La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée

Annexe A : Bibliographie annotée (suite)

SERVICE DE POLICE RÉGIONAL D’OTTAWA-CARLETON. Rapport du Symposium sur les interventions modèles dans le domaine de la prostitution, 1999.

Au milieu des années 1990, le Service de police régional d’Ottawa-Carleton (SPROC) a reçu de nombreuses plaintes au sujet des nuisances associées à la prostitution de rue. Le SPROC a donc convoqué une réunion de représentants de la collectivité et d’organismes, il a proposé, avec l’aide des collectivités et des organismes, des solutions au problème et, les 18 et 19 septembre 1997, il a organisé le Symposium sur les interventions modèles dans le domaine de la prostitution. Ce guide a pour objet de faire la synthèse des actes du symposium et d’offrir aux spécialistes des exemples d’interventions efficaces dans le domaine de la prostitution de rue. Pendant le symposium, les participants ont discuté des défis associés à la prostitution de rue, y compris les questions et les problèmes liés à la prostitution chez les jeunes. Bien des participants ont soutenu qu’il fallait prendre des initiatives globales pour prévenir le recrutement et l’exploitation des enfants et des jeunes à des fins de prostitution et ils ont fait ressortir l’importance de programmes de prévention, d’éducation et de réduction des préjudices (p. ex., pour faire face au VIH). Le rapport comprend des renseignements sur les programmes et les interventions modèles en matière de prostitution (p. ex., écoles pour les clients, Unité provinciale de lutte contre la prostitution de la Colombie-Britannique, Bureau des services de la jeunesse d’Ottawa-Carleton, Covenant house et Streetlight Support Services).

SEXUALLY EXPLOITED YOUTH COMMITTEE OF THE CAPITAL REGIONAL DISTRICT. Report of the Sexually Exploited Youth Committee of the Capital Regional District, Victoria, British Columbia, Victoria, Colombie-Britannique, 1997.

En 1996, le Sexually Exploited Youth Committee of the Capital Regional District (Comité des jeunes victimes d’abus sexuels du district régional de la capitale) à Victoria, en Colombie-Britannique, a été chargé d’établir un plan d’action pour appuyer les jeunes à risque élevé et victimes d’abus sexuels et de formuler des recommandations concernant la loi et les programmes pour empêcher l’exploitation sexuelle des jeunes. Le comité a procédé à des entrevues auprès de 75 jeunes de la rue victimes d’abus sexuels. Selon les conclusions, nombre de jeunes ont commencé à se prostituer pour subsister (p. ex., pour obtenir de la nourriture, un logement et de l’argent), les jeunes qui pratiquent le commerce du sexe sont davantage victimes de violence de la part des clients et des proxénètes et la plupart des jeunes victimes d’abus sexuels ne répondent pas à leurs besoins en matière d’éducation. Le plan d’action du comité comprend les éléments suivants : logements sûrs, unité de police intermunicipale chargée de résoudre les problèmes des jeunes victimes d’abus sexuels; prévention de la violence sexuelle à l’endroit des enfants; modification des politiques et des procédures pour permettre d’intenter plus efficacement des poursuites dans les cas d’exploitation sexuelle des jeunes; porter l’âge de nubilité de 14 à 16 ans; programmes d’éducation mettant l’accent sur la victimisation des jeunes victimes d’abus sexuels. Le comité préconise la coordination des efforts pour aider à la mise en œuvre du plan d’action qu’il propose.

SHAW, I. et BUTLER, I. «Understanding young people and prostitution: A foundation for practice?», British Journal of Social Work, vol. 28, 1998, p. 177-196.

Les auteurs de ce document passent en revue la littérature sur la prostitution chez les enfants en mettant l’accent sur les difficultés méthodologiques liées aux travaux de recherche sur les jeunes prostitués et les données récentes utilisées pour expliquer le phénomène. Voici certaines des différences méthodologiques et conceptuelles observées dans les études sur la prostitution : 1) Désaccord au sujet de la définition de la prostitution juvénile. Divers groupes d’intérêts participent à la définition de la prostitution chez les jeunes, et les prestataires de services doivent donc traiter toutes les définitions (y compris leur propre définition) avec circonspection. 2) Désaccord au sujet de la relation  entre la violence et la prostitution. Deux explications de base ont été données pour expliquer la prostitution chez les jeunes : a) violence menant à la perte de la confiance en soi et indifférence à la façon dont une personne est traitée par les adultes. 3) Violence menant à une série d’événements (c.-à-d. faire une fugue et vivre dans la rue) qui amènent un jeune à commencer à se prostituer. Quelle que soit l’imperfection de nos connaissances concernant la prostitution chez les jeunes, il y a des risques graves liés à la pratique du commerce du sexe (c.-à-d. violence et agressions dans la rue). Dans l’ensemble,  les auteurs soutiennent qu’il y a assez de données pour recommander une approche réflexive et stratégique du traitement de la prostitution chez les jeunes.

