Évaluation du risque et des besoins chez les jeunes contrevenants : un aperçu

1.0 Introduction

Dans de nombreux systèmes de justice pénale occidentaux ainsi que dans d'autres secteurs de services sociaux (aide sociale, protection de l'enfance, santé mentale), on peut observer une nouvelle tendance visant un recours accru aux échelles actuarielles d'évaluation du risque et des besoins[1]. Les nouvelles techniques actuarielles et quasi-actuarielles de classification et d'évaluation du risque et des besoins auraient remplacé ou modifié les pratiques traditionnelles au plan clinique et juridique[2]. Les instruments d'évaluation du risque et des besoins, tirés de recherches portant sur des échantillons importants de population, sont jugés plus utiles que les méthodes de classification subjectives, individuelles et discrétionnaires. Ceux qui s'en font les promoteurs estiment qu'ils permettent de mesurer le risque et les besoins de manière objective, « actuarielle »,et qu'ils éliminent les décisions arbitraires, la partialité et les préjugés en permettant une classification plus efficace et impartiale ainsi que des décisions plus justes et rationnelles. On fait valoir que ces instruments ont une valeur prédictive beaucoup plus grande que les anciennes méthodes discrétionnaires.

Le but de la présente étude était d'examiner et de critiquer les concepts de risque et de besoin en ce qui a trait à l'évaluation des jeunes contrevenants au sein du système de justice pénale canadien, et d'identifier les instruments d'évaluation du risque et des besoins actuellement utilisés auprès de cette clientèle. Nous avons communiqué avec les autorités gouvernementales dans chaque province et territoire afin d'identifier les principaux instruments d'évaluation du risque et des besoins utilisés auprès des jeunes contrevenants, et nous avons procédé à des entrevues afin de connaître dans quel but et de quelle manière les instruments étaient utilisés à différentes étapes du processus décisionnel au sein du système de justice pénale. Nous avons porté une attention particulière aux raisons justifiant le choix de certains instruments et tenté de documenter les recherches effectuées dans les provinces et territoires.

Il n'a pas été possible de procéder à une analyse approfondie de la fiabilité et de la validité des échelles d'évaluation parce que les chercheurs n'ont pu avoir accès aux données brutes sur lesquelles elles étaient fondées ni sur les données recueillies à des fins de validation par les provinces et territoires. Une telle tâche, bien qu'utile[3], dépassait le cadre de notre projet.


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