JusteRecherche no. 12

Profil de recherches (suite)

Profil de recherches (suite)

Participation de la famille au traitement de jeunes délinquants sexuels violents.

Par Kelly E. Morton Bourgon[22][23] et Guy Bourgon 1[24]

INTRODUCTION

La recherche sur la délinquance générale a montré que les jeunes qui peuvent compter sur la participation de leur famille à leur traitement obtiennent des résultats plus positifs (Howell et Hawkins, 1998; Latimer, Dowden et Morton-Bourgon, 2004). Par exemple la thérapie multisystémique, qui a obtenu des résultats positifs aux États-Unis, englobe l'ensemble du système familial (de même que d'autres systèmes) dans la démarche thérapeutique (Henggeler, Mihalic, Rone, Thomas et Timmons-Mitchell, 1998). Toutefois, ce ne sont pas toutes les familles qui choisissent de participer au traitement de l'adolescent. La détermination des caractéristiques d'une famille qui participe au traitement peut aider les fournisseurs de services à repérer les familles les plus susceptibles ou les moins susceptibles d'y participer. Les cliniciens pourraient ainsi se concentrer sur les facteurs pertinents qui peuvent faire obstacle à la participation de la famille. Par ailleurs, des études ont montré que les pratiques parentales ont une incidence sur la criminalité future du jeune délinquant (Hawkins, Herrenkohl, Farrington, Brewser, Catalano et Harachi, 1998).Cependant, on en sait peu sur les comportements des parents et les jeunes délinquants sexuels violents. La détermination des comportements déterminants des parents pourrait aider les cliniciens à déterminer les comportements particuliers auxquels ils doivent porter attention au cours du « travail familial » dans le traitement des jeunes délinquants sexuels violents.

La présente étude a porté sur les trois questions ci-dessous :

  1. Quel type de famille participe au traitement d'un jeune délinquant sexuel violent?
  2. Les jeunes dont la famille participe au traitement améliorent-ils davantage leurs résultats que les jeunes dont la famille ne participe pas?
  3. Les comportements des parents ont-ils un lien avec les bienfaits du traitement pour les jeunes qui comptent sur la participation de leur famille?

MÉTHODE

Mesures[25]

  1. L'outil Estimate of Risk of Adolescent Sexual Offense Recidivism (ERASOR - èvaluation du risque de récidive sexuelle chez les délinquants juvéniles :Worling et Curwen, 2001) est un outil empirique de 25 points destiné à évaluer le risque de récidive sexuelle chez des jeunes de 12 à 18 ans qui ont déjà commis une agression sexuelle.
  2. L'outil Youth Level of Service/Case Management Inventory (YLS/CMI - Inventaire du niveau de service/gestion du dossier de jeunes : Hoge et Andrews, 1999) est une entrevue structurée destinée à évaluer les risques et les besoins criminogènes de jeunes (< 19 ans) délinquants.
  3. Le Bronfenbrenner Family Questionnaire (BFQ: Bronfenbrenner, 1965) est un instrument d'auto-évaluation rempli par le jeune qui tente de mesurer la fréquence de divers comportements parentaux tels qu'évalués par l'adolescent.
  4. L'outil Treatment Outcomes for Adolescent Sexual Offenders (TOASO - Résultats de traitement pour des délinquants sexuels juvéniles : Rich et Sauer, 1997) est une échelle de cotation par le thérapeute destinée à évaluer la manifestation ou la compréhension par l'adolescent de certains comportements ou concepts généralement couverts dans les thérapies pour délinquants sexuels.