SILBERT, M. «Prostitution and sexual assault: Summary of results», International Journal of Biosexual Research, vol. 3, 1982, p. 69-71.

Cet article résume les résultats d’un questionnaire sur les agressions sexuelles administré à 200 prostituées de la rue. Selon les résultats, celles-ci ont été victimes de graves actes de violence physique et sexuelle et se sont trouvées dans un état de détresse. Bon nombre de ces femmes étaient angoissées au sujet de leur mode de vie; cependant elles se sentaient prises au piège et incapables de cesser de pratiquer le commerce du sexe. Soixante pour cent d’entre elles avaient été victimes de violence sexuelle pendant leur enfance et la plupart ont commencé à se prostituer après avoir fui un milieu familial où régnait la violence sexuelle, physique et psychologique. La plupart ont déclaré qu’elles avaient été victimes de proxénètes et de clients (p. ex., en subissant des agressions physiques, des viols et des vols qualifiés). Bon nombre étaient également victimes dans des situations sans rapport avec la prostitution (p. ex., les vols et agressions). La plupart des répondantes ne signalaient pas les actes dont elles étaient victimes aux autorités et elles ne cherchaient pas à obtenir de l’aide concernant l’incidence psychologique négative de la violence qu’elles subissaient.

SILBERT, M. et PINES, A. «Sexual child abuse as an antecedent to prostitution», Child Abuse and Neglect, vol. 5, 1981, p. 407-411.

Cet article porte sur les relations entre la violence sexuelle pendant l’enfance et la pratique ultérieure du commerce du sexe. Des données ont été recueillies à partir d’entrevues auprès de 200 jeunes filles et prostituées adultes de la rue. Celles-ci ont été contactées au moyen de communiqués d'intérêt public, de dépliants d’information et du bouche-à-oreille. Les interviewers ont utilisé le questionnaire sur les agressions sexuelles subies pour recueillir des données sur les antécédents et l’exploitation sexuelle des répondantes ainsi que les agressions sexuelles qu’elles ont subies et leurs plans d’avenir. Les résultats décrivent l’historique de la violence sexuelle subie pendant l’enfance par la plupart des participantes; 60 % d’entre elles ont déclaré qu’elles avaient été victimes d’abus sexuels aux mains de deux agresseurs en moyenne et que la violence s’est poursuivie pendant une période moyenne de 20 mois. Les deux tiers ont été agressées sexuellement par une figure paternelle. Les participantes ont déclaré que la violence avait eu un impact psychologique, physique et comportemental négatif. Soixante-dix pour cent ont indiqué que leur décision de se prostituer résultait de la violence sexuelle subie pendant leur enfance. Les résultats nous aident à comprendre les précurseurs de la prostitution et l’incidence à long terme de la violence sexuelle à l’endroit des enfants.

SILBERT, M. et PINES, A. «Entrance into prostitution», Youth and Society, vol. 13, 1982a, p. 471-500.

Les chercheures ont invité 200 prostituées et ex-prostituées de la région de la Baie de San Francisco à participer à une étude sur les raisons qui amènent quelqu’un se prostituer. On a contacté les répondantes au moyen de communiqués d'intérêt public, de dépliants d’information et du bouche-à-oreille. Les sujets ont rempli un questionnaire sur les agressions sexuelles subies pour recueillir des données sur leurs caractéristiques démographiques, les expériences en milieu familial, les systèmes de soutien social et les raisons pour lesquelles elles ont commencé à se prostituer. Environ 60 % des répondantes ont indiqué qu’elles avaient été victimes de violence physique et sexuelle pendant leur enfance. Selon les auteures, il y a deux façons de commencer à se prostituer : 1) les jeunes de race blanche aux revenus supérieurs à la moyenne qui ont été victimes de violence physique, psychologique et sexuelle dans leur milieu familial. Ces jeunes se réfugient dans la rue où ils se livrent à la prostitution. 2) Moins nombreuses étaient les minorités des couches socio-économiques inférieures de la population où le crime, l’abus d’alcool et d’autres drogues et la prostitution prédominaient. Pour ce groupe les pressions financières à la maison ont entraîné des associations déviantes. Dans l’ensemble, la plupart des jeunes ont commencé à se prostituer après avoir fui un milieu familial difficile pour se réfugier dans la rue où ils n’avaient pas d’autres moyens de soutien.

