Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde au Canada : Phase II

3. RÉSULTATS DU PROFIL INSTANTANÉ

3. RÉSULTATS DU PROFIL INSTANTANÉ

3.1 Taux d'incarcération : jeunes Autochtones et jeunes non-Autochtones

En tout, 2 212 adolescents étaient détenus le jour du profil instantané dans les douze administrations participantes. Le taux d'incarcération global pour les jeunes au Canada était de 11,5 par 10 000 adolescents dont l'âge variait entre 12 et 17 ans. Au tableau 1, on trouve le nombre de jeunes Autochtones et de jeunes non-Autochtones sous garde dans chaque administration ainsi que le taux d'incarcération pertinent. C'est dans les trois territoires et en Saskatchewan que l'on relève les taux d'incarcération les plus élevés, la Colombie-Britannique et l'Alberta ayant les taux les plus bas. Bien que les jeunes Autochtones représentent environ 5 % de la population du Canada, 33 % des adolescents en détention sont autochtones.

Tableau 1 - Jeunes Autochtones et jeunes non-Autochtones sous garde par administration
Administration Nombre d'Autochtones (% de la rangée) Nombre de non-Autochtones (% de la rangée) Total (% de la colonne) Taux d'incarcé- ration
Terre-Neuve et Labrador 5 ( 8) 57 ( 92) 62 ( 3) 13,9
Île-du-Prince-Édouard 0 ( 0) 13 (100) 13 ( 1) 10,7
Nouvelle-Écosse 9 ( 9) 90 ( 91) 99 ( 5) 13,3
Nouveau-Brunswick 3 ( 4) 75 ( 96) 78 ( 4) 13,1
Ontario 166 ( 15) 937 ( 85) 1,103 (50) 11,8
Manitoba 138 ( 80) 35 ( 20) 173 ( 8) 17,7
Saskatchewan [7] 203 ( 88) 28 ( 12) 231 (10) 24,6
Alberta 90 ( 36) 163 ( 64) 253 (11) 9,5
Colombie-Britannique 60 ( 41) 85 (59) 145 ( 7) 4,5
Yukon 7 ( 88) 1 (13) 8 ( 0) 28,5
Territoires du Nord-Ouest 28 (100) 0 ( 0) 28 ( 1) 72,7
Nunavut 11 (100) 0 ( 0) 11 ( 1) 31,6
CANADA 720 ( 33) 1 484 ( 67) 2 204 (100) 11,5
  1. Le total des fréquences n'est pas 2 212 en raison de données manquantes.
  2. Le total des pourcentages n'est pas toujours 100 % parce qu'on a arrondi les données.
  3. Le taux d'incarcération est basé sur 10 000 jeunes âgés de 12 à 17 ans.

Au graphique 1, on trouve le taux d'incarcération des jeunes Autochtones et des jeunes non-Autochtones dans chaque administration [8]. Le taux d'incarcération des jeunes Autochtones était 64,5 par 10 000 habitants tandis que le taux d'incarcération des jeunes non-Autochtones était 8,2 par 10 000 habitants. Par rapport aux adolescents non autochtones, les risques que les jeunes Autochtones soient en détention étaient presque huit fois plus élevés.

Graphique 1 - Taux d'incarcération chez les jeunes Autochtones et les jeunes non-Autochtones au Canada

Graphique 1 - Taux d'incarcération chez les jeunes Autochtones et les jeunes non-Autochtones au Canada

[Description de la Figure 1]

En règle générale, le taux d'incarcération chez les jeunes Autochtones est plus faible dans l'Est et l'Ouest du Canada (Terre-Neuve et Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Alberta, Colombie-Britannique), mais plus élevé dans le centre et le Nord du pays (Ontario, Manitoba, Saskatchewan, Yukon, Territoires du Nord-Ouest). À titre de comparaison, le taux d'incarcération des jeunes non-Autochtones est en général plus faible dans le Nord et l'Ouest du Canada mais plus élevé dans l'Est du pays.

