Ententes parentales : Facteurs d’influence sur les résultats à considérer

Résumé : Ententes parentales – Facteurs à considérer

La littérature est abondante sur les facteurs à considérer lorsqu’on conclut des ententes parentales après un divorce ou une séparation. Toutefois, la plupart des rapports d’études sont axés sur les facteurs discrets, appuient certains modèles en particulier (c.-à-d., garde partagée, garde dans des familles touchées par une problématique distincte) ou n’établissent pas de lien clair avec l’ensemble de la documentation probante existante. Le présent document représente une synthèse des éléments, des facteurs et des expériences qu’il convient d’examiner pour établir des ententes parentales, et s’appuie sur les travaux portant sur les facteurs qui exercent une influence sur le développement général de l’enfant, en plus d’examiner certaines études précises sur l’après-divorce ou l’après-séparation et d’établir une corrélation avec les résultats du développement chez l’enfant.

Le document est divisé en trois sections. La Section 1 décrit les constatations importantes relatives aux effets du divorce sur l’enfant du point de vue du risque et de la résilience et énumère plusieurs facteurs importants. La Section 2 examine l’influence du temps parental, décrit de quelle façon le temps a été conceptualisé dans la recherche sur le divorce ou la séparation et sur le rôle parental et dégage les principaux thèmes ou les principales constatations issues de la recherche universitaire. Enfin, la Section 3 énumère et décrit des facteurs communs qui jouent un rôle important au chapitre des résultats chez l’enfant.

Risque et résilience

Il est maintenant généralement accepté qu’il existe une panoplie de risques et de facteurs de protection qui peuvent exercer une influence sur la capacité d’adaptation des enfants et leurs résultats (effets à plus long terme) pendant et après un divorce ou une séparation. Ces facteurs font en sorte qu’il est plus ou moins probable qu’un enfant présente des problèmes d’adaptation à long et à court terme (c.-à-d., comportement problématique d’internalisation ou d’externalisation; décrochage scolaire; piètre rendement scolaire; toxicomanie; mauvaise santé physique et grossesse précoce), surtout lorsque plusieurs facteurs sont concomitants. Il est important de tenir compte de la réalité des enfants et de la famille lorsque l’on tente d’atténuer le risque et de promouvoir une adaptation positive chez l’enfant. Ces facteurs peuvent être présents (ou absents) selon diverses combinaisons différentes et chacun exigera une approche sur mesure pour conclure l’entente parentale qui convient le mieux à l’enfant .Note de bas de la page 1

Temps parental

La recherche décrit aussi le rôle du temps parental et de l’entente parentale pour ce qui est de sa répartition. En règle générale, selon l’état des connaissances actuel, plusieurs facteurs importants doivent entrer en ligne de compte lorsqu’on conclut des ententes parentales, notamment les suivants :

  1. L’enfant a besoin de passer le plus de temps de qualité possible avec chacun des parents, selon ses intérêts et d’autres facteurs pertinents rattachés à des résultats et à une adaptation positifs.
  2. Il n’existe aucun pourcentage ou nombre d’heures de temps parental standard applicable à toutes les familles. Cela dépend plutôt de chaque situation et des caractéristiques familiales. Pour déterminer le temps que l’enfant passera avec chaque parent, il faut tenir compte de facteurs pertinents qui favorisent une adaptation positive, en réduisant le risque de résultats négatifs chez l’enfant et en atténuant l’effet, le cas échéant.
  3. Il n’y a pas que le nombre d’heures passées avec l’enfant qui compte, mais aussi la qualité du temps parental (p. ex. activités et engagement) pour ce qui est des résultats chez l’enfant et de son adaptation. Les parents qui participent à plusieurs activités avec leur enfant se sentent plus compétents dans leur rôle de parent et ont l’occasion d’avoir des interactions parent-enfant de grande qualité. Ce genre d’expérience favorise l’établissement d’une solide relation parent-enfant et contribue à des résultats positifs chez l’enfant.
  4. La constance et la prévisibilité sont deux facteurs importants pour l’adaptation de l’enfant dans les familles qui négocient et concluent une entente parentale, et ce, quel que soit le type de famille. Toutefois, une certaine flexibilité est aussi nécessaire pour répondre aux besoins de l’enfant. Lorsque l’on négocie et conclut une entente parentale, il est important qu’elle soit réaliste par rapport à la réalité familiale si l’on veut qu’elle fonctionne un certain temps et éviter qu’elle devienne désuète rapidement.

