Les victimes de la traite des personnes : Points de vue du secteur communautaire canadien

5. Conclusion

La présente étude est une des rares recherches de ce genre au Canada. Les chercheuses espèrent qu’à long terme, elle aura une incidence marquée sur des politiques conçues pour protéger les droits des victimes de la traite des personnes et pour prendre en compte les questions de différences entre les sexes dans toute stratégie adoptée.

La traite des personnes fait l’objet de vigoureux débats, tant à l’échelle internationale que nationale. Au Canada, le phénomène s’inscrit dans l’intersection complexe des droits de la personne, du fossé grandissant entre les riches et les pauvres, de la féminisation de la pauvreté, des mouvements migratoires illégaux et irréguliers et des impacts durables de la colonisation des peuples autochtones.

Il importe de souligner que l’étude a été menée dans un laps de temps très court. Malgré cette contrainte, notre demande de participation a été généralement reçue avec enthousiasme. Des intervenants ont accueilli cette occasion de parler du dossier, de communiquer leur expérience et leurs préoccupations et de faire entendre leurs voix dans l’élaboration d’un projet de cadre stratégique global.

Plusieurs des répondants n’avaient jamais envisagé directement la traite de personnes à l’intérieur du pays comme faisant partie du problème, dans la mesure où la population qu’ils desservent provient pour la plupart de l’extérieur du pays. Mais comme les Autochtones constituaient une des populations ciblées par l’étude, on s’est intéressé particulièrement à leur cas. Le fait que la majorité des victimes de la traite pratiquée à l’intérieur du pays sont des femmes et des enfants autochtones témoignent des conditions socioéconomiques difficiles auxquelles font face les peuples autochtones. Autre résultat troublant : les enfants constituent la population la plus vulnérable et la plus difficile à rejoindre, puisque ceux-ci sont habituellement confinés dans des maisons ou d’autres milieux fermés.

Les répondants de l’étude ont souligné les besoins précis à prendre en compte pour assurer l’efficacité de solutions et de mesures de prévention et de protection. Le secret entourant la traite des personnes, leur transport illégal, les liens avec le crime organisé et avec de nouveaux réseaux criminels au Canada et à l’étranger nous permettent d’entrevoir l’étendue du problème. Les chercheuses s’attendent à ce que cette étude apporte non seulement une contribution aux discussions à venir sur cet enjeu mais aussi fournisse des renseignements cruciaux aux fonctionnaires qui, au sein du gouvernement canadien, cherchent à intervenir de façon constructive pour venir en aide aux victimes de la traite et pour punir les trafiquants. Nous avons aussi bon espoir que des organisations trouveront les présents renseignements utiles dans le cadre de la prestation de services à cette population vulnérable.

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