Besoins en matière d'aide juridique, de conseillers parajudiciaires et de services de vulgarisation et d'information juridiques dans les territoires du Nord-Ouest

6. Besoins non satisfaits dans les affaires familiales et autres affaires civiles

6. Besoins non satisfaits dans les affaires familiales et autres affaires civiles

6.1. Champ d'application historique et actuel de l'aide juridique en matière civile et familiale

Depuis juin 1996, la Commission des services juridiques assiste les personnes admissibles sur le plan financier pour toute affaire civile ou familiale, sauf dans les cas suivants :

6.2. Données statistiques

Le tableau 15 présente les données sur les cas d'aide juridique approuvés en matière de droit civil et familial, tandis que le tableau 16 résume les affaires civiles et familiales devant la Cour territoriale et la Cour suprême. Les tableaux ne peuvent être comparés que de manière superficielle, car les catégories de cas sont différentes, les affaires de la CSJ pouvant inclure plus d'une demande par la même personne et les données de la cour reposant sur le calendrier civil et sur deux ans et demi, alors que les données de l'aide juridique reposent sur trois exercices financiers. Cependant, on peut faire les observations générales suivantes :

Tableau 15 : Clients de l'aide juridique en matière civile et familiale, par type d'affaire

6.3. Limites pratiques de la prestation des services d'aide juridique en matière civile et familiale

Le consensus général est que, dans les Territoires du Nord-Ouest, il manque cruellement d'avocats prêts à se spécialiser en droit de la famille. Quelques avocats en droit de la famille vivent et pratiquent à Yellowknife, sauf pour un avocat salarié à Inuvik. Cette pénurie d'avocats spécialistes du droit de la famille a des répercussions dans tout le système et nuit sérieusement à la qualité du service. Cette pénurie est générale dans le système judiciaire des Territoires du Nord-Ouest et n'est pas particulière au système d'aide juridique. Cependant, étant donné les honoraires nettement inférieurs que la Commission des services juridiques peut se permettre de payer (environ la moitié de ce que demandent les avocats du secteur privé), le système d'aide juridique souffre de façon disproportionnée de cette pénurie.

Tableau 16 : Affaires civiles et familiales, par an, dans les toutes cours des T. N. O.

Une grande majorité des répondants appartenant à la profession juridique déclarent que le droit de la famille est considéré comme une pratique non gratifiante dans les Territoires du Nord-Ouest à cause de la nature émotive, difficile et acrimonieuse des cas qui non seulement touchent les parties elles-mêmes mais qui menacent les relations entre les avocats et même entre le juge et les avocats. Cette dynamique existe peut-être aussi dans une certaine mesure dans les régions du sud, mais une petite communauté juridique comme celle de Yellowknife en ressent encore plus les conséquences.

Le fait que les questions familiales reposent sur des affidavits et des demandes fait augmenter les frais généraux en personnel de traitement de texte et, par conséquent, en bureaux. Contrairement aux avocats du secteur privé qui peuvent pratiquer le droit pénal à partir d'un bureau à la maison en embauchant une secrétaire à temps partiel, les avocats spécialistes du droit de la famille ont généralement besoin d'une secrétaire à plein temps et de bureaux distincts. Dans les affaires de l'aide juridique, le droit pénal est donc plus payant pour les avocats du secteur privé que le droit civil.

Souvent, les clients ne gardent pas les dossiers nécessaires à leur affaire et l'avocat a donc besoin de plus de temps tout simplement pour réunir l'information. De plus, les communications avec les clients sont souvent compliquées. La langue des affidavits et des autres documents utilisés dans les affaires familiales est souvent difficile à comprendre pour les clients et il faut plus de temps aux avocats pour l'expliquer.

Le fait que les affaires familiales reposent sur des affidavits et des demandes a aussi tendance à prolonger les affaires qui relèvent du droit de la famille, surtout dans les localités desservies par les cours de circuit. Les clients doivent signer des documents, ce qui est souvent retardé jusqu'à ce que l'avocat soit en ville avec la cour. Pour certains documents, il y a des périodes d'attente (p. ex., un avis introductif d'instance pour la pension alimentaire pour enfants exige un préavis de 30 jours). Si la période d'attente requise ne coïncide pas avec les dates de passage de la cour de circuit, les délais sont prolongés.

6.4. Besoins non satisfaits en conséquence

Les principaux résultats de ces limites pratiques sont apparemment les suivants :

6.5. Stratégies pour répondre aux besoins

Les répondants proposent plusieurs stratégies, les deux premières n'étant pas du ressort de la Commission des services juridiques :