L'intérêt de l'enfant d'abord : Consultations fédérales-provinciales-territoriales sur les droits de garde et de visite et les pensions alimentaires pour enfants au Canada

INTRODUCTION

Lectures complémentaires

  • Statistiques choisies sur les familles canadiennes et le droit de la famille, Équipe des pensions alimentaires pour enfants (Ministère de la Justice Canada)
  • Garde des enfants, droit de visite et pension alimentaire : Résultats tirés de l'enquête longitudinale nationale sur les enfants et les jeunes (Nicole Marcil-Gratton et Céline Le Bourdais)
  • Survey on Arrangements Dealing with Custody and Access (Canadian Facts)
  • À venir

Les enfants sont importants pour l'avenir de notre pays. Voilà pourquoi les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux du Canada veulent aider les parents, les avocats et les juges à se soucier de l'intérêt supérieur de l'enfant lorsqu'ils prennent des décisions lors d'une séparation et d'un divorce.

Même si la plupart des couples qui se séparent et divorcent parviennent à mettre fin à leurs relations et à prendre des dispositions concernant le soin de leurs enfants sans s'adresser aux tribunaux, le divorce peut être difficile et douloureux pour les enfants.

Dans ce document sont abordés deux aspects importants liés à la séparation et au divorce et qui affectent les enfants. Le premier est le rôle des parents après une séparation ou un divorce et le second, les pensions alimentaires pour enfants. On y explique ces thèmes et on pose des questions sur les moyens par lesquels les gouvernements pourraient améliorer les lois et les services dans ces domaines afin que l'intérêt supérieur de l'enfant ait préséance lorsque des décisions sont prises au moment d'une séparation ou d'un divorce.

Le système du droit de la famille au Canada

Au Canada, les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont adopté des lois qui portent sur divers aspects du droit de la famille, notamment sur la séparation et le divorce.

Les gouvernements fédéral et provinciaux ont chacun des compétences constitutionnelles en matière de droit de la famille; les territoires, quant à eux, exercent certaines responsabilités en vertu de leur loi constitutive. La Loi sur le divorce s'applique généralement quand les parents divorcent pour régler accessoirement la détermination de la garde, du droit de visite des enfants et des pensions alimentaires. Les lois provinciales et territoriales s'appliquent lorsque des parents non mariés se séparent ou que des parents mariés se séparent et ne demandent pas le divorce, ainsi que dans certains cas de divorce. C'est dans ces lois provinciales et territoriales qu'on retrouve les dispositions concernant les relations parents-enfants (autorité parentale, tutelle, etc.). Les provinces ont aussi une compétence constitutionnelle en matière d'administration de la justice ; les territoires ont des pouvoirs délégués. Les provinces et les territoires ont la responsabilité d'établir les règles de la procédure civile et l'administration des services judiciaires sur leur territoire.

Actuellement, les lois fédérales, et celles des provinces et territoires de common law, utilisent les mêmes termes pour définir la garde et le droit de visite des enfants et appliquent les mêmes grands principes juridiques pour statuer sur les conflits en la matière. La situation est différente au Québec compte tenu, en particulier, des règles énoncées au Code civil du Québec. Au Québec, le Code civil, fidèle à la tradition civiliste, fait appel au concept d'autorité parentale pour définir les droits et les obligations des parents à l'égard de leurs enfants. Le Code consacre le principe de l'exercice conjoint de l'autorité parentale par les père et mère en cas de rupture du couple, lors d'une séparation ou d'un divorce. Les administrations fédérale, provinciales et territoriales ont intérêt à se concerter pour modifier le droit de la famille afin d'assurer l'harmonie législative et éviter de créer de la confusion et de l'incertitude pour les parents et les tribunaux.

Les décisions prises par les parents concernant les conséquences de la rupture à l'égard des enfants et la répartition des rôles parentaux sont énoncées dans une entente écrite de séparation ou une ordonnance du tribunal. La plupart du temps, les parents peuvent établir ces modalités eux-mêmes ou négocier une entente avec l'aide d'autres intervenants, par exemple un avocat ou un médiateur. Cette entente peut ensuite devenir une entente de séparation écrite ou être incorporée à une ordonnance du tribunal. Si les parents ne peuvent s'entendre, ils peuvent s'adresser au tribunal et laisser un juge décider à leur place.

Les réponses aux questions posées dans ce document pourront guider les gouvernements dans leurs décisions d'envisager des modifications possibles aux lois fédérale, provinciales et territoriales. Mais, sachant qu'il ne suffit pas de modifier les lois pour résoudre tous les problèmes auxquels sont confrontés les parents lors de la rupture, on demande également aux lecteurs, dans ce document, leur opinion sur les services susceptibles d'aider les parents et les enfants.