SILBERT, M. et PINES, A. «Victimization of street prostitutes», Victimology, vol. 7, 1982b, p. 122-133.

Cette étude porte sur le cycle de victimisation vécu par les prostituées de la rue. Des données ont été recueillies à partir d’entrevues auprès de 200 jeunes prostituées et prostituées adultes de la rue. Les sujets ont été contactés au moyen de communiqués d'intérêt public, de dépliants d’information et du bouche-à-oreille. Les interviewers ont utilisé le questionnaire sur les agressions sexuelles subies pour recueillir des données sur les antécédents et l’exploitation sexuelle des répondantes ainsi que les agressions sexuelles qu’elles ont subies et leurs plans d’avenir. Les données révèlent un cycle de victimisation, avant que les répondantes commencent à se prostituer et après. La plupart des répondantes ont fui un milieu familial où régnait la violence sexuelle et physique et se sont livrées par la suite à la prostitution. Soixante pour cent des répondantes ont indiqué qu’elles avaient été victimes d’abus sexuels pendant leur enfance, et toutes avaient subi une violence physique et psychologique. Après avoir commencé à se prostituer, les répondantes étaient violées, battues, volées et agressées par les clients et les proxénètes. Les répondantes étaient également victimes dans des situations sans rapport avec la prostitution. La plupart des répondantes ne signalaient pas les actes dont elles étaient victimes aux autorités et elles ne cherchaient pas à obtenir de l’aide concernant l’incidence psychologique négative de la violence qu’elles subissaient. L’étude fait ressortir l’importance d’offrir des services pour aider à rompre le cycle de victimisation et de meilleurs services pour empêcher les jeunes de commencer à se prostituer.

SILBERT, M. et PINES, A. «Early sexual exploitation as an influence in prostitution», Social Work, vol. 28, 1983, p. 285-289.

Les études sur le lien entre l’exploitation sexuelle pendant l’enfance et la prostitution ont fait appel à des sujets sous garde ou à des femmes ayant demandé une aide thérapeutique. Ces études ne comprenaient pas d’échantillons représentatifs des victimes. Cet article examine les conclusions d’une étude de 200 prostituées de la rue, qui portait sur les relations entre la violence sexuelle subie pendant l’enfance et la prostitution. Les participantes ont été contactées au moyen de communiqués d'intérêt public, de dépliants d’information et du bouche-à-oreille. Les interviewers ont administré le questionnaire sur les agressions sexuelles subies pour recueillir des données sur les antécédents et l’exploitation sexuelle des répondantes ainsi que les agressions sexuelles qu’elles ont subies et leurs plans d’avenir. Ainsi, 60 % des répondantes ont déclaré qu’elles avaient été victimes d’abus sexuels pendant leur enfance; 31 % ont identifié plus d’une personne qui les avaient agressées pendant leur enfance. La majorité ont fait état de sentiments négatifs au sujet d’elles, des hommes, de la sexualité et de leur mère et 70 % ont dit que l’exploitation dont elles avaient été victimes avait influé sur leur décision de se prostituer. Les auteures préconisent des services spéciaux pour les jeunes victimes de violence sexuelle et recommandent fortement aux travailleurs sociaux de s’occuper de la paralysie qui empêche les prostituées de renoncer à leur mode de vie autodestructeur.

SILSON, P. et ARNOLD, J. Street Kids: Australia’s Alienated Young, Australian Institute of Criminology, Australian Criminology Research Council, 1986.

Des entrevues auprès de 36 jeunes Australiens ont révélé les comportements sous-jacents susceptibles d’amener les jeunes à avoir des démêlés avec le système de justice pour les jeunes : alcool, abus de l’alcool ou d’autres drogues, prostitution, suicide et crime grave. Selon bien des jeunes, leur mode de vie résulte de leur incapacité d’établir des liens économiques et sociaux avec la société australienne normale. Ils sont obligés de se prostituer pour subvenir à leurs besoins économiques et ils sont acculés au suicide, au crime et à l’alcool et aux drogues pour survivre affectivement et psychologiquement. La plupart croient que la société doit réviser ses structures judiciaires, sociales, éducatives et économiques pour répondre aux besoins et tenir compte des stratégies d’adaptation des jeunes victimes de violence. Le système judiciaire est considéré comme rien de plus qu’une réponse punitive aux mécanismes d’adaptation des jeunes. Les jeunes souhaitent la décriminalisation de la prostitution et de la consommation de drogues et une approche plus équitable des indemnités de chômage pour les jeunes indépendants.

