Justice en langues officielles - Le bulletin
(No07 | March 2013)

Les communautés francophones au nord du 60e parallèle

Le Canada, deuxième pays le plus vaste au monde, couvre une superficie de 9 984 670 km carrésNote de bas de la page 1 en terre et en eau douce. Le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et le Nunavut représentent plus du tiers de cette superficie. Plus impressionnant encore, les populations de ces trois territoires utilisent plusieurs langues outre le français et l’anglais. À titre d’exemple, la Loi sur les langues officielles adoptée par les Territoires du Nord-Ouest reconnaît un total de onze langues officiellesNote de bas de la page 2 incluant le français et l’anglais. De façon générale, les lois linguistiques territoriales comportent des dispositions concernant les langues française et anglaise, tout en reconnaissant la place importante des langues autochtones. La langue et la culture sont grandement valorisées par les communautés linguistiques nordiques et les langues sont reconnues comme un mode d’expression favorisant le maintien des différentes cultures.

chiens de traîneau

Afin de mieux comprendre le contexte linguistique au nord du 60e parallèle, il est nécessaire de le mettre en perspective. Un survol sociolinguistique permet de constater que la situation varie grandement d’un territoire à l’autre : au Yukon, plus de 85 p. cent de la population est anglophone alors que 4 p. cent de la population est francophone; dans les T.N.-O., 77 p. cent de la population est anglophone alors que 2,5 p. cent est francophone; et au Nunavut, 27 p. cent de la population est anglophone alors que 1,6 p. cent est francophoneNote de bas de la page 3.

Les plus fortes concentrations des communautés francophones se retrouvent dans les capitales de chacun des trois territoires, mais l’on retrouve aussi certaines communautés francophones dispersées sur l’ensemble des territoires, souvent à des heures de route des grandes villes. À titre d’exemple, bien que la majorité des communautés francophones au Yukon soient établies à proximité de sa capitale, Whitehorse, la réalité est toute autre dans les deux autres territoires : aux T.N.-O., la communauté francophone la plus proche de Yellowknife est située à plus de 9 heures de route, alors qu’au Nunavut, les communautés francophones sont réparties sur le territoire, certaines étant totalement isolées et non accessibles par voie routière. Les communautés francophones étant dispersées, voire parfois isolées, sur le territoire nordique, elles sont confrontées à des défis inconnus ailleurs au pays.

Entre les ailes de la porte-tambour

Comme c’est souvent le cas, le réseautage et le développement de liens solides entre les habitants d’une communauté sont essentiels à sa survie. Ceci est particulièrement vrai dans les communautés nordiques, qui sont confrontées au phénomène de la « porte-tambour ». Selon les données disponiblesNote de bas de la page 4, il n’est pas rare que les gens qui migrent vers le Nord s’y installent d’abord à court terme, ne sachant pas trop à quoi s’attendre. Par conséquent, ils n’ont souvent aucun plan pour y rester à plus long terme et ceci pose un défi aux francophones qui souhaitent développer une vie communautaire francophone stable. En effet, la francophonie boréale est plus mobile que la moyenne canadienne : 85 p. cent des francophones sont nés à l’extérieur du Canada et leur durée de séjour dans le Nord varie entre deux et trois ans au Nunavut, trois et quatre ans aux T.N.-O. et quatre et cinq ans au YukonNote de bas de la page 5. La survie du français dépend donc du dynamisme et de la détermination des francophones engagés dans la promotion et l’épanouissement de leur communauté. À ce sujet, la vitalité des communautés francophones dans le Nord est importante et mérite d’être soulignée.

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En effet, de nombreux intervenants gouvernementaux et non gouvernementaux Note de bas de la page 6 déploient des efforts afin d’adapter la prestation de services, de programmes et de politiques des gouvernements aux besoins des communautés francophones et de les rendre facilement accessibles, notamment au moyen des nouvelles technologies de l’information comme Internet. Le dynamisme des communautés francophones, combiné à l’action des administrations publiques, permet une diffusion d’information et une prestation de services accrues en français. Les progrès réalisés au cours des dernières années se traduisent ainsi par une offre variée de services et de ressources en françaisNote de bas de la page 7.

Qui dit petite communauté, dit grande motivation

Malgré la petite taille des communautés francophones dans le Nord, il ne faut pas douter de leur vitalité. Les activités organisées par les associations francophones sont nombreuses et variées : festivals, concerts, dîners rencontres, journées thématiques et foires du livre offrent aux francophones des espaces et des occasions de se rassembler et de vivre dans leur langue.

Toujours à l’écoute !

Enfin, comment fait-on pour rejoindre les communautés francophones dispersées sur un si vaste territoire ? Selon une étude réalisée en mars 2012Note de bas de la page 8, la radio et les journaux constituent d’excellents mécanismes de communication pour rejoindre la francophonie boréale. Les communautés francophones de chaque territoire bénéficient de l’accès à un journal en français traitant de sujets variés, passant de la politique locale et nationale aux enjeux environnementaux. Selon les coordonnateurs 41, les communications par radio sont privilégiées, puisque les francophones du Nord écoutent régulièrement la radio et qu’il s’agit là du mécanisme le plus efficace pour faire la promotion des événements au sein de leurs communautés. La communication par radio a l’avantage de rejoindre les communautés francophones éloignées des grands centres, surtout lorsque les émissions sont également disponibles en ligne. Au Yukon, malgré l’absence d’une station de radio uniquement francophone, plusieurs stations de radio réservent des blocs de temps pour la musique francophone et réservent des espaces publicitaires pour des annonces en français.

