Recueil des recherches sur les victimes d'actes criminels, no 6

Une image vaut-elle mille mots? Les possibilités et les défis entourant l’utilisation de la cartographie réalisée à l’aide de SIG dans l’optique des victimes

Katie Scrim Note de bas de la page 8 et Clarinda Spijkerman Note de bas de la page 9

La technologie des systèmes d’information géographique (SIG) est utilisée depuis des décennies pour dégager et analyser les points d’intersection entre la géographie et une panoplie de phénomènes scientifiques et socioéconomiques, dont l’environnement, la santé et même les tendances de consommation. De nos jours, les applications informatisées intègrent matériel, logiciels et données à référence géographique pour nous aider à visualiser, à interpréter et à comprendre les données de façons diverses pour qu’apparaissent des modèles et des relations (ESRI, 2012). Les cartes réalisées à l’aide de SIG peuvent s’avérer des outils de communication efficaces parce qu’elles présentent l’information sous forme visuelle, facilitant ainsi la compréhension dans diverses disciplines professionnelles. La technologie des SIG est de plus en plus utilisée dans le domaine de la justice pénale. Par exemple, de nombreux services de police au Canada se servent de cette technologie pour cartographier l’emplacement des incidents d’actes criminels, aidant ainsi la police à mieux utiliser ses ressources et à communiquer avec le public.Note de bas de la page 1 On trouve également des exemples de cas où la cartographie réalisée à l’aide de SIG est appliquée dans l’optique des victimes. Songeons entre autres aux importants travaux préparatoires accomplis au Canada par Dawson (2010) afin de déterminer comment cartographier les ressources destinées aux femmes ayant été victimes de violence. On mène aussi des travaux considérables sur les interventions communautaires relativement à la violence conjugale dans les régions rurales et nordiques des Prairies et des Territoires du Nord-Ouest. Un volet de ce projet consiste à cartographier les services mis à la disposition des femmes victimes de violence conjugale.Note de bas de la page 2 Dans le cadre d’autres études aux États-Unis et en Grande-Bretagne, la cartographie réalisée à l’aide de SIG a servi à déceler les lacunes en matière de services d’aide aux victimes (voir Coy et. coll., 2008; Stoe et. coll., 2003).

Afin d’étudier de façon plus poussée l’utilisation de la cartographie réalisée à l’aide de SIG comme outil permettant de mieux comprendre les phénomènes dans le domaine de la justice pénale, le Centre de la politique concernant les victimes et la Division de la recherche et de la statistique du ministère de la Justice du Canada ont mené une étude de cas dans les Territoires du Nord-Ouest, dans le cadre de laquelle les incidents d’actes criminels violents ont été cartographiés de pair avec les services d’aide aux victimes afin d’analyser visuellement les points d’intersection entre la victimisation et les services d’aide mis à la disposition des victimes. Cet exercice de cartographie a révélé des lacunes en matière de services d’aide aux victimes dans certaines régions des Territoires du Nord-Ouest. Toutefois, est-ce qu’une image nous dit réellement toujours tout? Il y a de nombreux défis inhérents à la prestation de services dans les Territoires du Nord-Ouest, mais le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a trouvé des moyens innovateurs pour combler les lacunes et joindre les victimes, ce qu’une simple carte ne permet pas toujours de cerner.

Les Territoires du Nord-Ouest : une étude de cas pour la cartographie réalisée à l’aide de SIG

