Recueil des recherches sur les victimes d’actes criminels, no 7

Un aperçu de la cyberintimidation

Lisa Ha

La question de la cyberintimidation a suscité une attention considérable de la part des médias au Canada et ailleurs dans le monde. Au Canada seulement, plusieurs cas de cyberintimidation ont été très médiatisés au cours des dernières années, dont un grand nombre étaient liés à des suicides Note de bas de la page 1. À l’automne 2013, le ministre de la Justice fédéral a déposé le projet de loi C-13 visant à lutter contre la cyberintimidation Note de bas de la page 2. Le gouvernement fédéral, des gouvernements provinciaux et territoriaux et des administrations municipales ont déployé des efforts soutenus pour mieux comprendre le problème, et leur travail a éclairé l’élaboration du projet de loi C–13, la Loi sur la protection des Canadiens contre la cybercriminalité.

À l’échelon fédéral Note de bas de la page 3, le Groupe de travail sur la cybercriminalité du Comité de coordination des hauts fonctionnaires a publié en juin 2013 un rapport intitulé Cyberintimidation et distribution non consensuelle d’images intimes, qui a été présenté aux ministres fédéraux–provinciaux–territoriaux (FPT) responsables de la justice et de la sécurité publique (CCHF, 2013). Ce rapport avait pour but de cerner les lacunes que pourrait comporter le Code criminel à l’égard de la cyberintimidation et de la distribution non consensuelle d’images intimes. Pour sa part, le Comité sénatorial permanent des droits de la personne a mené une étude approfondie de cette question et a publié son rapport, La cyberintimidation, ça blesse! Respect des droits à l’ère numérique, en décembre 2012. Ce rapport a été rédigé pour satisfaire à l’obligation imposée au Canada par la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant de prendre les mesures nécessaires pour protéger les enfants contre toutes les formes de violence physique et psychologique, dont la cyberintimidation.

Des gouvernements provinciaux et des administrations municipales ont aussi mis récemment en œuvre des initiatives afin de lutter contre ces problèmes. En Alberta par exemple, les villes d’Hanna, de Grande Prairie et d’Edmonton ont adopté des règlements pour punir le harcèlement et l’intimidation de mineurs et d’autres personnes, qui prévoient des amendes et, dans le cas d’Hanna, un emprisonnement maximal de six mois ou des travaux communautaires pour les cas les plus graves Note de bas de la page 4. À l’échelon provincial, la Nouvelle–Écosse et le Nouveau–Brunswick ont proposé de nouvelles dispositions législatives visant la cyberintimidation. Au Nouveau–Brunswick, la Loi sur l’éducation a été modifiée en 2012 par le projet de loi 45 dans le cadre des initiatives de lutte contre l’intimidation, en vue de mettre davantage l’accent sur la prévention, la dénonciation, les enquêtes et les mesures à prendre Note de bas de la page 5. En Nouvelle–Écosse, la Cyber–safety Act, qui traite expressément de la cyberintimidation, est entrée en vigueur en mai 2013 et a fait l’objet de nombreux reportages partout au pays Note de bas de la page 6.

Le rapport FPT et celui du Comité sénatorial ne sont que deux des réalisations visant à mieux comprendre la cyberintimidation et les meilleurs moyens de s’y attaquer dont on a beaucoup parlé, mais tous les secteurs de la société s’intéressent au problème : les universités, les médias, les écoles et les autres ordres de gouvernement. Le présent article, qui est fondé sur des travaux d’experts de premier plan et des ressources sur la cyberintimidation, décrit brièvement certains des principaux enjeux et des futures orientations concernant la cyberintimidation, en particulier dans le domaine de la recherche.

L’intimidation a toujours existé; pourquoi la cyberintimidation semble–t–elle constituer un problème beaucoup plus grave?

