La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée
Annexe A : Bibliographie annotée (suite)
EARLS, C. et DAVID, H. «Male and female prostitution: A review», Annals of Sex Research, vol. 2, 1989, p. 5-28.
Des universitaires de diverses disciplines ont écrit au sujet de la prostitution masculine et féminine. La majorité de ces discussions interdisciplinaires visaient à cerner le phénomène de la prostitution en décrivant les caractéristiques psychosociales des prostitués. Ce document critique les ouvrages disponibles pour des raisons de méthodologie et de conception, c’est-à-dire 1) l’opérationalisation inadéquate des sous-types de prostitués; 2) les méthodes erronées de sélection des sujets; 3) les études qui comprennent des groupes de référence inappropriés; 4) des recherches distinctes et une théorie fondée sur le sexe de la personne qui se prostitue. En dépit de ces lacunes, les auteurs définissent plusieurs variables qui permettant d’établir une distinction entre les prostitués et les non-prostitués.
EARLS, C. et DAVID, H. «A psychosocial study of male prostitution», Archives of Sexual Behavior, vol. 18, 1989a, p. 401-419.
Les auteurs ont administré un questionnaire semi-structuré à 50 prostitués et 50 hommes non prostitués. Les sujets ont été appariés selon l’âge, le sexe et la situation socio-économique. Les questions portaient sur les antécédents familiaux, sexuels et criminels, les circonstances de la vie actuelles, la consommation d’alcool ou d’autres drogues et les pratiques sexuelles avec les clients. Trente-cinq des répondants ont fait l’objet de l’Inventaire de dépression de Beck et de la Tennessee Self-Concept Scale. Selon les données, les écarts entre les groupes ne corroborent pas les études précédentes sur les profils démographiques des hommes prostitués. Les auteurs soutiennent que les facteurs liés aux gains financiers, à l’homosexualité et aux expériences sexuelles précoces peuvent jouer un rôle plus important que les antécédents familiaux dans le fait de se prostituer.
EARLS, C. et DAVID, H. «Early family and sexual experiences of male and female prostitutes», Canada's Mental Health, vol. 37/38, no.1, décembre 1990, p. 7-11.
D’après des ouvrages de recherche de plus en plus nombreux, les prostitués ont grandi dans un milieu familial dysfonctionnel. Cependant, les auteurs de ces études ont utilisé des groupes de référence disproportionnés. Earls et David ont administré un questionnaire structuré (98 questions) à 100 hommes et 100 femmes, dont 50 hommes et 50 femmes qui se livraient à la prostitution. Les questions portaient sur les expériences familiales et sexuelles vécues pendant l’enfance. Selon les données, il n’y avait aucun écart important entre les prostitués et les non-prostitués en ce qui concerne le divorce et(ou) la séparation des parents, l’absence des parents ou le niveau de violence verbale. Toutefois, les prostituées avaient quitté leur milieu familial à un âge plus jeune et elles avaient subi plus de violence physique dans leur foyer que les autres femmes. Les prostitués avaient été témoins de plus de violence entre leurs parents et de problèmes de drogues et d’alcool chez les membres de leur famille et ils étaient plus susceptibles d’indiquer que leur premier partenaire sexuel était un homme. Les prostitués des deux sexes ont décrit leur milieu familial en des termes plus négatifs et ils étaient plus susceptibles d’avoir connu une interaction sexuelle avec un membre de leur famille. Les auteurs concluent que les facteurs liés au milieu familial peuvent être trop inclusifs et mal placés. Les expériences vécues dans le milieu familial peuvent plutôt contribuer à la prostitution comme solution de rechange économique; le fait de se prostituer semble résulter d’une fugue à un jeune âge, de la violence sexuelle subie pendant l’enfance et, chez les hommes, des préférences homosexuelles.
EDNEY, R. «The impact of sexual abuse on adolescent females who prostitute» dans Dead End: Homeless Teenagers, A Multi-Service Approach, M. Michaud, Calgary, Detselig Enterprises, 1988.
Cet article porte sur les questions suivantes : Pourquoi certains jeunes victimes de violence sexuelle commencent-ils à se prostituer ? Quelle est l’incidence de la violence sexuelle sur les jeunes qui se prostituent ? L’auteure met en contexte la violence sexuelle en examinant plusieurs variables structurelles sociales, dont les facteurs culturels, la famille, la socialisation sexuelle, les services sociaux et les écoles. Elle décrit l’incidence de la violence sexuelle sur l’estime de soi et l’état physique et mental de la victime. Dans l’ensemble, l’auteure soutient que la violence sexuelle à l’endroit des enfants est le reflet de la domination et du contrôle masculin. Les jeunes victimes de violence sexuelle éprouvent un sentiment de perte et d’estime de soi diminuée, ce qui peut les amener à poser des actes sexuels dans la rue.
