L'efficacité du traitement de la toxicomanie chez les jeunes délinquants

1. Introduction

1. Introduction

1.1 Contexte

La prévention du comportement criminel, particulièrement chez les jeunes délinquants, revêt de plus en plus d'importance pour les professionnels de la justice pénale. Les chercheurs consacrent énormément d'attention aux facteurs de risque de comportement criminel chez les adolescents. Tous démontrent que des facteurs de risque statiques et dynamiques sont liés à l'activité criminelle. Puisque les facteurs de risque statiques comme les antécédents criminels demeurent constants et ne changent pas en fonction de l'intervention, la recherche correctionnelle est axée en premier lieu sur l'analyse des facteurs de risque dynamiques qui sont liés au comportement criminel (également appelés besoins criminogènes). Plusieurs chercheurs font valoir la nécessité d'insister sur les facteurs de risque dynamiques, et non sur les facteurs de risque statiques, dans l'évaluation du risque et le traitement même (Andrews et Bonta, 1998; Farabee, Shen, Hser, Grella et Anglin, 2001; Gendreau, 1996), et l'un des facteurs de risque dynamiques prédominants est la toxicomanie.

À propos des problèmes de comportement en matière d'alcool et de drogue, on parle indifféremment de toxicomanie, de dépendance, d'abus (Gilvarry, 2000). Toutefois, le Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux (DSM-IV; American Psychiatric Association, 1994) ne reconnaît officiellement de critères diagnostiques que pour l'abus d'alcool ou de drogue et la toxicomanie. L'abus d'alcool ou de drogue a des conséquences néfastes dans les relations sociales et interpersonnelles, tandis que la toxicomanie est un problème plus grave caractérisé par des signes de dépendance, comme une toléance accrue à l'alcool ou à la drogue ou des symptômes de sevrage. Pour les besoins de la présente étude, les deux types de dépendance seront examinés dans le cas des jeunes délinquants toxicomanes.

Il importe également de noter d'ores et déjà que le présent rapport ne traite pas des facteurs sociologiques susceptibles de contribuer à la dépendance des adolescents à l'égard de l'alcool ou de la drogue. Puisque le présent examen vise en premier lieu à déterminer quels sont les ingrédients de la réussite du traitement , il serait contreindiqué d'examiner les indicateurs sociologiques en cause car il serait extrêmement difficile d'élaborer un programme de traitement qui agirait efficacement sur ces facteurs (comme la pauvreté). C'est pourquoi le présent examen traitera uniquement des variables sur lesquelles on peut agir directement dans le cadre d'un programme à l'intention des jeunes qui ont besoin d'un traitement.

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