Précis des faits

Victimisation des femmes et filles autochtones

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Juillet 2017

Division de la recherche et de la statistique

Violence envers les femmes et filles autochtones

Les femmes et filles de la société canadienne en général font face à un risque inacceptable de violence, en particulier de la part de leurs partenaires intimes, mais les recherches démontrent que les femmes et filles autochtones auto-déclarent des taux beaucoup plus élevés de victimisation violente.Note de bas de la page 1

Le taux auto-déclaré d’agression sexuelle chez les femmes autochtones est plus de trois fois supérieur au taux chez les femmes non autochtones.

Selon l’Enquête sociale générale (ESG) de 2014 sur la victimisationNote de bas de la page 2, le taux auto-déclaré d’agression sexuelle des Autochtones (58ENote de bas de la page 3 par 1 000) est presque trois fois supérieur à celui des non-Autochtones (20 par 1 000). Le taux auto-déclaré d’agression sexuelle des femmes autochtones (113ENote de bas de la page 4 par 1 000) est plus de trois fois supérieur à celui des femmes non autochtones (35 par 1 000).

Le taux auto-déclaré de mauvais traitements chez les filles autochtones avant l’âge de 15 ans est presque trois fois supérieur à celui qui s’applique aux garçons autochtones

Une proportion plus élevée d’Autochtones que de non-Autochtones auto-déclarent avoir été victimes de mauvais traitements physique ou sexuelle avant l’âge de 15 ans (40 % et 29 % respectivement). Plus précisément, une plus grande proportion de filles autochtones (14 %) que de garçons autochtones (5 %E) auto-déclarent avoir subi des mauvais traitements physiques et sexuels avant l’âge de 15 ans.Note de bas de la page 5

La violence entre partenaires intimes auto-déclarée chez les femmes autochtones est trois fois plus importante que chez les femmes non autochtones

L’ESG de 2014Note de bas de la page 6 indique que 10 %E des femmes autochtones auto-déclarent avoir été agressées par leur conjoint actuel ou un ex-conjoint au cours des cinq dernières années alors que 3 % des femmes non autochtones auto-déclarent avoir été victimes de telles agressions.Note de bas de la page 7 La proportion des cas de violence entre partenaires intimes (VPI) contre les femmes autochtones était presque deux fois plus élevée dans les territoires (19 %) que dans les provinces (10 %E).

Les blessures liées à la VPI auto-déclarée sont plus fréquentes pour les femmes autochtones qui en sont victimes

Selon l’ESG de 2014 sur la victimisationNote de bas de la page 8, les blessures liées à la VPI auto-déclarée sont plus fréquentes pour les femmes autochtones (51 %) que pour les femmes non autochtones (39 %) qui en sont victimes. Parmi les femmes autochtones qui en sont victimes, presque la moitié (56 %E) d’entre elles auto-déclarent avoir subi des formes plus graves de VPI (c.-à-d. que ces victimes ont été agressées sexuellement, battues, étranglées ou menacées avec une arme à feu ou un couteau).

Les femmes autochtones victimes de VPI sont plus susceptibles de craindre pour leur vie

L’ESG de 2014Note de bas de la page 9 souligne également que les femmes autochtones (53 %E) sont plus susceptibles que les femmes non autochtones (29 %) victimes de VPI de craindre pour leur vie.Note de bas de la page 10 Les femmes autochtones (25 %) sont aussi plus susceptibles que les femmes non autochtones (13 %) d’auto-déclarer de la violence psychologiqueNote de bas de la page 11 ou de l’exploitation financièreNote de bas de la page 12 de la part de leur conjoint actuel ou d’un ex-conjoint. Dans un peu plus que neuf cas sur dix (96 %), les femmes autochtones victimes de violence physique auto-déclarent aussi être victimes de violence psychologique ou d’exploitation financière.

La fréquence (auto-déclaration) des abus subis par les mères autochtones est plus grande que celle des abus subis par les mères non autochtones

Daoud et coll. (2012)Note de bas de la page 13 démontre que la fréquence des abus auto-déclarés envers des mères autochtones (31 %) est plus grande que celle des abus auto-déclarés envers des mères non autochtones (12 %). Les auteurs de ces abus sont plus souvent les partenaires, conjoints ou amoureux de ces femmes. Cette étude démontre également que la proportion des mères monoparentalesNote de bas de la page 14 qui subissent des abus est plus élevée (35 %). Une autre étude réalisée par Daoud et coll. (2013)Note de bas de la page 15 indique que près d’un tiers (31 %) des mères autochtones auto-déclarent avoir été victimes d’abus et que 16 % d’entre elles auto-déclarent avoir été victimes de violence entre partenaire intimes (VPI)Note de bas de la page 16, alors que 12 % des mères non autochtones auto-déclarent avoir été victimes d’abus et que 6 % d’entre elles auto-déclarent avoir été victimes de VPI en particulier.

La VPI peut s’intensifier après une séparation

Il est commun que la VPI s’intensifie après une séparation. Une étude réalisée par Pedersen et coll. (2013)Note de bas de la page 17 indique que 22 % des femmes autochtones auto-déclarent avoir été victimes de VPI après leur séparation, alors que seulement 7 % des femmes non autochtones auto-déclarent avoir été victimes de VPI dans les cinq ans suivant leur séparation. Les résultats de cette étude démontrent que le contrôle coercitifNote de bas de la page 18 et l’âge sont des facteurs prédominants qui expliquent les écarts en matière de VPI après la séparation entre les femmes autochtones et les femmes non autochtones. L’étude démontre que les femmes autochtones subissent un contrôle coercitif plus grand que les femmes non autochtones, et que plus d’entre elles étaient plus jeunes que les non autochtones.

Environ un tiers des femmes autochtones victimes de VPI communiquent avec un service officiel d’aide aux victimes

L’ESG de 2014 sur la victimisationNote de bas de la page 19 démontre que 71 % des femmes autochtones victimes de VPI ont contacté un service officiel d’aide aux victimes. L’Enquête sur les maisons d’hébergement (EMH) de 2013-2014Note de bas de la page 20 indique qu’un total de 5 % de tous les refuges sont situés dans les réserves. De plus, plus de la moitié (63 %) des refuges au Canada déclarent offrir des services pertinents aux différences culturelles aux femmes autochtones, 46 % déclarent offrir des services pertinents aux différences culturelles aux enfants autochtones et 21 % déclarent offrir des services dans au moins une langue autochtone (principalement en langue crie, ojibwa ou inuktitut). Même si l’EMH ne recueille pas de données sur l’identité autochtone de ses clients, un plus grand nombre de cas ont été admis dans les territoires et dans les provinces de l’Ouest. Une EMH antérieure (2005-2006)Note de bas de la page 21 avait recueilli des données sur la nature et l’utilisation des refuges situés dans les réserves. Les installations dans les réserves étaient deux fois plus susceptibles d’offrir des services d’urgence que les installations hors réserve. De plus, la clientèle des refuges des réserves était plus susceptible que la clientèle des refuges hors réserve d’avoir déjà utilisé les services d’un refuge. Enfin, même si la majorité des femmes des refuges, dans les réserves et hors réserve, fuient une forme ou une autre de violence, la proportion des femmes fuyant une forme de violence dans les réserves est légèrement plus élevée qu’à l’extérieur des réserves (78 % et 73 %, respectivement).

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