Échantillon

Les participants à cette étude faisaient partie d'une étude canadienne plus vaste sur les services spécialisés destinés à des jeunes délinquants sexuels violents. L'étude s'appuyait sur des données provenant de 15 organismes à travers le Canada. Avant la collecte de données, tous les jeunes (et leurs parents/tuteurs, au besoin) ont consenti à participer au projet. Les données ont été collectées à l'aide d'une batterie particulière de tests administrés aux jeunes et d'une autre batterie administrée au thérapeute principal du jeune. La méthode exigeait que chaque jeune soit évalué avant la thérapie, puis à mi-parcours et de nouveau à la fin de la thérapie. On avait collecté des données sur 127 jeunes au moment de la présente analyse, soit 126 garçons et une fille, répartis comme suit : 97 jeunes de l'Ontario, 22 du Manitoba et les 8 autres de la Saskatchewan, du Yukon ou de Terre-Neuve. L'âge moyen au début du traitement était de 15,4 ans (E.-T. = 1,8). Le tiers des jeunes ont déclaré avoir été victime d'exploitation sexuelle et 48 %, de violence physique. Dans 51 % des cas, il n'y avait pas d'antécédents de violence déclarés. La famille participait au traitement dans 72 % des cas.

Des données sur la composition de la famille étaient disponibles pour les deux tiers des jeunes (n=84). Cinquante-cinq pour cent des jeunes venaient de familles avec deux parents (familles intactes); les autres venaient de familles monoparentales ou recomposées. À l'époque de l'évaluation, 59 % d'entre eux vivaient avec leur famille, 20 % dans une situation de placement temporaire et 21 % étaient séparés de leur famille de façon permanente.

RÉSULTAT

Quel type de famille participe au traitement de jeunes délinquants sexuels violents?

Nous avons employé deux stratégies pour examiner les caractéristiques des jeunes et de leur famille eu égard à la participation de la famille. La première stratégie consistait à calculer des corrélations entre des facteurs démographiques particuliers et la participation de la famille : l'âge du jeune, la composition de la famille, le parent le plus proche du jeune, le fait d'habiter avec des victimes potentielles, les antécédents d'agression sexuelle, la participation antérieure d'organisme, le fait d'avoir des frères ou des sœurs, le sexe de la victime, le type d'infraction, la pire intrusion, le nombre de victimes, si le jeune a été condamné ou non, la différence d'âge avec les victimes, la source du renvoi et le type de traitement.

Nous avons constaté que six variables étaient liées de façon significative à la participation de la famille au traitement (voir le tableau 1).


Tableau 1 - Famille plus susceptible de participer au traitement du jeune si…
Caractéristique r
Le délinquant est plus jeune .329
Le parent le plus proche est la mère ou le père biologique .328
Le jeune n'est pas condamné .307
Le jeune est dans un programme moins restrictif (communauté, probation, résidentiel) .304
Le jeune n'a jamais ou peu eu affaire avec d'autres organismes .191
La famille est intacte (deux parents) .168

La deuxième stratégie consistait à comparer le niveau de risque du jeune comptant sur la participation de sa famille (PF) et des jeunes sans participation de la famille (SPF). Les jeunes PF présentaient des niveaux de risque de récidive sexuelle et non sexuelle nettement moins grands, comparativement aux jeunes SPF (voir la figure 1). En fait, ces derniers présentaient un risque plus élevé sur 12 des 13 sous-échelles de l'ERASOR et l'YLS/CMI comparativement aux jeunes PF.

Figure 1 - Niveau de risque des jeunes à l'admission

Figure 1 - Niveau de risque des jeunes à l'admission
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Implications

Nous avons constaté qu'une famille était plus susceptible de participer au traitement lorsque le délinquant est plus jeune, que sa figure parentale la plus proche est un parent biologique, que le jeune n'a pas été condamné pour son infraction, que le jeune participe à un programme moins restrictif, que le jeune ou sa famille a moins souvent eu affaire avec des organismes et dont la famille biologique est considérée intacte. Cela donne à penser que les familles moins caractérielles, où l'on s'occupe de la délinquance sexuelle à un plus jeune âge, sont plus susceptibles de participer au traitement tandis que les familles plus caractérielles, celles ayant eu affaire à plusieurs reprises avec le système (justice pénale ou santé mentale) et présentant d'autres facteurs de stress potentiels (p. ex. divorce, procès), étaient moins susceptibles de participer au traitement du jeune. Les différences significatives relevées sur les deux mesures de risques entre les jeunes PF et les jeunes SPF corroborent cette observation, c'est-à-dire que les jeunes délinquants présentant des niveaux de risques plus élevés et dont les familles ont des besoins plus grands sont moins susceptibles de compter sur la participation de leur famille. C'est précisément dans ces cas à risques plus élevés que les jeunes et leur famille ont besoin de services pour réduire le risque que leur comportement criminel perdure à l'âge adulte.