Il existe des différences majeures entre l’intimidation traditionnelle et la cyberintimidation. Sameer Hinduja et Justin W. Patchin, les codirecteurs du Cyberbullying Research Center de l’Université du Wisconsin–Eau Claire Note de bas de la page 7, font ressortir plusieurs de ces différences (Hinduja et Patchin, 2010b). La première est l’anonymat associé à la cyberintimidation. Les victimes ignorent souvent qui s’en prend à elles ou pourquoi. Deuxièmement, le nombre de personnes qui sont témoins de la cyberintimidation est beaucoup plus élevé que dans le cas de l’intimidation traditionnelle. Une attaque de cyberintimidation peut devenir virale : un nombre incalculable de personnes de partout dans le monde peuvent la voir, ce qui amène la victime à avoir le sentiment que presque tout le monde sait ce qui lui arrive. Enfin, le degré de cruauté des attaques de cyberintimidation est différent, car les enfants peuvent utiliser un langage plus blessant et extrême lorsqu’ils communiquent en ligne. Hinduja et Patchin laissent entendre que les individus qui se livrent à de la cyberintimidation sont à l’abri des codes sociaux et des réactions de la société qui pourraient les amener à reconnaître le tort qu’ils causent à leurs victimes.

Un autre facteur important de la cyberintimidation concerne la surveillance par les parents et les enseignants et l’identification du problème. Il est possible que les adultes ne connaissent pas les types de médias sociaux ou les sites en ligne où la cyberintimidation peut survenir ou qu’ils n’aient pas accès aux sites où les commentaires sont affichés, de sorte qu’une cyberattaque est moins susceptible de donner lieu à des mesures. De plus, Hinduja et Patchin laissent entendre que les adultes ne sont peut–être pas en mesure de réagir adéquatement, même dans les cas où la cyberintimidation est constatée. Par exemple, les parents disent souvent qu’ils n’ont pas les connaissances techniques nécessaires pour se tenir au courant du comportement de leurs enfants sur Internet, et les enseignants craignent d’intervenir parce que la cyberintimidation survient généralement à l’extérieur de l’école (Hinduja et Patchin, 2010b).

Qu’en est–il du lien entre cyberintimidation et suicide?

Au cours des dernières années, il y a eu de nombreux reportages dans les médias sur de jeunes victimes de cyberintimidation qui se sont enlevé la vie. On a reproché aux médias Note de bas de la page 8 d’établir un lien de causalité direct entre la cyberintimidation et le suicide, mais on ne peut s’empêcher de s’interroger à ce sujet. Le service des coroners de la Colombie–Britannique a récemment publié un rapport sur 91 suicides survenus dans la province entre 2008 et 2012. Selon lui, bien que les suicides soient encore extrêmement rares (et que leur nombre n’augmente pas), il s’agit d’un [traduction] « phénomène extrêmement complexe » et différents facteurs de risque peuvent contribuer à accroître le risque de suicide (BC Coroners Service, 2013). Dans une étude canadienne inédite de 2012, John Leblanc, de l’Université Dalhousie, tirait les mêmes conclusions. M. Leblanc s’est intéressé aux reportages traitant de 41 suicides liés à la cyberintimidation qui ont paru dans les médias. Dans une entrevue avec Global News au sujet de l’étude, il a mentionné que certains des suicides étaient liés à la cyberintimidation, mais qu’il y avait dans presque tous les cas d’autres facteurs, notamment une maladie mentale, ou d’autres formes d’intimidation (Chai, 2012).

Dans un blogue intitulé « Does Bullying ‘Cause’ Suicide » publié récemment, Justin Patchin s’intéresse à la question du point de vue des sciences sociales. Il cherche à savoir, en examinant la littérature, s’il y a dans les faits un lien bien établi entre l’intimidation et le suicide, qu’il soit corrélatif (p. ex., il y a un lien entre les deux) ou causal (p. ex., l’un cause l’autre). Il arrive à la conclusion que, si des études démontrent qu’il existe bien un lien (ténu) entre l’intimidation et le suicide Note de bas de la page 9, la grande majorité des victimes d’intimidation ne s’enlèvent pas la vie. Il termine son article en écrivant :

[traduction] Oui, les gens devraient « arrêter de dire que l’intimidation cause des suicides ». Mais nous ne devrions pas dire non plus qu’elle ne le fait pas. La réponse honnête est la suivante : nous ne savons vraiment pas beaucoup de choses au sujet des raisons pour lesquelles des jeunes qui sont victimes d’intimidation pensent au suicide, alors que la grande majorité ne le font pas. Comme nous l’avons déjà écrit à maintes reprises sur ce blogue, d’autres recherches sont nécessaires (Patchin, 2013b).

