Enquête auprès du corps professoral des facultés de sciences sociales du Canada

3.  Les Résultats

3.1 Les domaines d’intérêt

Le tableau 4 indique, en ordre décroissant, le nombre de professeurs qui travaillent dans chacun des 15 grands domaines d’enseignement ou de recherche.  Tous les professeurs ont indiqué qu’ils travaillent dans plus d’un domaine, ce qui explique pourquoi le nombre total de domaines d’enseignement et de recherche est supérieur au nombre total de professeurs.

Dans l’ensemble des 358 professeurs, un nombre important ont indiqué travailler dans les domaines de la diversité (57 %), des questions socio-politiques (47 %), de la criminologie (35 %) et des Autochtones (33 %).  Les domaines qui suscitent le moins d’intérêt sont la conduite avec facultés affaiblies (6 %), la nouvelle génétique et la biotechnologie (10 %), les nouvelles technologies de l’information/internet (11 %), le crime à grande échelle (12 %) et la victimologie (13 %).  Les autres questions intéressent environ 20 à 30 % des répondants.

Comme chacun de ces 15 domaines d’intérêt est un domaine général, il convient d’examiner certains des sous-domaines mentionnés le plus souvent dans l’ensemble des réponses.  Là encore, on commence avec les domaines d’intérêt mentionnés le plus souvent.

Diversité (n = 205 répondants)

Dans le grand domaine de la diversité, la majorité des répondants ont indiqué que leurs travaux portent sur la problématique homme-femme (61 %), ainsi que sur le multiculturalisme (49 %) et sur les questions relatives au racisme ou aux races (44 %).  Parmi les autres domaines sur lesquels portent leurs travaux, les répondants ont indiqué l’orientation sexuelle ou l’homophobie, le vieillissement et le nationalisme

Les questions socio-politiques (n = 167 répondants)

Dans la grande catégorie des questions socio-politiques, environ un tiers des répondants indiquent un intérêt pour la cohésion sociale (35 %) et pour les droits de la personne (32 %).  Un nombre relativement faible a marqué un intérêt pour le contrôle des armes à feu (7 %) et pour l’aide juridique (4 %).  Une partie relativement importante des répondants (24 %) ont signalé un intérêt pour d’autres questions comme l’équité sociale et l’équité en matière d’emploi, l’incidence de la mondialisation et les politiques linguistiques.

Criminolog (n = 127 répondants)

Dans le grand domaine de la criminologie, les sous-domaines les plus souvent signalés sont les services correctionnels  et la déviance et le contrôle social (35 % chacun), les services de police et la criminologie théorique (31 % chacun).  Certains autres domaines d’intérêt sont indiqués, notamment l’établissement du profil criminel, la prévisibilité du traitement des délinquants et le récidivisme, et la déposition des témoins oculaires.

Tableau 4 : Nombre et pourcentage des professeurs qui enseignent ou font des recherches dans chaque domaine
Domaine d’intérêt (en ordre décroissant) Nombre et pourcentage de professeurs dans chaque domaine (%)
Diversité 205 (57 %)
Questions socio-politiques 167 (47 %)
Criminologie 127 (35 %)
Autochtones 117 (33 %)
Gouvernance 107 (30 %)
Violence familiale 106 (29 %)
Approches alternatives à la justice 104 (29 %)
Justice pour les jeunes (domaines d’intérêt) 94 (26 %)
Infractions sexuelles 91 (25 %)
Familles en transition 71 (19 %)
Victimologie 46 (13 %)
Crime à grande échelle 43 (12 %)
Nouvelle technologie de l’information/Internet 39 (11 %)
Nouvelle génétique et biotechnologie 38 (10 %)
Conduite avec facultés affaiblies 21 (6 %)

Les Autochtones (n = 117 répondants)

Dans le domaine des Autochtones, les sous-domaines que mentionnent le plus souvent les professeurs sont la situation actuelle des Autochtones dans la société canadienne (28 %), le traitement dans le système de justice pénale (26 %) et la justice communautaire pour les Autochtones (24 %).  Toutefois, la majorité des répondants (36 %) indiquent qu’ils enseignent ou font des recherches sur un sujet autre que ceux qui sont proposés.  Il s’agit notamment des problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme, l’éducation, les questions relatives aux femmes, l’autonomie gouvernementale et la justice comparée.

