Vingt-cinq ans de la recherche sur les victimes au Canada

Par Jo-Anne Wemmers, Ph.D.

En 2000, j’ai commencé à travailler comme professeur de victimologie à l’École de criminologie de l’Université de Montréal. La même année, Montréal a été l’hôte du 10e Symposium international de victimologie, qui a réuni des experts de partout au Canada et du monde entier, et le Centre de la politique concernant les victimes a été créé dans le cadre de l’Initiative concernant les victimes d’actes criminels. Au cours des 25 dernières années, la recherche victimologique a considérablement évolué. Comme le rappelle le professeur Ezzat Fattah (2022), victimologue canadien de renom, la victimologie n’est pas un travail social, mais une science socialeaxée sur les victimes et les victimisations. Comme je l’illustrerai dans cet article, les progrès de la recherche victimologique ont rendu de plus en plus évident que la victimisation multiple est essentielle à la prévention du crime. S’appuyant sur ces développements, je soutiendrai que le soutien aux victimes n’est pas seulement un impératif moral, mais aussi un investissement stratégique dans la prévention du crime et la sécurité publique.

Recherche

En tant qu’universitaire qui fait de la recherche en victimologie depuis des décennies, j’ai été témoin de réalisations considérables dans la recherche sur les victimes au Canada. L’Enquête sociale générale (ESG) sur la victimisation, menée tous les cinq ans par Statistique Canada, est un outil clé pour comprendre la victimisation, qui interroge les Canadiens sur leurs expériences de victimisation au cours de la dernière année. Contrairement aux statistiques policières, ces données ne se limitent pas aux victimes qui signalent l’incident à la police, de sorte qu’elles fournissent des renseignements importants sur les expériences des victimes qui ne signalent pas leur victimisation à la police. Grâce aux enquêtes sur la victimisation, nous comprenons mieux les tendances de la victimisation, en particulier la victimisation multiple, qui désigne les personnes qui ont vécu plus d’un incident de victimisation. Il peut s’agir de répétitions du même crime (p. ex., voies de fait multiples) ou de différents types de victimisation (p. ex., violence sexuelle et vol personnel). Le fait de subir trois types de victimisation différents ou plus est appelé polyvictimisation (Finkelhor et autres, 2007; Cyr et al., 2013). Les effets du traumatisme sont cumulatifs. La polyvictimisation est associée à des niveaux de traumatisme plus élevés que toute autre forme de victimisation, comme la violence sexuelle (Finkelhor et coll., 2007; Cyr et al., 2013). Ainsi, une personne qui fait l’expérience de ce qui peut sembler, objectivement, être un crime mineur peut subir un traumatisme considérable si, par exemple, elle est encore aux prises avec le traumatisme causé par des victimisations antérieures.

De plus, le fait d’être victimisé augmente le risque d’être victimisé à nouveau à l’avenir (Perreault, Sauvé et Burns, 2010; Herman 2010). Les conséquences de la victimisation, comme le traumatisme, l’anxiété et la dissociation, peuvent rendre les individus plus vulnérables et devenir une cible attrayante pour les criminels motivés. Si elle n’est pas abordée, la victimisation peut créer une spirale négative dans laquelle une personne devient de plus en plus vulnérable et a besoin de soutien. En raison de la victimisation répétée, une petite partie de la population est confrontée à de nombreux actes criminels (Herman, 2010). Par exemple, les Canadiens qui ont déclaré avoir été victimes de plus d’un crime violent au cours des 12 mois précédents ne représentaient que 2 % de la population, mais avaient été victimes de 60 % de tous les crimes violents (Perreault, Sauvé et Burns, 2010).