La carte qui accompagne le présent article montre les résultats d’une simple cartographie des crimes violents déclarés par la police en 2011 et de l’emplacement des services d’aide aux victimes et des maisons de transition dans les Territoires du Nord-Ouest réalisée à l’aide de SIG. Les crimes violents sont présentés selon le type d’infraction à l’aide d’icônes de taille graduelle ? plus l’icône est grande, plus le nombre d’incidents est élevé. Une analyse superficielle de la carte révèle des lacunes en matière de services d’aide aux victimes d’actes criminels dans un certain nombre de collectivités. Des crimes violents ont été déclarés dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest, y compris dans les collectivités où il n’existe aucun service permanent pour les victimes. Par exemple, il n’y a aucun service d’aide aux victimes à Norman Wells, à Tulita, à Deline, ni à Fort Liard ou à Lutsel K’e. La collectivité de Tuktoyaktuk, pour sa part, compte une maison de transition (refuge pour femmes battues) et un travailleur des services d’approche, mais elle n’offre aucun service local permanent aux victimes. Peu importe la province ou le territoire, il est difficile d’assurer une couverture exhaustive et continue des services d’aide aux victimes, mais cette tâche est d’autant plus compliquée dans les régions isolées et éloignées du pays comme les Territoires du Nord-Ouest.

Figure 1 : Emplacements des services d’aide aux victimes d’actes criminels et des incidents de violence sélectionnés dans les Territoires du Nord-Ouest, 2011

Figure 1 : Une carte des Territoires du Nord-Ouest illustrant l’emplacement des services d’aide aux victimes et des maisons de transition ainsi que l’emplacement des incidents de violence signalés à la police durant l’année 2011

Figure 1 - Équivalent textuel

La présente carte des Territoires du Nord-Ouest illustre l’emplacement des services d’aide aux victimes, des services d’intervention auprès des victimes et des maisons de transition (refuges pour femmes) ainsi que le nombre (plage de valeurs) d’incidents pour certains crimes violents survenus dans chaque village ou collectivité en 2011. Parmi les types de crimes violents figurant sur la carte, on compte l’homicide, l’agression sexuelle contre un enfant, l’agression sexuelle (niveaux 1 à 3), les voies de fait graves, les voies de fait causant des lésions corporelles ou commis à l’aide d’une arme et les voies de fait simples. Le nombre d’incidents criminels survenus dans chaque village ou collectivité est représenté par des symboles gradués (c’est-à-dire que la taille du symbole est proportionnelle au nombre d’incidents). Chaque type d’incident criminel est représenté par une couleur distincte. Les plages de valeur pour chaque taille de symbole et chaque type d’incident criminel sont précisées dans la légende comme suit :

  • Les homicides sont représentés par un petit cercle noir. Il n’y a qu’une seule plage de valeurs de 1 à 2 incidents pour ce type de crime.
  • Les agressions sexuelles contre des enfants sont représentées par un petit cercle fuchsia. Il n’y a qu’une seule plage de valeurs pour ce type de crime et elle est de 1 à 2 incidents.
  • Les agressions sexuelles sont représentées par des cercles rose de trois tailles : 1 à 5, 6 à 20 et 21 à 42.
  • Les voies de fait graves sont représentées par des cercles vert foncé de deux tailles : 1 à 5 et 6 à 7.
  • Les voies de fait causant des lésions corporelles ou commis à l’aide d’une arme sont représentés par des cercles vert pâle de quatre tailles : 1 à 10, 11 à 30, 31 à 50 et 51 à 82.
  • Les voies de fait simples sont représentées par des cercles jaune de cinq tailles : 1 à 5, 6 à 25, 26 à 50, 51 à 125 et 126 à 448.

Ce qui suit est une description des services et de la plage d’incidents criminels indiqués pour chaque village ou collectivité, en commençant par les régions du Nord des Territoires du Nord-Ouest.

