Forum sur les jeunes francophones vulnérables en situation minoritaire

7. Les résultats des échanges en plénière

Les participantes et participants en plénière ont abordé six thèmes.

  1. Ce forum a permis aux organismes œuvrant au sein des communautés francophones en situation minoritaire et aux institutions fédérales concernées de discuter des enjeux relativement à la justice et aux jeunes vulnérables de ces communautés. C’était une première rencontre et il est essentiel de poursuivre ces démarches.

  2. Il est nécessaire de réaliser un état des lieux qui pourrait définir davantage la problématique et proposer des pistes de solution pour répondre aux besoins. Aujourd’hui, la situation des jeunes vulnérables dans les communautés francophones en situation minoritaire n’est pas connue avec certitude. Il faudra dépasser l’aspect anecdotique pour développer une approche cohérente. Comme point de départ, il faut connaître les organismes qui travaillent sur le terrain.

    Les constats tirés de l’état des lieux offriraient une base sur laquelle construire une stratégie visant à canaliser les énergies, à assurer la coordination des efforts et à mettre en œuvre des activités de prévention dans les communautés.

  3. Les participantes et participants affirment qu’ils n’en sont pas encore à l’étape d’identifier les besoins. Ils en sont à se connaître et à établir des relations de travail. Il faut poursuivre les réflexions et les analyses avant de passer à l’étape d’action. Le forum a permis de comprendre que la prévention se fait à travers les programmes de développement social et communautaire. Il faut donc prendre au sérieux les facteurs de risque dans les communautés francophones en situation minoritaire, qui restent encore à préciser. Il s’agit d’une problématique très complexe et le travail ne doit pas se faire en vase clos. Il requiert la participation des groupes communautaires et du gouvernement fédéral; il doit inclure tous les intervenants – les jeunes eux-mêmes, les provinces, les municipalités, les écoles, les familles, etc.

  4. Il serait possible de réfléchir à lancer des projets plus précis dans certaines régions, telle la création de polices de proximité ou de police de quartier, afin d’établir des liaisons entre la police et la communauté. Ceci aidera la police à mieux connaître les réalités et les cultures de la communauté et des familles. En retour, la communauté pourra mieux comprendre le rôle de la police. Une telle approche a été expérimentée au Manitoba (Winnipeg) et a connu un grand succès parce qu’elle a permis d’identifier les individus à risque. Elle sera bientôt mise en pratique au Québec. C’est une très bonne idée qui peut de plus susciter des carrières en justice pour les francophones.

  5. La clientèle visée n’était pas présente aujourd’hui. Il faudra trouver des façons de faire participer cette clientèle lors de futures rencontres pour recueillir son point de vue sur les services offerts, les réalités et les besoins.

  6. La plénière s’est terminée avec une discussion sur l’enjeu des facteurs de risques relatifs aux jeunes francophones vulnérables en situation minoritaire. Il faudra faire l’énumération des facteurs spécifiques afin que le groupe de travail puisse l’utiliser dans l’élaboration d’une politique publique.

    Divers points de vue ont été exprimés. D’une part, certains affirment que la pauvreté accrue des immigrants francophones en situation minoritaire augmente le risque. D’autre part, certains affirment que la pauvreté ne constitue pas en soi un facteur de risque. La pauvreté n’est pas une caractéristique unique aux francophones en milieu minoritaire et cette situation n’est pas particulière aux jeunes francophones. Les individus ne parlent pas la même langue et l’approche doit donc être différentielle par rapport à la langue, la culture et le milieu. Cela ne répond pas à la question si les facteurs de risque sont différents.

    On cherche à identifier d’autres facteurs de risque dans ce segment de la population. Un fait notable est qu’un nombre plus élevé d’immigrants francophones en milieu minoritaire sont arrivés au Canada comme réfugiés, comparativement aux immigrants qui intègrent la communauté anglophone. Un participant donne comme exemple la situation au Manitoba, où environ 6 % des immigrants anglophones sont des réfugiés, versus au moins 50 % des immigrants francophones. Le parcours de ces parents et de ces jeunes est très différent du parcours des immigrants économiques et peut augmenter le facteur de risque chez la population francophone.

    D’autres soulignent que l’accès limité aux ressources en français pour les francophones peut constituer un facteur de risque différentiel. Dans les écoles de certaines régions, d’une année à l’autre, on constate un changement important du pourcentage des jeunes issus de l’immigration. Les gens ne sont pas assez outillés pour encadrer cette clientèle lorsqu’une situation d’urgence l’impose et les parents n’ont pas accès à l’information nécessaire en français. Le parcours migratoire des individus ne doit pas être négligé et le matériel préparé pour ces clientèles doit en tenir compte.
Date de modification :