Pour des raisons pratiques et éthiques, l’ESG sur la victimisation est limitée aux personnes âgées de 15 ans et plus, ce qui signifie que les expériences de victimisation des enfants restent souvent cachées. Cependant, au cours des dernières années, l’enquête de victimisation a demandé aux répondants s’ils avaient été victimes de violence avant l’âge de 15 ans. Bien que cette question ne donne aucun aperçu du volume de victimisation actuellement subie par les enfants de moins de 15 ans au Canada, elle nous aide à comprendre l’impact de la victimisation et la façon dont elle augmente le risque d’être victimisée à l’avenir. La maltraitance subie pendant l’enfance, y compris la violence sexuelle et physique, le fait d’être témoin de violence à la maison, les pratiques parentales sévères et la négligence pendant l’enfance, augmente la probabilité d’être victime de violence à l’âge adulte (Cotter, 2021). Les facteurs de risque associés à la victimisation, comme les problèmes de santé mentale, les dépendances et les périodes d’itinérance, peuvent être le résultat d’expériences antérieures de victimisation (Cotter, 2021). L’intersectionnalité nous rappelle que ces facteurs ont des effets cumulatifs, rendant les individus de plus en plus vulnérables (Crenshaw 2013). L’impact de la victimisation, en particulier pendant l’enfance, souligne l’importance d’assurer l’accès à un soutien adéquat aux victimes pour favoriser la guérison.

Bien que des enquêtes sur la victimisation aient été menées régulièrement au Canada depuis les années 1980, ce n’est que récemment qu’elles ont inclus les territoires. Il couvre désormais l’ensemble du pays. Les territoires abritent de nombreux peuples autochtones, et l’élargissement de l’enquête a révélé que les peuples autochtones du Canada ont connu des niveaux élevés de victimisation. Par exemple, le risque de victimisation avec violence chez les femmes autochtones est trois fois plus élevé que chez les femmes non autochtones au Canada (Perreault, 2022). Pendant des années, les communautés autochtones ont décrié les niveaux élevés de victimisation dont les peuples autochtones ont été victimes. Cependant, en l’absence de données, leurs appels à l’action n’ont pas toujours été entendus. L’enquête fournit maintenant des renseignements plus complets sur la victimisation au Canada. Ses conclusions attirent notre attention sur la nécessité de s’attaquer à la violence structurelle, aux facteurs structurels enracinés dans la société et les institutions publiques qui augmentent le risque de victimisation, comme celui vécu par les peuples autochtones (Cotter, 2022).

L’enquête sur la victimisation permet également de savoir si les victimes signalent leur victimisation à la police et pourquoi. Au Canada, la plupart des victimes ne signalent pas leur victimisation à la police. En 2019, seulement 29 % des victimes ont déclaré avoir signalé leur incident à la police, ce qui représente une baisse considérable par rapport à 37 % en 1999 (Cotter, 2021; Wemmers 2017b). Le taux de signalement est encore plus faible pour certains types de victimisation, comme la violence sexuelle : seulement 6 % des incidents en 2019 ont été portés à l’attention de la police (Cotter, 2021). Le fait de ne pas signaler l’incident à la police peut nuire à la sécurité publique et à la sécurité de la victime. Le signalement à la police est associé à une diminution du nombre de victimisations futures (Ranapurwala, Berg et Casteel, 2016). Cela peut être dû à l’intervention de la police ou au fait que les victimes ont un meilleur accès aux services de soutien lorsqu’elles signalent un crime à la police.

Droits et services

La victimisation multiple met en évidence la responsabilité du gouvernement de veiller à ce que les victimes de partout au Canada aient accès à une aide adéquate pour favoriser la guérison et réduire leur risque d’être revictimisées. Le Canada est fier d’avoir un système national de soins de santé et, même si notre système n’est pas parfait, les victimes peuvent recevoir des traitements si elles subissent des blessures physiques. Cependant, lorsque les victimes subissent des blessures psychologiques, il peut être difficile d’obtenir une aide adéquate parce que la santé mentale n’est pas incluse dans notre système de santé et que les services communautaires d’aide aux victimes sont généralement sous-financés et surchargés (Zota et coll., sous presse). Les programmes d’indemnisation des victimes sont essentiels pour s’assurer que les victimes peuvent accéder à des services de soutien, tels que des médicaments sur ordonnance, de la physiothérapie et du counseling. Ces programmes ont vu le jour au Canada à la fin des années 1960 et, en 1992, ils avaient été établis dans toutes les provinces et tous les territoires (Wemmers, 2021). Cependant, le gouvernement fédéral a mis fin au partage des coûts de ces programmes en 1993, ce qui a incité les provinces et les territoires à réduire ou à éliminer leurs programmes d’indemnisation. N’étant plus en mesure de se permettre de financer leurs programmes, Terre-Neuve-et-Labrador et les territoires y ont mis fin.

