PROFIL INSTANTANÉ D'UNE JOURNÉE DES JEUNES AUTOCHTONES SOUS GARDE AU CANADA

Chapitre 5 - Ontario (suite)

5.7 Questions géographiques

La prochaine section indique où les jeunes Autochtones visés par le profil instantané de l'Ontario ont passé la majeure partie de leur temps, au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, où ils ont commis leur infraction et où ils prévoient se réinstaller. Plus particulièrement, ils ont répondu à ces trois questions en indiquant s'ils allaient (ou prévoyaient) s'installer dans une ville, un village, une réserve ou un autre endroit.

En Ontario, la majorité des jeunes Autochtones sous garde le jour du profil instantané ont indiqué la ville à toutes les questions. Toutefois, ce phénomène « urbain » n'est pas surprenant vu que l'on trouve dans un bon nombre de villes d'importantes populations autochtones.

5.7.1 Où habitaient les jeunes avant leur incarcération actuelle

Le schéma 5.7 et le tableau 5.6 montrent où les jeunes visés par le profil instantané ont passé la majeure partie de leur temps au cours des deux années précédant leur incarcération. En général, plus de la moitié (53 %) des jeunes Autochtones inclus dans le profil instantané de l'Ontario vivaient dans une ville au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, alors que 31 % vivaient dans une réserve autochtone et 14 % vivaient dans un village. En Ontario, la proportion de jeunes qui vivaient dans une réserve avant leur incarcération actuelle est comparativement plus grande qu'à l'échelle nationale (31 % par rapport à 23 %).

Schéma 5.7 - Endroit où le jeune a passé la majeure partie de son temps au cours des deux années précédant son incarcération actuelle

Schéma 5.7 - Endroit où le jeune a passé la majeure partie de son temps au cours des deux années précédant son incarcération actuelle
[Description du Schéma 5.7]

Source : Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde (2001).
Préparé par la Division de la recherche et de la statistique, Justice Canada.

Le tableau 5.6 présente le lien entre l'âge et l'endroit où les jeunes ont passé la majeure partie du temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle. En Ontario, les jeunes d'un âge plus avancé avaient plus souvent vécu dans une réserve au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle. Par exemple, une plus grande proportion de jeunes de 16 à 17 ans (41 %) et de jeunes âgés de 18 ans et plus (38 %) avaient vécu dans une réserve au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, comparativement à 25 % des jeunes de 12 à 13 ans et à 18 % des jeunes de 14 à 15 ans. Des proportions semblables de jeunes de tous les groupes d'âge ont vécu dans une ville au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle.

Aucune différence n'a été notée lors de l'examen du sexe des jeunes et de l'endroit où ils ont passé la majeure partie de leur temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle. Des proportions semblables de garçons et de filles ont vécu dans une ville, un village ou une réserve (voir le tableau 5.7).

L'examen des infractions les plus graves laisse entendre que les jeunes qui vivaient dans une réserve avaient commis plus souvent une infraction contre la personne, alors que les jeunes qui vivaient dans une ville ou un village avaient plus souvent commis une infraction contre les biens. Parmi les jeunes vivant dans une réserve la majeure partie du temps avant leur incarcération actuelle, la plus grande proportion avaient été trouvés coupables d'avoir commis une infraction contre la personne (64 %), alors que 25 % étaient coupables d'avoir commis une infraction contre les biens et 11 % avaient commis une autre infraction au Code criminel . En comparaison, parmi les jeunes qui vivaient dans un village la majeure partie du temps avant leur incarcération actuelle, des proportions égales étaient coupables d'avoir commis une infraction contre les biens et contre la personne (39 % pour chaque type d'infraction), alors que 15 % étaient coupables d'avoir commis une autre infraction au Code criminel . De même, pour les jeunes qui vivaient dans une ville, l'infraction la plus grave commise par 44 % concernait les biens, alors que 38 % de ces jeunes étaient coupables d'avoir commis une infraction contre la personne, et 16 % avaient commis une autre infraction au Code criminel (voir le tableau 5.8) [1].

Le tableau 5.7a donne des noms d'endroits précis ainsi que des données tirées du recensement de 1996 afin de fournir des renseignements sur la proportion de jeunes Autochtones provenant des divers endroits et qui étaient sous garde le jour du profil instantané. Parmi les 269 jeunes visés par le profil instantané de l'Ontario, la plus forte proportion (N = 24 ou 9 %) vivaient à Thunder Bay au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, venaient ensuite les villes de London (N = 19 ou 7 %), de Sudbury (N = 14 ou 5 %), de Moosonee et de Hamilton (N = 12 ou 5 % chacune).

