Séparation et divorce très conflictuels : options à examiner

2004-FCY-1F

3.  ÉTUDES DE CAS TRÈS CONFLICTUELS ET DE LEURS CONSÉQUENCES SUR LES ENFANTS

Cette analyse se divise en deux parties : les études traitant de l’effet des conflits sur les enfants de familles intactes et de familles divorcées et les études concernant l’impact des cas très conflictuels sur les enfants de couples séparés ou divorcés.

3.1  ÉTUDES DES CONFLITS ENTRE PARENTS EN GÉNÉRAL

Raschke et Raschke (1979) ont comparé 289 écoliers de familles intactes et de familles monoparentales pour déterminer si la structure familiale jouait un rôle dans le concept de soi chez les enfants (c.-à-d. leur attitude ou leurs sentiments à leur propre égard) et si les enfants qui perçoivent davantage de conflits dans leur famille ont une moins bonne idée d’eux-mêmes. Les auteurs ont pu étayer leur hypothèse : même si les enfants ne sont pas affectés par la structure familiale, comme la monoparentalité, les conflits dans la famille peuvent nuire à l’idée qu’ils se font d’eux-mêmes. Il n’a pas été possible d’établir si les conflits perçus par les enfants étaient des conflits verbaux ou physiques ou les deux, même si les deux types de conflits leur étaient probablement préjudiciables.

Emery (1982) a étudié le lien entre les troubles dans le couple et les problèmes de comportement chez les enfants. La définition du terme « conflit », que celui-ci touche une famille intacte ou éclatée, a soulevé une controverse. Trois aspects théoriquement pertinents à cet égard sont la forme du conflit (p. ex., les sévices physiques, les disputes, l’évitement), son motif (p. ex., le sexe, l’éducation des enfants, l’argent) et sa durée. Il semble que le nombre et le type des conflits entre parents auxquels l’enfant est exposé soient des déterminants importants des effets du conflit sur l’enfant. Le conflit ouvertement hostile, tout comme celui qui dure longtemps, expose l’enfant à un plus grand nombre d’interactions parentales vraisemblablement problématiques. Emery a conclu, entre autres, que les troubles dans le couple avaient un lien plus fort avec la mésadaptation chez les garçons que chez les filles et, par ailleurs, que celles-ci pouvaient être aussi affectées que les garçons par ces troubles, mais montraient leurs sentiments d’une manière correspondant mieux au rôle attribué à leur sexe, par exemple en se renfermant. L’âge de l’enfant ne semblait pas être un déterminant important des effets de la mésentente dans le couple. Une relation particulièrement chaleureuse avec au moins un parent peut réduire ces effets sur les enfants, mais pas les éliminer. D’après certains éléments, les changements de discipline dus au divorce incitent les garçons, surtout, à moins bien obéir à leurs parents que les enfants de familles intactes. En fin de compte, selon Emery, les parents en conflit mutuel sont probablement de moins bons modèles, appliquent une discipline plus incohérente et occasionnent plus de stress à leurs enfants.

Camara et Resnick (1989) ont étudié un échantillon de 82 familles composées soit de parents divorcés ou de deux parents. Les auteurs ont utilisé un ensemble de conflits entre parents répartis selon sept cotes : le degré de sentiments positifs exprimés par le père envers la mère; le degré de sentiments positifs exprimés par la mère envers le père; le degré de sentiments négatifs exprimés par le père envers la mère; le degré de sentiments négatifs exprimés par la mère envers le père; le degré d’hostilité et de colère au foyer; la mesure dans laquelle les conversations entre parents sont stressantes ou tendues et le degré de conflit patent ou subtil dans la relation. Même trois ans après la séparation des parents, il y avait des différences significatives dans les comportements sociaux entre les groupes. Les enfants de familles divorcées affichaient les degrés les plus élevés d’agressivité et de problèmes comportementaux et le plus bas niveau de comportement prosocial et d’estime de soi en général. Cependant, les résultats étaient semblables pour les familles divorcées et celles non divorcées en ce qui a trait au règlement des différends. Les parents qui reprochaient à leur conjoint de recourir à des attaques verbales ou à l’évitement ou de manifester sa colère physiquement lorsqu’il fallait régler des désaccords affichaient en général des niveaux de collaboration plus bas et des degrés de conflit plus élevés. Les conséquences des désaccords étaient plus susceptibles d’aggraver les conflits. Les parents capables d’accepter les compromis pour régler les différends étaient plus enclins à collaborer sur les questions de responsabilités parentales. Par conséquent, peu importe le degré de mésentente entre conjoints, la collaboration entre les adultes quant à leur rôle de parent était associée à des relations plus étroites, plus chaleureuses et plus communicatives entre les enfants et leur parent n’ayant pas la garde dans les familles divorcées et entre les enfants et leur mère dans les familles non divorcées.

