Profil instantané d'une journée des jeunes Autochtones sous garde au Canada : Phase II

3. RÉSULTATS DU PROFIL INSTANTANÉ ( suite )

3. RÉSULTATS DU PROFIL INSTANTANÉ ( suite )

3.8 Information additionnelle sur les jeunes Autochtones sous garde

On a recueilli des données additionnelles sur les jeunes Autochtones sous garde, mais pas sur les jeunes non-Autochtones. On a décidé de limiter la quantité de données que chaque établissement devait recueillir afin de leur faciliter la tâche.

Au tableau 4, on trouve de l'information sur l'origine autochtone et l'appartenance à la population autochtone des jeunes Autochtones sous garde. La plus grande partie des jeunes Autochtones sous garde (78 %) appartenaient aux Premières Nations. Trois quarts des jeunes Autochtones sous garde (74 %) étaient Indiens de plein droit.

Tableau 4 - Origine et appartenance à la population autochtone des jeunes Autochtones sous garde

Origine autochtone
  nombre %
Premières Nations 550 78
Métis 114 16
Inuit 19 3
Autre/inconnue 19 3
Appartenance à la population autochtone
  nombre %
Indien inscrit 515 74
Indien non inscrit 179 26

1. Le total des fréquences n'est pas 720 en raison de données manquantes.

Au tableau 5, on trouve de l'information sur les conditions de logement des jeunes Autochtones sous garde au moment où ils sont admis à l'établissement. Soixante-trois pour cent des jeunes Autochtones sous garde vivaient avec leurs parents au moment d'être admis tandis que 16 % des adolescents autochtones vivaient avec des membres de la famille élargie.

Tableau 5 - Conditions de logement des jeunes Autochtones sous garde
Conditions de logement Nombre %
vivent avec les deux parents 146 21
un seul des parents 292 42
la famille élargie 108 16
des parents de famille d'accueil 36 5
un foyer de groupe 60 9
personne de passage/sans-logis 15 2
vie autonome 32 5
autres modalités 7 1
  1. Le total des fréquences n'est pas 720 en raison de données manquantes.
  2. Le total n'est pas 100 % parce qu'on a arrondi les données.

On indiquait que 39 % des jeunes Autochtones sous garde avaient obtenu des services des organismes de protection de l'enfance au moment d'être admis à l'établissement - 16 % étaient pupilles de l'État et 23 % avait un dossier actif. Pour près de la moitié (47 %) des jeunes Autochtones, la principale source de revenus de la famille était l'aide sociale.

Trente pour cent des jeunes Autochtones sous garde avaient été condamnés la première fois à l'âge de 12 ans; 23 % l'avaient été à l'âge de 13 ans et 22 %, à l'âge de 14 ans ( M =13,6, écart type =1,45).

En moyenne, au moment d'être admis sous garde, le niveau d'éducation le plus élevé atteint par les jeunes Autochtones était la huitième année ( M =8,3, écart type =1,43). Seulement 2 % des jeunes Autochtones sous garde âgés de 18 ans et plus avaient complété leurs études secondaires.

On soupçonnait qu'environ un jeune Autochtone sous garde sur six souffrait de troubles causés par l'intoxication fœtale à l'alcool (IFA) ou cet état de choses avait été confirmé; dans 4 % des cas, le diagnostic médical avait été confirmé; l'établissement de détention se doutait que 5 % des jeunes Autochtones étaient touchés par ces troubles; enfin, 8 % des jeunes Autochtones avaient déclaré eux-mêmes qu'ils étaient atteints du syndrome.

Dans une proportion supérieure à huit sur dix, on soupçonnait que les jeunes Autochtones sous garde étaient aux prises avec un problème relatif à l'abus d'alcool ou de drogues ou cet état de choses avait été confirmé; dans 57 % des cas, le problème était confirmé et, pour 24 % des jeunes Autochtones, on soupçonnait que ce problème avait déjà existé.

On a également colligé de l'information sur la prévalence de l'automutilation et du suicide sous garde ainsi que sur les tentatives de suicide antérieures et les pensées qui y sont associées. L'automutilation comprend des actes comme les coupures, les entailles ou les brûlures infligées délibérément. On indiquait que huit pour cent des jeunes Autochtones s'étaient infligé des blessures pendant la détention. Environ 11 % des jeunes Autochtones avaient songé au suicide et 3 % des jeunes Autochtones avaient tenté de se suicider pendant la garde. On indiquait que un jeune Autochtone sur cinq avait tenté de se suicider avant d'être admis sous garde et que 14 % des adolescents autochtones avaient eu des pensées suicidaires avant d'être emprisonnés.

