Mes parents se séparent ou divorcent : Qu'est-ce que ça veut dire pour moi ?

Chapitre cinq : Que se passe-t-il s'il y a de la violence ?

La famille d'Antoine trouve un refuge

Antoine, 12 ans, a toujours pris soin de ses deux petites sœurs. Il est très fier d'être l'aîné. Lorsque ses sœurs vont bien, il se sent bien lui aussi.

Un soir, quand son père est rentré à la maison, Antoine a remarqué qu'il avait bu. Sa mère a fait sortir Antoine et ses sœurs de la maison, en leur proposant d'aller jouer chez le voisin. En sortant, Antoine entendait son père crier. Julie, la plus jeune, s'est mise à pleurer et Zoé à sangloter.

Après une heure, Antoine est rentré à la maison avec ses sœurs. Il les a mises au lit et il est resté avec elles jusqu'à ce qu'elles s'endorment. Puis la dispute s'est aggravée; Antoine s'inquiétait beaucoup, sa mère semblait être en danger. Il est donc sorti sans se faire remarquer et s'est rendu chez le voisin, d'où il a appelé le 911. Quand les policiers sont arrivés, son père était parti. Ils ont emmené Antoine, ses sœurs et leur mère dans un endroit où ils seraient en sécurité jusqu'à ce que la mère décide ce qu'elle allait faire. Antoine sait que les choses vont peut-être être difficiles pendant un certain temps, mais il est soulagé de ne plus avoir à s'inquiéter pour la sécurité de sa mère.

Malheureusement, Antoine n'est pas le seul enfant à vivre la violence chez lui — coups, cris, coups de poing et d'autres incidents malheureux encore.

La violence est inacceptable !

Qu'est-ce que cela veut dire ? Certaines formes de violence, comme le fait de frapper quelqu'un, ou de menacer de lui faire du mal ou de le tuer, sont contraires à la loi. La plupart des formes de violence physique sont considérées comme des « voies de fait », ce qui est un crime au Canada.

La violence sexuelle est également contraire à la loi. Même si ça se produit entre des personnes mariées — c'est un crime. On parle de violence sexuelle envers les enfants quand un adulte, un adolescent ou un enfant plus vieux se sert d'un jeune à des fins sexuelles. Si un membre de ta famille ou un ami de la famille te fait du mal ou te fait des attouchements sexuels, parles-en à un adulte en qui tu as confiance.

Tu dois te faire aider. Tu as le droit d'être en sécurité. Tu as le droit de vouloir te faire aider.

Demande à quelqu'un de t'aider — un enseignant, un voisin, un membre de ta famille (un grand-parent, une tante ou un oncle). Si des policiers se présentent chez toi, essaie de leur en parler.

Les policiers veilleront à ce que personne ne soit blessé. Ils pourraient séparer tes parents le temps que l'auteur de la violence se calme.

Si quelqu'un est blessé, les policiers porteront probablement des accusations contre le parent qui a été violent ou abusif. Celui-ci devra comparaître au tribunal pénal.

Si le juge déclare le parent coupable, il peut l'envoyer en prison ou dans un endroit où on l'aidera à changer son comportement.

Il peut être difficile de savoir quoi faire quand on a des sentiments contradictoires — comme quand tu as peur de quelqu'un et que tu n'aimes pas ce qu'il fait, mais que tu l'aimes quand même. Essaie de parler de ce que tu ressens à quelqu'un qui peut t'aider à démêler et à comprendre tes émotions.

Les enfants sont parfois blessés par leurs parents ou par les gens que leurs parents fréquentent. Les adultes font parfois de mauvais choix. Ce n'est pas de ta faute. C'est leur problème. Mais si des actes de violence sont commis dans une famille, toute la famille est touchée. La violence est inacceptable. La violence physique et sexuelle est contraire à la loi.

Comment la loi peut-elle aider ?

Un de tes parents peut obtenir une ordonnance ou un engagement de ne pas troubler la paix pour empêcher l'autre parent de s'approcher de ta famille s'il a été violent. Cela veut dire que le parent qui a été violent pourrait être obligé de se tenir loin de la maison, de ton école ou du lieu de travail de ton autre parent. Ces ordonnances sont des documents juridiques qui sont mis en place pour vous protéger, toi et ta famille.

Si le parent qui a été violent ne respecte pas l'ordonnance ou l'engagement de ne pas troubler la paix et qu'il tente d'entrer chez toi ou d'aller là où il n'a pas le droit d'aller, les policiers peuvent l'arrêter.

Ton école et le service de garde peuvent être hors de portée également. Ceux qui y travaillent seront mis au courant de l'existence des ordonnances ou des engagements de ne pas troubler la paix. Si cela peut te rassurer, tu peux leur demander s'ils sont au courant que de telles ordonnances existent.

L'objectif est de vous protéger, toi et ta famille. On veillera à prendre soin de toi et à trouver quelqu'un qui pourra t'aider. Ces moments sont difficiles pour tous.

Est-ce que tu peux quand même voir un parent qui a été violent ?

Il semble que les enfants réussissent mieux s'ils peuvent voir leurs deux parents régulièrement, dans un lieu sûr. Si on t'a permis de voir un de tes parents toutes les semaines, tu vas probablement pouvoir continuer de le voir. Mais si ce parent a été accusé, il faudra prendre le temps de penser à la meilleure façon de permettre l'accès (le temps que tu passeras avec ce parent).

Si le juge décide que ce n'est pas sécuritaire pour toi de voir ce parent, il pourrait interdire l'accès pendant un certain temps. Il s'agit de te protéger.

Est-ce que tu seras obligé de voir un parent dont tu as peur ?

Si l'un de tes parents a commis des actes violents et que tu en as peur, quelqu'un pourra peut-être t'accompagner durant la visite, qu'on appelle « visite supervisée ». Si tu ne peux pas te faire à l'idée de voir ce parent, parles-en à un conseiller ou à un travailleur social qui s'occupe de ces visites. Dis-lui comment tu te sens.

On peut organiser les visites pour qu'elles aient lieu ailleurs que chez toi, dans un centre de visites supervisées par exemple, s'il y en a un dans ta province ou dans ta collectivité. Ces centres sont sans danger; un employé reste avec toi pendant toute la visite. Tes parents ne se verront pas. Les règles sont strictes et chaque parent doit les accepter. Le parent que tu rencontreras lors de cette visite supervisée doit arriver avant toi et ton autre parent, et il ne peut pas quitter le centre avant que tu sois parti et en sécurité.

Si tu dois aller voir le juge

Si tu es victime ou témoin de violence, tu devras peut-être aller voir un juge pour lui expliquer ce qui s'est produit. Si c'est le cas, tu iras probablement au palais de justice quelques jours avant ton témoignage. Un employé t'expliquera ce qui va se passer quand tu vas parler au juge, et t'apportera son aide.

Rappelle-toi…

  • Si toi ou quelqu'un de ta famille êtes en danger ou que vous avez besoin d'aide immédiate, compose le 911. Tu peux aussi appeler le numéro d'urgence local qui se trouve habituellement au début de l'annuaire téléphonique.
  • Tu peux demander à quelqu'un d'appeler le 911 pour toi.
  • Dès que tu en as l'occasion, écris ce qui s'est passé ou bien dessine-le. Parle aussi ouvertement que possible de ce qui vient de se produire.
  • Demande de l'aide. Tu n'es pas seul.

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Jappons !

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