Gouvernance (n = 107 répondants)

Dans le domaine de la gouvernance, plus d’un tiers (35 %) des 107 professeurs qui ont répondu indiquent le droit pénal comme sous-domaine d’intérêt.  Ils indiquent dans un pourcentage presque égal (33 %) l’histoire du droit ou des crimes et châtiments.  La philosophie du droit est un autre domaine d’intérêt important (23 %).  Les autres questions auxquelles ils s’intéressent sont notamment le fédéralisme, l’établissement des politiques et l’imputabilité.

La violence familiale (n = 106 répondants)

Dans le domaine de la violence familiale, les domaines d’intérêt que citent le plus souvent les répondants sont la violence conjugale (62 %) ainsi que la violence envers les enfants (57 %).  Dans les autres sous-domaines, ils mentionnent notamment la violence envers le conjoint de même sexe, la drogue et l’évaluation du risque.

Les approches alternatives à la justice (n = 104 répondants)

Dans le domaine des approches alternatives à la justice, à peine plus de la moitié (51 %) des travaux des répondants portent sur la justice réparatarice.  Plus du tiers (38 %) des répondants mentionnent les services de police communautaires et un autre 25 % mentionnent la justice communautaire.  Vingt pour cent des répondants signalent un intérêt pour un autre domaine, notamment la justice sociale, les interventions communautaires et la médiation, et les approches féministes.

La justice pour les jeunes (n = 94 répondants)

Dans le domaine de la justice pour les jeunes, les solutions de rechange au processus officiel de la justice ou à la garde est le domaine d’intérêt le plus souvent cité (47 %).  Dans leurs réponses, les professeurs indiquent que leurs travaux et leurs recherches portent aussi, dans une mesure moindre, sur les sous-domaines suivants :  L’étiologie des problèmes de comportement et la violation de la loi (37 %), la détermination de la peine (32 %), les troubles mentaux (29 %) et la toxicomanie (28 %).  Parmi les autres domaines d’intérêt, les répondants mentionnent le syndrome d’intoxication fœtale à l’alcool, les troubles d’apprentissage, et les interventions familiales et l’évalution du risque.

En plus des domaines d’intérêt généraux mentionnés ci-dessus au sujet de la justice pour les jeunes, les répondants signalent s’intéresser en particulier à la problématique homme-femme (25), à la diversité (21) et aux facteurs socio-économiques (16) qui sont des sous-domaines de la justice pour les jeunes.  Au sujet de la diversité, un certain nombre de répondants indiquent s’intéresser aux jeunes autochtones et aux jeunes des groupes minoritaires.  En ce qui concerne la problématique homme-femme, on semble s’intéresser en particulier aux filles et à la violence.  L’intérêt pour les facteurs socio-économiques qui touchent spécifiquement les jeunes semblent porter sur le revenu familial, le mode d’éducation adopté par les parents et le lien entre la pauvreté et la délinquance.

Les infractions sexuelles (n = 91 répondants)

En ce qui concerne le domaine des infractions sexuelles, environ la moitié (54 %) des 91 répondants qui ont signalé travailler dans ce domaine ont marqué un intérêt pour la violence sexuelle à l’endroit des enfants (qui comprend la pornographie et le commerce du sexe) et l’agression sexuelle (47 %).  Un faible pourcentage des répondants indiquent comme domaine d’intérêt le tourisme sexuel (16 %).  Pour ce qui est des autres domaines d’intérêt, les répondants ont énuméré le harcèlement sexuel, les délinquants sexuels et les jeunes, les questions concernant les adolescents et les questions concernant les Autochtones en rapport avec les infractions sexuelles.

Les familles en transition (n = 71 répondants)

Les répondants qui travaillent dans le domaine des familles en transition ont indiqué que leurs recherches ou leur enseignement porte sur l’adoption, la pension alimentaire pour enfants, la garde et l’accès, et le divorce. Le divorce semble intéresser plus de répondants (42 %) alors que la pension alimentaire pour enfants intéresse le moins de répondants (22 %).  Les autres domaines mentionnés sont notamment les familles de conjoints du même sexe, la structure familiale et l’emploi.