Depuis 2000, le gouvernement fédéral a mis en place deux nouveaux programmes d’indemnisation pour des groupes particuliers de victimes, mais aucun pour les victimes d’actes criminels en général. En 2007, le gouvernement fédéral a instauré l’Aide financière aux Canadiens victimes d’actes criminels à l’étranger, qui offre une aide financière limitée aux Canadiens victimes d’actes criminels à l’étranger et à leur famille. En 2013, il a instauré le soutien du revenu fédéral pour les parents d’enfants assassinés ou disparus. Cette prestation fonctionne comme l’assurance-emploi. Il offre un soutien du revenu aux parents et aux tuteurs légaux qui ont perdu un revenu parce qu’ils se sont absentés du travail pour faire face au décès ou à la disparition de leur enfant ou de leurs enfants en raison d’une infraction probable au Code criminel. Bien que ces nouveaux programmes fédéraux soient offerts partout au pays, l’accès global aux programmes d’indemnisation des victimes n’est offert que dans neuf des 13 administrations. Par conséquent, le Canada ne respecte plus les normes de base des Nations Unies pour les victimes d’actes criminels et d’abus de pouvoir (Wemmers 2021; 2024). Le fait de ne pas avoir accès à de tels programmes pose un défi majeur aux victimes, qui pourraient autrement être incapables d’obtenir les services dont elles ont besoin pour soutenir leur guérison. Le fait de savoir que les victimes courent un risque accru d’être revictimisées oblige la société, en particulier les gouvernements, à prévenir la victimisation multiple et à investir dans les services aux victimes.

La réticence des victimes à s’engager dans le système de justice pénale et à signaler l’incident à la police complique encore la question. Les personnes qui ont été victimes de victimisation ont tendance à avoir moins confiance en la police que celles qui n’en ont pas été victimes (Cotter, 2021). Lorsqu’elles s’engagent dans le système de justice pénale, les victimes sont souvent déçues, désillusionnées et surprises de voir à quel point elles comptent peu dans le processus de justice pénale (Herman, 2003). Les victimes cherchent à être reconnues et soutenues dans ce processus, mais elles ont été et, à bien des égards, sont toujours, la partie oubliée. Ils se tournent souvent vers le procureur de la République pour représenter leurs intérêts, mais le procureur n’est pas l’avocat de la victime; Ils représentent l’État. Lorsque les victimes sont confrontées à des réactions antipathiques et ne sont pas soutenues, elles font l’expérience d’une victimisation secondaire (Wemmers, 2017b). La victimisation secondaire nuit à la guérison, augmente l’anxiété des victimes et ralentit leur rétablissement (Wemmers, 2013).