Ces résultats semblent indiquer que deux approches différentes, pour les deux catégories de familles, pourraient être utiles au cours de la phase initiale de contact en vue d'augmenter les chances que la famille participe à la démarche thérapeutique et d'améliorer la qualité de la participation. Dans le cas des jeunes présentant un risque faible, les cliniciens peuvent rajuster leur approche pour se concentrer sur les points susceptibles d'être considérés les plus sensibles pour ces familles, comme la compréhension du stress ou de la honte associé à la délinquance sexuelle du jeune. Dans le cas d'un jeune présentant un risque plus élevé, une approche plus efficace pourrait consister à investir plus d'énergie pour convaincre la famille de l'importance de participer au traitement et lui montrer comment elle peut aider le jeune à amorcer et maintenir un changement. À ce chapitre, des techniques d'entrevue motivationnelle peuvent être utiles. Même si la famille se montre réticente, il vaudrait la peine d'examiner avec elle la possibilité de participer à une date ultérieure. De plus, il peut être important de cibler directement les problèmes parentaux qui peuvent faire obstacle à la participation (p. ex. divorce, tension au sein de la famille, stress découlant de poursuites juridiques).

Les jeunes dont la famille participe au traitement améliorent-ils davantage les résultats que les jeunes dont la famille ne participe pas?

Nous avons étudié cette question à l'aide d'analyses de variance distinctes portant sur les changements survenus entre les phases pré- et post-traitement, tels que confirmés par les résultats de l'ERASOR, de l'YLS/CMI, du BFQ et de la TOASO. Fait surprenant, les analyses n'ont révélé qu'une seule différence significative, par rapport aux pratiques parentales négatives. Les jeunes SPF ont évalué plus négativement les pratiques parentales de leurs parents après le traitement qu'avant le traitement. À l'inverse, les jeunes PF ont jugé que leurs parents avaient réduit de façon significative leurs pratiques parentales négatives par suite du traitement (voir la figure 2).

Figure 2 - Échelle des pratiques parentales négatives

Figure 2 - èchelle des pratiques parentales négatives
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Figure 3 - Échelle de fonctionnement psychosocial ERASOR

 Figure 3 - èchelle de fonctionnement psychosocial ERASOR
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Fait intéressant, on constate une tendance, non significative toutefois, sur plusieurs échelles : le traitement semble produire plus d'amélioration pour les jeunes SPF que pour les jeunes PF. De façon caractéristique, les jeunes PF présentaient moins de risques, ou moins de problèmes, dans le domaine évalué avant le traitement que les jeunes SPF. À la fin du traitement, les deux groupes étaient à peu près équivalents. Les jeunes PF semblaient rester au même niveau, avant et après le traitement, tandis qu'il semblait y avoir une diminution du niveau de risque ou de problèmes chez les jeunes SPF. Par exemple, l'échelle de fonctionnement psychosocial de l'ERASOR (figure 3), le score total de l'YLS/CMI (figure 4) et l'échelle des compétences sociales de la TOASO (figure 5) illustrent cette tendance.

Figure 4 - Score total de l'YLS/CMI

Figure 4 - Score total de l'YLS/CMI
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Figure 5 - Échelle des compétences psychosociales (TOASO)

Figure 5 - èchelle des compétences psychosociales (TOASO)
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Implications

Il est étonnant que nous n'ayons pas trouvé de corroboration pour notre hypothèse selon laquelle les jeunes PF allaient présenter des changements plus marqués par suite du traitement, comparativement aux jeunes SPF. Les données semblent indiquer au contraire que les jeunes SPF ont mieux réagi au traitement. Le principe du risque d'Andrews et Bonta (2003) pourrait constituer une explication plausible de cette constatation contre-intuitive. Selon ces auteurs, le niveau de service devrait correspondre au niveau de risque du délinquant si nous voulons que les services soient les plus efficaces, c'est-à-dire qu'un traitement intensif est plus efficace lorsqu'il est prodigué à des personnes présentant un risque plus élevé. Quant aux personnes présentant un risque plus faible, le traitement est plus efficace quand ces services sont minimes ou moins intenses. Comme nous l'avons décrit plus tôt, les jeunes SPF présentaient avant le traitement un risque nettement plus élevé que les jeunes PF. Les besoins de ces jeunes à risque plus élevé sont plus grands et leurs problèmes sont probablement plus complexes et graves que ceux des jeunes présentant un risque plus faible. Selon le principe du risque, ces jeunes à risque plus élevé sont plus sensibles au traitement.