La victimologie (n = 46 répondants)

Une petite partie seulement des répondants (13 %) indiquent que leur enseignement ou leurs recherches portent sur le domaine relativement nouveau de la victimologie.  Dans ce domaine, les sous-domaines le plus souvent cités sont les victimes en tant que témoins (32 %) et la défense des droits des victimes (26 %).  Les autres domaines d’intérêt mentionnés sont notamment les aspects psychologiques reliés au fait d’être ou d’avoir été une victime, la déposition du témoin oculaire et les autres témoignages, et la victimologie dans les collectivités autochtones.

Le crime à grande échelle (n = 43 répondants)

Parmi les 358 professeurs qui ont répondu au questionnaire, seulement 43 (12 %) affirment que leur travail porte sur le crime à grande échelle.  Pour ceux qui font des recherches ou qui enseignent dans ce domaine, entre 20 % et 40 % abordent les sous-domaines de la criminalité des entreprises (17), du crime organisé (15), du terrorisme (11), de la traite des être humains (11), et de la criminalité transnationale (10).  La majorité des autres domaines d’intérêt concernent les crimes liés aux drogues.

Les nouvelles technologies de l’information/l’internet (n = 39 répondants)

Le domaine des nouvelles technologies de l’information et de l’internet est relativement nouveau, ce qui explique qu’un petit nombre seulement de professeurs font des travaux à ce sujet.  Pour la majorité (21) des 39 professeurs qui déclarent travailler dans ce domaine, l’accès aux nouvelles technologies de l’information est le principal domaine d’intérêt, suivi des questions relatives à l’information et à la protection de la vie privée (12).  Seulement cinq répondants signalent que leur travail porte sur les questions relatives au droit commercial (comprend la propriété intellectuelle, le commerce électronique et le commerce international), et seulement quatre déclarent s’intéresser au domaine du crime par internet et des questions d’application de la loi. Parmi les autres domaines mentionnés, on retrouve l’utilisation de la nouvelle technologie de l’information ou de l’internet dans l’éducation et dans le marché du travail, le commerce international et la surveillance.

La nouvelle génétique et la biotechnologie (n = 38 répondants)

On constate un phénomène semblable dans le domaine de la nouvelle génétique et de la biotechnologie, où un petit nombre de professeurs de sciences sociales (38) indiquent travailler dans ce secteur.  Le fait qu’il s’agit d’un domaine nouveau peut expliquer ce phénomène.  Le sous-domaine mentionné le plus souvent est les technologies de reproduction (17) suivi par l’information sur la génétique humaine (9) et les aliments transgéniques (9).  Parmi les autres domaines de travail, on mentionne l’utilisation de l’ADN, les contrats de maternité de substitution et les questions psychologiques reliées aux technologies de reproduction.

La conduite avec facultés affaiblies (n = 21 répondants)

Un très petit nombre de professeurs qui ont répondu au questionnaire déclarent que leur recherche ou leur enseignement portent sur le domaine de la conduite avec facultés affaiblies. Ce domaine n’intéresse que 6 % de tous les répondants.

3.2 Les domaines d’intérêt par département

Tel qu’indiqué précédemment, nous nous intéressons aussi aux domaines de travail de chaque discipline puisque chacune a recours à des approches différentes dans les recherches dans un domaine donné.  Il est important d’utiliser des démarches différentes pour bien saisir la complexité d’un certain nombre de questions.  Il est donc important de savoir quels domaines intéressent les professeurs dans chaque discipline.

Comme l’indique le tableau 5, la majorité des réponses proviennent des département de psychologie (116), suivi par la sociologie (79), les sciences politiques (77), les services sociaux (44) et la criminologie (39).  Le nombre de réponses obtenues constitue, en partie, un facteur de l’importance relative du département.