Depuis 2000, plusieurs tentatives ont été faites pour améliorer le statut juridique des victimes au Canada et leur donner des droits exécutoires. À la suite de la décision ingénieuse rendue par le juge Gerald Day de la Cour de justice de l’Ontario en 1999 selon laquelle des droits sans recours ne sont pas des droits et que « l’Assemblée législative n’avait pas l’intention que la Charte des droits des victimes accorde des droits aux victimes d’actes criminels »Note de bas de page 4 (Chwialkowska, 1999), en 2003, les ministres fédéral, provinciaux et territoriaux de la Justice ont approuvé une version révisée de la Déclaration canadienne des principes fondamentaux de justice relatifs aux victimes d’actes criminels de 1988. La nouvelle déclaration canadienne correspondait à la plupart du contenu de la précédente, sauf qu’elle n’incluait plus l’obligation pour les victimes de coopérer avec les autorités judiciaires et qu’elle ne contenait plus de détails sur les recours que la déclaration de 1988. Il ne faisait qu’incarner une liste de bonnes intentions pour les victimes sans leur accorder de véritables droits. En 2015, le gouvernement fédéral a présenté la Charte canadienne des droits des victimes (CCDV). Contrairement aux déclarations canadiennes précédentes, la CCDV comprend une section sur les recours (art. 25 et 26). Cependant, il ne va pas jusqu’à fournir aux victimes des droits exécutoires (Campbell 2015). Des droits exécutoires pourraient effectivement changer la culture juridique du Canada, qui a résisté à l’idée de laisser de la place aux victimes (Young et Dhanjal, 2021). Une fois que les victimes ont des droits de recours, elles peuvent engager un représentant juridique pour représenter leurs intérêts et s’assurer que leurs droits sont respectés. À l’heure actuelle, sauf dans les cas mettant en cause des dossiers de tiers et des requêtes relatives aux antécédents sexuels dans les procès pour agression sexuelle, les victimes ne sont ni parties ni participants au processus de justice pénale. Les victimes accordent de l’importance à la prévention et, lorsqu’elles signalent leurs expériences à la police, c’est souvent dans l’espoir d’empêcher que cela ne se reproduise, que ce soit à elles-mêmes ou à d’autres personnes (Cotter, 2021; Ranapurwala, Berg et Casteel 2016). Le fait de traiter les victimes dans le respect de leurs droits peut contribuer à favoriser la guérison et à rétablir la confiance dans le système de justice pénale (Wemmers et Cyr, 2006; Wemmers et al., 2013).

Outre les poursuites pénales, il est important d’envisager également la justice réparatrice pour les victimes. Au cours des trois dernières décennies, j’ai étudié la justice réparatrice à travers le prisme des victimes et j’ai observé sa popularité fluctuante, en fonction de la politique et des ressources. Certaines provinces, comme la Nouvelle-Écosse et le Québec, ont catégoriquement exclu les cas de violence sexuelle des programmes de justice réparatrice. Alimenté par le mouvement #MeToo, qui a mis en évidence l’inefficacité du système de justice pénale en réponse à la violence sexuelle, l’intérêt pour les pratiques réparatrices centrées sur les victimes s’est accru (Nelund, 2015; Wemmers, 2017a; Parent et al., 2022; Burnett et Gray, 2023). Les pratiques réparatrices (PR) font référence à une vaste catégorie de programmes, qui comprennent des éléments de la JR. Les victimes qui participent à la RP sont généralement très satisfaites (Van Camp, 2014; Wemmers et al., 2022). Bien que les pratiques réparatrices aient le potentiel de répondre à de nombreux besoins des victimes, comme la reconnaissance et la promotion de la guérison, certains victimologues craignent que la justice réparatrice ne risque d’utiliser les victimes pour servir ses propres objectifs, tout comme le fait le système de justice pénale (Green, 2006). Les gouvernements créent souvent des programmes de justice réparatrice pour réduire la charge de travail devant les tribunaux (c.-à-d. des programmes de déjudiciarisation). Cela expose les victimes au risque d’être utilisées pour atteindre des objectifs de justice pénale, et non des objectifs des victimes. Par exemple, ces programmes sélectionneront les affaires en fonction des critères de sélection du système de justice pénale plutôt que des besoins exprimés par les victimes. La justice réparatrice n’est pas une panacée, et lorsqu’elle est utilisée pour répondre aux besoins du système de justice, plutôt que de répondre aux besoins des victimes, elle reproduit bon nombre des problèmes auxquels les victimes sont déjà confrontées dans le système de justice pénale, comme la victimisation secondaire. L’approche centrée sur la victime consiste à dissocier les besoins des victimes des autres « parties intéressées », tout en respectant les droits de toutes les personnes concernées (Green, 2006; Hughes, 2024). La RP centrée sur la victime met l’accent sur la guérison ou la réparation des torts causés aux victimes et de leurs relations avec les autres (Van Camp, 2014; Wemmers 2017b). Les RP centrées sur la Victim ne sont donc pas simplement un outil supplémentaire dans la boîte à outils de la justice pénale, mais un outil de soutien aux victimes (Van Camp et Wemmers, 2016; Llewellyn et al., 2015).

