Projet - « Relationship Skills for Violence Prevention Project »

Un des buts de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) est de promouvoir les mesures et les sanctions extrajudiciaires (déjudiciarisation avant et après la mise en accusation) et de diminuer le recours à l'incarcération. Le Relationship Skills for Violence Prevention Project (RSVP – Habiletés relationnelles pour prévenir la violence) visait cet objectif pour un groupe particulier de jeunes, et apportait également un soutien aux victimes potentielles et réelles de violence dans une relation.

Mis en œuvre au centre-ville de Toronto, le projet RSVP visait deux groupes : les jeunes accusés de violence dans une relation de même que les jeunes ayant été victimes de violence dans une relation ou étant à risque de l'être. Au cours de la période d'évaluation (mars 2002 à octobre 2003), 89 auteurs et 53 victimes de violence dans une relation ont été dirigés vers le projet RSVP; de ce nombre, 97 ont reçu des services. La plupart des jeunes qui n'ont pas reçu de services ne répondaient pas aux critères du programme ou ont refusé le traitement.

Le projet RSVP est le résultat d'un partenariat entre les Central Toronto Youth Services (CTYS – Services d'aide à la jeunesse du Toronto métropolitain), le Toronto Child Abuse Centre (TCAC – Centre de lutte contre les abus de Toronto) et différents partenaires communautaires. Les CTYS offraient un programme de traitement à l'intention des agresseurs tandis que le TCAC offrait un soutien aux victimes. Le ministère de la Justice du Canada a participé financièrement à la mise en œuvre du projet RSVP par l'entremise du Fonds du système de justice pour les jeunes. Le ministère du Procureur général de l'Ontario a offert une aide non financière.

Dans le cas des agresseurs, le projet RSVP commençait par une évaluation : habituellement quatre sessions individuelles avec un conseiller en vue d'élaborer un plan de traitement convenable. Suivait une série de 16 sessions de groupes de 90 minutes, de même que d'autres sessions individuelles. La teneur des sessions individuelles de même que leur fréquence variaient selon les besoins du participant. Une thérapie familiale était également offerte au besoin. Les sessions familiales étaient uniquement offertes lorsqu'au moins un parent pouvait y participer, bien que les conseillers préféraient que la famille en entier soit présente. Moins de 24 pour cent de tous les clients ont pris part aux sessions familiales.

Les participants au projet RSVP étaient âgés de 12 à 19 ans. Les jeunes accusés de crimes excessivement violents (comme ceux commis avec des armes à feu) n'étaient pas acceptés. De même, on ne pouvait faire appel au projet pour des affaires dans le cadre desquelles les victimes avaient dû être hospitalisées, s'il y avait eu pénétration ou lorsque l'on jugeait qu'il s'agissait d'un crime gratuit.

Parmi les 52 victimes acceptées dans le projet, 40 pour cent l'ont terminé, 46 pour cent ont refusé d'y participer ou ont abandonné et 14 pour cent y prenaient toujours part au moment de l'évaluation.

Évaluation du projet

Le processus d'évaluation comportait une étude des dossiers, des questionnaires avant et après les traitements et des enquêtes de suivi. Toutefois, une liste des participants au programme n'a pas été dressée, empêchant ainsi la tenue d'une évaluation approfondie et juste.

Leçons apprises

Conclusion

Bien qu'il y ait eu de nombreux obstacles à l'étape de l'élaboration et de la mise en œuvre du projet RSVP, des services de traitement précieux ont pu être fournis à des dizaines de jeunes. Les partenaires du programme considèrent qu'il s'agit d'un outil efficace et utile pour contrer la violence dans une relation chez les jeunes.