À ÊTRE + PARTICIPE PASSÉ

L'expression « à être » suivie d'un participe passé donne lieu à un anglicisme lorsqu'elle est employée pour exprimer l'obligation. Dans la plupart des cas, la façon correcte de rendre cette notion consiste à utiliser le verbe à l'infinitif actif.

Forme fautive
  • Allégations «à être prouvées»
  • Documents «à être publiés»
  • Formulaire «à être rempli»
  • Détails «à être déterminés»
  • Prix «à être fixés»
Forme correcte
  • … à prouver
  • … à publier
  • … à remplir
  • … à déterminer
  • … à fixer

Dans ces exemples, la forme passive est fautive, car il s'agit d'un calque de l'anglais :

to be proven, to be published, to be completed, to be paid

Pour savoir s'il convient d'utiliser l'infinitif actif ou passif, il suffit de remplacer l'expression « à + infinitif » par « que l'on doit + infinitif actif ». Si la formulation ainsi obtenue exprime bien le sens recherché, on ne peut employer le passif, et c'est la forme « à + infinitif actif » qui s'impose.

Ainsi :

  • des allégations que l'on doit prouver sont des allégations à prouver;
  • des documents que l'on doit publier sont des documents à publier;
  • un formulaire que l'on doit remplir est un formulaire à remplir.

Dans ces exemples, l'action est considérée du point de vue du sujet réel — celui qui fait l'action — qui, bien qu'il ne soit pas exprimé, correspond au pronom indéfini « on ».

En revanche, la construction « à + infinitif passé » est correcte dans les tournures qui exigent le passif, par exemple :

  • Les bulletins continueront à être publiés.
  • Les produits destinés à être importés…

Il est à noter par ailleurs que les verbes qui ne prennent pas de complément d'objet direct et qui, de ce fait, ne s'emploient pas à la forme passive ne peuvent se construire à l'infinitif actif précédé de « à ». Il est donc incorrect de dire : lettre à répondre, occasion à profiter, etc.

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