Analyse pan canadienne des besoins de formation en langues officielles dans le domaine de la justice

7.0 Conclusion

La formation est une composante incontournable de la notion de tribunal institutionnellement bilingue. Indéniablement, la présente étude confirme la pertinence d’une action concertée pour favoriser l’apprentissage du vocabulaire juridique dans les deux langues officielles. Cela est d’autant plus vrai que les données sociodémographiques confirment qu’il existe un bassin important d’intervenants dans le domaine de la justice qui possèdent une connaissance de base dans les deux langues officielles. Sans une formation adéquate, ces intervenants ne pourront franchir le pas entre ce qui constitue une connaissance de base des langues officielles et la capacité d’opérer dans ces deux langues, dans leur milieu de travail respectif.

L’étude confirme que la formation de base offerte aux différents intervenants du domaine de la justice ne contribue souvent qu’accessoirement à la maîtrise du vocabulaire juridique dans les deux langues officielles. Dans certains cas, il serait possible d’améliorer ces programmes de façon à ce qu’ils permettent aux étudiants de parfaire leur maîtrise du vocabulaire juridique dans les deux langues officielles. Dans d’autres cas, il est douteux que la formation de base puisse s’attaquer à cette problématique : il faudra alors privilégier la formation en cours d’emploi.

Des activités ont déjà été mises sur pied pour offrir de la formation en cours d’emploi, mais la portée de celle-ci demeure insuffisante. Le nouvel investissement fédéral en formation devrait permettre un accès élargi à des initiatives qui ont déjà fait leur preuve. À d’autres égards, il faudra plutôt mettre sur pied de nouveaux outils et en assurer un accès généralisé.

La stratégie retenue pour satisfaire les besoins en formation exige qu’il y ait à la fois des activités intensives de formation et des activités offertes sur une base régulière. On ne saurait choisir entre les deux, puisque le succès de l’un et de l’autre est interdépendant.

De nouveaux outils de formation sont aussi nécessaires pour permettre aux intervenants de garder un lien direct et soutenu avec le vocabulaire juridique dans les deux langues officielles. Il n’existe essentiellement aucune forme d’apprentissage à laquelle les intervenants pourraient avoir accès pour parfaire, à leur rythme, leur maîtrise du vocabulaire juridique dans les deux langues officielles.

Le présent rapport offre des pistes stratégiques que l’ensemble des intervenants est invité à considérer. Il ne s’agit pas ici de dicter ou d’imposer des projets précis, mais bien d’offrir un cadre de référence à partir des besoins en formation tels que les intervenants du domaine de la justice les perçoivent. Ce faisant, la collaboration entre intervenants sera essentielle au succès de cette initiative.

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