EDNEY, R. J. The Relationship Between Sexual Abuse and Juvenile Prostitution in Females, unedited doctoral thesis, Colombie-Britannique, University of British Columbia, 1990.
Cette étude porte sur les entrevues menées auprès de 8 prostituées victimes de violence sexuelle. Les données narratives révèlent des facteurs socio-structurels et intrapsychiques qui ont influé sur la décision de la participante de commencer à se prostituer. L’auteure définit plusieurs facteurs socio-structurels ou le contexte culturel et social du développement pendant l’enfance (c.-à-d. facteurs culturels, stéréotypes professionnels en fonction du sexe, famille, écoles, réseaux sociaux, services sociaux, structure des emplois, croyances religieuses, violence sexuelle et prostitution). Elle définit les facteurs intrapsychiques comme étant l’aliénation, l’identité et le contrôle personnel. L’auteure a recours à la théorie de Sullivan (1984) sur l’interprétation critique pour examiner l’incidence de la structure sociale sur la vie, le comportement et les choix des répondantes. Selon cette étude, la violence sexuelle et les réponses des victimes à cette violence ont amené les jeunes filles à se prostituer. D’après les données, il y a un lien entre l’aliénation, la violence sexuelle et le fait de commencer à se prostituer chez un jeune. Les répondantes ont indiqué que leur contrôle personnel était restreint par les limites sociales imposées par les conditions structurelles sociales.
FIRME, T., GRINDER, R. et BARRETO, M. «Adolescent female prostitutes on the streets of Brazil: An exploratory investigation of ontological issues», Journal of Adolescent Research, vol. 6, 1991, p. 493-504.
Cette étude présente une description préliminaire des jeunes prostituées au Brésil. L’étude comprend des entrevues avec 21 jeunes prostituées qui font du racolage dans les rues de Porto Alegre au Brésil. Contrairement à la littérature des pays industrialisés selon laquelle il existe un lien entre le fait de commencer à se prostituer et la socialisation abusive, les auteurs de cette étude concluent qu’une partie des jeunes du Tiers-Monde sont attirés par la prostitution en raison des possibilités de gains financiers. Les auteurs estiment que la prostitution chez les adolescentes dans les pays du Tiers-Monde peut résulter davantage de «considérations économiques»
que de facteurs liés au stress social.
FLEISCHMAN, J. Violence Against Prostitutes in Halifax (1980-1994), Ottawa, Ministère de la Justice du Canada, 1995.
En décembre 1985, le gouvernement fédéral a adopté une loi criminalisant le racolage public aux fins de la prostitution. On s’est immédiatement inquiété du fait que cette loi obligerait les prostitués à pratiquer leur métier dans des endroits plus isolés et plus dangereux pour éviter d’être découverts par la police. Parrainée par le ministère de la Justice du Canada, cette étude examine s’il y a un rapport entre l’application de la loi sur le racolage et la violence envers les prostitués de la rue. Le plan du rapport comprend des constats de police, des données sur les homicides, des entrevues avec le personnel de la justice pénale et une analyse d’articles de journaux. Les sources décrivent de nombreux actes de violence commis par des souteneurs et des clients à l’endroit des prostitués. Cependant, selon la police, la Couronne, les avocats de la défense et les organismes sociaux, l’application du projet de loi C-49 (sur le racolage) n’a pas rendu plus dangereux le milieu de travail des prostitués de la rue.
GAETZ, S., O'GRADY, B. et VAILLANCOURT, B. Making Money: The Shout Clinic Report on Homeless Youth and Employment, Toronto, Central Toronto Community Health Centre, 1999.