Morrison et Coiro (1999) ont examiné deux hypothèses. Quand un conflit profond déchire un couple, les problèmes de comportement des enfants de parents qui divorcent s’atténuent-ils alors que ceux des enfants d’un mariage où il y a un conflit moindre s’aggravent-ils après le divorce? Les problèmes de comportement des enfants de familles à degré de conflit élevé, dont les parents restent ensemble, s’aggravent-ils plus que ceux des enfants dont les parents divorcent? Les auteurs ont utilisé un échantillon de 727 enfants ayant participé à l’Enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes. Ils ont utilisé les réponses obtenues sur la fréquence des disputes à propos de neuf sujets, notamment les enfants, l’argent, les corvées et les responsabilités. Ils ont constaté que les déclarations indiquant un degré de conflit antérieurement élevé dans le couple dénotaient un effet néfaste notable et statistiquement significatif sur les problèmes de comportement des enfants. En fait, l’effet néfaste des querelles fréquentes dans le couple était plus marqué que l’effet néfaste de la séparation ou du divorce. Cependant, rien n’indique que les enfants qui avaient quitté un foyer à degré de conflit élevé en ont bénéficié. Par ailleurs, la plus forte aggravation des problèmes de comportement a été observée chez les enfants dont les parents étaient demeurés ensemble malgré leurs fréquentes querelles.

Conger, Harold, Fincham et Osborne (1998) ont mené deux études afin d’examiner simultanément les liens directs et indirects entre les conflits dans le couple et l’adaptation des enfants, en tenant compte de leurs impressions sur la relation familiale. Dans les deux études, l’hypothèse que les conflits dans le couple influent sur la façon de percevoir les relations parents-enfants a été vérifiée. Les enfants témoins de l’hostilité entre leurs parents semblent penser que les conflits entre parents et enfants sont pires que les enfants qui n’en ont pas été témoins. Les auteurs ont toutefois souligné la nécessité d’études longitudinales sur ce point.

Jekielek (1998) a utilisé les données d’une étude longitudinale (la National Longitudinal Surveys of Youth) d’un échantillon de 1640 enfants pour examiner les effets des conflits et des bouleversements dans le couple sur les enfants. Les résultats laissent supposer que ces conflits et bouleversements sont des indicateurs cruciaux du bien-être émotionnel des enfants. Les avantages d’une famille intacte en ce qui a trait à l’anxiété et à la dépression chez les enfants diminuent à mesure que les conflits entre parents s’aggravent. Quatre années plus tard, les conflits entre les parents avaient continuellement des répercussions négatives majeures sur le degré d’anxiété et de dépression chez les enfants, ce qui laisse supposer que ces conflits ont des effets de longue durée sur le bien-être des enfants. Les enfants dont les parents vivaient des conflits plus aigus en 1988 mais avaient divorcé ou s’étaient séparés en 1992 affichaient un degré d’anxiété et de dépression moindre que ceux dont les parents avaient fait part d’un degré de conflit semblable en 1992 mais étaient demeurés ensemble.

3.2  ÉTUDES SUR LES CONFLITS ENTRE PARENTS SÉPARÉS OU DIVORCÉS

Dans une étude menée auprès de 42 mères séparées à faible revenu et de leurs enfants d’âge scolaire, Shaw et Emery (1987) ont conclu à un lien entre le niveau d’acrimonie entre les parents et les problèmes de comportement des enfants. Ce niveau a été mesuré au moyen d’une « échelle d’acrimonie » comportant 25 sources de conflits éventuels entre des parents séparés ou divorcés, notamment les visites, la garde et le niveau général d’animosité. Les auteurs ont constaté un lien significatif entre l’acrimonie des parents et la capacité cognitive de leurs enfants.

