Comprendre la violence familiale et les agressions sexuelles dans les territoires, les Premières Nations, les Métis et les Inuits

6. Discussion

L’objectif de la présente étude sur la violence familiale et les agressions sexuelles dans les territoires était de comprendre plus en profondeur les processus qui aboutissent à de telles infractions. En particulier, ces données examinent le processus permettant de comprendre avec plus d’acuité les ouvrages qui cherchent à relier ces phénomènes aux résultats négatifs du processus de colonisation des peuples des Premières Nations, des Métis et des Inuits. D’après les résultats de cette recherche, la majorité des individus responsables d’agressions sexuelles et d’infractions de violence familiale ont eux-mêmes été victimes de mauvais traitements dans leur enfance.

Les conclusions tirées de cette étude au sujet du taux élevé d’antécédents de maltraitance subie par les délinquants dans leur enfance attire l’attention sur le caractère approprié ou non de la réponse du système. De plus, le contexte socio-juridique est, à son tour, connecté à des facteurs socio-économiques particuliers. De nombreuses études examinent les résultats socioéconomiques permanents du processus de colonisation pour les membres des Premières Nations, les Métis et les Inuits. Klodawsky et coll. (2006) ont analysé les taux plus élevés de sans domiciles parmi les peuples autochtones. Dans leurs travaux, Brzozwski et coll. (2006) intègrent une analyse des faibles taux de personnes ayant terminé leurs études, occupant un emploi, gagnant un revenu convenable et des taux élevés de logements surpeuplés et de familles monoparentales parmi les Autochtones.

On a constaté que chacun de ces facteurs était hautement relié au comportement criminel (Brzozwski et coll., 2006). Dion Stout et Kipling (1998) caractérisent ces facteurs de risques multiples « d’amoncellement de risques » et de « ruine de l’économie politique de la vie quotidienne » pour les peuples des Premières Nations, les Métis et les Inuits. Même si cela ne reflète pas nécessairement la vie de la majorité des membres des Premières Nations, des Métis et des Inuits, ceux qui se trouvent pris dans cet amoncellement de risques en arrivent à se retrancher dans la marginalisation, les conditions de vie inférieures à la normale, l’appauvrissement et le traumatisme intergénérationnel qu’accompagne son héritage de violence, nuisible aussi bien pour la victime que pour le délinquant.

Suite aux conclusions de la CRPA et à des recherches subséquentes, un certain nombre d’interventions ont été amorcées. Au sein du ministère de la Justice, la Stratégie relative à la justice applicable aux Autochtones (SJA), le Centre de la politique concernant les victimes (CPV), l’Initiative de lutte contre la violence familiale (ILVF) et la Division de la recherche et de la statistique (DRS) collaborent pour appuyer la construction d’une capacité locale et l’élaboration d’une structure dans les collectivités autochtones grâce au financement de programmes pilotes prometteurs; le Ministère a entrepris des activités d’élaboration de politique et de réforme législative. D’un point de vue historique, les tribunaux, travaillant avec Résolution des questions des pensionnats indiens Canada (RQPIC), ont approuvé la  Convention de règlement relative aux pensionnats indiens (Convention de règlement) le 21 mars 2007 [11]. La création de la Commission de la divulgation des faits et de la réconciliation qui devrait commencer ses travaux au début de 2008 est un des éléments clés de la Convention de règlement.


[11] Voir : http://www.irsr-rqpi.gc.ca

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