Bien entendu, cela ne veut pas dire que les jeunes présentant un risque moins grand ne peuvent pas bénéficier d'un traitement pour délinquant sexuel. Toutefois, la question demeure quant à l'intensité et à la durée nécessaires de ces services pour modifier le comportement délinquant de jeunes présentant un risque plus faible. Cette question est importante puisque la durée moyenne du traitement pour délinquance sexuelle dans cet échantillon était de 18 mois; il se peut qu'un traitement plus court ait été suffisant pour les jeunes présentant un risque plus faible. D'autres études sur la relation entre la durée du traitement et la récidive seraient utiles pour déterminer le « dosage » de traitement nécessaire et suffisant pour des jeunes présentant des niveaux de risque différents afin de réduire la probabilité d'un comportement criminel sexuel et non sexuel futur.

Les comportements des parents ont-ils un lien avec les bienfaits du traitement pour les jeunes qui comptent sur la participation de leur famille?

Pour cette question, nous n'avons pris en compte que les données relatives aux jeunes PF (N=89), en caractérisant les pratiques parentales sur deux dimensions, positives et négatives. Pour chaque dimension, les pratiques parentales ont été partagées en deux niveaux, élevé ou faible, en fonction de la moyenne sur chacune des deux échelles des pratiques parentales du BFQ à l'admission. De cette façon, on considérait qu'un jeune avait des parents se classant soit à un niveau élevé ou faible sur les pratiques parentales positives et soit à un niveau élevé ou faible sur les pratiques parentales négatives. Nous avons ensuite comparé les groupes de niveau élevé et faible d'après leurs résultats au BFQ après le traitement, de même que d'après leur évaluation pré-risque et post-risque. De cette façon, nous espérions déterminer si le niveau de pratiques parentales positives ou négatives était lié à l'issue du traitement.

Les jeunes exposés à des pratiques parentales positives de niveau élevé n'ont montré aucun changement significatif au cours du traitement comparativement aux jeunes exposés à des pratiques parentales positives de niveau faible. Les parents qui ont commencé le traitement avec un niveau élevé de pratiques positives ont maintenu ce niveau. La même chose vaut pour les parents présentant un niveau faible de pratiques parentales positives, c'est-à-dire qu'ils ont maintenu un niveau faible. Par ailleurs, il n'y avait pas de différence significative entre les niveaux élevés et faibles de pratiques parentales positives quant aux mesures du risque sur l'ensemble du traitement. Ce résultat semble indiquer que les pratiques parentales positives ne sont d'aucune utilité pour prédire l'évolution du comportement de l'adolescent au cours du traitement. Autrement dit, pour les jeunes dont les parents ont participé au traitement, ceux dont les parents manifestaient beaucoup de comportements positifs (niveau élevé) ont aussi bien réagi au traitement que les adolescents dont les parents manifestaient peu de comportements positifs (niveau faible).

De même, les comportements parentaux négatifs ont eux aussi peu changé au cours du traitement puisque environ 50 % des parents classés dans le niveau élevé des pratiques négatives sont restés à ce niveau après une année de traitement. Cependant, les conduites parentales négatives semblent jouer un rôle médiateur dans le niveau de risque qu'un jeune présente au cours du traitement. Plus particulièrement, les jeunes appartenant au groupe des pratiques parentales négatives de niveau élevé ont montré une détérioration sur huit des douze sous-échelles du risque (l'échelle des antécédents criminels de l'YLS/CMI étant exclue, puisqu'elle est statique). Autrement dit, on a évalué que ces jeunes présentaient un risque plus élevé après le traitement comparativement à avant le traitement. Par ailleurs, nous avons constaté que les jeunes exposés à des pratiques parentales négatives de niveau faible présentaient un niveau de risque moins élevé sur 11 des 12 sous-échelles.

