La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée
Annexe A : Bibliographie annotée (suite)
COLOMBIE-BRITANNIQUE. L’exploitation sexuelle des jeunes en Colombie-Britannique, Comité du sous-ministre adjoint sur la prostitution et l’exploitation sexuelle des jeunes, Ministère du Procureur général, Ministère des Enfants et de la Famille, Ministère de la Santé et Ministère responsable des Personnes âgées, 2000.
Ce rapport a été établi sous la direction d’un groupe de travail interministériel du Comité du sous-ministre adjoint sur la prostitution et l’exploitation sexuelle des jeunes. Le Comité a soutenu que des stratégies efficaces pour faire face à l’exploitation sexuelle des jeunes comprennent des stratégies de prévention, la satisfaction des besoins urgents des jeunes qui pratiquent le commerce du sexe, la réduction des risques pour la santé et des autres risques et l’élaboration de stratégies communautaires pour aider les jeunes à cesser de se prostituer. Ce rapport passe en revue la littérature et présente les résultats d’un examen des compétences et des consultations auprès des organismes autochtones. L’analyse documentaire révèle que bon nombre de jeunes victimes d’abus sexuels «…proviennent de familles économiquement défavorisées et présentant de multiples problèmes, qu’ils ont été victimes de violence sexuelle et physique pendant leur enfance et qu’ils ont quitté l’école et leur milieu familial à un âge précoce.»
Une fois dans la rue, certains jeunes, qui n’ont pas poursuivi leurs études et qui ont peu de compétences professionnelles, se livrent à la prostitution pour «survivre»
. Il y a peu d’études sur l’origine ethnique et d’autres facteurs de marginalisation et sur la prostitution à l’extérieur de la rue. L’examen des compétences (entrevues auprès des prestataires de services dans neuf collectivités de la C.-B.) a révélé que la prostitution constituait un problème dans sept des neuf collectivités. Des informateurs clés ont estimé que de 20 à 50 % du commerce du sexe chez les jeunes se pratique dans la rue et le reste dans les salons de massage, les bars de karaoké et les maisons de passe. Huit entrevues ont eu lieu auprès d’informateurs d’organismes autochtones. Selon les estimations, la proportion des prostitués autochtones allait de 14 à 60 % selon la collectivité consultée. D’après des informateurs, la plupart des jeunes Autochtones qui pratiquent le commerce du sexe travaillent dans la rue, et la plupart ont été victimes de violence physique et sexuelle pendant leur enfance et éprouvent des problèmes d’abus de l’alcool et d’autres drogues. Le rapport présente des suggestions pour le plan intégré du Groupe de travail sur la prostitution du SMA sur l’exploitation sexuelle des enfants et des jeunes.
COMITÉ SPÉCIAL D'ÉTUDE DE LA PORNOGRAPHIE ET DE LA PROSTITUTION (CSEPP). La pornographie et la prostitution au Canada, Ottawa, Ministère des Approvisionnements et Services, 1984.
Le gouvernement fédéral a créé le Comité spécial d'étude de la pornographie et de la prostitution (Comité Fraser) en raison de l’insatisfaction croissante à l’égard de la législation sur la prostitution et des préoccupations féministes au sujet de la pornographie. Le Comité Fraser a été chargé d’effectuer des recherches socio-juridiques pour examiner les problèmes liés à la pornographie et à la prostitution. En ce qui concerne la recherche et les recommandations relatives à la prostitution chez les jeunes, le Comité a renvoyé en grande partie au Comité Badgley, à une exception importante près : le comité Fraser n’était pas d’accord avec le Comité Badgley au sujet de la recommandation visant à imposer des sanctions criminelles aux jeunes prostitués afin de les empêcher de se prostituer. Le Comité Fraser soutenait que la création d’une infraction selon l’âge allait à l’encontre de l’esprit de la Loi sur les jeunes délinquants. Le Comité Fraser a recommandé d’adopter une loi criminalisant l’obtention ou la tentative d’obtention des services sexuels d’un jeune et des modifications à la loi sur l’achat de services sexuels afin de créer une infraction distincte concernant le fait de persuader ou de tromper une personne de moins de 18 ans pour qu’elle se prostitue. Le Comité a également formulé plusieurs recommandations pour améliorer les programmes de prévention, d’éducation et de services sociaux. Pour aider le Comité Fraser à s’acquitter de son mandat, le ministère de la Justice du Canada a commandé une série d’études qui ont servi de base au rapport Fraser. Voici les rapports sur la prostitution :
- KIEDROWSKI, J., JAN, S. et VAN DIJK, J. M. Pornographie et prostitution au Danemark, en France, en Allemagne de l’Ouest, aux Pays-Bas et en Suède, document de travail no 1, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- SANSFAÇON, D. Pornographie et prostitution aux États-Unis, document de travail no 2, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- SANSFAÇON, D. Accords et conventions des Nations Unies sur la pornographie et la prostitution, document de travail no 3, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- JAYEWARDENE, C. H. S., JULIANI, T. J. et TALBOT, C. K. Prostitution et pornographie dans certains pays, document de travail no4, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- EL KOMOS, M. Les journaux canadiens et la pornographie et la prostitution, 1978-1983, document de travail no 5, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- PEAT MARWICK ET ASSOCIÉS. Étude nationale de la population sur la pornographie et la prostitution, document de travail no6, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- HAUG, M. et CINI, M. La prostitution et la propagation des maladies transmises sexuellement, document de travail no 7, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- LOWMAN, J Rapport sur la prostitution à Vancouver, notes de recherche, 2 vol., document de travail no 8, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- LAUT, M. Rapport sur la prostitution dans les provinces des Prairies, document de travail, no 9, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- FLEISCHMAN, J. La prostitution en Ontario : Un aperçu, document de travail no 10, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- GEMME, R., MURPHY, A, BOURQUE, M., NEMEH, M. A. et PAYMENT, N. Rapport sur la prostitution au Québec, document de travail no 11, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
- CROOK, N. Rapport sur la prostitution dans les provinces de l'Atlantique, document de travail no 12, Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1984.