SIMON, P., MORSE, E., OSOFSKY, H. et BALSON, P. «HIV and young male street prostitutes: A brief report», Journal of Adolescence, vol. 17, 1994, p. 193-197.

Les auteurs de ce rapport présentent des données sur la séroprévalence du VIH à partir d’un échantillon de jeunes prostitués actifs de la rue en Nouvelle-Orléans aux États-Unis. Ils examinent les relations entre le VIH et les caractéristiques socio-démographiques, les tendances en matière d’abus d’alcool et d’autres drogues, les comportements à risque liés au VIH et la connaissance du sida. Les données servent de base à la recommandation de programmes de santé et de prévention concernant le VIH à l’intention des adolescents prostitués de la rue.

SIMONS, R. et WHITBECK, L. «Sexual abuse as a precursor to prostitution and victimization among adolescent and homeless women», Journal of Family Issues, vol. 12, 1991, p. 361-379.

Cette étude auprès d’un échantillon de 40 adolescents fugueurs et de 95 femmes itinérantes vise à examiner l’incidence de la violence sexuelle subie pendant l’enfance sur le fait de se prostituer et la victimisation. Selon les données, la violence sexuelle subie pendant l’enfance influe sur la probabilité de se livrer à la prostitution. Le fait de tenir compte de facteurs comme les fugues, l’abus d’alcool et d’autres drogues et la participation à d’autres activités déviantes ne met pas en question l’association entre la violence sexuelle pendant l’enfance et la prostitution. Le fait d’avoir été victime de violence sexuelle pendant l’enfance influe indirectement sur la victimisation future, surtout dans le cadre de la participation à des activités à risque élevé.

SNELL, C. «Help-seeking behavior among young street males», Smith College Studies in Social Work, vol. 61, 1991, p. 293-305.

Cette étude auprès d’un échantillon de 70 jeunes prostitués visait à examiner et à analyser leur comportement en matière de recherche d’aide. L’auteur a procédé à des entrevues personnelles structurées et à une observation directe des lieux où les jeunes prostitués de la rue se rassemblent. La plupart des répondants ont indiqué qu’ils ont bénéficié d’un important soutien affectif et matériel de la part des membres de leur famille. Les amis offraient un soutien affectif, mais non un soutien matériel. Les services médicaux et juridiques et l’aide de membres du clergé étaient considérés comme les plus accessibles. La police et les services sociaux et de santé mentale étaient considérés comme moins disponibles ou utiles. L’auteur examine les répercussions de la pratique en matière de travail social à la lumière des conclusions.

SULLIVAN, E. et SIMON, W. The Client: A Social, Psychological, and Behavioral Look at the Unseen Patron of Prostitution, document de recherche inédit, University of Houston, 1996.

À partir des données de la National Health and Social Life Survey (NHSLS), ce document présente des idées préliminaires concernant les caractéristiques démographiques, sexuelles et comportementales des hommes qui ont une prédisposition à échanger de l’argent contre des services sexuels. Entre autres, la NHSLS a utilisé des questionnaires auto-administrés pour demander à 1 511 hommes s’ils avaient déjà payé une femme pour avoir des relations sexuelles avec celle-ci. Au total, 267 (18 %) répondants ont admis qu’ils avaient payé une femme pour avoir des relations sexuelles; ces hommes ont ensuite été comparés à des répondants qui ont déclaré qu’ils n’avaient jamais eu recours aux services d’une prostituée. Parmi les variables qui n’avaient aucun rapport important avec le fait d’avoir payé une femme en contrepartie de relations sexuelles figuraient les suivantes : pratique religieuse, revenu familial, lieu de résidence et fait d’avoir été élevé dans un foyer brisé. De plus, il n’y avait aucun rapport important entre les attitudes à l’égard de la sexualité et du comportement sexuel et le fait d’avoir eu des relations sexuelles avec une prostituée. Les variables ayant trait au fait d’avoir payé une femme contre des services sexuels étaient les suivantes : faire partie de l’armée, être plus âgé (les rencontres sexuelles avec les prostitués augmentent avec l’âge), le fait d’être afro-américain ou hispanique (pour les non-militaires) et la fréquence du versement d’argent contre des services sexuels augmentait aux deux extrémités du spectre de l’instruction. Les auteurs font une mise en garde : leurs résultats ne fournissent pas une seule explication de la raison pour laquelle les hommes achètent des services sexuels; cependant ils ouvrent la porte à des discussions sur les nombreuses raisons de leur comportement.