Services en droit de la famille

La plupart des gens ne connaissent pas les processus juridiques ni les questions à régler lorsqu'un couple se sépare ou divorce. Le fait de s'adresser à un tribunal pour résoudre des conflits au sujet d'une séparation ou d'un divorce, notamment les questions qui concernent les enfants, peut être très difficile pour les parents et les enfants. Les procédures peuvent être fastidieuses, coûteuses et porter à confusion.

Dans l'ensemble du pays, les provinces et les territoires offrent toute une gamme de services aux parents en situation de séparation ou de divorce, afin de faciliter l'utilisation du système du droit de la famille et de mieux le faire comprendre. Les services sont suffisamment généraux et souples pour aider les parents dans toutes sortes de situations. Les services dont les parents peuvent se prévaloir pendant et après l'instance judiciaire sont très divers, allant de simples renseignements sur le droit de la famille à une aide spécialisée aux familles qui ont des besoins particuliers, comme par exemple, un besoin d'intervenants extérieurs pour assurer la sécurité de leurs membres pendant le processus de séparation. Si vous voulez trouver une liste récente des services en matière de droit de la famille partout au pays, veuillez consulter le Répertoire des services gouvernementaux qui appuient la prise de décisions sur la garde et les droits de visite et leur exécution.

De nombreuses familles qui vivent une séparation ou un divorce ont recours à des services qui peuvent les aider à résoudre leurs différends au tout début, rapidement et en limitant les conflits. Voici quelques exemples :

Information :
programmes qui enseignent aux parents à promouvoir l'intérêt supérieur de leurs enfants par la coopération et la consultation lorsque cette solution est sûre et fructueuse. Ces programmes visent à aider les parents à comprendre les exigences et les défis du rôle parental après la séparation et le divorce, à présenter de nouvelles façons de communiquer, à résoudre les conflits et à trouver des solutions de rechange au processus judiciaire officiel.
Médiation :
un médiateur impartial qui a reçu une formation professionnelle peut aider les parents dont la position de négociation est relativement analogue à parvenir à une entente mutuellement satisfaisante sur les questions qui touchent la famille. Les parents qui passent par la médiation ont tout de même besoin des conseils d'un avocat.
Gestion des cas :
ces programmes favorisent le règlement rapide des conflits et réduisent les retards et les dépenses inutiles en demandant au juge et à d'autres de gérer activement le processus. Ces programmes aident également les parents à se concentrer sur les questions qui sont réellement au coeur du conflit tout en les encourageant à en venir à un accord sur d'autres questions. Cela peut supposer des rencontres préliminaires au procès entre le juge et les parties ou leurs avocats.

Dans le présent document de consultation, nous posons des questions sur les services offerts en matière familiale afin que les gouvernements puissent avoir une meilleure idée des services les plus utiles aux personnes qui se séparent ou qui divorcent, pour faire face aux questions de garde, de droit de visite et de pensions alimentaires pour enfants. Les réponses que vous fournirez aux questions contenues dans le présent document fourniront aux gouvernements des renseignements précieux sur les services qui seraient les plus utiles aux familles qui doivent régler des questions de droits de garde et de visite.

Coopération intergouvernementale

Le Comité sur le droit de la famille est un comité de longue date formé de fonctionnaires gouvernementaux qui connaissent bien le droit de la famille et qui représentent les provinces, les territoires et le gouvernement fédéral. Il est présidé conjointement par un représentant du fédéral et un représentant des provinces et relève des sous-ministres fédéral, provinciaux et territoriaux responsables de la Justice. Au besoin, les sous-ministres et ministres responsables de la Justice au Canada discutent de ses travaux et les approuvent.

Le Comité sur le droit de la famille a amorcé un examen des lois et des services disponibles afin de trouver un moyen d'aider les familles à établir les meilleures ententes possibles pour les enfants après la séparation ou le divorce des parents. Il a adopté une approche intégrée et axée sur les enfants. Dans le cadre de son projet sur la garde et le droit de visite, le Comité sur le droit de la famille coordonne les travaux de recherche, d'analyse et d'élaboration de politiques et de programmes menés par les conseillers en politiques et les fournisseurs de services fédéraux, provinciaux et territoriaux. En outre, dans le cadre du projet, on examinera les recommandations du Comité mixte spécial sur la garde et le droit de visite des enfants : (Vous pouvez consulter le rapport du Comité Pour l'amour des enfants sur le site Web du Parlement fédéral. Le projet doit être terminé au printemps 2002.

Principes directeurs

Des représentants des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont préparé les principes directeurs suivants pour guider la réforme entreprise concernant les droits de garde et de visite et les pensions alimentaires pour enfants.