COMITÉ SUR LES INFRACTIONS SEXUELLES À L'ÉGARD DES ENFANTS ET DES JEUNES. Infractions sexuelles à l'égard des enfants, Ottawa, Ministère des Approvisionnements et Services Canada, 1984.
En 1981, le gouvernement canadien a créé le Comité sur les infractions sexuelles à l’égard des enfants et des jeunes (Comité Badgley) en réponse aux préoccupations que suscitait la violence sexuelle envers les jeunes. Parce qu’on croyait que le nombre de jeunes qui se livraient à la prostitution augmentait, la «prostitution juvénile»
a été incluse dans le mandat du Comité. Le Comité Badgley a été chargé d’examiner les sanctions juridiques pour aider à lutter contre la violence sexuelle à l’endroit des enfants et de formuler des recommandations pour protéger les enfants à risque. Le rapport final contenait 52 recommandations visant à combattre l’exploitation sexuelle des jeunes, y compris les conclusions et les recommandations que le Comité a formulées à la suite d’entrevues avec 229 jeunes prostitués. Le Comité a produit de nombreuses données biographiques sur les jeunes prostitués au Canada : par exemple, 27,6 % des jeunes filles et 13,1 % des garçons avaient moins de 16 ans; nombre de jeunes prostitués avaient fait une fugue pour quitter un milieu familial qu’ils jugeaient intolérables; beaucoup de jeunes prostitués de sexe masculin ont fait une fugue parce qu’ils étaient ridiculisés et ostracisés en raison de leurs préférences homosexuelles; la plupart des répondants étaient relativement peu instruits comparativement aux autres Canadiens du même âge, les services sociaux ne permettaient pas de procurer efficacement une protection et une aide inadéquate. Au moyen de l’Étude nationale sur la population, qui a servi de groupe de référence, le Comité a conclu que les jeunes prostitués n’ont pas subi plus d’agressions sexuelles pendant leur enfance que les autres jeunes Canadiens. Le Comité a formulé plusieurs recommandations pour faire face à la prostitution chez les jeunes, notamment : imposer des sanctions criminelles aux clients des jeunes prostitués, imposer des sanctions criminelles aux jeunes prostitués pour les inciter à renoncer à la prostitution et offrir des programmes de prévention et d’éducation pour réduire l’incidence de la prostitution juvénile.
COMMITTEE FOR SEXUALLY EXPLOITED YOUTH IN THE CRD. A Consultation with 75 Sexually Exploited Youth in the Capital Regional District (CRD) of British Columbia, Colombie-Britannique, Ministère du Procureur général, 1997.
En 1996, le Task Force on Sexually Exploited Youth (groupe de travail sur les jeunes victimes d’abus sexuels) à Victoria, en Colombie-Britannique, a chargé un «sous-groupe de recherche»
d’identifier les jeunes prostitués victimes d’abus sexuels et de présenter des données sur les besoins de cette population. Le sous-groupe de recherche visait à offrir à ces jeunes une tribune pour leur permettre de faire connaître leurs antécédents, leurs comportements et leurs expériences en matière de prostitution. Des questionnaires portant sur les aspects démographiques, le genre et la fréquence de l’échange de faveurs sexuelles, la violence, la sécurité et la prévention, la renonciation au commerce du sexe, les besoins en logement des jeunes victimes d’abus sexuels, la santé, l’utilisation de condoms, la consommation d’alcool et de drogues et les antécédents criminels ont été administrés à 75 répondants. L’étude révèle que l’âge moyen des jeunes qui commencent à se prostituer est de 15,5 ans. Nombre de répondants ont commencé à se prostituer pour subsister (c.-à-d. pour se loger, se nourrir et se vêtir), et bien des jeunes ont été victimes de violence physique et sexuelle de la part de clients et de souteneurs. L’étude fait état des problèmes causés par le manque de logements pour les jeunes prostitués victimes d’abus sexuels, l’aide insuffisante à la prise en charge des enfants; l’abus de l’alcool et d’autres drogues, la santé et l’accès aux soins de santé, la fréquentation de l’école, l’éducation, les compétences et la formation ainsi que le manque de soutien social.