  • Tuktoyaktuk a un intervenant auprès des victimes et une maison de transition. On y a signalé 126 à 448 incidents de voies de fait simples, 11 à 30 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles ou commis à l’aide d’une arme, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • Aklavik a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles ou commis à l’aide d’une arme, 1 à 5 incidents de voies de fait graves, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Inuvik a un service d’aide aux victimes et une maison de transition. On y a signalé 126 à 448 incidents de voies de fait simples, 31 à 50 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 6 à 20 incidents d’agression sexuelle, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Fort McPherson a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 11 à 30 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Tsiigehtchic a un intervenant auprès des victimes.
  • Paulatuk a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Sachs Harbour a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 1 à 5 incidents de voies de fait simple et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • Ulukhaktok a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles et 1 à 5 incidents de voies de fait graves.
  • Colville Lake figure sur la carte.
  • Fort Good Hope a un service d’aide aux victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • À Norman Wells, on a signalé 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles et 6 à 25 incidents de voies de fait simples.
  • À Tulita, on a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • À Deline, on a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • À Wrigley, on a signalé 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • Fort Simpson a un service d’aide aux victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 11 à 30 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Jean Marie River figure sur la carte.
  • Nahanni Butte figure sur la carte.
  • À Fort Liard, on a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 31 à 50 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • Trout Lake figure sur la carte.
  • Fort Providence a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 11 à 30 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles et 1 à 5 incidents d’agression sexuelle.
  • Kakisa figure sur la carte.
  • Hay River a une maison de transition. On y a signalé 126 à 448 incidents de voies de fait simples, 31 à 50 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Enterprise figure sur la carte.
  • La réserve de Hay River a un service d’aide aux victimes.
  • Fort Smith a un service d’aide aux victimes et une maison de transition. On y a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 11 à 30 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves et 6 à 20 incidents d’agression sexuelle.
  • Fort Resolution a un intervenant auprès des victimes. On y a signalé 26 à 50 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • À Lutsel K’e, on a signalé 51 à 125 incidents de voies de fait simples, 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Reliance figure sur la carte.
  • Detah figure sur la carte.
  • Yellowknife a un service d’aide aux victimes et une maison de transition. On y a signalé 126 à 448 incidents de voies de fait simples, 51 à 82 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 6 à 7 incidents de voies de fait graves, 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant et 1 à 2 homicides.
  • Behchoko (Rae-Edzo) a un service d’aide aux victimes. On y a signalé 126 à 448 incidents de voies de fait simples, 51 à 82 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles, 1 à 5 incidents de voies de fait graves, 6 à 20 incidents d’agression sexuelle et 1 à 2 incidents d’agression sexuelle contre un enfant.
  • Wekweeti figure sur la carte.
  • À Wha Ti, on a signalé 6 à 25 incidents de voies de fait simples, 11 à 30 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles et 6 à 20 incidents d’agression sexuelle.
  • À Gameti, on a signalé 1 à 5 incidents de voies de fait simples et 1 à 10 incidents de voies de fait causant des lésions corporelles.

La légende comprend un cercle pointillé qui sert à regrouper les villages qui sont desservis par le même détachement de police. Une note en bas de la légende fournit l’explication suivante : « Le Programme de déclaration uniforme de la criminalité 2 tient compte des incidents criminels à l’échelle des détachements de police. Dans les cas où un détachement dessert plus d’un village ou d’une collectivité, les incidents survenus dans une localité risquent d’être représentés à tort sur la carte comme des incidents ayant eu lieu ailleurs dans la zone de responsabilité du détachement. » Certains villages figurant sur la carte sont desservis par le même détachement de police. Voici les regroupements : Tsiigehtchic est desservi par le détachement de Fort McPherson; Colville Lake est desservi par le détachement de Fort Good Hope; Nahanni Butte et Trout Lake sont desservis par le détachement de Fort Liard; Jean Marie River est desservi par le détachement de Fort Simpson; Kakisa est desservi par le détachement de Fort Providence; Enterprise et la réserve de Hay River sont desservis par le détachement de Hay River; Reliance est desservi par le détachement de Lutsel K’e; Detah est desservi par le détachement de Yellowknife et Wekweeti est desservi par le détachement de Behchoko (Rae-Edzo).