Psychologie

La plus grande partie (43 %) des 116 professeurs du département de psychologie qui ont répondu au questionnaire s’intéressent à la diversité.  Ils s’intéressent dans une proportion moindre moindre à la violence familiale et à la criminologie (32%).  Cet intérêt pour la criminologie reflète le fait qu’un bon nombre de professeurs de psychologie qui ont répondu au questionnaire sont également membres du département de criminologie en raison de la nature multidisciplinaire du domaine de la criminologie.  Cela reflète aussi l’intérêt des professeurs de psychologie qui ont répondu au questionnaire pour les domaines de la violence familiale (32 %) et de la justice pour les jeunes (28 %)

Sociologie

La question de la diversité intéresse un bon nombre des 79 professeurs de sociologie qui ont répondu au questionnaire (66 %), alors que 58 % s’intéressent aux questions socio-politiques et que 48 % s’intéressent aux Autochtones.  La criminologie (44 %) est également un domaine sur lequel travaillent un bon nombre de professeurs de sociologie.  Là encore, cet intérêt se reflète dans la présence de plusieurs sociologues dans les départements de criminologie.

Science politique

Il n’est pas étonnant de constater que la plupart des 77 professeurs de science politique qui ont répondu au questionnaire s’intéressent aux questions socio-politiques (76 %). Les questions de gouvernance (61 %) et de diversité (59 %) suscitent également beaucoup d’intérêt. Les domaines auxquels les professeurs de science politique s’intéressent le moins sont ceux de la conduite avec facultés affaiblies (1 %), de la victimologie et de la violence familiale (0,5 % chacun).

Tableau 5 : Domaines d'intérêt par département
Domaine d'intérêt Nombre de résponses par département
Criminologie N=39 Divers N=3Note de table i Science Politique N=77 Psychologie N=116 Service Social N=44 Sociologie N=79
Autochtones 13 2 29 22 14 38
Approaches alternative à la justice 24 2 15 18 12 33
Criminologie 36 1 8 37 10 35
Diversité 23 2 46 50 32 52
Familles en transition 5 1 6 25 16 18
Violence familial 18 1 4 37 22 24
Gouvernance 21 2 47 11 4 22
Conduite avec facultés affaiblies 4 - 1 11 - 5
Crime à grande échelle 12 - 12 5 1 13
Nouvelle génétiques et biotechnologie 4 - 8 11 1 14
Nouvell technologies de l'information/internet 7 - 10 10 2 10
Infractions sexuelles 15 1 7 29 15 23
Questions socio-politiques 19 2 59 18 23 46
Victimologie 8 1 4 15 7 11
Justice pour les jeunes (domaines d'intérêt) 17 2 8 33 10 24
Note de table i

Divers (Études autochtones, écoles de droit, école de comptabilité) 

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Service social

La majorité des 44 professeurs de service social qui ont répondu au questionnaire s’intéressent principalement aux domaines de la diversité (73 %), aux questions socio-politiques (53 %) et à la violence familiale (50 %).  Les domaines qui les intéressent le moins sont le crime à grande échelle, le nouvelle génétique et la biotechnologie, et les nouvelles technologies de l’information/internet (entre 2 % et 4 %).

La criminologie

Il ne faut pas s’étonner si la presque totalité (92 %) des 39 professeurs des départements de criminologie qui ont répondu au sondage indiquent la criminologie comme le principal domaine dans lequel ils enseignent ou dirigent des recherches, suivi par les domaines des approches alternatives à la justice (61 %) et de la diversité (59 %).  Un plus petit nombre ont mentionné les familles en transition (13 %) et la conduite avec facultés affaiblies et la nouvelle génétique et la biotechnologie (10 % chacun).

Divers

Les trois répondants des facultés des études autochnones, du droit et de la comptabilité indiquent s’intéresser tout autant aux domaines des Autochtones, des approches alternatives à la justice, de la diversité, de la gouvernance, des questions socio-politiques et de la justice pour les jeunes.  Les seuls domaines qui ne les intéressent pas sont la conduite avec facultés affaiblies et les domaines plus nouveaux du crime à grande échelle, de la nouvelle génétique et de la biotechnologie, et de la technologie de l’information.