Facteurs individuels et familiaux pertinents pour l’établissement d’ententes parentales

Lorsque l’on détermine les particularités des ententes, il faut garder à l’esprit qu’il n’existe pas d’entente polyvalente convenant à toutes les familles. Il faut plutôt examiner plusieurs facteurs clés qui sont agencés pour déterminer les résultats chez l’enfant après le divorce ou la séparation. La liste ci-dessous illustre la complexité du processus et la multiplicité des facteurs que doivent examiner les parents et les intervenants. Au niveau de la famille et de l’individu, ces facteurs comprennent les suivants :

  1. Caractéristiques individuelles de l’enfant et des parents, notamment : le tempérament de l’enfant, son âge/son étape de développement, ses besoins particuliers, le cas échéant (c. à d., physiques, mentaux, psychologiques); Note de bas de la page 2 et les caractéristiques des parents comme le tempérament, la santé mentale, les problèmes de consommation et la capacité parentale.
  2. La relation parent-enfant et les facteurs qui l’influencent comprennent les suivants : la force de la relation parent-enfant, la volonté du parent et la possibilité de s’engager à passer du temps parental de qualité. Les enfants s’adaptent mieux et ont des relations plus positives avec leurs parents lorsque ceux-ci sont sensibles et attentifs à leurs besoins.
  3. Le style parental des deux parents. Les enfants auront de meilleurs résultats et s’adapteront mieux au divorce ou à la séparation si les parents les soutiennent, sont présents, les encouragent, leur donnent de l’affection et restent constants dans leur rôle. C’est ce que l’on décrit souvent comme la présence parentale de qualité, laquelle comprend, d’une façon générale : un temps parental suffisant avec l’enfant, une sensibilité parentale à l’enfant; une interaction parentale avec l’enfant et de la sécurité émotionnelle.
  4. La relation entre les parents peut avoir des effets directs et indirects, positifs et négatifs sur l’enfant. Il est préférable pour les enfants que les parents puissent communiquer et interagir de façon neutre ou positive – les conflits envahissants entraînent des répercussions négatives chez l’enfant. Les parents qui sont distraits ou en colère seront généralement moins sensibles et attentifs, des caractéristiques de la compétence parentale qui peuvent avoir des répercussions négatives sur l’adaptation de l’enfant.
  5. L’environnement et le contexte familial des parents et des enfants peuvent exercer une influence sur l’adaptation de l’enfant. L’enfant s’adapte mieux lorsqu’un réseau de soutien social, des ressources sociales et économiques suffisantes et un environnement constant, stable et prévisible sont en place. Par exemple, les familles qui ont des ressources suffisantes déménagent moins souvent et peuvent habiter dans de meilleurs quartiers. Réciproquement, l’absence de ces ressources est un facteur de risque de problème d’adaptation qui a été corrélée avec des problématiques comme le décrochage scolaire, la délinquance et la criminalité à l’âge adulte, et ce, quel que soit le type de famille.
  6. Il est aussi important de tenir compte des nouvelles relations entre les parents et la deuxième/troisième/quatrième famille. Elles sont susceptibles d’exacerber la complexité de la situation et d’avoir des répercussions négatives sur l’enfant, mais peuvent aussi protéger les relations parent-enfant existantes et créer de solides réseaux sociaux pour l’enfant, les parents et les (belles) familles.
  7. Certaines considérations pratiques peuvent aussi avoir un effet très important sur la détermination des ententes appropriées après le divorce ou la séparation. Certaines d’entre elles comprennent les suivantes : les modalités de travail et la flexibilité du travail, la distance entre les domiciles et le statut socio-économique des deux ménages.
  8. Enfin, il semble que l’intervention et le soutien pour les parents et les enfants peuvent contribuer à renforcer certains des facteurs clés mentionnés ci-dessus. Il est ici question du développement de compétences et de soutien aux parents afin d’optimiser leurs capacités parentales.
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