Revue de la recherche sur la victimisation criminelle et les membres des Premières nations, les Métis et les Inuits, 1990 à 2001

Partie II : Les lacunes en matière de recherche, le cadre de travail et le programme de recherche à venir (suite)

3. Un résumé des recherches existantes sur la victimisation des Autochtones

Il existe un nombre assez important de textes qui portent notamment sur la victimisation des Autochtones. Les études effectuées à l’échelle nationale tiennent de plus en plus compte de l’appartenance à la population autochtone en tant que facteur dans leur analyse. Les études en question n’examinent cependant pas les questions liées à la victimisation des Autochtones de façon approfondie. Elles fournissent seulement quelques statistiques générales concernant le taux élevé d’Autochtones qui sont victimes d’actes violents.

Il y a également un certain nombre de recherches spécifiques qui ont été effectuées dans les collectivités et qui ont examiné la prévalence de la victimisation chez les femmes autochtones. Un grand nombre de ces recherches sont de nature qualitative et n’étudient qu’un petit nombre de sujets. De plus, certains chercheurs ont également tenté d’expliquer les taux démesurément élevés de violence conjugale. Les explications en question découlent, de façon logique, de diverses théories sur les impacts négatifs de la colonisation sur les Autochtones. On n’a toutefois toujours pas effectué une évaluation statistique approfondie de ces explications.

Certaines études ont également examiné la violence faite aux enfants et le « cycle de la violence » que peut causer le fait d’être victime à l’enfance. Les données qui examinent les impacts d’un tel comportement, ainsi que la mesure dans laquelle ces comportements sont appris, demeurent cependant contradictoires et controversées. Il existe de bons exemples de recherches coopératives traitant du commerce du sexe autochtone et fournissant des renseignements importants au sujet de la victimisation des enfants. On pourrait commencer à étudier la victimisation des jeunes autochtones en général en s’appuyant sur une telle étude.

Certaines recherches excellentes ont examiné la question de la victimisation des Autochtones dans les centres urbains. Les recherches en question font preuve d’une compréhension approfondie du sujet et sont instructives. Par contre, de nouvelles recherches comparant les différences entre les collectivités autochtones rurales et les collectivités urbaines seraient bénéfiques.

Certains chercheurs commencent également à examiner l’impact des solutions de remplacement aux processus judiciaires officiels dans les collectivités autochtones et tentent de déterminer si ces processus de remplacement répondent aux besoins des victimes de façon juste et appropriée. Les auteurs des rapports de recherche portant sur la victimisation des Autochtones ne s’entendent pas sur la validité culturelle de telles solutions et sur le fait qu’elles constituent des faits nouveaux positifs pour le bien-être communautaire en général. Certains auteurs ont rédigé des études d’évaluation sur les programmes autochtones de justice alternative et les approches autochtones axées sur la guérison (Lane et coll., 2002). Par exemple, l’étude sur Hollow Water a montré qu’il y a eu des améliorations en ce qui concerne le bien-être communautaire (Native Counselling Services of Alberta, 2001). Cependant, on doit effectuer plus de recherches évaluatives dans ce domaine, en tenant particulièrement compte du point de vue des victimes.

Les recherches dans ce domaine sont souvent fragmentaires et quelque peu dispersées. Il n’y a pas de thème général pouvant fournir une direction à suivre dans l’évaluation des résultats obtenus dans le cadre d’études disparates. Aucun effort n’a apparemment été déployé dans le but d’améliorer les connaissances acquises ou de prendre appui sur ces dernières pour marquer des progrès. La plupart des recherches effectuées ne nous permettent pas d’établir des comparaisons importantes au sein de la collectivité autochtone ou entre les sociétés autochtone et non autochtone.

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