3.3 Les domaines d’intérêt connexes

En poussant un peu plus loin la démarche multidisciplinaire, nous avons établi une série de combinaisons de domaines susceptibles d’offrir de bonnes possibilités de recherche.  Nous voulions aussi illustrer les genres d’analyses que la base de données des experts pourrait nous permettre de faire[10].  Les résultats obtenus sont illustrés au tableau 6.  Certaines de ces combinaisons de domaines sont expliquées brièvement ci-après.

Tableau 6: Combinaisons de domaines d'intérêt par département
Nombre de professeurs qui s'intéressent aux deux domaines Départment
Nombre total N=358 Criminologie N=39 Divers N=3Note de table ii Science Politique N=77 Psychologie N=116 Service Social N=44 Sociologie N=79
Autochtones et approches alternatives 49 6 1 8 7 6 21
Autochtones et approches alternatives et justice pour les jeunes 28 4 1 2 4 3 14
Criminologie et crime à grande échelle 27 12 - 2 3 - 10
Criminologie et justice pour les jeunes 57 15 1 4 14 4 19
Diversité et gouvernance 62 15 2 22 8 2 13
Questions socio-politiques et gouvernance 56 11 2 25 3 1 14
Gouvernance et crime à grande échelle 23 10 - 6 2 - 15
Familles en transition et violence familial 34 4 - 2 11 10 7
Infractions sexuelles et nouvelles technologies de l'information/internet 11 4 - 2 2 1 2
Infractions sexuelles et justice pour les jeunes 34 9 - 2 9 5 9
Victimologie et violence familial 21 6 - - 3 6 6
Victimologie et infractions sexuelles 21 3 - 2 6 6 4
Note de table ii

« Divers » englobe les études autochtones, le droit et la comptabilité

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Les Autochtones et les approches alternatives à la justice

Quarante-neuf des professeurs qui ont répondu au questionnaire travaillent dans les domaines des Autochtones et des approches alternatives à la justice.  De ces 49 professeurs, la majorité (21) enseignent la sociologie, et ils sont suivis par des professeurs de science politique (8), de psychologie (7), de criminologie et de service social (6 chacun) et des autres écoles diverses (1).  Ce regroupement illustre un intérêt de plus en plus marqué pour les approches alternatives à la justice en ce qui concerne les Autochtones.

Les Autochtones, les approches alternatives à la justice et la justice pour les jeunes

L’ajout d’un troisième élément, la justice pour les jeunes, en vue de faciliter l’examen des domaines des Autochtones et des approches alternatives à la justice permet de constater que 28 professeurs travaillent dans ces trois domaines à la fois.  Là encore, la majorité (21 ou 75 %) des professeurs qui s’intéressent à ces trois domaines viennent des départements de sociologie.

Les familles en transition et la violence

Nous avons combiné les familles en transition et la violence familiale à partir de l’hypothèse selon laquelle la violence contre le conjoint augmente parfois lorsque surviennent un divorce ou d’autre changements familiaux.  L’identification de professeurs qui travaillent dans les deux domaines pourrait faciliter une recherche sur ce sujet. Lorsqu’on les examine séparément, le domaine des familles en transition intéresse 71 professeurs alors que le domaine de la violence familiale en intéresse 107.  Cependant, seulement 34 répondants ont déclaré travailler dans ces deux domaines. La majorité de ces répondants proviennent des départements de psychologie (11) et du travail social (10).

La gouvernance et le crime à grande échelle

L’étude combinée du crime à grande échelle et de la gouvernance devrait faciliter un examen des modifications législatives.  Cela pourrait également s’appliquer au droit pénal relativement à la traite internationale des être humains et à la criminalité transnationale de façon plus générale, tout autant qu’aux domaines du crime organisé et de la criminalité des entreprises. Au total, 23 professeurs qui ont répondu au questionnaire mènent des recherches dans les deux domaines de la gouvernance et du crime à grande échelle.  La plus grande partie des professeurs dans cette combinaison proviennent du département de sociologie (15), ce qui reflète peut-être un intérêt pour les grandes organisations sociales et les questions connexes.  Un certain nombre de criminologues (10) travaillent également dans ces deux domaines, tout comme 6 professeurs de science politique et deux psychologues.