La carte illustre également les routes revêtues, les routes de gravier et les routes d’hiver des T. N. O. Tuktoyuktuk est relié à Aklavik et à Inuvik par une route d’hiver. Inuvik est relié à Tsiigehtchic par une route de gravier et Tsiigehtic est relié à Fort McPherson par une route de gravier. Des routes d’hiver relient les villages suivants : Colville Lake à Fort Good Hope à Norman Wells à Tulita à Deline à Wrigley. Un route de gravier relie Wrigley à Fort Simpson, Fort Simpson à Nahanni Butte et à Fort Liard, puis à Jean Marie River et à Kakisa. Trout Lake est relié à la route de gravier précitée par une route d’hiver. À partir de Kakisa, les villages suivants sont reliés par une route revêtue : Hay River, Enterprise, réserve de Hay River et Fort Resolution. Fort Smith est relié à la route revêtue précitée par une route qui est revêtue à certains endroits et de gravier à d’autres. À partir de Kakisa, Yellowknife et Detah sont reliés par une route revêtue. Gameti, Wha Ti et Behchoko (Rae-Edzo) sont reliés à Yellowknife par des routes d’hiver.

Sources : Statistique Canada, Centre canadien de la statistique juridique, Programme de déclaration uniforme de la criminalité 2, 2011; Ministère des Transports du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, Northwest Territories Highway System (consulté le 24 septembre 2012 sur Internet : http://www.dot.gov.nt.ca/_live/pages/wpPages/travelinfo_brochures.aspx [en anglais seulement]).

Les défis liés à la prestation de services dans les Territoires du Nord-Ouest

Les Territoires du Nord-Ouest constituent une région unique au Canada. Le territoire s’étend sur plus d’un million de kilomètres carrés et se caractérise par un climat très variable, allant du climat polaire dans le Nord au climat subarctique dans le Sud. À cause de ces conditions, il est vraiment difficile de construire des infrastructures de transport et d’autres infrastructures. La population des Territoires du Nord-Ouest, qui se chiffre à environ 43 000 habitants, est répartie dans 33 collectivités. Presque la moitié des habitants vivent à Yellowknife, la capitale, mais le reste se trouvent surtout dans des collectivités rurales et souvent isolées, qui comptent souvent moins de 1 000 résidents (Bureau de la statistique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, 2012a). Quatorze collectivités sont dotées d’un réseau routier, alors que les 19 autres ne sont accessibles que par des routes de glace en hiver ou par avion. Seulement 19 % de tous les résidents jouissent d’un accès routier à longueur d'année. En 2008, 65 % des habitants, y compris ceux vivant dans la capitale, n’avaient aucun accès routier pendant un ou deux mois de l’année durant la période de transition saisonnière, lorsqu’on passe du service de traversier à la construction de ponts de glace (Gouvernement du Yukon, 2008). Compte tenu des distances et du manque de routes de transport, les victimes peuvent avoir du mal à accéder à des services d’aide et de refuge, particulièrement dans les régions où il n’existe aucun service d’aide aux victimes ou aucune maison d’hébergement. Les provinces et territoires au Canada n’offrent pas tous des services d’aide continus aux victimes ; cependant, les Territoires du Nord-Ouest font face au défi supplémentaire de rendre les services accessibles dans des collectivités peu peuplées et souvent isolées qui ont, de surcroît, des routes de transport limitées.

