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Expérience des victimes

Les victimes qui passent à travers le système judiciaire peuvent être confrontées à un cheminement éprouvant. Aborder les actes criminels graves, tels que l’agression sexuelle et le meurtre, peut être particulièrement difficile pour les victimes, leurs familles et leurs amis. Tout au long du processus (soit du signalement de l’acte criminel, à la sentence, lorsque les délinquants purgent leur peine, travaillent à leur réhabilitation et finalement à leur libération), le système de justice pénale met souvent l’accent sur les personnes qui commettent les actes criminels, alors que le processus peut être également très éprouvant pour les victimes.

Transcription

Cette vidéo est une histoire vraie, racontée par les personnes qui l’ont vécue, dans leurs propres mots.

Elle contient des thèmes qui peuvent être troublants pour certaines personnes.

Nicole Hillman :

Je m’appelle Nicole et il y a six ans, j’ai été violée par quelqu’un que je connais.

Les personnes qui commettent les agressions sexuelles sont souvent connus de leurs victimes.

Un peu plus que la moitié (52 %) des agressions sexuelles signalées par les victimes ont été commises par un ami, une connaissance ou un voisin de la victime et dans 4 % des cas, elles ont été commises par le conjoint ou la conjointe.

Tu ne penses jamais que ce genre de chose pourrait t’arriver. Tu sais, tu as un sentiment de confiance et ce genre de, c’est disparu et la honte de, tu sais, qu’est-ce que tu as fait pour mériter ça?

La tante de Nicole, Karen Kuntz :

Il était tôt, très tôt le matin quand j’ai reçu un appel d’une amie de Nicole et tout ce qu’elle m’a dit c’est « Je t’amène Nicole » et mon cœur s’est brisé et je peux, encore aujourd’hui, ressentir cette émotion parce que je savais à cet instant que Nicole avait une histoire comme la mienne.

Karen Kuntz est la tante de Nicole.

Quand Karen avait 20 ans, elle a été victime d’un viol violent. Karen travaille maintenant pour les services d’aide aux victimes. Elle voulait aider d’autres personnes à passer à travers le traumatisme de l’agression sexuelle.

Quand Nicole est venue me voir, et étant donné mon rôle avec les services d’aide aux victimes, je crois et je croyais que l’on pouvait se battre pour une cause juste. Je voulais que les femmes dénoncent et rendent les personnes responsables. Je voulais que justice soit faite. C’était mon travail et j’étais confiante. Mais au fur et à mesure que l’histoire de Nicole s’est révélée et que différentes personnes se sont impliquées, des services de police en passant par les infirmières, et au processus judiciaire lui-même; à chaque étape, mon cœur se brisait en voyant la manière dont Nicole était traitée.

L’affaire a été portée devant les tribunaux. Deux semaines après avoir été condamné, l’accusé a été relâché sous caution en attendant l’appel. L’accusé a par la suite été déclaré non coupable. Le processus dans son ensemble a pris cinq ans et demi.

Nicole

La salle d’audience est l’endroit où l’on ressent la honte, tu as une salle remplie de personnes qui remettent en doute qui tu es en tant que personne et qui essaient de te remettre en question. Tu dois rester debout tout le temps que tu es là. Pendant l’appel, j’ai été debout pendant 5 heures à me faire questionner et tu te sens complètement exposée. J’avais l’impression que c’était moi qui avais fait du mal; et ils essaient de discréditer ce que je dis et tu n’as pas la possibilité de répliquer. C’est, tu te fais poser une question, et tu as seulement le droit de répondre à cette question. Tu ne peux pas élaborer. Tu ne peux pas te défendre. Tu es juste là, debout et impuissante.

Karen Kuntz :

Je pense que dans la salle d’audience, le système judiciaire laisse tomber la victime.

Nicole:

C’est une agression sans fin parce que tu es constamment, durant tout le processus, à chacune des audiences, l’audience préliminaire, le vrai procès et puis l’appel, obligé de revivre en menus détails chaque aspect de cette soirée.

Tu te sens comme si tu ne valais rien. Te faire appeler comme un témoin tout le temps plutôt que comme victime, et de ne pas être tenue informée des dates des procès et de toujours être obligée d’appeler toi-même pour avoir ces informations.

Il y a plusieurs dates d’audience pour lesquelles ils m’ont indiqué la mauvaise date, ou bien ils ne m’en ont tout simplement pas informé. Quand le verdict final est tombé pour l’appel, ils m’ont donné la mauvaise date. Ils m’ont dit que c’était vendredi et la procureure de la couronne m’a appelée le jeudi soir et a laissé un message sur ma boîte vocale. Je pensais qu’elle m’avait appelée pour me rappeler que c’était le lendemain, mais elle a appelé et a laissé un message sur ma boîte vocale en parlant de toute l’histoire. Tous les événements, sur ma boîte vocale, et le fait qu’il a été libéré.

Personne n’avait de sensibilité pour le fait que c’est quelque chose qui m’est arrivé. Ils ne m’ont jamais traitée comme si c’était quelque chose qui m’est arrivé. Ils m’ont traitée comme si c’était quelque chose qui était en train de lui arriver et il fallait que je sois certaine que, tu sais, que c’était ce que je voulais faire étant donné les répercussions que ça pourrait avoir pour lui, mais personne ne semblait se soucier de comment ça m’a affectée.

Karen Kuntz :

En comparant mon histoire à la sienne, j’ai eu l’impression qu’on a reculé. Je, je pensais qu’on devait être plus sophistiqué dans, dans notre façon de gérer les victimes, mais ce n’est pas le cas.

Nicole:

Je pense que tu te questionnes sur si ça valait vraiment la peine de le faire. Le processus et tout ce qui vient avec, ça ne te donne pas l’occasion de guérir. Ça ne te donne jamais la chance de passer à autre chose et avec la façon dont le système fonctionne, je ne conseillerais jamais à quelqu’un de passer par là.

Fin

Faits en Superposition dans la Vidéo

  • Les délinquants qui commettent des agressions sexuelles sont souvent connus de leurs victimes.
  • Un peu plus que la moitié (52 %) des agressions sexuelles signalées par les victimes ont été commises par un ami, une connaissance ou un voisin de la victime et dans 4 % des cas, elles ont été commises par le conjoint ou la conjointe.
  • Source : Statistique Canada. 2014. Enquête sociale générale sur la victimisation.
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