  • faire en sorte que les besoins et le bien-être des enfants prédominent;
  • favoriser une approche qui reconnaît qu'il n'existe pas de modèle idéal du rôle parental qui convient à tous les enfants. Cette approche doit tenir compte de la façon dont les enfants et les jeunes vivent la séparation et le divorce à diverses étapes de leur développement;
  • soutenir des mesures qui protègent les enfants de la violence, des conflits, des mauvais traitements et des difficultés économiques;
  • reconnaître que les enfants et les jeunes bénéficient de l'établissement et du maintien de relations significatives avec leurs deux parents, lorsqu'ils peuvent le faire sans danger et de façon positive;
  • reconnaître que les enfants et les jeunes bénéficient de l'établissement et du maintien de relations significatives avec leurs grands-parents et les autres membres de la famille élargie, lorsqu'ils peuvent le faire sans danger et de façon positive;
  • reconnaître l'apport de la culture et de la religion dans la vie des enfants;
  • favoriser les mécanismes de règlement des conflits de nature non accusatoire et retenir le débat contradictoire devant le tribunal comme mécanisme de dernier recours;
  • clarifier les dispositions législatives en ce qui concerne les responsabilités relatives aux soins à apporter aux enfants;
  • reconnaître le chevauchement de compétences en matière de garde et de droit de visite des enfants au Canada et consentir des efforts pour assurer une législation et des services coordonnés et complémentaires.

Les gouvernements évalueront toutes les suggestions de changement découlant de ces consultations en fonction de leur conformité à ces principes. Toutefois, compte tenu de la complexité de ces questions, il se peut que certains changements répondent mieux que d'autres à certains principes. Les gouvernements ont accepté de travailler en collaboration afin de contrer les conséquences néfastes des divorces et des séparations. Toute réforme législative sera coordonnée avec les lois de l'ensemble des provinces et territoires et devra respecter le Code civil du Québec (C.c.Q).

À propos des consultations actuelles

Nous encourageons les particuliers et les groupes à lire le présent document et à répondre aux questions. On peut également le consulter, ainsi que le cahier de réponses, sur l'Internet (adresse à la page 6).

Nous mènerons des consultations auprès de divers groupes dans l'ensemble du pays sur des points précis et sur certaines des questions soulevées au présent document.

Quelques provinces et territoires tiendront des consultations sur d'autres thèmes qui présentent un intérêt particulier pour leur juridiction.

Ces consultations font partie du processus d'évaluation entrepris par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux pour améliorer le système du droit de la famille au Canada. Par la même occasion, les responsables gouvernementaux cherchent à savoir dans quelle mesure les nouvelles Lignes directrices sur les pensions alimentaires pour enfants ont aidé les parents, les avocats, les juges et d'autres à prendre des décisions concernant les pensions alimentaires pour enfants. Les recherches menées récemment pour les gouvernements sont une source de renseignements importants au sujet de bon nombre des questions abordées dans ce document. Ces recherches ont servi à élaborer certaines des options présentées. Dans chaque section, vous verrez une liste des rapports de recherche effectués sur la question traitée. On peut obtenir des copies des documents de recherche en téléphonant au 1( 888) 373-2222. Vous trouverez une liste complète des documents de recherche et d'information dans les annexes à la fin du présent document.

À propos du présent document

Le présent document comporte deux parties, la première sur le rôle des parents après la séparation ou le divorce, et la seconde sur les pensions alimentaires pour enfants. Chacune se subdivise en plusieurs sections portant sur des thèmes spécifiques.

Chaque section offre une mise en contexte et comporte des questions auxquelles vous êtes invités à répondre dans votre cahier de réponses.

Comment faire connaître vos opinions ?

Veuillez utiliser le cahier de réponses qui accompagne le présent document pour nous faire part de vos observations. Il serait bon de consulter le cahier de réponses en lisant le présent document. Les pages du cahier de réponses correspondent au page du présent document.

Vous pouvez obtenir d'autres exemplaires du cahier de réponses et du présent document en composant le 1( 888) 373- 2222. Vous trouverez aussi ces deux documents à l'adresse Internet .

Après avoir rempli le cahier de réponses, veuillez le retourner dans l'enveloppe préaffranchie jointe au cahier.

Même si vos opinions sur les questions de droits de garde et de visite et de pensions alimentaires pour enfants sont les bienvenues en tout temps, nous vous demandons de nous faire parvenir votre cahier de réponses avant le 15 juin 2001.

Pourquoi avons-nous besoin de vos opinions?

Vos observations serviront à éclairer le Comité du droit de la famille dans ses débats sur le projet sur la garde et le droit de visite des enfants et feront partie des documents de fond du rapport que la ministre fédérale de la Justice déposera au Parlement en 2002.

Renseignements

Si vous voulez en savoir davantage sur le présent document et sur les consultations ou pour obtenir des exemplaires des documents de recherche, composer le 1 (888) 373-2222. Le ministère de la Justice Canada a aussi mis sur son site Web.Vous pouvez aussi obtenir plus de renseignements sur le site Web ou par la ligne d'information de votre gouvernement provincial ou territorial.

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