Y a-t-il une définition usuelle de la cyberintimidation?

Un aspect important dont il faut tenir compte lorsqu’on examine la prévalence de la cyberintimidation est l’absence de consensus sur une définition du phénomène. Le Comité sénatorial permanent l’a d’ailleurs souligné dans son rapport. La psychologue Faye Mishna, qui enseigne à l’Université de Toronto, a mentionné ce qui suit lors de son témoignage devant le Comité :

Il n’existe pas encore de définition universelle de la cyberintimidation, ce qui est un point très important. Une des définitions de la cyberintimidation est l’utilisation des technologies de la communication et de l’information pour faire du tort à une autre personne. Cela peut se faire avec n’importe quel appareil technologique et peut comprendre toute sorte de comportements : propager des rumeurs, blesser ou menacer, et harceler sexuellement. (Comité sénatorial permanent, 2012)

La Cyber-safety Act de la Nouvelle–Écosse renferme une autre définition plus détaillée de la cyberintimidation. Aux termes de cette loi, qui a été adoptée en mai 2013 et qui est maintenant en vigueur, la cyberintimidation constitue un délit ouvrant droit à une action par les victimes, dans le cadre de laquelle le tribunal peut accorder des dommages–intérêts ou une injonction ou rendre toute autre ordonnance qu’il estime juste et raisonnable dans les circonstances. Si la cyberintimidation est le fait d’un mineur, les parents peuvent être responsables des dommages–intérêts éventuellement accordés à la victime (voir l’article 22 de la loi). La Cyber–safety Act définit la cyberintimidation dans les termes suivants :

[traduction] […] toute communication électronique faisant appel à la technologie, notamment un ordinateur, un autre dispositif électronique, un réseau social, une messagerie texte, une messagerie instantanée, un site Web ou le courrier électronique, habituellement répétée ou ayant un effet continu, qui a pour but de susciter la peur, d’intimider ou d’humilier, de causer la détresse ou un autre dommage ou préjudice à la santé, au bien–être émotionnel, à l’estime de soi ou à la réputation d’une autre personne ou dont on peut raisonnablement s’attendre à ce qu’elle ait l’un de ces effets, y compris le fait de faciliter une telle communication ou de l’encourager de quelque façon que ce soit Note de bas de la page 10.

L’absence de consensus concernant une définition est importante lorsqu’on examine la prévalence, car il est difficile de bien comprendre la prévalence lorsque les études donnent des définitions différentes de la cyberintimidation.

Existe-t-il des statistiques fiables sur la prévalence de la cyberintimidation?

Au Canada, nous disposons actuellement de statistiques nationales sur la cyberintimidation provenant de l’Enquête sociale générale – Victimisation de 2009 (l’ESG 2009) et de l’Enquête sur les comportements liés à la santé des enfants d’âge scolaire de 2009–2010 (l’Enquête sur les enfants d’âge scolaire).

Des Canadiens âgés de 15 ans et plus résidant dans les provinces ont été interrogés dans le cadre de l’ESG 2009 Note de bas de la page 11. En ce qui concerne la cyberintimidation Note de bas de la page 12, cette enquête a révélé que 7 % des utilisateurs d’Internet âgés de 18 ans et plus ont déjà été victimes de cyberintimidation. Les formes de cyberintimidation les plus souvent mentionnées par ces personnes concernaient le fait de recevoir des courriels ou des messages instantanés menaçants ou agressifs (73 %) et d’être la cible de commentaires haineux envoyés par courriel ou messagerie instantanée ou affichés sur des sites Internet (55 %). Les utilisateurs de médias sociaux et de sites de clavardage étaient presque trois fois plus susceptibles que les non–utilisateurs d’être victimes de cyberintimidation (Perreault, 2011).