Nelson (1989), qui a utilisé un échantillon de 121 familles divorcées, a cherché à savoir si le type de garde pouvait laisser entrevoir le degré d’hostilité, de conflit et de communication entre les parents deux ou trois ans après le conflit. L’idée était de tester l’hypothèse avancée par les tenants de la garde partagée, à savoir que celle-ci permet de croire que, deux ou trois ans après la séparation, les communications entre les parents seront plus fréquentes et le degré d’hostilité sera moins élevé. Conclusion : la garde partagée favorise les contacts avec les enfants et donc la communication entre les parents, mais elle donne aussi lieu à un degré plus élevé d’hostilité et de conflit dans les rapports entre les parents.

Mathis (1998) a cherché à savoir pourquoi certaines familles répondaient mal aux efforts de médiation et il a conclu que le taux d’échec était d’environ 75 p. 100 supérieur dans les situations où l’un des parents, ou les deux, restait « indifférencié » par rapport à l’autre, continuant à penser en termes de « nous » plutôt que de « toi et moi ». Autrement dit, souvent ces parents ne parvenaient pas à accepter la dissolution du mariage et voulaient maintenir des liens actifs avec l’autre parent. Souvent, le parent qui était parvenu à se différencier davantage, c’est-à-dire celui qui avait repris une existence autonome après le divorce, n’appréciait pas les intrusions de l’autre et devenait moins coopératif et plus hostile.

Madden-Derdich, Leonard et Christopher (1999) ont conçu une étude pour savoir si les niveaux élevés de conflit pouvaient être attribués, pour les couples qui divorcent, à la difficulté de renoncer au rôle conjugal et en même temps de trouver des moyens efficaces d’exercer ensemble leurs responsabilités parentales. En fait, l’incapacité à fixer les limites de la relation de manière à indiquer clairement que l’ancien partenaire est un co-parent et non pas un conjoint est une source majeure de conflit après le divorce. Les auteurs ont utilisé un échantillon aléatoire de 180 couples divorcés depuis peu. Parmi les mères et les pères, ceux qui avaient indiqué que les limites de leur relation avec leur ancien conjoint étaient plus ambiguës avaient aussi connu un degré de conflit plus aigu. Cependant, les opinions des mères et des pères différaient quant aux indicateurs de l’ambiguïté des limites après le divorce. Pour les mères, le degré d’intensité émotionnelle envers l’ex-conjoint (c.-à-d. l’amour ou la haine) ainsi que les variables relatives au pouvoir et au contrôle (p. ex., les contraintes financières) étaient des indicateurs de l’ambiguïté des limites. Pour les pères, cependant, seul le degré d’intensité émotionnelle envers l’ex-conjointe était un indicateur.

Johnston, Kline et Tschann (1989) ont examiné les degrés relatifs de communication et de conflit entre parents engagés dans une poursuite et incapables de parvenir à un règlement dans des délais allant de un à quatre ans après le litige. Ils ont utilisé un échantillon de 100 enfants. L’échelle de conflit Strauss, comportant 18 points liés au comportement, mesurait le degré de conflit entre les parents. L’échelle de l’agression verbale incluait les insultes, les jurons, les bouderies, le piétinement, les actes visant à contrarier l’autre et les menaces de coups. L’échelle de l’agression physique incluait lancer ou casser des objets, pousser, donner des claques, des coups de pied, frapper et menacer d’utiliser un couteau ou un fusil. Au moment du suivi, 35 des enfants vivaient en régime de garde partagée et 65 sous celui de la garde dite traditionnelle. Rien ne prouve qu’ils s’adaptaient mieux dans l’un ou l’autre régime, mais il y a un lien marqué entre la garde partagée et les contacts plus fréquents. Les auteurs ont régulièrement obtenu la preuve que les enfants qui avaient des contacts plus fréquents étaient plus perturbés sur le plan émotif et plus susceptibles de présenter des troubles de comportement. Les enfants qui passaient plus de journées avec l’un et l’autre de leurs parents chaque mois étaient, d’après ceux-ci, beaucoup plus déprimés, renfermés, taciturnes et agressifs. Les enfants plus âgés se mêlaient davantage aux querelles des parents. Cela cadre avec les analyses antérieures selon lesquelles plus les enfants acquièrent la capacité de réfléchir par eux-mêmes et perçoivent les points de vue opposés de leurs parents qui se disputent, plus ils deviennent vulnérables à des conflits aigus de loyauté.