À cela s’ajoutent des taux de criminalité qui sont, depuis toujours, plus élevés dans les territoires canadiens que dans les provinces. La carte intitulée « Emplacements des services d’aide aux victimes d’actes criminels et des incidents de violence sélectionnés dans les Territoires du Nord-Ouest, 2011 » illustre le nombre d’incidents violents déclarés à la police dans chaque collectivitéNote de bas de la page 3. Même si dans certaines collectivités, le nombre d’incidents semble être relativement faible, il est important de ne pas oublier que la plupart des collectivités ont une population de moins de 1 000 habitants, ce qui rend la criminalité et la victimisation dans les Territoires du Nord-Ouest une réalité plus intime. En fait, les deux tiers des victimes d’actes criminels violents dans le Nord du Canada connaissent leur agresseur (Perreault et coll., 2012) et, par rapport à la population, les Territoires du Nord-Ouest ont affiché, en 2011, l’un des taux de criminalité les plus élevés au Canada (Brennan, 2012). De plus, selon l’Enquête sociale générale sur la victimisation (ESG) de 2009, dans le cadre de laquelle on a demandé aux répondants de déclarer leurs expériences de victimisation, le taux de victimisation dans les Territoires du Nord-Ouest était également l’un des plus élevés au Canada. Il importe de noter que bien que notre carte tienne compte des incidents déclarés par les services de police dans le cadre du Programme de déclaration uniforme de la criminalité, l’ESG de 2009 a révélé que seulement 70 % des incidents de victimisation violente dans les territoires avaient été portés à l’attention de la police (Perreault et coll., 2012). Par conséquent, il y a lieu de croire que notre carte ne représente pas pleinement l’ampleur réelle de la criminalité et de la victimisation dans les Territoires du Nord-Ouest.

De plus, les Territoires du Nord-Ouest font face à des défis sociaux et économiques, bon nombre desquels sont associés à des taux plus élevés de criminalité et de victimisation. Presque le tiers de la population est âgé de moins de 15 ans (Bureau de la statistique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, 2012a), et les recherches ont démontré que les taux de victimisation sont plus élevés chez les adolescents et les jeunes adultes que chez les tranches d’âge supérieures (Perreault et coll., 2012; Perreault et coll., 2010; de Léséleuc et coll., 2006). Il s’agit d’un des deux territoires au Canada où les Autochtones constituent la majorité de la population (Bureau de la statistique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, 2012a). D’après les recherches, les Autochtones risquent davantage de devenir victimes d’actes criminels (Perreault et coll., 2012; Perreault et coll., 2010; de Léséleuc et coll., 2006). Dans l’ensemble, les niveaux de scolarité sont plus faibles que ceux des provinces (Bureau de la statistique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, 2011), et on constate d’énormes écarts sur le plan des niveaux de revenu et des taux d’emploi d’une collectivité à l’autre et entre les non-Autochtones et les Autochtones, ces derniers affichant des taux bien au-dessous des moyennes canadiennes (Bureau de la statistique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, 2011; 2012b). Selon les estimations, presque un ménage sur cinq dans les Territoires du Nord-Ouest a des besoins impérieux en matière de logement,Note de bas de la page 4 les taux étant considérablement plus élevés dans les petites collectivités (Bureau de la statistique du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, 2011). Les fournisseurs de services doivent donc relever un défi constant : aider des clients qui non seulement souffrent de traumatismes primaires liés à la victimisation, mais qui sont aussi aux prises avec des problèmes de logement, de pauvreté et de manque de possibilités en matière d’éducation et d’emploi. Dans les cas de violence familiale et conjugale, ces barrières peuvent souvent forcer les victimes à retourner chez leur agresseur (Levan, 2003).

Par ailleurs, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest reconnaît 11 différentes langues officielles. Parmi celles-ci, neuf sont d’origine autochtone et sont employées surtout dans les petites collectivités d’un bout à l’autre des Territoires du Nord-Ouest. Afin de faciliter la prestation de services dans la langue de choix des clients, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a recours, depuis de nombreuses années, à CanTalk, un service disponible tous les jours, 24 heures sur 24, qui permet un accès rapide à des services d’interprétation et de traduction par téléphone.Note de bas de la page 5