3.9 Établissements de détention pour adolescents au Canada

En tout, 229 établissements du Canada ont fourni de l'information le jour du profil instantané. Il faut faire preuve de circonspection lorsqu'on interprète ce chiffre, car il se peut que certaines provinces n'aient pas communiqué d'information sur chaque établissement, surtout si aucun adolescent n'était détenu le jour du profil instantané. On trouve au tableau 6 le nombre d'établissements pertinents ainsi que le nombre de lits permanents disponibles dans chaque province qui participe à l'étude. La plus grande partie des établissements et des lits disponibles se trouve en Ontario.

Les établissements ont également indiqué le type de détention offert [11]. Environ 26 % des établissements offraient une garde en milieu fermé et 80 %, une garde en milieu ouvert. De plus, les établissements offraient la détention provisoire (44 %) ou un autre type de service de garde (12%). Il se pouvait aussi qu'on dispense d'autres services relatifs à la détention, comme des placements aux fins d'une évaluation judiciaire ou psychologique ou encore des placements dans le cadre du bien-être de l'enfance.

Il y avait également une description des établissements. Dans la plupart des cas, les établissements étaient décrits comme foyers de groupe (50 %) ou encore comme un établissement de garde en milieu fermé (32 %). Les foyers d'accueil ou les foyers communautaires représentaient 10 % de l'échantillon. Le reste des établissements (8 %) étaient des camps de pleine nature ou des ranches, des établissements pour adultes ou des foyers d'accueil à vocation thérapeutique.

Tableau 6 - Établissements de détention par province et lits disponibles
Province Total des établissements nombre (%) Lits permanents disponibles
Colombie-Britannique 6 ( 3) 273 ( 6)
Saskatchewan 11 ( 5) 364 ( 8)
Alberta 14 ( 6) 716 (16)
Manitoba 3 ( 1) 272 ( 6)
Ontario 139 (61) 2 296 (51)
Nouveau-Brunswick 21 ( 9) 163 ( 4)
Île-du-Prince-Édouard 2 ( 1) 24 ( 1)
Nouvelle-Écosse 3 ( 1) 164 ( 4)
Terre-Neuve et Labrador 13 ( 6) 128 ( 3)
Yukon 3 ( 3) 13 ( 0)
Nunavut 1 ( 0) 15 ( 0)
Territoires du Nord-Ouest 13 ( 6) 83 ( 2)
TOTAL 229 (100) 4 511 (100)

1. Les pourcentages ne s'élèvent pas toujours à 100 % parce qu'on a arrondi les données.

Au graphique 7, on trouve le pourcentage de lits dans chaque province qui étaient occupés le jour du profil instantané [12]. Environ 43 % de tous les lits disponibles au Canada étaient occupés le jour du profil instantané. C'est aux Territoires du Nord-Ouest (34 %) et en Alberta (35 %) que le taux d'occupation est le plus bas. Au Nunavut, il semble que le taux d'occupation soit élevé (75 %), mais un seul établissement avait communiqué de l'information dans le territoire et ne comptait que 15 lits permanents disponibles.

Graphique 7 - Pourcentage de lits disponibles occupés dans chaque province

Graphique 7 - Pourcentage de lits disponibles occupés dans chaque province

[Description de la Figure 7]

Enfin, plus de la moitié (53 %) des établissements au Canada offraient des programmes culturels autochtones. Cependant, il faut encore une fois faire preuve de circonspection lorsqu'on interprète ces données. Dans certains cas, les établissements peuvent dispenser sur place des programmes autochtones; dans d'autres cas, ils auront des liens avec des groupes de l'extérieur qui offrent des programmes culturels et ces programmes seront dispensés au besoin (c'est-à-dire lorsqu'il y a un jeune Autochtone sous garde). On ne sait pas clairement si, dans certains établissements, on a compris qu'on voulait dire programmes offerts seulement à l'intérieur du centre de détention . Par conséquent, il se peut que les établissements qui n'ont pas indiqué qu'il y avait des programmes culturels autochtones aient quand même accès, au besoin, à des programmes axés sur la collectivité. Le jour du profil instantané, on comptait 59 jeunes Autochtones sous garde dans des établissements qui, selon l'information communiquée, n'offraient pas de programmes culturels autochtones.


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