Cyberintimidation et distribution non consensuelle d'images intimes

Réponses à la cyberintimidation

Par le passé, on s'est attaqué à l'intimidation par des moyens non législatifs, notamment l'éducation, la sensibilisation publique et le soutien de la famille et de la collectivité. Cette approche sur plusieurs fronts a été adoptée à la grandeur du Canada et dans le monde entier. Elle illustre la nécessité de réponses globales de la part de tous les paliers de gouvernement, des éducateurs, des organisations non gouvernementales, de la police et des groupes communautaires.

Par l'entremise de ses divers ministères et organismes, le gouvernement du Canada reconnaît depuis un certain nombre d'années les avantages d'une approche multidimensionnelle et a élaboré des programmes dans le domaine de la prévention, du développement des connaissances et de la mobilisation des intervenants. Ces programmes sont dirigés ou appuyés par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), l'Agence de la santé publique du Canada, le Centre national de prévention du crime (CNPC), Sécurité publique Canada et Justice Canada. Un programme comme le WITS (Walk Away, Ignore, Talk it Out, Seek Help, « Éloigne-toi, ne t'occupe pas d'eux, parles-en et va chercher de l'aide ») de la GRC constitue un exemple d'une collaboration intersectorielle puisqu'il a été élaboré de concert avec l'Université de Victoria, PREVNet (la promotion des relations et l'élimination de la violence) et la Rock Solid Foundation (organisme à but non lucratif de prévention du crime de Victoria). Le CNPC lutte également contre la cyberintimidation et l'intimidation dans le cadre de nombreux projets qu'il finance relativement à la violence chez les jeunes. En ce qui concerne la sensibilisation, le CNPC a produit un certain nombre de publications qui portent sur l'intimidation, et des fonds fédéraux contribuent au financement de programmes de sensibilisation du Centre canadien de protection de l'enfance. De nombreux ministères et organismes prennent également part à des activités de rayonnement de façon à garantir que tous les intervenants pertinents sont consultés et mobilisés.

Un grand nombre de provinces et territoires ont adopté une approche similaire pour lutter contre l'intimidation et la cyberintimidation et reconnaissent que la question est traité adéquatement dans le cadre de programmes qui mettent l'accent sur la cause de ce comportement. Par exemple, depuis 2004, le Manitoba possède la Charte de sécurité dans les écoles, laquelle oblige chaque école de la province à se doter d'un code de conduite qui protège les élèves contre l'intimidation, les mauvais traitements, la discrimination et autres comportements antisociaux.

La Colombie-Britannique a annoncé en 2012 sa stratégie ERASE (Expect Respect and a Safe Education; « S'attendre à être respecté et à obtenir une éducation en sécurité » ). Il s'agit d'une approche exhaustive multidimensionnelle visant à favoriser une bonne santé mentale et le bien-être et à prévenir l'intimidation et les comportements violents dans les écoles. Dans le cadre de cette stratégie, la Colombie-Britannique a mis sur pied deux sites Web axés sur la sensibilisation et le signalement, respectivement www.erasebullying.ca et reportbullyingbc.edudata.ca/apps/bullying.

En Ontario, le ministère de l'Éducation a mis en œuvre un Plan d'action exhaustif pour des écoles tolérantes en vue de prévenir l'intimidation et la cyberintimidation et d'améliorer la sécurité de l'Internet, lequel comprend, outre la Loi pour des écoles tolérantes (en surbrillance ci-après), il y a un comité d'experts qui prodigue des conseils sur les pratiques et ressources en vue d'appuyer une mise en œuvre efficace et une campagne de sensibilisation du public. Au nombre des initiatives visant à prévenir la cyberintimidation et à lutter contre ce problème en Ontario, citons JeunesseJecoute.ca et CyberCops (Air Dogs/Mirror Image), Connect[ED] et les programmes de sensibilisation ou programmes scolaires offerts par Youth Connected.

La Nouvelle-Écosse a récemment lancé deux programmes, Speak Up An Action Plan to Address Bullying and Cyberbullying Behaviour, qui constituent une initiative exhaustive qui vise tous les aspects de l'intimidation d'un point de vue sociologique, et le RAISP (Restorative Approaches In Schools Program), qui cible l'intimidation dans un contexte scolaire et favorise l'établissement de liens plus solides entre les participants du système scolaire, notamment les élèves, les enseignants, les administrateurs et les parents.

Les programmes susmentionnés ne constituent qu'un échantillon des initiatives que ces provinces offrent pour lutter contre la cyberintimidation et l'intimidation. Nombreuses autres administrations abordent la question de façon similaire et ces programmes sont parfois complétés par des initiatives législatives ciblées.

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