Ce rapport porte sur les résultats de «recherche-action»
auprès de 360 jeunes sans-abri de Toronto. Selon les auteurs, la recherche-action participative consiste à faire participer ceux qui sont les sujets de la recherche à tous les aspects des travaux de recherche, dont la conception, la mise en œuvre et l’analyse du projet. L’étude visait à déterminer les besoins et les capacités des jeunes de la rue en matière d’emploi. Elle comprenait des sondages structurés et auto-administrés et des entrevues dirigées. L’échantillon de 360 jeunes (de sexe masculin à 64 %) a répondu au questionnaire auto-administré tandis que 20 jeunes ont participé aux entrevues dirigées. Les auteurs ont constaté qu’une majorité de jeunes avaient vécu dans un milieu familial «insupportable»
qu’ils avaient fui pour se réfugier dans la rue. La majorité des jeunes avaient subi de la violence physique, sexuelle et psychologique avant de faire une fugue ou d’être chassés de leur domicile. Dix pour cent de l’échantillon pratiquaient le commerce du sexe pour gagner de l’argent. Les auteurs soutiennent que les «…choix que font les jeunes de la rue pour survivre dépendent de la vie qu’ils ont vécue avant de se trouver dans la rue et qu’ils sont liés à leurs expériences dans la rue. Les jeunes qui semblent le plus désavantagés, selon leurs expériences antérieures et leur situation actuelle, s’adonnent généralement à des activités économiques gravitant autour de l’industrie du sexe. Le rapport formule des recommandations pour aider les jeunes à se trouver un emploi – et à quitter la rue.»
GARBARINO, J. «Meeting the needs of mistreated youth», Social Work, vol. 25, 1980, p. 122-126.
Cet article présente des renseignements et expose des théories sur la violence envers les adolescents en vue de recommander des stratégies pour répondre aux besoins des jeunes qui ont été maltraités lorsqu’ils avaient entre 12 et 18 ans. Selon les données nationales (États-Unis) des recueils de jurisprudence, les adolescents sont victimes de violence dans environ 50 % des cas signalés aux registres centraux des États. Selon les données, les jeunes victimes de violence font des fugues et peuvent s’adonner à la prostitution, devenir délinquants, faire des tentatives de suicide et abuser de l’alcool ou d’autres drogues. Par suite de leur participation à nombre de ces activités, ils ont souvent recours aux services sociaux et aux organismes de justice pour les jeunes. Bon nombre de ces jeunes éprouvent des problèmes à l’âge adulte et de la difficulté à jouer leur rôle parental en particulier. L’auteur préconise une approche faisant appel à des organismes multiples pour répondre aux besoins des jeunes maltraités, y compris le recours à des groupes d’entraide et d’auto-assistance et à d’autres initiatives communautaires.
GIBBS VAN BRUNSCHOT, E. et BRANNIGAN, A. Childhood Correlates of Career Prostitution, document inédit, 1992.
De nombreuses études explorent le lien entre la violence sexuelle à l'endroit des enfants et le fait de s’adonner à la prostitution. Après avoir examiné la littérature existante, Van Brunschot et Brannigan conviennent qu’il y a des preuves selon lesquelles il y a un lien entre la violence sexuelle et le fait de se prostituer par la suite; cependant ils font ressortir les divergences d’opinions considérables concernant la prévalence et la nature du lien. Cette étude utilise un modèle de choix de carrière pour la prostitution qui met l’accent sur les antécédents familiaux, les traumatismes personnels et les tendances déviantes comme facteurs contribuant à la prostitution. Les auteures ont procédé à des entrevues approfondies auprès de 18 prostituées adultes, 10 jeunes prostituées et 8 répondants masculins (dont un jeune). Un groupe témoin de 95 étudiants de niveau de base, de collèges préuniversitaires et universitaires ont rempli un questionnaire. Les auteures n’ont pas constaté d’écart différent par rapport aux études antérieures entre la violence sexuelle subie par les prostitués et les groupes témoins. Les coefficients les plus élevés associés à la prostitution étaient les antécédents criminels, les fugues, le fait d’avoir des enfants, la violence physique et les milieux familiaux non traditionnels.
GIBSON-AINYETTE, I., TEMPLER, D., BROWN, R. et VEACO, L. «Adolescent female prostitutes», Archives of Sexual Behaviour, vol. 17, 1988, p. 431-438.
Cette étude examine les caractéristiques et le comportement des adolescentes prostituées. Des instruments psychométriques et un inventaire du cycle de vie ont été administrés à un groupe d’adolescentes prostituées et à un groupe témoin d’adolescentes «normales». Les résultats des échelles cliniques révèlent que les adolescentes prostituées affichaient un niveau plus élevé de psychopathologie. Les prostituées risquaient plus d’exprimer des attitudes négatives à l’égard des hommes et d’avoir été inscrites à des cours spéciaux.
GODIN, R., MATHEWS, F. et METSON, J. (dir.). Does Anybody Care? Proceedings of the Follow-up Consultation on Juvenile (Adolescent) Prostitution, Children’s Aid Society of Halifax, Nouvelle-Écosse, 1990.
