Ministère de la Justice Canada
Symbole du gouvernement du Canada

Liens de la barre de menu commune

ALLOCUTION DU MINISTRE DE LA JUSTICE
ET PROCUREUR GÉNÉRAL DU CANADA,
L’HONORABLE IRWIN COTLER 
À L’OCCASION DE SA COMPARUTION
DEVANT LE COMITÉ SPÉCIAL DU SÉNAT
SUR LA LOI ANTITERRORISTE

Le lundi 21 février 2005

L’allocution prononcée fait foi

Honorables sénateurs, c’est avec grand plaisir que je comparais devant vous ce matin afin de participer à l’examen de la Loi antiterroriste, dont l’article 145 prévoit un « examen approfondi des dispositions et de l’application de la présente loi. »

Je suis également ravi de voir que plusieurs membres du Comité qui mènent cet examen étaient aussi membres du Comité spécial du Sénat sur le projet de loi C-36.

Je suis certain que le gouvernement et la population canadienne profiteront grandement de votre expérience et de votre connaissance relatives à cette Loi.

Ce matin, je propose de vous faire part de certains des principes fondamentaux et des valeurs et politiques qui s’y rattachent, et qui étayent tant la Loi antiterroriste que ma propre approche à son égard.

Je veux en parler, car depuis l’attentat du 11 septembre 2001, j’ai participé à une série de conférences sur le contre-terrorisme dont le principe directeur – comme vous avez pu le constater dans vos échanges avec ma collègue, Anne McLellan, vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile – a trouvé sa formulation dans la question suivante : « À quelle part de nos libertés devons-nous renoncer? »

Le problème, à mon avis, est que de telles questions risquent de nous inviter à nous interroger sur les libertés qu’il faut abandonner au lieu d’insister sur les droits à sauvegarder; un discours sur les dangers auxquels notre mode de vie démocratique fait face, au lieu d’insister sur la sauvegarde de la démocratie même; une caractérisation de la Loi antiterroriste en termes de sécurité nationale par rapport aux libertés civiles – analyse à somme nulle civiles – alors qu’il s’agit ici d’une loi visant la « sécurité humaine » qui vise à protéger à la fois la sécurité nationale et les libertés civiles.

Permettez-moi de traiter tout d’abord des principes fondamentaux qui étayent notre Loi antiterroriste.

Conclusion

Madame la présidente, ce Comité a l’avantage, aujourd’hui, d’examiner la Loi dans une perspective qui ne vient qu’avec le temps. En effet, vous avez pour atout une expérience de trois années d’application de la Loi, l’expertise et l’expérience des fonctionnaires et des universitaires – canadiens et étrangers – que vous pouvez appeler à votre guise; la sagesse et les conseils de nos tribunaux; ainsi que l’expérience de nos diverses collectivités qui composent la mosaïque canadienne.

L’importance de cette Loi ne peut être assez soulignée. Les Canadiennes et les Canadiens veulent être sûrs que leur gouvernement a fait tout ce qu’il fallait pour les protéger contre des actes terroristes, sans pour autant empiéter sur leurs droits et leurs libertés individuels. En fait, dans l’élaboration d’une loi antiterroriste exhaustive, la difficulté n’est pas de mettre en équilibre la protection de la sécurité nationale et les protections des droits de la personne, mais de conceptualiser de nouveau les droits de la personne comme englobant la sécurité nationale, et la sécurité nationale comme englobant les droits de la personne. Cette enquête ne vise pas les libertés qu’il faudrait abandonner, mais bien les droits qu’il faudrait garantir. Ces deux éléments sont liés inextricablement.

En conséquence, le gouvernement du Canada doit adopter une approche, fondée sur les principes, visant la protection de la sécurité et des droits de la personne que nous partageons avec ce Comité, alors que nous avons cherché à la renforcer dans le cadre de nos relations avec nos partenaires internationaux et avec nos homologues provinciaux et territoriaux. À ces fins, je suis heureux de l’établissement d’un groupe de travail fédéral-provincial-territorial chargé de mettre au point une stratégie exhaustive, intégrée et coordonnée en vue de lutter contre le terrorisme.

Honorables sénateurs, votre travail précieux concernant le projet de loi C-36 et les recommandations qui ont été transmises au Comité spécial sur le projet de loi C-36, ont rehaussé et renforcé cette Loi. Par ailleurs, nous avons hâte aux conclusions de vos délibérations dans les mois qui viennent, et notamment, d’obtenir vos opinions sur les dispositions et sur l’application de la Loi.

Je serai heureux d’entendre les exposés et les témoignages des personnes qui comparaîtront devant vous et si je suis invité, croyez que je comparaîtrai devant vous avec le plus grand plaisir.

Je vous souhaite plein succès dans cet examen de la Loi, et je suis prêt à répondre à vos questions et à prendre connaissance de vos observations.