Justice en langues officielles - Le bulletin
(No02 | Juillet 2011)

Le Centre canadien de français juridique : pour mieux servir le justiciable francophone

Le Centre canadien de français juridique (CCFJ) a été créé en janvier 2010 dans le but de répondre à la demande et aux besoins de formation en terminologie juridique française établis par l’Analyse pancanadienne des besoins de formation en langues officielles dans le domaine de la justice.

Le directeur général du CCFJ, Rénald Rémillard, a accordé un entretien au Bulletin.

Q - Que faites-vous exactement ?

R - Pour le moment, les clientèles ciblées par nos activités sont les procureurs de la Couronne, les greffiers, les agents de probation et les juges de nomination provinciale. Il n’est pas inconcevable de penser que le CCFJ puisse développer, au fil des ans, des formations spécifiques pour d’autres intervenants clés de l’appareil judiciaire.

Q - Comment fonctionnez-vous ?

R - Actuellement, notre programme le plus important est le « Programme pancanadien de perfectionnement en français juridique ». Ce programme offre des activités de formation d’une journée dans douze régions canadiennes ainsi que des séances intensives régionales et nationales de cinq journées consécutives. Nous offrons aussi des activités de formation sur mesure en fonction des besoins spécifiques manifestés par certaines catégories de professionnels du domaine de la justice.

À titre d’exemple, pour la période de septembre à décembre 2010, le CCFJ a offert des séances de formation d’une journée portant sur la conduite avec facultés affaiblies à 105 participants à Calgary, Edmonton, Halifax, Iqaluit, Moncton, Regina, LSt. John’s, Saskatoon, Vancouver, Whitehorse, Winnipeg et Yellowknife. À l’hiver 2012, une nouvelle série de formations d’une journée sur un autre thème aura lieu dans ces mêmes villes.

Pour la période de janvier à mars 2011, nous avons offert deux séances de formation intensives de cinq jours portant sur la déclaration de témoin devant un tribunal à Vancouver et à Halifax. Le programme comprenait des procès simulés, des ateliers sur l’évaluation de la crédibilité des témoins par le tribunal, des activités ludiques utilisant la terminologie juridique, de même que des présentations par des experts en projectiles, en psychiatrie, en stupéfiants, en scènes de crime, etc.

Q - Qui sont vos formateurs ?

R - Il importe de souligner que le programme a d’abord et avant tout été développé par Donald Legal et Sylvie Léger, deux juristes qui travaillent depuis une dizaine d’années dans le domaine de la formation et qui possèdent une solide expérience et une expertise en matière de perfectionnement en français juridique. Ils assument la responsabilité de la conception, de l’élaboration et de la présentation du contenu du programme. Ils forment aussi tous les formateurs qui offrent les séances de formation.

  • Photo de Rénald Rémillard
    Rénald Rémillard
  • Photo de Donald Legal
    Donald Legal
  • Photo de Sylvie Léger
    Sylvie Léger
Tous nos formateurs possèdent trois qualités essentielles : une excellente connaissance de la langue française; une grande facilité d’expression en français; et une excellente connaissance du milieu professionnel de notre clientèle cible. L’équipe des formateurs est actuellement composée d’une douzaine de personnes provenant de partout au Canada, parmi lesquelles on trouve des procureurs de la Couronne, des greffiers et des agents de probation. Les connaissances professionnelles de nos formateurs enrichissent l’expérience des participants en plus de rendre les séances de formation plus pertinentes et utiles.

Q - Est-ce que les apprenants doivent déjà être parfaitement bilingues pour participer aux séances de formation du CCFJ ?

R - Notre programme n’en est pas un de « français langue seconde ». Pour pouvoir y participer, on doit déjà pouvoir s’exprimer en français. Il n’est pas nécessaire de posséder une maîtrise parfaite du français, mais le participant doit pouvoir exprimer clairement sa pensée et être compris par son interlocuteur tant à oral qu’à l’écrit. Pour le moment, les personnes désirant participer à notre programme doivent subir une évaluation informelle de leurs capacités linguistiques, laquelle peut se faire par voie téléphonique. Dans les cas où la capacité linguistique n’est pas suffisante pour suivre le programme, nous suggérons que la personne suive un ou plusieurs cours d’apprentissage du français. Plusieurs institutions, collèges, universités et écoles offrent de tels cours partout au Canada. Par exemple, à Winnipeg, le Collège universitaire Saint-Boniface offre l’apprentissage de base en français.

Q - Quels sont les outils et les méthodes pédagogiques utilisés ?

R - Nous adaptons nos outils et nos méthodes en fonction des besoins de notre clientèle. En plus des activités de formation en classe, nous développons actuellement des projets à l’aide de nouvelles technologies de cyberpédagogie afin d’élaborer des formations en ligne. Grâce à un nouvel appui financier du Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles, nous travaillons activement à intégrer les technologies de l’information à l’offre de formation actuelle et à développer des outils qui pourront être utilisés dans le cadre de la formation continue, et ce, indépendamment des séances formelles de formation. Nous envisageons aussi la conception de webinaires sur des thèmes spécifiques reliés à la justice, des vidéos, des balados ainsi que d’autres activités favorisant le réseautage entre les différents intervenants de l’appareil judiciaire.

Conclusion

Le CCFJ constitue un bel exemple d’une initiative qui répond spécifiquement à plusieurs besoins identifiés dans l’Analyse pancanadienne. Grâce aux activités et aux outils élaborés dans le cadre du programme pancanadien de perfectionnement en français juridique, le CCFJ contribue à améliorer la capacité linguistique de plusieurs intervenants clés du système de justice canadien. Dans le but de mieux connaître le CCFJ et ses activités, nous vous invitons à visiter leur site Web à l’adresse suivante : www.ccfjinc.ca.

Date de modification :