En 1987, le National Advisory Committee on Juvenile (Adolescent) Prostitution a rendu public son résumé des actes de la consultation nationale sur la prostitution juvénile. Ce document résume la «consultation de suivi»
qui a eu lieu en 1990 pour évaluer les modifications dans la politique, les services et la loi concernant la prostitution chez les jeunes. Quarante-cinq participants du processus initial ont été invités à participer à la consultation de suivi; des questionnaires ont été administrés pour recueillir des renseignements auprès des autres participants qui ne pouvaient pas assister à la séance de suivi. Cette consultation a révélé que peu de changements se sont produits dans le domaine de la prostitution chez les jeunes; il s’agit toujours d’une question grave caractérisée par des politiques et des services inadéquats, et les jeunes prostitués continuent d’être victimes de violence (avant de commencer à se prostituer et après qu’ils sont dans la rue) et d’éprouver divers problèmes de santé. Le document expose les étapes de la lutte contre la prostitution chez les jeunes et les mesures prises à cet égard.
GONSIOREK, J. C., BERA, W. H. et LETOURNEAU, D. Male Sexual Abuse: A Trilogy of Intervention Strategies, Thousand Oaks, Californie, Sage Publications, 1994.
Cet ouvrage a été rédigé pour présenter aux professionnels des services sociaux et de santé mentale les différentes possibilités d’intervention auprès des adolescents et des jeunes hommes victimes ou auteurs d’actes de violence sexuelle. Deux chapitres sont consacrés à la question de la prostitution chez les hommes (chapitres 8 et 9). Les auteurs examinent les effets de la prostitution et soutient que pour évaluer l’incidence de la prostitution, il faut tenir compte de trois variables : les expériences qu’ont vécues les sujets avant de commencer à se prostituer, l’importance et la durée de cette pratique et l’orientation sexuelle des individus. Les auteurs rejettent les explications classiques des causes amenant quelqu’un à commencer à se prostituer en soutenant qu’elles sont trop axées sur la pathologie et la déviance personnelles et qu’elles négligent les interactions sociales importantes. Les auteurs souscrivent au point de vue épousé par Mathews (1989), qui tient compte des diverses relations sociales. Il décrit également diverses méthodes de traitement et le modèle du «travail du jeune indifférent»
.
GOUVERNEMENT DE L'ALBERTA. Protection of Children Involved in Prostitution Act, communiqué de presse, mai 2000.
La Protection of Children Involved in Prostitution Act «reconnaît que les enfants qui se prostituent sont victimes de violence sexuelle»
. La loi protège les enfants en reconnaissant que les jeunes qui se livrent à la prostitution sont des victimes, en offrant un soutien communautaire aux jeunes qui veulent quitter la prostitution, en offrant des services de protection aux enfants qui ne veulent pas cesser de se prostituer et en permettant à la police et aux travailleurs sociaux qui s’occupent des enfants d’appréhender les enfants qui se livrent à la prostitution. Les enfants peuvent être détenus en isolement protecteur pendant 72 heures pour être évalués. De plus, la police peut arrêter les proxénètes et les clients qui recherchent les faveurs sexuelles des enfants.
GOUVERNEMENT DE L'ALBERTA. Government to Amend Law Protecting Children Involved in Prostitution, communiqué de presse, novembre 2001.
Le 21 novembre 2000, le gouvernement de l’Alberta a déposé les modifications à la Protection of Children Involved in Prostitution Act à l’Assemblée législative de l’Alberta. Ces modifications ont été présentées pour protéger les droits des enfants et leur permettre de recevoir des soins et un soutien supplémentaires. Les modifications porteront la durée de la détention de 72 heures à cinq jours. De plus, un directeur de la protection des enfants prostitués peut demander un maximum de deux périodes de détention supplémentaires pouvant durer jusqu’à 21 jours chacune. Cette période additionnelle permettra aux travailleurs sociaux de stabiliser l’enfant, d’aider à rompre le cycle de violence et de commencer le processus de récupération dans un milieu sûr et sécuritaire.
GRAY, D. «Turning-out: A study of teenage prostitution», Urban Life and Culture, vol. 1, 1973, p. 401-425.
