PROFIL INSTANTANÉ D'UNE JOURNÉE DES JEUNES AUTOCHTONES SOUS GARDE AU CANADA

Chapitre 5 - Ontario (suite)

5.8 Tendances concernant la mobilité

La section précédente a révélé que les jeunes Autochtones visés par le profil instantané de l'Ontario avaient vécu le plus souvent dans une ville, avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une ville et prévoyaient aller vivre dans une ville. Toutefois, cette section ne laissait pas voir les tendances concernant la mobilité révélées au moyen des trois principales questions du profil instantané. Par exemple, parmi les jeunes qui vivaient dans une ville avant leur incarcération actuelle, quelle proportion a commis une infraction dans une ville et quelle proportion a commis une infraction dans un endroit différent (p. ex., une réserve ou un village)?

Pour répondre à ces questions, nous avons examiné les réponses des répondants aux trois principales questions du profil instantané (où ils habitaient, où ils avaient commis une infraction ou une présumée infraction et où ils prévoyaient se réinstaller). En général, l'analyse a révélé peu de mobilité - la majorité des jeunes donnaient pour réponses le même type d'endroit pour les trois principales questions du profil instantané [1]. En Ontario, les jeunes qui vivaient dans une ville avaient le plus souvent commis une infraction ou une présumée infraction dans une ville et prévoyaient retourner dans une ville.

En Ontario, parmi les 83 jeunes Autochtones qui ont indiqué avoir passé la majorité de leur temps dans une réserve au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, la plus forte proportion (68 %) avaient aussi commis une infraction ou une présumée infraction dans une réserve et prévoyaient retourner dans une réserve. Dix pour cent des jeunes Autochtones qui vivaient dans une réserve, avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une ville et prévoyaient se réinstaller dans une réserve. Ensuite, venaient les jeunes qui vivaient dans une réserve, avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans un village et prévoyaient aller vivre dans une réserve (8 %). Les données montrent donc une légère mobilité chez les jeunes qui ont quitté une réserve pour aller commettre une infraction ailleurs, mais ceux-ci prévoient retourner dans une réserve.

Parmi les jeunes ayant indiqué avoir vécu dans un village la plus grande partie du temps au cours des deux années précédant leur incarcération actuelle, près des deux tiers (65 % N = 37) avaient aussi commis une infraction ou une présumée infraction dans un village et prévoyaient retourner vivre dans un village. Quatorze pour cent (14 %) des jeunes vivaient dans un village, avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans un village et prévoyaient aller vivre dans une réserve.

Enfin, parmi les 133 jeunes de l'Ontario qui vivaient dans une ville la majeure partie du temps au cours de deux années précédant leur incarcération actuelle, la plus grande proportion, soit 86 %, avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une ville et prévoyaient se réinstaller dans une ville. Seulement 3 % des jeunes vivaient dans une ville, avaient commis une infraction ou une présumée infraction dans une ville et prévoyaient aller vivre dans une réserve. En outre, 2 % des jeunes vivaient dans une ville, avait commis une infraction ou une présumée infraction dans un village et prévoyaient retourner vivre dans une ville.


[1] Cette analyse a été faite en termes de ville, de village et de réserve et ne tient pas compte des déplacements entre deux endroits particuliers (p. ex., si un jeune a commis une infraction dans la ville « A » et prévoit se réinstaller dans la ville « B »).

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