En revanche, Bender (1994 : 127) affirmait que, même si les parents vivent de graves conflits, la garde partagée est souhaitable :

La recherche a montré que la relation de l’enfant avec chacun de ses parents a beaucoup plus d’importance que la qualité de la relation entre les parents lorsqu’on tente de faire des prévisions sur une bonne adaptation. Par conséquent, même si les parents « se font la guerre », si chacun maintient sa relation avec l’enfant, on peut supposer que celui-ci s’adaptera bien à la situation. [Traduction]

Bender (1994) estimait que les ententes détaillées sur la garde partagée, qui ne donnent guère de choses à négocier, ont en réalité tendance à réduire le stress et que les deux parents sont probablement plus disposés à collaborer si les ententes détaillées sont écrites. Il a donc souligné l’importance d’ententes détaillées sur la garde partagée dans les situations très conflictuelles.

Ayoub, Deutsch et Maraganore (1999) ont examiné les facteurs qui contribuent aux troubles émotifs des enfants dans les cas de divorce très conflictuel, selon la perspective d’un tuteur d’instance (TI). Des données d’échantillons concernant 105 enfants ont été recueillies auprès de TI, qui sont souvent désignées dans les cas très conflictuels. Les critères suivants correspondaient à de tels cas : antécédents de violence familiale chronique ou de violence physique entre les parents; recours à la police ou à des services de protection lors de disputes; visites à l’hôpital pour des blessures dues à la violence, meurtre, menaces de suicide, dénigrement généralisé d’un parent par l’autre; incapacité de discuter des enfants et de leur bien-être. Les critères suivants correspondaient aux cas de conflit moyen entre parents : manque de respect général, insultes proférées devant les enfants, hostilité des parents l’un envers l’autre, mais moins délibérée (moins préméditée et moins sadique) ou moins fréquente que dans le cas des parents qui vivent une situation très conflictuelle. L’étude a révélé que les enfants de familles où le degré de conflit dans le couple est élevé sont plus susceptibles d’afficher des troubles émotifs marqués. Dans les situations de conflit parental profond, le risque de maltraitance des enfants n’augmente pas sensiblement à lui seul leurs troubles émotifs. Par contre, si ce facteur est combiné à la violence familiale, les autres formes de maltraitance des enfants font augmenter considérablement les symptômes de troubles émotifs chez l’enfant.

Schmidtgall, King, Zarski et Cooper (2000) ont cherché à voir, notamment, s’il existait un rapport entre le conflit parental et les cas de dépression chez les femmes exposées à de tels conflits. L’échantillon comprenait 52 étudiantes du premier cycle d’une université du Midwest américain. Les résultats ont fait ressortir un lien entre les conflits vécus dans une famille qui divorce et les symptômes de dépression observés chez certaines femmes à l’âge adulte. Ces symptômes augmentaient avec le nombre de cas de conflit. L’étude a cependant révélé que d’autres facteurs contribuaient aux symptômes de dépression observés chez les femmes.

Johnston, Campbell et Tall (1985) ont utilisé des données sur 80 familles en instance de divorce et sur leurs 100 enfants pour établir la typologie des facteurs qui peuvent créer une impasse dans les cas de divorce. Au niveau externe, on note les alliances et coalitions indues — le différend peut être accentué par l’intervention d’amis, de proches et de professionnels aidants. Ces alliances et coalitions indues incluent : l’intervention excessive des proches et les guerres de clans quand la famille élargie (notamment les parents du conjoint) se charge de redresser les torts de la séparation; les coalitions avec des professionnels aidants, là où une alliance avec les thérapeutes et les conseillers envenime le conflit; et l’intervention dans le processus judiciaire quand, par exemple, des avocats aux vues opposées se chargent du dossier et s’engagent dans une lutte tactique l’un contre l’autre. Les éléments interactionnels incluent : les séquelles d’une relation conjugale destructive où chaque conjoint, durant la période de vie commune, en vient à voir l’autre dans un contexte limité et négatif et les séparations traumatisantes ou ambivalentes où les ex-conjoints se considèrent mutuellement d’une façon négative polarisée ou semblent entretenir une image idéalisée de l’autre et cherchent indéfiniment des façons de recoller leurs rêves brisés. Les éléments intrapsychiques incluent : le conflit comme mécanisme de défense contre une blessure narcissique, où le motif central du conflit est le désir de récupérer une estime de soi blessée ou un narcissisme primitif maladif; le conflit comme mécanisme de défense contre le sentiment de perte, pour combler le vide dû au fait d’avoir renoncé l’un à l’autre; le conflit pour éviter le sentiment d’impuissance dû à l’abandon par l’autre conjoint; et le conflit comme défense contre la culpabilité ressentie par les parents s’ils pensent qu’ils auraient pu s’efforcer davantage de sauver leur mariage. La plupart des parents qui ont participé à cette étude présentaient des signes de pathologie caractérielle et certains affichaient nettement des troubles de la personnalité. En pareils cas, le conflit tient plus aux traits de personnalité acquis depuis longtemps, comme le désir de lutter, qu’à l’expérience de la séparation ou aux besoins de l’enfant. Les enfants de ces familles avaient pris une importance démesurée parce que leurs parents en tiraient un soutien émotionnel et une présence énormes.

