Programmes d'intervention en matière de violence envers le partenaire intime

ÎLE-DU-PRINCE-ÉDOUARD

Contexte

Loi : Victims of Family Violence Act (1996)

Tribunal pour l’instruction des causes de violence familiale : S.O.

Plan d’action provincial : Stratégie de lutte contre la violence familiale à l’Île-du-Prince-Édouard

Selon la Stratégie pour la prévention de la violence familiale (SPVF), la violence familiale désigne « tous les types de violence utilisés par un membre de la famille à l’endroit d’un autre membre de la famille ». Elle vise donc, notamment, la violence d’un partenaire à l’endroit d’un autre, d’un parent envers un enfant, d’un enfant envers un parent, la violence entre frères et sœurs ou la violence envers les personnes âgées.

La Stratégie s’appuie sur certains principes directeurs, dont les suivants :

  1. toute forme de violence dans les relations est inacceptable
  2. toutes les personnes et familles sont appréciées
  3. chacun a droit à un environnement sûr et sécuritaire
  4. chacun a droit à des services accessibles et appropriés de grande qualité et à de l’information qui est cohérente et respectueuse, y compris les victimes, les survivants, les témoins et les agresseurs
  5. la prévention de la violence est une responsabilité partagée

La Stratégie cerne les principaux buts à atteindre en matière de sensibilisation, d’éducation et de mobilisation de la population, de formation et de coordination, d’intervention et de prestation de services, de politiques, de protocoles et de législation ainsi que de recherche et d’évaluation. La stratégie prévoit également la promotion de saines relations et la mobilisation des hommes et des garçons. Tous les volets de la stratégie prévoient des services destinés aux victimes. Les services offerts aux agresseurs visent à réduire le risque de récidive; il en est question dans la partie des recommandations portant sur la prestation des services.

Le Comité d’action du premier ministre pour la prévention de la violence familiale a été créé en 1995 pour assurer la coordination et la mise en œuvre des recommandations formulées dans la première SPVF. Un comité multisectoriel composé de représentants des services de police, du système de justice pénale, du gouvernement, des fournisseurs de services et des services communautaires continue d’être à l’œuvre.

Évaluation du risque

À l’Île-du-Prince-Édouard, les services de police municipaux et la GRC se servent de la Liste de vérification pour les enquêtes policières sur la violence conjugale. Bien qu’il ne s’agisse pas à proprement parler d’un outil d’évaluation du risque, la liste permet aux policiers de s’assurer qu’ils ont mené une enquête exhaustive et qu’ils ont pris en compte les facteurs de risque.

Les services de probation effectuent l’évaluation du risque au moyen de l’outil Inventaire de niveau de service – révisé et du Protocole d’évaluation de prise de décision en matière de violence conjugale. Ils en communiquent les résultats aux responsables du programme d’intervention Turning Point, qui s’en servent à l’occasion de l’évaluation à l’accueil.

Turning Point est un programme d’intervention et de counseling en cas de violence envers le partenaire intime du ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Des évaluations individuelles sont réalisées auprès de chaque participant plusieurs semaines avant le début des interventions en groupe. Il recueille de l’information concernant ses antécédents de violence — notamment dans le cadre de relations antérieures, ainsi que d’autres formes de comportements abusifs comme le contrôle –, ses antécédents criminels, son style de communication, l’existence d’enfants, sa capacité de se procurer une arme, ses dépendances, ses antécédents psychiatriques, son histoire familiale, les traumatismes vécus, les emplois occupés, ses différents domiciles, son éducation, son niveau de littératie et ses champs d’intérêt. En outre, l’organisme prend connaissance des évaluations réalisées précédemment au moyen de l’outil ODARA et du guide SARA. À partir des résultats de l’évaluation du risque et de celle effectuée à l’accueil, le contrevenant est dirigé vers le traitement en individuel ou en groupe. Dans les cas indiqués, il peut aussi être envoyé vers d’autres ressources.

Turning Point
Murchison House

Financement

Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique de l’Î.-P.-É. finance les services, qui sont offerts à Charlottetown, Summerside et Montague.

Structure

Le programme Turning Point accueille principalement des clients envoyés par les services de probation, mais les personnes recommandées par les organismes de bien-être de l’enfance, de services aux familles, de traitement de la toxicomanie ou de services en santé mentale sont également acceptées, de même que les volontaires.

Lorsqu’ils dirigent un client vers le programme en application d’une ordonnance judiciaire, les services de probation communiquent au sujet du client tous les renseignements pertinents du point de vue du risque qu’il pose, tels que le statut de l’accusation, celui de sa relation, ses antécédents criminels, les conditions de l’ordonnance eu égard aux contacts, les autres organismes impliqués dans le dossier et les détails de l’infraction substantielle, dont la déclaration de la victime.

Traitement

Le programme de traitement de la VPI Turning Point est offert en 14 à 16 séances hebdomadaires de 3 heures à des groupes comptant en moyenne 6 à 10 participants. Le traitement repose sur une approche thérapeutique psychopédagogique et cognitivo-comportementale. Divers sujets sont abordés : éléments de définition de la violence, déséquilibre dans les rapports de force, schémas de violence en matière conjugale, maîtrise des émotions intenses, violence et consommation d’alcool et de drogue, socialisation, communication, résolution de problèmes, prise en main de sa santé et gestion du stress.

Compétences parentales et répercussions de la violence sur les enfants qui en sont témoins

Les séances de groupe intègrent de l’information concernant l’impact de la violence familiale sur les enfants.

Responsabilités envers les victimes

La victime est contactée lors de l’évaluation du client et l’organisme prend en compte des facteurs provenant de divers outils d’évaluation du risque afin d’évaluer le risque. Par ailleurs, les responsables du programme communiquent régulièrement avec le service ou l’organisme qui a envoyé le client afin d’échanger avec lui des renseignements pouvant être utiles pour assurer la sécurité de la victime.

Évaluation

Une évaluation des processus et des résultats est actuellement en cours, et le rapport final est prévu au début de 2017. La dernière évaluation du programme, réalisée par le Dr Thomas Gaber, remonte à 1994.

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