Les questions socio-politiques et la gouvernance

Un bon nombre de professeurs (56) mènent des recherches tant sur les questions socio-politiques que sur la gouvernance.  On pouvait s’attendre à des résultats élevés dans cette combinaison en particulier étant donné que chaque domaine, considéré séparément, nous a permis d’obtenir un nombre relativement important de réponses au questionnaire (107 pour la gouvernance et 167 pour les questions socio-politiques). Presque la moitié (25) des professeurs qui font des recherches dans ces deux domaines proviennent de la discipline de la science politique.  Un nombre plus restreint enseignent la sociologie (14) ou la criminologie (11).

Les infractions sexuelles et les nouvelles technologies de l’information/internet

Une telle combinaison devait nous permettre de trouver des professeurs qui étudient le lien entre l’internet et les infractions sexuelles, principalement la pornographie sur l’internet.  Seulement 11 professeurs font des recherches dans ces deux domaines, et environ un tiers de ceux-ci proviennent des départements de criminologie. Le petit nombre de professeurs qui ont signalé travailler dans ces deux domaines à la fois reflète le caractère relativement nouveau de ce sujet.

Victimologie et violence familiale

Le nombre de répondants qui s’intéressent à la fois à la violence familiale et à la victimologie n’est pas très élevé; seulement 21 professeurs travaillent dans ces deux domaines.  Cependant, cela représente environ 40 % du nombre total de professeurs qui enseignent ou qui font des recherches en victimologie. Les professeurs des départements de criminologie, de sociologie et de service social (6 chacun) constituent essentiellement le groupe de ces chercheurs.

Victimologie et infractions sexuelles

Vingt-et-un professeurs qui ont répondu au questionnaire travaillent dans les domaines des infractions sexuelles et de la victimologie.  Les professeurs qui s’intéressent à ces deux domaines proviennent des départements de service social (6), de psychologie (6), de sociologie (4), de criminologie (3) et de science politique (2).

3.4 Précision accrue des domaines de spécialisation

En plus d’examiner les combinaisons de domaines ci-dessus qui suscitent l’intérêt des répondants, nous avons aussi regroupé les sujets ou les sous-domaines d’intérêt. Le fait qu’un professeur indique un intérêt pour plus d’un sous-domaine ne signifie pas nécessairement que ses travaux portent sur tous les sous-domaines que regroupe un domaine donné. L’examen des combinaisons de sous-domaines permet de préciser davantage certains domaines d’expertise.

Autodétermination/modifications de la loi/histoire du droit

En tout, 19 des 358 professeurs qui ont répondu au questionnaire travaillent dans le domaine de l’autodétermination des Autochtones. Quatre de ces 19 répondants travaillent dans le domaine de l’histoire du droit. De plus, deux de ces quatre répondants qui font des travaux dans ces deux domaines font également des travaux qui portent sur les modifications de la loi.

Accès à la justice/diversité

Trente-neuf professeurs signalent s’intéresser à l’accès à la justice et 23 de ceux-ci déclarent s’intéresser à trois des quatre domaines de l’équité en matière d’emploi, soit la problématique homme-femme, les questions relatives au racisme et les personnes handicapées.  Vingt-trois s’intéressent à l’accès à la justice et aux couples de Même sexe.

La violence conjugale/la problématique homme-femme/les couples de Même sexe

Un nombre assez important de répondants (66) ont mentionné que leurs travaux portent sur le domaine de la violence conjugale. De ces 66 répondants, 42 s’intéressent aussi à la problématique homme-femme. Sept s’intéressent également aux couples de Même sexe.

Crime organisé/détermination de la peine/criminalité transnationale

Des 39 répondants dont les travaux portent sur le crime à grande échelle, 15 s’intéressent spécifiquement au crime organisé, et quatre de ceux-ci s’intéressent également à la détermination de la peine.  En d’autres mots, il ne semble pas que la détermination de la peine soit un sous-domaine qui intéresse les professeurs travaillant dans le domaine du crime organisé. Six des quinze professeurs qui déclarent s’intéresser au crime organisé indiquent aussi que leurs travaux portent sur la criminalité transnationale.