Whiteside (1996) a étudié la documentation sur la garde des enfants de cinq ans et moins. Il a fait remarquer que bon nombre de couples en instance de divorce sont aux prises avec des désaccords, des tensions et de l’hostilité, surtout les deux premières années après la séparation. Pourtant, c’est l’interaction au sein des familles divorcées continuellement en situation de conflit grave qui cause le plus d’inquiétude. Ces interactions se caractérisent par de fréquentes disputes qui ne règlent pas les problèmes, le blâme, les attaques physiques, le dénigrement et le sabotage de la relation de l’autre parent avec l’enfant, les limites floues, un faible niveau d’estime parentale et la négligence ou la rigidité et l’usage excessif de l’autorité dans l’éducation des enfants. Whiteside affirmait qu’idéalement les études devraient intégrer les multiples dimensions d’un conflit, mais que bon nombre d’entre elles s’attachaient seulement à l’un de ses aspects. Il a analysé diverses études sur la fréquence des conflits, leur motif, le degré d’exposition des enfants aux conflits, les modes d’expression des conflits et les habitudes de règlement des différends. Certaines auteurs ont constaté qu’une plus forte incidence des conflits caractérisait l’exercice des responsabilités parentales après le divorce à l’égard des enfants plus jeunes, au lieu de plus âgés, même s’il est difficile d’évaluer la force de cette association, vu le faible nombre d’études sur la question. Le degré d’hostilité émotionnelle qui caractérise les désaccords est plus important que la fréquence des désaccords. En général, les chercheurs ont constaté que les parents qui s’engagent dans des attaques verbales ou qui recourent à la violence physique contre leur ex-conjoint risquent de devoir faire face à une plus grande incidence de mésadaptation des enfants. Whiteside a aussi analysé la documentation sous l’angle de l’impact des conflits parentaux sur les enfants. Dans l’une des études de la documentation sous cet angle chez les couples mariés, il a conclu que les enfants exposés à des conflits fréquents et intenses subissent un niveau de stress chronique et peuvent se sentir incapables d’infléchir positivement le cours des événements. Les conflits dans le couple semblent être associés à un certain état émotionnel négatif des parents, comme la dépression et l’anxiété. Ces états émotionnels peuvent limiter la capacité du père et de la mère à soutenir leurs enfants et à être attentifs à leurs besoins. L’auteur a dit espérer que les recherches futures apportent des éclaircissements sur les rapports complexes entre les conflits parentaux, les niveaux d’adaptation psychologique individuelle des parents, la compétence en matière de responsabilités parentales et l’adaptation psycho-sociale des enfants.

Bref, d’après la documentation, les conflits entre parents sont une source majeure de dommage pour les enfants, peu importe s’ils vivent dans une famille intacte ou si leurs parents sont séparés ou divorcés. Les enfants de parents séparés ou divorcés qui vivent un degré élevé de conflit ont plus de problèmes de comportement que ceux de familles divorcées où le degré de conflit est faible ou modéré. Cependant, de graves questions demeurent. Quelle est la cause du degré élevé de conflit entre conjoints? Comment peut-on différencier les familles à degré élevé de conflit de celles à faible niveau de conflit? Dans le chapitre qui suit, nous tenterons de répondre à ces questions.

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