CSAPO, M. «Juvenile prostitution», Canadian Journal of Special Education, vol. 2, no 2, 1986, p. 145-170.
Cet article fait la synthèse des renseignements sur la prostitution chez les jeunes produits par le Comité Badgley et le Comité Fraser, ainsi que d’autres rapports et documents connexes. L’auteure examine plusieurs sujets, dont les renseignements sur l’incidence de la prostitution juvénile, les caractéristiques des jeunes prostitués, les données sur les proxénètes et les clients, la loi visant à protéger les enfants et les jeunes et les solutions juridiques et sociales proposées pour lutter contre la prostitution chez les jeunes. Selon les recommandations, la combinaison de programmes d’éducation socio-juridiques constitue la façon la plus efficace d’aborder l’exploitation sexuelle des enfants et des jeunes.
CS/RESORS CONSULTING LIMITED, Research in Socio-Economic Research. Report of the Findings from the Evaluation of the Vancouver Action Plan (VAP), Vancouver, C.-B., Ministère des Services sociaux, 1996.
En 1994, le gouvernement de la Colombie-Britannique a lancé le Vancouver Action Plan (VAP), (Plan d’action de Vancouver), initiative communautaire de 1,9 millions de dollars visant à accroître les services sociaux à l’intention des jeunes de la rue victimes d’abus sexuels à Vancouver. Dans le cadre de cette étude d’évaluation, on a eu recours à de multiples sources de données pour effectuer des recherches sur l’efficience et l’efficacité du processus du VAP, les résultats des composantes de programme et les leçons à retenir de la conception et de la mise en œuvre des futurs partenariats de l’État et de la collectivité. Selon les chercheurs, l’approche communautaire du VAP et l’amélioration des services actuels constituent les points forts du processus. Parmi les problèmes associés au processus, mentionnons les préoccupations au sujet du financement et de la responsabilisation, la gestion du processus et la participation des intervenants et de la collectivité. Les évaluateurs ont conclu que le VAP s’est caractérisé par les principes et les intérêts opposés, les différences de personnalité et la lutte pour les ressources. Néanmoins, les auteurs croient que le VAP a aidé à établir des partenariats gouvernementaux et communautaires et à améliorer les services à l’intention des jeunes de la rue victimes d’abus sexuels. Les évaluateurs ont recommandé d’entreprendre à l’avenir des initiatives communautaires qui s’inspirent des principes des pratiques exemplaires.
CURRIE, S., LALIBERTIE, N., BIRD, S., ROSA, N., SPRING, C. Assessing
the Violence Against Street-Involved Women in the Downtown Eastside/Strathcona Community, 1995.
Les prostituées subissent de plus en plus la violence psychologique, physique et sexuelle. En 1993, une coalition d’organismes de service de Vancouver a entrepris une étude pour examiner les questions liées à la violence envers les femmes de la rue. Une équipe de recherche a facilité la tenue d’une série de discussions de groupes témoins (60 femmes de la rue) pour recueillir des renseignements sur les questions relatives à la victimisation. Les questions abordées dans ces discussions ont permis d’élaborer les questions de 85 entrevues approfondies. Les entrevues portaient sur les aspects démographiques, les services, le logement, l’alcool et d’autres drogues, le sida/VIH, la formation, la police et les services de police, les ordonnances d’injonction et les clients dangereux. Selon les constatations, la majorité des prostituées subissent la violence (sexuelle et physique) dans leur foyer et lorsqu’elles se livrent à la prostitution. Presque toutes les femmes (98 %) ont été victimes de violence en raison d’un client dangereux, et les jeunes prostituées risquaient plus d’être victimes de violence que les prostituées adultes. En outre, la plupart des prostituées n’ont pas accès à un logement adéquat, elles éprouvent des problèmes de consommation d’alcool et de drogues, elles se préoccupent du VIH/sida et elles ne possèdent pas les compétences nécessaires pour trouver un emploi. Le rapport recommande d’améliorer la santé et la sécurité des femmes dans la collectivité.
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