Toutes les administrations ont indiqué un taux d'incarcération plus élevé dans le cas des jeunes Autochtones, par rapport aux jeunes non-Autochtones; il y avait cependant une exception, l'Île-du-Prince-Édouard, province qui a déclaré n'avoir aucun jeune Autochtone sous garde le jour du profil instantané. C'est en Saskatchewan que la différence est la plus marquée entre le taux d'incarcération des jeunes Autochtones et celui des jeunes non-Autochtones : en effet, dans cette province, les risques que les jeunes Autochtones soient incarcérés étaient 30 fois plus élevés par rapport aux jeunes non-Autochtones. Au Yukon, ce risque est 18 fois plus élevé et au Manitoba, il est 16 fois supérieur. C'est au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve et Labrador que la différence est la moins marquée : dans ces provinces, les risques que les jeunes Autochtones soient incarcérés n'étaient respectivement que 1,2 et 1,6 fois plus élevés par rapport aux jeunes non-Autochtones.

3.2 Comparaison du profil instantané de 2000 et du profil instantané de 2003

Les conclusions du profil instantané de 2003 ont démontré qu'il y a eu une réduction considérable du nombre absolu de jeunes Autochtones sous garde depuis qu'on a établi le premier profil instantané. En 2000, il y avait 1 128 jeunes Autochtones en détention au Canada, par rapport à 720 jeunes Autochtones sous garde en 2003 - soit une différence de 408 adolescents [9]. Cela représente une réduction de 36 % pour ce qui est du nombre de jeunes Autochtones sous garde. Au graphique 2, on trouve des données sur le nombre absolu de jeunes Autochtones pour chaque profil instantané, selon les administrations.

Graphique 2 - Nombre absolu de jeunes Autochtones dans le profil instantané de 2000 et le profil instantané de 2003

Graphique 2 - Nombre absolu de jeunes Autochtones dans le profil instantané de 2000 et le profil instantané de 2003

[Description de la Figure 2]

Le Nunavut et la Nouvelle-Écosse étaient les seules administrations à signaler une augmentation du nombre de jeunes Autochtones sous garde entre 2000 et 2003. Ces augmentations sont toutefois assez faibles si on considère les chiffres absolus.

En très grande partie, la différence entre 2000 et 2003 peut être attribuée à la réduction du nombre de jeunes Autochtones purgeant une peine en milieu ouvert et une peine en milieu fermé. En effet, le nombre de jeunes Autochtones purgeant une peine en milieu ouvert a diminué de 50 %, le nombre de jeunes Autochtones purgeant une peine en milieu fermé baissant de 48 %. Toutefois, le nombre de jeunes Autochtones mis sous garde (c'est-à-dire les cas de détention provisoire) n'a diminué que de 7 % entre 2000 et 2003.

Au tableau 2, on trouve le nombre absolu de jeunes Autochtones sous garde dans un certain nombre de villes en 2000 et 2003, et la différence entre les deux profils instantanés. C'est à Winnipeg, au Manitoba, qu'on a connu la diminution la plus importante du nombre de jeunes Autochtones sous garde entre 2000 et 2003; vient ensuite la ville de Prince Albert, en Saskatchewan. À Saskatoon et Regina, en Saskatchewan, le nombre de jeunes Autochtones sous garde a connu une légère augmentation en 2003, par rapport au profil instantané de 2000.

Tableau 2 - Nombre absolu de jeunes Autochtones sous garde dans certaines villes (2000 et 2003)
Ville profil instantané de 2000 profil instantané de 2003 différence
Winnipeg (Manitoba) 145 85 - 60
Prince Albert (Saskatchewan) 35 8 - 27
London (Ontario) 24 8 - 16
Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) 19 5 - 14
Thunder Bay (Ontario) 27 15 - 12
Brandon (Manitoba) 19 8 - 11
Inuvik (Territoires du Nord-Ouest) 14 3 - 11
Forth Smith (Territoires du Nord-Ouest) 12 2 - 10
Edmonton (Alberta) 33 25 - 8
Meadow Lake (Saskatchewan) 10 4 - 6
Moosonee (Ontario) 12 6 - 6
Sudbury (Ontario) 13 8 - 5
North Battleford (Saskatchewan) 18 15 - 3
Yorkton (Saskatchewan) 15 13 - 2
Hamilton (Ontario) 11 9 - 2
Vancouver (Colombie-Britannique) 13 11 - 2
Calgary (Alberta) 11 10 - 1
Regina (Saskatchewan) 47 48 +1
Saskatoon (Saskatchewan) 48 50 +2
  1. Comprend toutes les villes où l'on compte au moins 10 jeunes Autochtones sous garde en 2000.
  2. Par « ville », on entend celle où l'infraction donnant lieu à la détention a été commise.
  3. Ces données représentent deux moments précis et ne devraient pas être interpretées comme une tendance.

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