La recherche sur les traumatismes a également fait d’énormes progrès. Non seulement les victimes, mais aussi les professionnels qui travaillent avec elles – tels que les travailleurs d’aide aux victimes, ainsi que la police et les procureurs – risquent de développer un traumatisme. Ils peuvent éprouver une détresse psychologique en raison de leur travail et, dans les cas graves, peuvent être traumatisés et souffrir d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) (Leclerc et al. 2019). Le stress traumatique secondaire (STS) se produit lorsque les individus sont exposés de manière répétée aux détails aversifs des expériences traumatisantes des autres (Brend 2014). Le droit tenant compte des traumatismes soutient que les praticiens et les systèmes juridiques doivent être conscients de l’impact du traumatisme sur le comportement humain, y compris son impact sur la mémoire et le rappel des événements, afin de ne pas exacerber la souffrance des victimes et de les traumatiser à nouveau ou de les victimiser à nouveau (Haskell et Randall, 2019). Les approches tenant compte des traumatismes visent deux objectifs primordiaux : 1) placer l’expérience traumatisante du client au cœur des préoccupations de l’avocat, ce qui réduit le risque de victimisation secondaire des victimes et améliore leur confiance dans l’administration de la justice (Paulson et coll., 2023; Haskell et Randall, 2019); 2) attirer l’attention de l’avocat sur sa propre expérience du traumatisme, qu’il soit direct ou indirect. La reconnaissance et l’intervention précoces peuvent aider à prévenir le TSPT et à favoriser la résilience (Brend, 2014).

Impatient

La recherche victimologique a considérablement progressé au cours des 25 dernières années. Les enquêtes sur la victimisation comme l’ESG nous ont permis de mieux comprendre les risques de victimisation, en particulier la victimisation multiple. L’impact de la victimisation, en particulier pendant l’enfance, peut accroître la vulnérabilité d’une personne, d’où l’importance d’assurer l’accès à un soutien adéquat aux victimes. Toutefois, l’enquête devrait être menée plus souvent que tous les cinq ans – par exemple, tous les deux ans – et devrait inclure une enquête sur la victimisation juvénile chez les enfants et les jeunes. Cela nous permettrait de mieux comprendre les tendances de la victimisation et de réagir plus rapidement aux changements.

Les lacunes dans l’accès aux services d’aide aux victimes restent une préoccupation urgente. Les programmes d’indemnisation des victimes fournissent un financement essentiel pour payer les services de counseling professionnel, mais ils ne sont pas offerts à toutes les victimes du pays. La victimisation multiple attire notre attention sur l’obligation de la société de protéger les victimes. Cela signifie investir dans les droits et les services aux victimes. Il est essentiel de combler les lacunes existantes en matière d’accès aux services pour favoriser la guérison des victimes, réduire leur vulnérabilité et éviter qu’elles ne soient à nouveau victimisées à l’avenir. Le soutien aux victimes permet non seulement aux gouvernements de remplir leurs obligations morales envers les victimes, mais aussi de constituer un investissement stratégique dans la prévention du crime et la sécurité publique.

La sécurité publique va au-delà de la poursuite criminelle des délinquants et comprend la prévention. La réduction de la victimisation multiple peut réduire considérablement les taux de criminalité au Canada. Cependant, d’autres recherches sont nécessaires pour mieux comprendre la relation entre la victimisation multiple, les facteurs ancrés dans la société et les institutions publiques qui augmentent le risque de victimisation d’une personne, et le rôle du soutien aux victimes. Ensuite, nous devons appliquer ces connaissances pour soulager la souffrance, prévenir la revictimisation et améliorer la sécurité publique.

Dans mon rôle actuel de vice-présidente de la Société mondiale de victimologie, je suis ravie que Montréal accueille à nouveau le Symposium international de victimologie en 2027. Cet événement représente une occasion précieuse pour le Canada de mettre en valeur son expertise en recherche victimologie sur la scène mondiale.

Références