Malheureusement, l’ESG 2009 ne cible pas expressément les adolescents, la tranche de population la plus touchée par la cyberintimidation. Les données de l’ESG 2009 proviennent d’adultes à qui l’on a demandé si des enfants ou des adolescents (de 8 à 17 ans) vivant dans leur ménage avaient été victimes de cyberintimidation ou de leurre d’enfants. Les résultats ont démontré que 9 % des adultes qui vivaient dans un ménage où il y avait des enfants avaient connaissance d’un incident de cyberintimidation concernant au moins l’un de ces enfants. Soixante–quatorze pour cent (74 %) de ces adultes ont dit que la cyberintimidation avait pris la forme de courriels ou de messages instantanés menaçants ou agressifs, et 72 % ont dit qu’il s’agissait de commentaires haineux envoyés par courriel ou messagerie instantanée ou affichés sur un site Web. Seize pour cent (16 %) ont déclaré que des courriels menaçants avaient été envoyés en utilisant l’identité de l’enfant. Selon les adultes, la plupart des enfants avaient été intimidés par quelqu’un qu’ils connaissaient, par exemple un camarade de classe (40 %), un ami (20 %) ou une connaissance (11 %), plutôt que par un étranger (21 %).

Une constatation intéressante, bien que non surprenante, de l’ESG 2009 est le fait que relativement peu d’incidents de cyberintimidation ont été signalés à la police (7 % des adultes et 14 % des enfants). Les données indiquaient que les victimes avaient davantage tendance à bloquer les messages de l’expéditeur (60 %), à quitter le site Internet (51 %) ou à signaler l’incident à leur fournisseur de services Internet ou de courriel (21 %) (Perreault, 2011).

L’Enquête sur les enfants d’âge scolaire est un projet de recherche continu dirigé par le Bureau régional de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Europe auquel participent 43 pays. L’Agence de la santé publique du Canada est chargée du volet canadien. Dans le cadre de l’Enquête sur les enfants d’âge scolaire, des données sur la santé sont recueillies dans des écoles auprès d’élèves de 11 à 15 ans. En 2010, l’enquête a porté sur la santé mentale, et 26 078 jeunes Canadiens de 436 écoles y ont participé. Les élèves ont été interrogés au sujet de la cyberintimidation, notamment des messages affichés sur ordinateur (p. ex. sur des sites de réseaux sociaux), des courriels, des photos numériques et du harcèlement par téléphone cellulaire. C’est chez les filles que les taux de cyberintimidation étaient les plus élevés; ces taux étaient stables à environ 19 % (en 7e, 9e et 10e années), le taux le plus bas, soit 17 %, se trouvant chez les élèves de 6e année. Dans le cas des garçons, le taux était de 11 % en 6e année, et il augmentait graduellement à 15 % et à 19 % en 9e et en 10e années respectivement (Freeman et al., 2011).

Dans la littérature spécialisée, les taux de prévalence de la cyberintimidation varient à tout le moins en partie à cause des problèmes liés à la définition dont il a été question précédemment (Comité sénatorial permanent, 2012). Un article récent du Cyberbullying Research Center nous donne une bonne idée de la prévalence en résumant un échantillon d’études. En juillet 2013, Justin Patchin et Sameer Hinduja ont publié un résumé de leur recherche sur les taux de prévalence de 2004 à 2013 (six études dont la taille de l’échantillon variait de 356 à 4 441) concernant à la fois les victimes de cyberintimidation et les personnes qui la commettent (Patchin, 2013b). Ces spécialistes étudient la cyberintimidation depuis 2002, et leur travail nous permet d’avoir une excellente idée de la prévalence du problème. Leur recherche montre que, bien qu’il y ait certaines variations, en moyenne 24 % des étudiants qui ont participé à l’une des six études avaient indiqué avoir déjà été victimes de cyberintimidation. Elle montre également qu’en moyenne [traduction] « environ 17 % des étudiants qui ont pris part à nos six dernières études ont reconnu avoir commis des actes de cyberintimidation » (Patchin, 2013b).

Que pouvons-nous faire?