Même quand les services sont disponibles, il arrive parfois que les attitudes et les normes sociétales empêchent les victimes de chercher de l’aide. Dans certaines collectivités, les victimes peuvent faire l’objet d’ostracisme, de blâme ou d’humiliation; si l’incident est déclaré à la police, elles peuvent aussi subir beaucoup de victimisation secondaire de la part de la famille du contrevenant et d’autres membres de la collectivité qui font pression sur elles pour qu’elles retirent les accusations (Centre for Northern Families, 2012; Levan, 2003). Dans une étude menée en 2003 sur les services d’aide aux victimes dans les trois territoires, dans le cadre de laquelle on a interviewé des travailleurs des services d’aide aux victimes afin de déterminer les attitudes et les perceptions, certains répondants ont indiqué que le soutien et l’aide accordés aux victimes dépendent de la place que celles-ci occupent dans la hiérarchie du pouvoir au sein de la collectivité. Autrement dit, les victimes appartenant aux familles moins puissantes sont plus susceptibles d’être blâmées, ostracisées et intimidées que celles venant de familles plus puissantes. En outre, les répondants ont fait remarquer que les maisons de refuge et les autres programmes destinés aux victimes sont souvent accusés de « briser les familles » (Levan, 2003, p. 88). Toutefois, au moment de la rédaction du rapport d’étude, on a noté que dans de nombreuses grandes collectivités, les attitudes commençaient à changer en faveur d’un plus grand soutien aux victimes d’actes criminels.

En plus du manque de services accessibles en tout temps pour les victimes dans les Territoires du Nord-Ouest, en particulier pour les victimes mâles, il existe une pénurie de conseillers et de programmes de traitement adéquats pour les traumatismes et la toxicomanie (Levan, 2003). Le manque de services spécialisés a pour conséquence d’augmenter la demande de services d’aide aux victimes, ce qui exerce une pression accrue sur un système qui souffre déjà d’une pénurie de travailleurs. Il arrive souvent que les fournisseurs de services d’aide aux victimes, surtout dans les petites collectivités, connaissent à la fois le client et le contrevenant (Centre for Northern Families, 2012). D’ailleurs, les fournisseurs de services d’aide aux victimes ont signalé de façon anecdotique que le fait de voir leurs proches et leurs amis souffrir peut entraîner une usure de compassion et des traumatismes indirects.

Les services dans les Territoires du Nord-Ouest

Bien que la carte d’accompagnement montre qu’il y a certaines collectivités dans les Territoires du Nord-Ouest qui n’ont pas de services permanents aux victimes, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a toujours eu recours à des moyens innovateurs pour relever les défis inhérents à la dispense de services à ses collectivités isolées et il continue d’investir dans les services qu’il offre afin d’en accroître la qualité.

À l’heure actuelle, le ministère de la Justice du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest finance sept programmes régionaux de services communautaires d’aide aux victimes dans l’ensemble des Territoires du Nord-Ouest. Comme on le voit sur la carte, ces services sont offerts à Yellowknife, à Fort Good Hope, à Inuvik, à Fort Simpson, à Fort Smith, à Tlicho (Behchoko/Rae) et dans la réserve de Hay River. Bien que les coordonnateurs des programmes offrent des services directs aux clients, ils sont également très visibles au sein de leurs collectivités; ils fournissent des renseignements aux membres des collectivités, les sensibilisent aux difficultés éprouvées par les victimes et assurent une liaison avec d’autres fournisseurs de services communautaires. Il existe également deux programmes d’extension des services à Inuvik et dans la réserve de Hay River. Le travailleur des services d’approche d’Inuvik s’occupe des collectivités de Tuktoyaktuk, Sachs Harbor, Aklavik, Ulukhaktok, Fort McPherson, Tsiigehtchic et Paulatuk, alors que celui de la réserve de Hay River dessert les collectivités de Fort Resolution et Fort Providence.

Il y a aussi cinq maisons de transition (refuges pour femmes battues), financées par le ministère de la Santé et des Services sociaux des Territoires du Nord-Ouest, pour les femmes et leurs enfants dans les Territoires du Nord-Ouest (ces refuges sont situés à Inuvik, à Tuktoyaktuk, à Hay River, à Fort Smith et à Yellowknife). Le Centre for Northern Families à Yellowknife héberge quelques femmes sans abri, et on prévoit construire un refuge permanent à l’intention des femmes sans abri de la région.