Implications

Ces résultats montrent que les pratiques parentales n'ont pas semblé évoluer au cours du traitement, un signe de leur résistance au changement. Néanmoins, il semble que les pratiques parentales négatives ont eu une influence sur la réceptivité du jeune au traitement comme l'indique l'évolution des niveaux de risque au cours du traitement. Les jeunes qui avaient déclaré que leurs parents manifestaient un niveau élevé de pratiques parentales négatives présentaient un risque plus élevé après le traitement tandis que les jeunes qui avaient déclaré que leurs parents manifestaient peu de pratiques parentales négatives ont diminué leur niveau de risque au cours du traitement. Ce résultat, de pair avec la résistance du style de pratiques parentales, nous porterait à croire qu'il serait avantageux que les thérapeutes s'intéressent explicitement aux interactions négatives au sein de la famille, en mettant l'accent sur l'enseignement et le renforcement des interactions positives et encourageantes entre le parent et l'enfant.

CONCLUSION

Nous avons vu que certaines caractéristiques des familles de jeunes délinquants sexuels sont liées à la participation de la famille au traitement de la délinquance sexuelle. S'ils sont conscients que les familles des jeunes présentant un risque plus élevé sont moins susceptibles de participer au traitement, les intervenants peuvent adopter une approche plus prudente pour amener ces familles à participer. Il peut être avantageux d'employer des techniques d'entrevue motivationnelle avec les parents ou de fournir des services d'évaluation et d'aide psychosociale pour des problèmes conjugaux et familiaux qu'on dissocie parfois des comportements sexuels délinquants du jeune. Par ailleurs, les familles dont l'enfant présente un risque moins grand sont plus susceptibles de participer au traitement. S'ils sont conscients de ce fait, les cliniciens pourraient accélérer la participation de la famille et des parents au traitement et s'attaquer ainsi plus tôt aux principaux points à traiter.

Néanmoins, les résultats de la présente étude n'appuient pas la présomption générale selon laquelle la participation de la famille d'un jeune au traitement est un facteur critique de la sensibilité du jeune au traitement. Nos résultats montrent le contraire; les jeunes ont réagi mieux au traitement si leur famille n'y participait pas, comparativement aux jeunes dont la famille avait participé. Toutefois, en examinant les données de plus près, nous avons constaté que les jeunes dont la famille n'avait pas participé au traitement présentaient un risque plus élevé de récidive que les jeunes dont la famille avait participé au traitement. À la lumière de cette différence, nous proposons que ces résultats illustrent le principe du risque d'Andrews et Bonta : c'est-à-dire que l'intensité et la durée du traitement devraient concorder avec le niveau de risque. Selon ce principe, lorsque le traitement est plutôt intense et long, comme c'est habituellement le cas avec les jeunes agresseurs sexuels, ce sont ces cas à risque plus élevé qui devraient tirer le plus profit du traitement.

Enfin, pour les jeunes dont la famille a participé au traitement, nous avons constaté que les pratiques parentales négatives et non les pratiques parentales positives ont joué un rôle important dans l'évolution du risque au cours du traitement des jeunes délinquants sexuels. Ces résultats semblent indiquer qu'il peut être très important de prévoir des interventions particulières (comme des façons de remplacer des pratiques négatives par des pratiques plus positives et d'encourager des façons d'interagir avec le jeune et de le discipliner) dans les volets familiaux/parentaux d'un programme de traitement. Cet élément pourrait être critique puisque les pratiques parentales semblent plutôt résistantes au changement.

En conclusion, le rôle exact de la famille dans le traitement du jeune délinquant, en particulier des jeunes auteurs de violence sexuelle, reste à élucider. Il y a encore peu d'études publiées portant sur l'efficacité globale du traitement des jeunes délinquants sexuels (Worling et Curwen, 2000). D'autres recherches sont nécessaires pour déterminer la nature de la réceptivité et de la faculté d'évolution d'un jeune, ainsi que le lien avec la participation de sa famille à la démarche thérapeutique.

RÈFÈRENCES


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