Régimes d’immigration et restrictions liées aux déplacements des personnes noires

La politique d’immigration, combinée à la ségrégation nationale, a contribué à restreindre les déplacements des personnes noires. Malgré le discours public valorisant les traditions antiesclavagistes du Canada et, par la suite, sa tolérance multiculturelle, les responsables fédéraux ont appliqué diverses politiques d’exclusion. Celles-ci reposaient notamment sur des euphémismes pseudoscientifiques, comme l’interdiction d’admettre toute personne immigrante considérée comme « inadaptée au climat », prévue à l’article 38 de la Loi concernant l’Immigration de 1910, ainsi que sur des mesures de dissuasion frontalières et des contrôles médicaux discrétionnaires (Calliste, 1994; Maynard, 2025). Il en a découlé un projet démographique favorisant les colons blancs et reléguant la migration noire à une réalité exceptionnelle, précaire et sous surveillance. On en retrouve aujourd’hui les prolongements dans les pratiques discrétionnaires d’application de la loi, de détention et d’expulsion, qui dissuadent les familles, dont le statut migratoire est précaire, de signaler des crimes et de coopérer avec les autorités à la suite d’un homicide.