Le Programme des coordonnateurs des témoins de la Couronne (CTC) est un autre exemple qui illustre comment le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest utilise des ressources de façon efficace pour joindre et desservir les victimes d’actes criminels dans des régions où il est difficile d’offrir des services d’aide aux victimes. Les Territoires du Nord-Ouest comptent cinq CTC qui accompagnent la cour de circuit dans 21 collectivités. Les CTC localisent et soutiennent les victimes d’actes criminels et les témoins, puis les préparent à leur rôle dans la poursuite de crimes. Les CTC font office d’agents de liaison entre le procureur de la Couronne et les victimes/témoins et tiennent les deux parties au courant des faits nouveaux et des situations qui influent sur le cas. Les CTC encouragent le recours à la déclaration de la victime, aident à la mise en place des aides au témoignage, se rendent au tribunal avec les victimes/témoins et effectuent un suivi auprès d’eux, si cela s’avère nécessaire. Les CTC appuient et accompagnent également les victimes et les témoins durant leur processus judiciaire et, au besoin, les renvoient aux services de soutien communautaires disponibles. Toutefois, étant donné que seulement sept collectivités dans les Territoires du Nord-Ouest offrent des programmes de services d’aide aux victimes, les CTC sont souvent le seul soutien pour les victimes. Après l’audience, les coordonnateurs continuent de partager de l’information avec les victimes et les témoins concernant l’état de leur dossier.Note de bas de la page 6

Les Comités de la justice communautaire (CJC) peuvent également appuyer les victimes d’actes criminels grâce à leurs interventions communautaires et à leurs réponses à la criminalité. Bien que les CJC n’aient pas pour mandat de fournir des services d’aide aux victimes d’actes criminels, ils sont nombreux à fournir un soutien. Les approches varient d’un comité à l’autre, en ce qui concerne le niveau d’intervention auprès des victimes et de soutien offert.

À cela s’ajoutent des soutiens informels comme la famille et les aînés, mais à l’instar des CJC, ces moyens varient et ne sont pas toujours faciles à cerner. Bien qu’il soit possible de cartographier ces exemples de soutien pour les victimes, un tel exercice pose souvent un défi à cause de la nature sporadique, informelle ou itinérante de ces ressources. Celles-ci jouent néanmoins un rôle très important dans la prestation d’un soutien aux victimes.

Les pratiques exemplaires

En plus de trouver des moyens innovateurs pour joindre les victimes et réduire les lacunes en matière de services, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest investit dans ses ressources afin de les rendre aussi efficaces que possible. Depuis l’adoption de la Loi sur les victimes d’actes criminels des Territoires du Nord-Ouest en 1989, on a observé d’importantes améliorations dans les services mis à la disposition des victimes d’actes criminels dans les Territoires du Nord-Ouest. Plus récemment, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a adopté l’outil « Évaluation du risque de violence familiale en Ontario » (ERFVO) pour aider les fournisseurs de services à mieux évaluer le niveau de risque auquel font face les clients et pour élaborer des plans de sécurité plus efficaces en collaboration avec les clients. La GRC a élaboré des politiques et des procédures en vertu desquelles tous les cas de violence familiale qui sont portés à l’attention de la police doivent être évalués selon les pointages de l’outil ERVFO. Les travailleurs dans les maisons de refuge et les travailleurs des services d’aide aux victimes continuent également de recevoir une formation sur la façon d’utiliser l’outil d’évaluation du risque, de concert avec la planification de la sécurité. Les Territoires du Nord-Ouest ont également adopté une pratique axée sur la réponse quand vient le temps de travailler avec des victimes de violence : les fournisseurs de services d’aide aux victimes appuient et reconnaissent les efforts que les victimes déploient pour résister à la violence, et ces efforts sont validés et intégrés dans la prestation des services.

On a également intégré la pratique axée sur la réponse dans un programme pilote destiné aux hommes qui ont recours à la violence dans leurs relations conjugales et familiales. Le programme vise à réduire les comportements de violence et les taux de récidive chez les hommes violents. Ce programme s’inscrit dans la lignée d’un système plus vaste de responsabilisation et de sécurité qui permet aux hommes violents d’adopter une autre façon de se comporter envers leur partenaire, leurs enfants et leur collectivité.