Toutefois, lorsqu'on examine la proportion des jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chaque collectivité et qui étaient sous garde le jour du profil instantané, on obtient un portrait légèrement différent. Douze jeunes ont indiqué qu'ils vivaient à Moosonee avant leur incarcération actuelle, représentant 5 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de cette collectivité. En outre, 14 jeunes vivaient à Sudbury et 8 à Toronto, représentant 4 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans dans chaque collectivité.

5.7.2 Endroit où l'infraction/la présumée infraction a été commise

Le schéma 5.8 et le tableau 5.6 indiquent où les jeunes visés par le profil instantané de l'Ontario ont commis l'infraction ou la présumée infraction à l'origine de leur incarcération actuelle. Près des trois cinquièmes (58 %) des jeunes Autochtones ont commis l'infraction ou la présumée infraction ayant mené à leur incarcération actuelle dans une ville, comparativement à 25 % dans une réserve et à 17 % dans un village. En Ontario, une plus grande proportion des jeunes avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une réserve comparativement à la proportion des jeunes à l'échelle nationale (25 % comparativement à 17 %, respectivement).

Schéma 5.8 - Endroit où l'infraction/la présumée infraction a été commise

Schéma 5.8 - Endroit où l'infraction/la présumée infraction a été commise
[Description du Schéma 5.8]

Source : Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde (2001).
Préparé par la Division de la recherche et de la statistique, Justice Canada.

Une analyse de l'âge laisse entendre que des proportions plus grandes de jeunes pâgés avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une réserve. D'une part, des proportions plus grandes de jeunes d'un âge moins avancé avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans un village. Par exemple, une plus grande proportion des jeunes de 14 à 15 ans (35 %) et des jeunes de 18 ans et plus (30 %) avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une réserve, comparativement à 19 % pour les 12 à 13 ans, et à 13 % pour les 14 à 15 ans. D'autre part, des proportions plus grandes de jeunes de 12 à 13 ans (25 %) et de jeunes de 14 à 15 ans (23 %) ont commis une infraction ou une présumée infraction dans un village comparativement à 15 % des jeunes de 16 à 17 ans et à 9 % des jeunes de 18 ans et plus (voir le tableau 5.6).

Aucune différence n'a été notée lors de l'examen du sexe des jeunes visés par le profil instantané de l'Ontario et de l'endroit où ils ont commis une infraction ou une présumée infraction. Des proportions semblables de garçons et de filles ont commis une infraction ou une présumée infraction dans une ville, un village ou une réserve (voir le tableau 5.7).

Un examen de l'endroit où se trouvaient les jeunes lorsqu'ils ont commis leur infraction la plus grave montre que ceux qui se trouvaient dans une réserve ont plus souvent commis une infraction contre la personne, alors que les jeunes qui vivaient dans une ville avaient le plus souvent commis une infraction contre les biens. Parmi les jeunes ayant commis leur infraction la plus grave dans une réserve, la plus grande proportion, soit 63 %, avaient été trouvés coupables d'une infraction contre la personne, comparativement à 40 % des jeunes ayant commis une infraction semblable dans une ville et à 43 % des jeunes l'ayant fait dans un village. Inversement, parmi les jeunes ayant commis leur infraction la plus grave dans une ville, 44 % étaient coupables d'avoir commis une infraction contre les biens, comparativement à 35 % des jeunes qui ont commis une infraction contre les biens dans un village et à 24 % des jeunes l'ayant fait dans une réserve (voir le tableau 5.8) [2].

Le tableau 5.7a donne des noms d'endroits précis ainsi que des données tirées du recensement de 1996 afin de fournir des renseignements sur la proportion de jeunes Autochtones provenant des divers endroits et qui étaient sous garde le jour du profil instantané. Parmi les 269 jeunes visés par le profil instantané de l'Ontario, la plus forte proportion (N = 27 ou 10 %) avaient commis une infraction ou une présumée infraction à Thunder Bay, venaient ensuite les villes de London (N = 24 ou 9 %), de Sudbury (N = 13 ou 5 %) et de Moosonee (N = 12 ou 5 %).

