Forum sur les jeunes francophones vulnérables en situation minoritaire

6. Les résultats des échanges en sous-groupes

Ce rapport ne reprend pas les échanges dans les sous-groupes ayant permis aux participants de mieux connaître chaque région représentée et ses organismes. Une webographie a été préparée et recense tous les sites Web fournis par les organismes et les institutions fédérales. Ces sites Web sont une excellente source d’information sur les groupes communautaires et les programmes des institutions fédérales. La webographie se trouve en annexe 5.

Chaque sous-groupe a préparé une synthèse des résultats de leurs réflexions concernant des collaborations pouvant être établies et en a fait une présentation en plénière.

6.1. Pacifique et Territoires

Le sous-groupe régional regroupant les participants du Pacifique et des Territoires a proposé les collaborations suivantes :

  • Mieux se connaître. Cette journée était une première permettant aux groupes sur le terrain de rencontrer les gens des institutions fédérales. Il faut continuer ces échanges et partages, même de façon informelle. Cela permettra aux organisations de se faire connaître.
  • Mieux communiquer. Étant donné la dispersion des francophones sur d’immenses territoires, il faudra utiliser les technologies de l'information pour réussir à rejoindre toutes les catégories de personnes.
  • Identifier les occasions les plus favorables de collaboration et de partenariat.
  • Mieux connaître les besoins collectifs et collaborer à trouver les façons d’y répondre.
  • Reconnaître les bonnes pratiques à l'échelle nationale pour éviter les duplications.
  • Lancer un programme de reconnaissance des bonnes pratiques en matière de prévention chez les jeunes.

6.2. Prairies

Le sous-groupe de la région des Prairies a proposé les collaborations suivantes :

  • Les communautés francophones des Prairies ne sont pas homogènes. Elles vivent des problèmes spécifiques à leur nature et qui sont parfois uniques. Les approches des gouvernements, incluant les approches de financement, devront faire preuve d’une plus grande flexibilité pour répondre à ces besoins locaux particuliers.
  • Il faudrait prévoir l’organisation d’autres forums régionaux ou locaux tel que celui d’aujourd'hui pour échanger des outils et assurer une meilleure compréhension des réalités locales. On pourrait prévoir la participation d'autres intervenants (écoles, provinces, associations de parents, comme exemples).
  • Il faut s’attaquer au problème important de discrimination auquel font face les immigrants francophones qui tentent de trouver un logement dans les Prairies. Il faudra faire une recherche sur la Régie du logement du Québec qui est un modèle de bonne pratique pour ce qui est de contrer la discrimination.
  • Un projet intéressant serait d’établir une maison de jeunes pour offrir en français les mêmes types de services que ceux déjà offerts en anglais. Un tel projet devrait être lancé en consultation avec les jeunes, en les impliquant dans l’élaboration du modèle et dans son implantation, afin de favoriser leur participation.
  • Il faudra analyser l’offre d’enseignement postsecondaire en français et identifier les programmes existants d'éducation aux adultes pour assurer la continuation des études. Par exemple, certains réfugiés ne peuvent pas accéder facilement à des études en français, ce qui mène au décrochage. On doit aussi favoriser l’alphabétisation familiale des adultes qui est une expérience positive permettant d’acquérir diverses compétences utiles pour l’insertion sociale.
  • La GRC est très présente dans les Prairies. Les services de police et les parents devraient tisser des liens et travailler ensemble afin que les parents comprennent mieux les difficultés vécues par les jeunes et que les forces policières se sensibilisent aux différentes cultures. Ces dernières ne comprennent souvent pas les réalités des jeunes immigrants francophones, qui sont différentes des réalités des jeunes immigrants anglophones. Il faut éduquer les jeunes afin qu'ils sachent comment éviter les gangs et être résilients.

6.3. Ontario

Le sous-groupe de la région de l’Ontario a proposé les collaborations suivantes :

  • Réaliser une recension documentaire et un état des lieux pour mieux connaître le nombre de jeunes francophones aux prises avec le système judiciaire. Personne ne connaît la situation qui prévaut aujourd’hui. La recension documentaire devra relever des pistes de solutions et faire état des meilleures pratiques en prévention.
  • Vulgariser les informations juridiques pour accompagner les familles d'immigrants. Cette vulgarisation dépasse la simple traduction.
  • Organiser un accompagnement des familles qui ont un jeune aux prises avec le système judiciaire. Cela dépasse la prévention mais s’avère nécessaire puisque les familles immigrantes ne connaissent pas les procédures.
  • Organiser un soutien financier de base pour le démarrage de projets. Les organismes francophones sont plus petits que leurs homologues anglophones (pensons au YMCA de Toronto à titre d’exemple) et ne peuvent pas répondre à des invitations de soumettre des projets sans un appui financier pour en assurer la bonne préparation.
  • Appuyer la formation en compétences culturelles des intervenants, des immigrants et des institutions.
  • Offrir des formations aux communautés pour les familiariser avec les programmes des ministères dans le domaine de la prévention et de la justice. Ces formations offriraient aussi des possibilités de partage de pratiques exemplaires.

6.4. Atlantique

Le sous-groupe de la région de l’Atlantique propose les collaborations suivantes :

  • Créer des tables régionales de concertation et même des tables locales ou communautaires. Ces tables permettraient aux intervenants de connaître les programmes, de s’engager à collaborer et à partager les ressources pour éviter la duplication. Les communautés pourraient identifier des besoins précis et des priorités qui reflètent leurs réalités respectives.
  • Offrir des formations sur les aspects culturels et linguistiques pour que les intervenants comprennent mieux les problématiques.
  • Améliorer les capacités et les ressources des petites communautés pour que les jeunes puissent poursuivre des programmes et des traitements dans leurs communautés.
  • Développer des partenariats entre les agences, ministères et groupes communautaires afin de mieux partager les informations concernant les crimes et les comportements à risque. De tels partenariats permettraient de réaliser des études et des états des lieux qui favoriseraient l'obtention de fonds pour les communautés francophones minoritaires.

6.5. National

Le sous-groupe de la table nationale a proposé les collaborations suivantes :

  • D’autres partenaires fédéraux devront participer à cette initiative. On note l’absence de Santé Canada, de Service correctionnel du Canada, de Citoyenneté et Immigration Canada et du secteur de l'éducation par le biais d’organismes nationaux ainsi que de l’Association canadienne des chefs de police.
  • Il est nécessaire de documenter les besoins en menant des études sur les jeunes en situation minoritaire (Canadiens, immigrants, minorités raciales et ethnoculturelles, minorités francophones et autres). Les études permettront par la suite d’établir une stratégie ancrée dans les réalités. La mise en œuvre des objectifs nationaux doit être fondée sur les besoins régionaux.
  • Créer des « escouades mixtes » au niveau de la prévention, sur le modèle de ce qui se fait au niveau opérationnel (équipes multidisciplinaires).
  • Implanter une stratégie de communication intégrée entre les institutions fédérales opérationnelles, les intervenants des communautés et les chefs de police municipaux. Cela ferait connaître « les bons corps » et améliorer l'image des institutions telles que la GRC et les policiers municipaux auprès des communautés vulnérables et à risque.
  • Favoriser une promotion accrue de programmes déjà en cours tels que les Rangers junior canadiens et les cadets. Intégrer cette promotion en utilisant le réseau existant de la GRC au niveau fédéral et les organismes communautaires.
  • Élaborer des programmes d'échange de travailleurs sociaux francophones ou des échanges durant les stages d’étudiants.
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