Shelley Hymel, qui est professeure à la faculté de l’éducation de l’Université de la Colombie–Britannique (UBC), a récemment décrit les progrès réalisés en matière de lutte contre la cyberintimidation Note de bas de la page 13, tout en soulignant toutefois qu’il restait beaucoup de travail à faire. Hymel est contre l’adoption d’une approche universelle. Selon elle, [traduction] « la recherche menée pendant 40 ans dans le domaine nous a appris qu’il n’y a pas de solution simple et qu’il n’y a pas une raison unique pour laquelle des enfants sont intimidés. Il existe une foule de raisons, et nous devons traiter chacune de celles–ci différemment » (Gollom, 2013).

Jennifer Shapka, qui est également professeure à UBC, recommande que, dans le cadre des programmes de lutte contre la cyberintimidation, on apprenne aux enfants quelles conduites sont appropriées dans le cadre de leurs interactions en ligne – ce que le Comité sénatorial appelle la « citoyenneté numérique » dans son rapport. L’une des particularités de la cyberintimidation est le fait que ceux qui la commettent ne reconnaissent pas qu’ils sont agressifs parce que les codes non verbaux qui existent lorsque deux personnes communiquent face à face n’existent pas dans l’environnement numérique. Selon elle, [traduction] « [n]ous devons aider [les enfants] à comprendre qu’ils sont agressifs et qu’ils blessent des gens; c’est différent d’un programme traditionnel de lutte contre l’intimidation qui cherche plutôt à inciter les témoins à être plus actifs et à aider les victimes » (Welsh, 2012) Note de bas de la page 14. Lors des audiences du Comité sénatorial, Wendy Craig, professeure de psychologie à l’Université Queen’s, a insisté sur la nécessité de mener d’autres recherches en vue de l’élaboration de programmes fondés sur des données probantes afin de trouver les meilleures approches selon le contexte (p. ex. rural par opposition à urbain). Elle se réfère à sa recherche qui démontre qu’environ un programme de lutte contre l’intimidation sur sept aggrave en fait le problème (Comité sénatorial permanent, 2012, 86).

Bien que les programmes fondés sur des données probantes qui sont en place dans les écoles constituent un élément important d’une approche efficace en matière de lutte contre la cyberintimidation, le Comité sénatorial permanent préconise une « démarche faisant intervenir toute la collectivité ». Il laisse entendre que ce qui est fondamentalement nécessaire, c’est un changement de culture, lequel exige des efforts concertés de l’ensemble de la société. Les principaux intervenants, outre les écoles et les familles, sont notamment d’autres adultes, des bénévoles, des fournisseurs de services sociaux, des entreprises et des commerces, en particulier du secteur des télécommunications et des médias, ainsi que tous les ordres de gouvernement. Selon des témoignages entendus par le Comité, les programmes qui font appel à toute la collectivité entraînent une réduction de l’intimidation de 40 %, alors que ce taux est deux fois moins élevé lorsque les programmes sont laissés entre les mains des responsables des écoles (Comité sénatorial permanent, 2012, 61).

Conclusion

Des efforts importants sont déployés sur différents fronts afin de mieux comprendre la cyberintimidation et les moyens de réduire le problème. L’approche législative du ministère de la Justice fédéral est l’un des moyens de lutter contre la cyberintimidation à court terme. Des gouvernements provinciaux et des administrations municipales un peu partout au pays ont adopté des lois et des règlements et ont mis en œuvre d’autres initiatives, et ceux qui ne l’ont pas encore fait travaillent actuellement à la conception de leurs propres programmes et de leurs propres solutions. Sur le plan de la recherche, il reste beaucoup de travail à faire afin de mieux comprendre la nature de la cyberintimidation, notamment arriver à un consensus sur une définition, comprendre les liens entre la cyberintimidation et le suicide et évaluer les types de programmes qui sont les plus efficaces selon les situations. De plus, et c’est là peut–être le plus important, les écoles et les familles doivent travailler ensemble pour apprendre les unes des autres au sujet de la sécurité sur Internet et sur les façons d’interagir en ligne.

Bibliographie

Lisa Ha est chercheuse supérieure à la Division de la recherche et de la statistique au ministère de la Justice du Canada, à Ottawa. Son travail consiste principalement à mener des recherches en matière de violence familiale.

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