Les communautés francophones au nord du 60e parallèle n’ont pas fini de grandir, d’évoluer et de nous surprendre.

Capsule 41

Bonnie Lidstone est analyste principale au sein de l’Équipe des relations externes et consultations de la Division des relations intergouvernementales et externes du ministère de la Justice du Canada.

Notes biographiques

Bonnie a obtenu un baccalauréat en études françaises et québécoises de l’Université Bishop’s, ainsi qu’un baccalauréat en common law (programme français) de l’Université d’Ottawa. Avant d’être employée au ministère de la Justice, elle a travaillé dans les domaines de l’élaboration des politiques, des consultations et des règlements, ainsi qu’au sein de plusieurs programmes dans divers ministères fédéraux, dont Santé Canada, Agriculture et Agroalimentaire Canada et Environnement Canada.

Le rôle de coordonnatrice

Photo de Bonnie Lidstone

Bonnie assure le lien avec le Bureau de la Francophonie, Justice en langues officielles et Dualisme juridique pour toutes les questions reliées à la partie VII de la Loi sur les langues officielles (LLO) dans le cadre des consultations ministérielles. Elle apprécie les rencontres annuelles des coordonnateurs 41, puisque celles-ci offrent un forum permettant le partage, avec les collègues du Ministère, des différents moyens visant à faire la promotion de la dualité linguistique.


Le saviez-vous ?

Bonnie a visité l’ensemble des provinces et des territoires du Canada. En fait, la majorité des images que vous voyez dans ce numéro ont été capturées par nulle autre que Bonnie elle-même ! Elle a une affection particulière pour les paysages du Yukon et de Terre-Neuve-et-Labrador. Durant ses études universitaires, elle a travaillé pendant deux étés comme guide touristique à la Crête de Vimy, en France, expérience qui lui a permis de rencontrer l’honorable sénateur et lieutenant-général Roméo Dallaire alors qu’il agissait à titre de Commandant de la Force de la Mission d’assistance des Nations Unies au Rwanda.

Coordonnées

Vous avez des questions au sujet de la coordination de la mise en œuvre de l’article 41 de la LLO à la Division des relations intergouvernementales et externes du ministère de la Justice, ou vous souhaitez inviter Bonnie Lidstone à participer à une activité associée au domaine des langues officielles ? N’hésitez pas à communiquer avec elle !

Bonnie Lidstone
Téléphone : (613) 954-4825
Courriel : bonnie.lidstone@justice.gc.ca

Le Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles

Le Fonds d’appui à l’accès à la justice dans les deux langues officielles permet au ministère de la Justice du Canada de financer plusieurs initiatives et projets qui répondent aux besoins des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire.

Just a Click Away

Initié par le British Columbia Courthouse Library Society, ce projet comporte une série de séminaires et d’ateliers en ligne pour les organismes de vulgarisation d’information juridique (VIJ) ainsi que la mise en place d’un lieu de rencontre virtuel pour les intervenants de la communauté de VIJ. Ce lieu de rencontre virtuel, une première au Canada, permettra un accès et un nouveau moyen de partager de l’information dans les deux langues officielles entre les vulgarisateurs d’information juridique.

Sessions d’information sur les droits des Néo-Brunswickois

Initiative de l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick, ce projet consiste en l’élaboration d’un Guide juridique bilingue et sa diffusion dans les polyvalentes anglophones et francophones de la province. Le Guide vise à augmenter la connaissance des notions juridiques et leur compréhension par le grand public et la population étudiante au moyen de la vulgarisation de ces notions dans un langage accessible.

Étude de faisabilité pour un centre de services de justice en Nouvelle-Écosse

Ce projet de l’Association des juristes d’expression française de la Nouvelle-Écosse vise à entreprendre les démarches visant à mettre en place un centre de services de justice à Darmouth afin de permettre aux résidants de la Nouvelle-Écosse d’obtenir des services d’information, de soutien et d’orientation juridiques dans les deux langues officielles.

Activités à souligner

Ateliers Droit au quotidien

L’Association des juristes d’expression française de la Colombie-Britannique offre une série d’ateliers juridiques dans plusieurs écoles francophones de la province. La formule consiste en une présentation sur un sujet juridique faite par un animateur, suivie de discussions et de débats avec les élèves.

Renseignements : www.ajefcb.ca

Formation en terminologie juridique

Ce projet de l’Association des juristes d’expression française de la Saskatchewan comporte un atelier de formation en terminologie juridique s’adressant aux juristes et au grand public. L’objectif est d’améliorer les habiletés langagières et d’enrichir le vocabulaire juridique des participants.

Renseignements : www.ajefs.ca


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