan de traitement adapté aux besoins particuliers de chaque participant était ensuite élaboré en collaboration avec le participant, ses parents, son agent de probation et l'intervenant.

Même si chaque traitement était unique, tous les participants devaient compléter au moins l'un des trois modules suivants :

  • Gestion de la colère et des émotions
  • Résolution de problèmes dans une optique prosociale
  • Sensibilisation aux attitudes

La plupart des participants ont assisté à au moins une séance de consultation par semaine jusqu'à ce qu'ils aient terminé leur plan de traitement. L'intervenant signalait tous les rendez-vous manqués aux agents de probation.

Évaluation du projet

Charles Singer, de FMP/Contextual Research, a procédé à l'évaluation. Celle-ci a pris la forme d'un examen des documents (propositions de projets et dossiers individuels) ainsi que d'entrevues auprès de l’intervenant du programme, des agences d’aiguillage et de fonctionnaires du ministère de la Justice du Canada. En tout, 226 participants ont été acceptés au programme. La plupart (192) étaient des garçons et 80 pour cent  avaient 16 ans ou moins.

Principaux résultats

À la fin de l'évaluation, 62 pour cent des participants avaient terminé le programme. Trois et six mois plus tard, de nombreux participants ont été évalués à nouveau au moyen de l’INS. Ils ont obtenu une note médiane de huit et de sept, respectivement.  Ceci indique un bas niveau de besoin.  La note médiane de tous les participants lors de leur admission au programme était de 13. Ce qui indique un niveau modéré de besoin.

L'évaluation a permis de conclure que le programme était extrêmement rentable, que les jeunes qui y étaient dirigés étaient rapidement acceptés et que les plans de traitement individuel avaient été élaborés de manière efficace. Des entrevues auprès des agences d'aiguillage ont indiqué qu'il existait un besoin pour ce type de service, surtout dans le domaine de la gestion de la colère.

Leçons retenues

Plusieurs facteurs ont diminué l'impact du programme :  

  • L'absence de participation du ministère public : il était prévu à l'origine que les procureurs du ministère public dirigent les jeunes à risque élevé vers le programme, mais pour différentes raisons, cela ne s'est pas produit.
  • L'absence d'une évaluation des besoins au moment où le participant terminait le programme.
  • La non reconnaissance des besoins culturels et linguistiques particuliers des participants.
  • L'absence d'une étude de suivi pour déterminer les répercussions à long terme sur le comportement des participants.

Conclusion

Le Programme d’intervention précoce auprès des jeunes a atteint ses objectifs en fournissant des services de consultation d'une manière efficiente à plus de 200 jeunes contrevenants.

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