Toutefois, lorsqu'on examine la proportion des jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chaque collectivité et qui étaient sous garde le jour du profil instantané, on obtient un portrait légèrement différent. Douze jeunes ont indiqué qu'ils avaient commis une infraction ou une présumée infraction à Moosonee et 24 l'auraient fait à London, représentant ainsi 5 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chacune de ces collectivités. En outre, 8 jeunes (dans chaque ville) ont commis une infraction ou une présumée infraction à Toronto et à Brantford, représentant 4 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans dans chacune de ces collectivités.

5.7.3 Endroit où les jeunes prévoient s'installer après leur mise en liberté

Le schéma 5.9 et le tableau 5.6 montrent à quels endroits les jeunes Autochtones sous garde le jour du profil instantané prévoient s'installer après leur mise en liberté. En Ontario, plus de la moitié (54 %) des jeunes Autochtones prévoient se réinstaller dans une ville une fois mis en liberté, comparativement à 31 % des jeunes qui pensent se réinstaller dans une réserve autochtone et à 11 % dans un village. Les projets de réinstallation étaient inconnus pour 4 % des jeunes Autochtones sous garde. En Ontario, une plus grande proportion de jeunes Autochtones prévoyaient aller vivre dans une réserve après leur mise en liberté comparativement à la proportion de jeunes à l'échelle nationale (31% par rapport à 22 %, respectivement).

Schéma 5.9 - Projets de réinstallation

Schéma 5.9 - Projets de réinstallation
[Description du Schéma 5.9]

Source : Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde (2001).
Préparé par la Division de la recherche et de la statistique, Justice Canada.

Les jeunes d'un âge plus avancé étaient légèrement plus susceptibles que les plus jeunes d'indiquer qu'ils prévoyaient se réinstaller dans une réserve autochtone après leur mise en liberté. Plus des deux cinquièmes des jeunes de 16 à 17 ans (40 %) et 38 % des jeunes de 18 ans et plus pensaient aller dans une réserve, comparativement à 25 % des jeunes de 12 à 13 ans et à 19 % des jeunes de 14 à 15 ans. Plus des trois cinquièmes (64 %) des jeunes de 14 à 15 ans prévoyaient vivre dans une ville, comparativement à 53 % des jeunes de 18 ans et plus, à 50 % des 12 à 13 ans et à 45 % des jeunes de 16 à 17 ans (voir le tableau 5.6).

Les données laissent entendre que les filles prévoyaient un peu plus souvent aller dans une ville ou un village une fois en liberté. Une proportion légèrement plus grande de filles prévoyaient se réinstaller dans une ville une fois mises en liberté (56 % par rapport à 52 % pour les garçons). En outre, 16 % des filles comparativement à 11 % des garçons pensaient s'installer dans un village. De plus, 33 % des garçons et 26 % des filles prévoyaient aller dans une réserve (voir le tableau 5.7).

Un examen des infractions les plus graves et des projets de réinstallation révèle que la plus grande proportion des jeunes qui prévoient aller dans une réserve ou un village avaient commis une infraction contre la personne (63 % et 57 %, respectivement), alors que la plus grande proportion des jeunes prévoyant aller dans une ville avaient été trouvés coupables d'avoir commis une infraction contre les biens (45 %) (voir le tableau 5.8) [3].

Le tableau 5.7a donne des noms d'endroits précis ainsi que des données tirées du recensement de 1996 afin de fournir des renseignements sur la proportion de jeunes Autochtones provenant des divers endroits et qui étaient sous garde le jour du profil instantané. Parmi les 269 jeunes visés par le profil instantané de l'Ontario, la plus forte proportion (N = 29 ou 11 %) prévoyaient aller vivre à Thunder Bay, venaient ensuite les villes de London (N = 19 ou 7 %), de Sudbury et de Moosonee (N = 13 ou 5 % pour chaque ville).

Toutefois, lorsqu'on examine la proportion des jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de chaque collectivité et qui étaient sous garde le jour du profil instantané, on obtient un portrait légèrement différent. Treize jeunes ont indiqué qu'ils prévoyaient aller vivre à Moosonee, représentant ainsi 6 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans de cette collectivité. En outre, 19 jeunes prévoyaient se réinstaller à London et 8 jeunes voulaient le faire à Toronto, représentant 4 % de la population de jeunes Autochtones de 12 à 18 ans dans chaque collectivité.


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