En 2009, les Territoires du Nord-Ouest, de concert avec le ministère de la Justice du Canada, a animé la première conférence nationale sur les victimes d’actes criminels à l’intention des fournisseurs de services du Nord. La conférence était une occasion pour les travailleurs de première ligne de tisser des liens entre eux et de partager des solutions créatives. Les participants ont reçu de nouveaux renseignements sur une foule de sujets, notamment l’usure de compassion, le travail avec des enfants ou des adolescents victimes, les dispositifs d’aide au témoignage, la sécurité des bénévoles, la justice réparatrice et la violence conjugale. La conférence a également permis d’obtenir des renseignements sur les programmes de services d’aide aux victimes dans d’autres provinces et territoires. Une des leçons les plus importantes tirées de la conférence était le fait que les services d’aide aux victimes ont beaucoup progressé au Canada et qu’ils continuent de s’améliorer.

Un sujet qui a suscité l’intérêt de nombreux participants à la conférence de 2009 était l’usure de compassion/le traumatisme indirect et la nécessité de prendre soin de soi. Depuis 2009, le ministère de la Justice du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a investi dans le bien-être de ses travailleurs de première ligne en s’attaquant à un des risques les plus importants liées aux services de première ligne. Pour l’instant, un formateur sur place offre des ateliers d’une journée sur l’usure de compassion/le traumatisme indirect et comment prendre soin de soi. Deux autres employés seront formés de sorte qu’on puisse offrir un plus grand nombre d’ateliers. Jusqu’à présent, on a fourni des ateliers aux travailleurs dans les maisons de refuge, aux travailleurs des services d’aide aux victimes, au personnel infirmier, aux étudiants de niveau collégial et aux agents correctionnels.

À l’avenir, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest continuera de collaborer avec les travailleurs des services d’aide aux victimes et d’autres intervenants afin de s’assurer qu’ils reçoivent la formation nécessaire pour rester à l’affùt des meilleures pratiques. En raison du taux de roulement élevé chez les travailleurs de première ligne, la GRC et le bureau de la Couronne, on doit constamment s’assurer que les nouveaux travailleurs sont au courant des programmes disponibles et des politiques et procédures en vigueur, qu’ils ont une bonne connaissance des pratiques axées sur la réponse et qu’ils sont formés pour reconnaître et prévenir l’usure de compassion et le traumatisme indirect.

Conclusion

La cartographie réalisée à l’aide de SIG présente de nombreux avantages qui peuvent complémenter les méthodes qui sont utilisées pour analyser et comprendre des modèles et des relations. La carte des Territoires du Nord-Ouest produite pour la présente étude de cas est assez simple. Elle montre que des services d’aide aux victimes sont disponibles dans de nombreuses collectivités et révèle des lacunes dans la prestation de services officiels dans certaines collectivités. Par contre, cette carte ne parvient pas à illustrer les moyens de soutien informels et traditionnels (c.-à-d. les aînés, les proches et les membres de la collectivité) auxquels ont recours les victimes, ni les politiques qui favorisent et renforcent la capacité des intervenants qui accomplissent ce travail crucial. La cartographie constitue néanmoins un excellent point de départ pour déterminer dans quelles régions il pourrait s’avérer nécessaire d’élaborer des programmes. Le potentiel de la cartographie réalisée à l’aide de SIG est presque illimité. D’autres industries l’ont adoptée sans réserve, et elle est certainement utilisée par des secteurs du système de justice pénale, comme les services de police.Note de bas de la page 7 L’application de la perspective des victimes à la cartographie réalisée à l’aide de SIG peut servir à accroître la sensibilisation à l’utilité de la cartographie pour analyser et communiquer des résultats, dans presque toutes les disciplines, de sorte qu’on puisse les interpréter et les comprendre facilement.

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