Modifications de la loi/questions relatives au droit commercial

Nous nous attendions à trouver certains liens entre les domaines des modifications de la loi, des questions relatives à l’information (p. ex. la protection de la vie privée) et les questions relatives au droit commercial. Toutefois, des 18 professeurs qui déclarent s’intéresser au domaine des modifications aux lois, seulement deux s’intéressent également aux questions relatives à l’information et aucun ne s’intéresse au domaine du droit commercial.

Droit pénal/questions relatives au droit commercial/crime par internet et application de la loi

Compte tenu du recours accru à l’internet et de l’augmentation du crime par l’internet, les domaines du droit pénal et du crime par l’internet ainsi que des questions connexes suscitent un intérêt croissant.  Des 38 professeurs qui ont répondu au questionnaire et qui s’intéressent au domaine du droit pénal, seulement trois s’intéressent aussi au crime par internet et à l’application de la loi (cinq seulement de tous les professeurs qui ont répondu au questionnaire s’intéressent au crime par l’internet et à l’application de la loi), et deux seulement s’intéressent aux questions relatives au droit commercial (p. ex. la propriété intellectuelle); aucun ne s’intéresse en particulier aux trois domaines à la fois.

Corruption de fonctionnaires/déviance et contrôle social

En tout, 20 professeurs qui ont répondu au questionnaire déclarent s’intéresser à la corruption de fonctionnaires et quatre seulement s’intéressent aussi à la déviance et au contrôle social.

3.5 La connaissance spécialisée des Méthodes des sciences sociales, les candidats au doctorat et l’expérience à titre de témoin expert

La connaissance spécialisée des Méthodes des sciences sociales

Une grande proportion des professeurs qui ont répondu au sondage (225 ou 63 %) indiquent avoir une connaissance spécialisée d’au moins une Méthode des sciences sociales. Étant donné qu’un bon nombre signalent un intérêt ou une expertise dans plus d’un domaine, il y a beaucoup de chevauchements. Les Méthodes quantitatives sont mentionnées le plus souvent, soit par 143 répondants ou  40 % de tous les professeurs; les Méthodes qualitatives constituent la spécialité pour 133 répondants ou 32 %, et 63 répondants ou  18 % déclarent être spécialistes des deux Méthodes. L’évaluation est un domaine d’expertise méthodologique pour 113 ou 32 % de tous les répondants. Les 42 répondants qui ont indiqué d’autres domaines d’expertise ont mentionné la mesure des variables psychométriques et psychologiques, le design expérimental et quasi-expérimental, la recherche ethnographique et la recherche comparative.

Les candidats au doctorat

Le questionnaire a aussi permis de recueillir des renseignements sur le nombre de candidats au doctorat que les professeurs dirigent ainsi que le titre de leur thèse.  Sur les 358 professeurs qui ont répondu au questionnaire, 155 dirigent au total 455 candidats au doctorat.  Les écoles n’offrent pas toutes un programme de doctorat, et là où le programme est offert, les professeurs ont jugé que les titres de thèse n’étaient pas tous pertinents.  Chaque professeur dirige en moyenne trois étudiants, mais ce chiffre reste assez vague.  La majorité des professeurs qui ont répondu ne dirigent pas de candidats au doctorat.

Les thèses des candidats au doctorat couvrent une vaste gamme de sujets et un bon nombre pourraient intéresser le ministère au cours des années à venir. Les sujets mentionnés sont notamment le mappage du crime, le dialogue intellectuel dans le village global, le mécontentement politique, le capital humain et la gouvernance représentative au Canada, les préjugés dans les théories occidentales de la justice, et les femmes dans les services de police.

Les témoins experts

En tout, 117 des 358 professeurs ont indiqué qu’ils avaient déjà agi à titre de témoin expert dans une cour de justice.  Ainsi, ils sont le plus souvent appelés à témoigner devant divers comités permanents du gouvernement et lors des débats de la Chambre ainsi que pour le Congrès des États-Unis.  D’autres ont agi comme témoin expert dans des procès en matière d’adoption,  de développement de l’enfant et de neuro-psychologie.


[10] Aux fins de la saisie et de l’analyse des données, nous avons utilisé le progiciel Access’97.

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