Cette étude, réalisée à Seattle, État de Washington, entre août 1970 et juin 1971, porte sur les raisons pour lesquelles certaines adolescentes commencent à se prostituer. L’auteure fait l’historique du processus menant les adolescentes à commencer à se prostituer en procédant à des entrevues auprès de 21 prostituées adolescentes. Les données révèlent que bien des jeunes ont subi une «dépravation psychologique»
dans leur famille, à l’école et dans leur milieu de travail. Bon nombre font état d’un manque de renforcement social, qui débouche sur une aliénation par rapport aux milieux classiques et une exposition ultérieure à un «comportement peu courant»
. Toutes les participantes ont indiqué qu’elles connaissaient quelqu’un (un parent ou un ami) qui se livrait à la prostitution avant de commencer à pratiquer le commerce du sexe, ce qui leur a permis d’avoir accès à la «culture de la prostitution»
. L’auteure estime qu’il y a un lien entre le fait de se prostituer et son accessibilité et la capacité de susciter une acceptation sociale qui est absente dans d’autres domaines de la vie des jeunes. Elle décrit les relations avec les souteneurs et les clients comme étant tantôt violentes et brutales, tantôt de nature commerciale. Même si bon nombre des adolescentes ont des démêlés avec la justice et qu’elles rencontrent des clients et des souteneurs violents, il est difficile pour celles-ci de renoncer au commerce du sexe en raison des avantages sociaux et matériels qu’apporte la prostitution et de la demande qui existe dans une économie de marché.
* GREEN, R. «The sexual tourist and international law» dans Prostitution: On Whores, Hustlers and Johns, under the direction of J. E. Elias, V. L. Bullough, V. Elias et G. Brewer, New York, Prometheus Books, 1998, p. 466 – 473.
Il y a de nombreuses questions juridiques et éthiques liées aux lois sur le tourisme sexuel. Parmi les questions juridiques figure le manque d’uniformité entre les pays en ce qui concerne l’âge de nubilité. Une personne qui a des relations sexuelles avec un jeune d’un pays hôte peut commettre un crime dans son pays d’origine si l’âge de nubilité est plus élevé que dans le pays d’origine. Plusieurs problèmes empêchent de recueillir des données sur les infractions en matière de tourisme sexuel (p. ex., la qualité des témoins éventuels et le lieu de résidence du témoin et de l’accusé). Les questions éthiques comprennent le paternalisme possible des pays industrialisés qui tentent de corriger les injustices des pays du Tiers-Monde.
GREEN, A., DAY, S. et WARD, H. «Crack cocaine and prostitution in London in the 1990s», Sociology of Health and Illness, vol. 22, no 1, 2000, p. 27-39.
L’échange de services sexuels contre du crack suscite de plus en plus de préoccupations à Londres, en Angleterre. Cet article fait état des conclusions d’une étude sur la présence et l’incidence du crack dans l’industrie du sexe. Des entrevues ont eu lieu auprès de 37 femmes âgées de 16 à 42 ans (toutes, sauf une, s’adonnaient à la prostitution). Quatre-vingt-quatre pour cent des répondantes ont commencé à travailler dans l’industrie du sexe avant de commencer à consommer du crack. Au moment de commencer à se prostituer, elles avaient entre 12 et 37 ans. Dans l’ensemble, les entrevues auprès des femmes qui consommaient du crack et qui se prostituaient ont révélé que la consommation de drogues présente peu de difficultés pour bon nombre d’entre elles dans l’industrie, contrairement à la croyance générale. Cependant, beaucoup de répondantes estimaient que la consommation de crack augmentait leur vulnérabilité à un certain nombre de dangers comme l’exploitation, la violence et les pratiques sexuelles non protégées. Les femmes ont fait état de la difficulté qu’elles éprouvaient à l’occasion à faire la distinction entre la consommation de drogues à des fins récréatives et pour le travail. Même si aucune des femmes n’échangeait des services sexuels contre du crack exclusivement, bon nombre ont commencé à offrir des services sexuels aux fournisseurs de drogues et aux clients qui en consommaient. Le crack était présent dans tous les secteurs de l’industrie, et non pas uniquement dans celui de la prostitution de rue. Les auteures concluent que des codes professionnels établis (comme recevoir de l’argent en échange de services et l’utilisation de condoms) favoriseraient les initiatives de promotion de la santé pour les consommateurs de crack et les personnes qui commencent à pratiquer le commerce du sexe.
* GREEN, J. K., MULROY, S. et O’NEIL, M. «Young people and prostitution from a youth perspective» dans Child Prostitution in Britain, under the direction of D. Barret, Londres, GB, The Children’s Society, 1997.
