Projet - « Fetal Alcohol Spectrum Disorder Reintegration Collaborative Program »

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Le Fetal Alcohol Spectrum Disorder Reintegration Collaborative Program (Programme de réintégration sur l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale), projet pilote de deux ans, s'est déroulé d'avril 2004 à mars 2006. Le projet a été conçu et mis en œuvre par l'Enviros Wilderness School Association, groupe sans but lucratif de Calgary.

Le projet appuie un des objectifs clés de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, à savoir promouvoir la réadaptation et la réinsertion sociale des jeunes contrevenants à l'aide de traitements et de programmes d'enseignement individuels. Il cherchait à répondre aux besoins particuliers de chaque participant à l'aide d'un ensemble de ressources communautaires.

Les personnes souffrant de l'ensemble des troubles causés par l'alcoolisation fœtale (ETCAF) présentent un défi important pour la société en général. Bon nombre d'entre elles souffrent d'une gamme complexe de déficiences physiques et mentales et ne répondent pas bien aux traitements conventionnels et s'adaptent mal aux milieux traditionnels.

Le projet pilote s'adressait à des jeunes contrevenants atteints de l'ETCAF que l'on voulait préparer à la réinsertion sociale à la suite d'une ordonnance de probation ou d'une période de détention. Il y avait 19 participants, tous des jeunes hommes. Certains ont participé au projet à la suite d'ordonnances de la cour, tandis que d'autres l'ont fait de leur gré à la suite d'une recommandation du Young Offender Centre de Calgary, d'agents de probation, de médecins ou de la famille. Le projet visait à élaborer une stratégie fondée sur les forces et les faiblesses du participant, à le mettre en lien avec les ressources appropriées de la collectivité et à l'aider (ainsi que sa famille) à créer un réseau de soutien efficace.

Le projet visait également à remédier au manque de connaissances et de programmes relatifs aux personnes ayant reçu un diagnostic d'ETCAF. À l'heure actuelle, la plupart des recherches et des programmes pertinents portent principalement sur la prévention plutôt que sur le traitement; il n'existe aucun remède pour l'ETCAF. Le projet prévoyait de la formation et de la consultation pour les participants et les prestataires de soins. Le but était de créer une compréhension commune des besoins du participant et d'élaborer un plan de soins global, fruit d'une collaboration. Un autre élément important était l'identification et la mise en valeur des forces des participants. À l'aide d'un conseiller, le participant identifiait les compétences et capacités pouvant mener à des possibilités d'emploi de même que des stratégies d'adaptation efficaces.

Évaluation du projet

Pour évaluer le projet, Kim Ruse-Blair Consulting a mené une série d'entrevues auprès des employés et a examiné des dossiers et la documentation relative au programme. Vu l'impossibilité de mener des entrevues auprès de la majorité des participants, l'évaluateur a eu recours aux sondages écrits. Moins de 50 pour cent des participants ont répondu aux sondages, bien qu'un pourcentage beaucoup plus important de prestataires de soins et d'organismes de soutien l'aient fait.

Principales conclusions

Selon la quantité limitée de données recueillies, le projet a atteint ses objectifs. La plupart des participants ont indiqué qu'ils connaissaient mieux l'ETCAF et que le projet les avait aidés à parfaire leurs compétences de vie. La plupart des prestataires de soins ont fait savoir qu'ils se sentaient plus confiants et efficaces dans leur rôle.

Les données démontrent également que la situation de bon nombre de participants était beaucoup plus complexe que prévu. Certains étaient sans abri et n'avaient pas accès à de la nourriture, des vêtements et des soins médicaux adéquats. Dans certains cas, il a été difficile de déterminer quels étaient les tuteurs légaux. Les employés ont établi en moyenne 68 communications par participant – plus de 100 appels téléphoniques dans certains cas – pour trouver un soutien approprié dans la collectivité et y avoir accès.

Leçons apprises

  • Le soutien de la collectivité, en particulier des organismes de service, est d'une extrême importance. Le temps alloué avant le début du projet en vue de trouver d'autres prestataires de services et professionnels n'a pas été suffisant.

  • Peu de membres de la collectivité comprennent l'ETCAF, et peu de services répondant aux besoins des personnes souffrant de l'ETCAF sont offerts. Bon nombre d'organismes de services font des efforts considérables pour ajuster leurs programmes à ces besoins.

  • Trois facteurs ont contribué grandement au succès du projet : la variété et la souplesse des services offerts, un soutien et un engagement importants de la famille, de même que l'acceptation du projet par le système judiciaire et une collaboration avec ce dernier.

  • Le projet aurait bénéficié d'une stratégie d'intervention à trois niveaux : besoins de base et soutien des ressources; sensibilisation de la collectivité et développement des capacités; intervention de la famille et des jeunes.

Conclusion

Le projet pilote a permis de familiariser les participants et les intervenants avec l'ETCAF et d'améliorer l'accès aux services et programmes pertinents.

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