LE LANGAGE GESTUEL ET L'ACCÈS À LA JUSTICE POUR LES PERSONNES SOURDES AU NUNAVUT

7. RECOMMANDATIONS

  • D'après nos recherches, il est fort probable qu'une langue des signes autochtone existe dans les collectivités du Nunavut. Ces résultats portent à croire que l'on pourrait maintenant étudier la faisabilité de l'élaboration d'un programme de formation d'interprètes qui tiendrait compte des complexités linguistiques des utilisateurs sourds de langages gestuels au Nunavut. Le Collège de l'Arctique à Iqaluit offre actuellement un programme de formation d'interprètes judiciaires qui pourrait être élargi de manière à tirer profit des compétences actuelles des personnes entendantes et sourdes qui connaissent déjà les langages gestuels appropriés.
  • Dans le cadre d'une telle entreprise, je recommanderais également l'élaboration d'un dictionnaire de langage gestuel, qui mettrait notamment l'accent sur la terminologie juridique, et qui pourrait aussi contribuer à faciliter l'accès à la justice pour les personnes sourdes au Nunavut.
  • Si l'on déborde un peu le cadre du présent projet, il est nécessaire de réaliser des études plus poussées sur le système de langue des signes au Nunavut dans le contexte de la justice, mais aussi de l'éducation, de la santé, des services sociaux et de l'emploi. L'élaboration de programmes de sensibilisation sur la surdité en général et sur le langage gestuel en particulier serait essentielle dans le contexte du Nunavut. Il y aurait lieu d'étudier activement la possibilité d'élaborer des programmes d'alphabétisation des adultes sourds comme base pour l'acquisition de compétences de lecture et d'écriture et de compétences professionnelles.
  • L'on pourrait envisager de réaliser d'autres documents vidéos sur les langues des signes au Nunavut en partenariat avec le Conseil du Nunavut pour les personnes handicapées et l'Inuit Broadcasting Corporation dans le cadre des efforts visant à préserver les langues patrimoniales canadiennes.
  • Les études scientifiques éventuelles touchant des aspects linguistiques, psychologiques, sociaux et anthropologiques liés aux recommandations formulées ici devraient certainement faire appel à la participation active de la collectivité des personnes sourdes et/ou avec une déficience du Nunavut en tant que partenaires. De plus, l'ensemble des recommandations qui précèdent doivent être appréciées en fonction des réalités contemporaines du Nunavut. Il appartient aux personnes du Nunavut de déterminer les priorités et la ligne de conduite à adopter, et, dans la mesure du possible, des occasions d'emploi devraient être crées dans le contexte local.
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