Selon les auteurs, il existe des liens entre le milieu des services sociaux et le cadre législatif de la Grande-Bretagne et la pauvreté, l’itinérance et la prostitution chez les jeunes. Voici certaines des questions soulevées par les prestataires de services qui s’occupent des jeunes prostitués : préoccupations en matière de santé, incidence négative de la criminalisation et obstacles auxquels font face nombre de prostitués lorsqu’ils ont accès aux services. Les auteurs favorisent une approche faisant appel à des organismes multiples pour faire à la prostitution chez les jeunes ainsi que des mesures de bien-être social et de réduction des préjudices. Les articles portent également sur la nécessité d’effectuer plus de recherches, de mieux former les prestataires de services et de prendre des mesures pour cibler les agresseurs d’enfants.
GREENE, J. M., ENNETT, S. T. et RINGWALT, C. L. «Prevalence and correlates of survival sex among runaway and homeless youth», American Journal of Public Health, vol. 89, no 9, 1999, p. 1406-1409.
Les auteurs de cette étude examinent la prévalence et les corrélats du commerce du sexe de survie chez les jeunes fugueurs et itinérants. Des entrevues ont eu lieu auprès de 640 jeunes de refuges et de 528 jeunes de la rue dans diverses villes des États-Unis. L’étude montre que 27,5% de l’échantillon des jeunes de la rue et 9,5 % de l’échantillon des jeunes de refuges avaient déjà pratiqué le commerce du sexe de survie (qui se définit comme la vente de services sexuels pour subsister). Les auteurs ont établi une corrélation entre la durée de la période d’absence du foyer et la pratique du commerce du sexe de survie. En outre, les jeunes qui avaient été victimes de violence, qui avaient commis des actes criminels, qui avaient tenté de se suicider, qui avaient consommé ou qui consommaient des drogues, qui avaient contracté une MTS et qui avaient été enceintes risquaient plus de pratiquer le commerce du sexe de survie. Les auteurs soutiennent que la prostitution est une stratégie de survie économique et que la violence subie pendant l’enfance constitue un précurseur important de la participation au commerce du sexe de survie. Leurs conclusions font ressortir le besoin urgent d’établir des services intensifs et à long terme qui offrent des solutions de rechange au commerce du sexe pour répondre aux besoins économiques et des services de counseling et de traitement complets pour aider les jeunes qui éprouvent des problèmes de toxicomanie, de santé mentale et familiaux.
GROUPE DE TRAVAIL FÉDÉRAL-PROVINCIAL-TERRITORIAL SUR LA PROSTITUTION. Rapport et recommandations relative à la législation, aux politiques et aux pratiques concernant les activités liées à la prostitution, Ottawa, 1998.
En 1992, les sous-ministres responsables de la justice du gouvernement fédéral, des provinces et des territoires ont mis sur pied un groupe de travail sur la prostitution, ayant pour mandat d’examiner «la législation, les politiques et les pratiques concernant les activités liées à la prostitution, et de formuler des recommandations pour régler les problèmes posés par la prostitution»
. La prostitution chez les jeunes, la violence à l’endroit des prostitués et les préoccupations suscitées chez les habitants des quartiers par le commerce du sexe dans la rue étaient considérées comme les principaux sujets d’inquiétude. Le Groupe de travail a rendu publiques ses conclusions et recommandations en décembre 1998, dont plusieurs recommandations concernant la prostitution chez les jeunes. Le Groupe de travail a fait remarquer qu’il faut élaborer des stratégies d’intervention juridique et sociale pour combattre le commerce du sexe chez les jeunes, et il faut considérer que les jeunes ayant commis une infraction à l’article 213 doivent être traités comme des personnes ayant besoin d’assistance «et non comme des délinquants»
. Les autres recommandations concernant la prostitution chez les jeunes étaient les suivantes : la nécessité de sensibiliser davantage le personnel judiciaire à la «dynamique de la prostitution»
; modifier le paragraphe 212(4) pour qu’il soit plus facile pour la police d’arrêter les clients des jeunes prostitués; établir des programmes spéciaux de protection des témoins pour aider les jeunes prostitués à témoigner en justice contre les proxénètes et les clients; établir des protocoles interdisciplinaires concernant le bien-être des enfants, la police et la Couronne pour aborder le commerce du sexe chez les jeunes – approche qui fait appel au système de justice pénale comme mesure de dernier recours; mettre l’accent sur les mesures de rechange concernant les jeunes prostitués et améliorer les services (c.-à-d. éducation, prévention, réduction des préjudices et appui pour renoncer à la prostitution) à l’intention des jeunes qui se prostituent ou qui risquent de se livrer à la prostitution.
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