SULLIVAN, T. «The politics of juvenile prostitution» dans Regulating Sex: An Anthology of Commentaries on the Findings and Recommendations of the Badgley and Fraser Reports, sous la direction deJ. Lowman, M. Jackson, T. Palys et S. Gavigan, Burnaby, C.-B., Simon Fraser University, 1986, p. 177-191.

Ce document porte sur le Rapport Badgley et certaines réponses législatives à la prostitution chez les jeunes d’un point de vue social général. L’auteur décrit le discours médico-légal, sociologique et psychologique pour situer le phénomène de la prostitution chez les jeunes dans le contexte familial. Il montre comment les dispositions de la loi qui touchent la prostitution juvénile ont toujours été inégales et discriminatoires tant dans leur esprit que dans leur application. Il reproche au Rapport Badgley de ne pas tenir compte de bon nombre des facteurs économiques généraux et sociaux qui font de la prostitution un point d’entrée important sur le marché du travail pour certains jeunes travailleurs. Ayant peu d’instruction et de compétences professionnelles, bien des jeunes se réfugient dans la rue et commencent à se prostituer pour survivre. La dernière partie du document montre que la violence sexuelle à l’endroit des enfants et la prostitution chez les jeunes sont abordées dans le cadre de la régulation professionnelle de la famille, qui ne tient pas compte des questions sociales et économiques importantes.

SULLIVAN, T. «Juvenile prostitution: A critical perspective» dans Deviance and the Family, Marriage and Family Review, sous la direction de F. Hagan et M. B. Sussman, vol. 12, nos 1 et 2, The Haworth Press, New York, 1988.

Il s’agit du même article paru dans Regulating Sex: An Anthology of Commentaries on the Findings and Recommendations of the Badgley and Fraser Reports, sous la direction de J. Lowman, M. Jackson, T. Palys et S. Gavigan, School of Criminology, Simon Fraser University, 1986.

SULLIVAN, T. Sexual Abuse and the Rights of Children: Reforming the Canadian Law, Toronto, University of Toronto Press, 1992.

Au Canada, pendant les années 1980, les infractions sexuelles contre les jeunes ont suscité une multitude de commentaires au sein du public et des professionnels. Dans cet ouvrage, Sullivan tente de conceptualiser les réformes du Code criminel (1988) introduites pour protéger les enfants de la violence et de l’exploitation sexuelles. Plus particulièrement, l’auteur pose la question suivante : Qui bénéficie des réformes du droit concernant la violence sexuelle à l’endroit des adolescents ? Il passe en revue les facteurs qui contribuent à faire de la violence sexuelle envers les enfants un problème social et il montre comment les réponses à la violence sexuelle à l’égard des enfants sont conceptualisées au sein d’un État providence professionnel et libéral. Le discours du Rapport Badgley, confirmé par la réforme législative, a tracé la voie à la réglementation du comportement sexuel des adolescents et des familles dans le contexte de la professionnalisation des relations sociales et familiales et à la reproduction sociale des familles pour consommer les services produits en aidant les professionnels dans l’économie de service post-industrielle. Après avoir examiné les limites de la réforme libérale, l’auteur explore plusieurs stratégies de rechange pour faire face à la prostitution juvénile.

SULLIVAN, T. R. «The challenge of HIV prevention among high-risk adolescents», Health and Social Work, vol. 21, 1996, p. 58-65.

Cet article porte sur les conclusions d’une étude auprès de 60 jeunes de la rue au sujet de leur connaissance du VIH et des comportements à risque à cet égard. Les participants ont été choisis en fonction d’au moins une des conditions suivantes : itinérance, homosexualité ou bisexualité, consommation d’alcool ou d’autres drogues, pratique de la prostitution. Les entrevues structurées (d’une durée de 20 minutes) ont porté sur les antécédents, la situation actuelle, la connaissance du VIH et la participation à des activités à risque élevé d’infection par le VIH. Les données révèlent des profils à risque élevé chez les jeunes socialement marginalisés. Des programmes d’éducation communautaires peuvent avoir une certaine incidence sur le comportement à risque inférieur parmi cette population. L’auteur définit les cofacteurs de risque à aborder (c.-à-d. sexualité et marginalisation) et il préconise des programmes d’éducation pour transformer les conditions d’existence des jeunes de la rue.