Rapport sur les résultats ministériels 2018–2019
Tableaux de renseignements supplémentaires
ACS+
Structures de gouvernance
La Politique révisée du ministère sur l’Analyse comparative entre les sexes (2017) réitère sa volonté de s’assurer que ses activités contribuent à l’atteinte de résultats équitables pour divers groupes de femmes, d’hommes et de personnes ayant d’autres identités de genre. Pour veiller à l’intégration de l’ACS+ dans les processus décisionnels, la Politique :
- exige que les représentants du Ministère de tous les secteurs confondus suivent le cours sur l’ACS+, appliquent l’ACS+ et s’assurent que leur travail tient compte des divers besoins de différents groupes de personnes.
- énonce les principes directeurs de l’ACS+ selon lesquels cette analyse doit être intégrée et systématique et tenir compte des données probantes ainsi que des normes sociales en évolution.
- recommande que l’ACS+ soit effectuée à chaque étape clé des projets et que les résultats et effets sur les initiatives soient clairement documentés.
- établit des obligations de reddition de compte et des responsabilités pour tous les représentants du Ministère. Les sous-ministres adjoints sont chargés de veiller à ce que leurs employés suivent une formation sur l’ACS+ et l’intègrent à leur travail. Plus de 80 % des employés du ministère de la Justice du Canada ont suivi la formation obligatoire sur l’ACS+.
L’unité de l’ACS+ est le premier point de contact en ce qui concerne l’ACS+ au Ministère. Voici quelques-unes de ses responsabilités :
- appuyer le champion de l’ACS+ du Ministère;
- accroître la capacité du ministère de la Justice en matière d’ACS+ en sensibilisant les employés à cet égard et en leur offrant des outils, des séances d’information et des ressources pour les aider à mieux comprendre l’ACS+ et les moyens à prendre pour l’intégrer dans leurs activités professionnelles;
- donner des conseils et des orientations sur la façon d’intégrer l’ACS+ dans des initiatives précises menées par des collègues au ministère de la Justice;
- assurer la liaison au sein du ministère de la Justice et avec d’autres ministères fédéraux pour favoriser des approches cohérentes, d’excellente qualité et concertées en matière d’ACS+ dans l’ensemble de l’administration fédérale.
Le processus de préparation des mémoires au Cabinet du ministère ainsi que la liste de vérification des considérations stratégiques tiennent compte de l’ACS+ et favorisent l’intégration de cet outil dans le processus décisionnel. Les mémoires préparés par le Ministère sont revus afin de confirmer que l’ACS+ est prise en compte.
Le projet des indicateurs de l’ACS+ du ministère de la Justice du Canada, lancé en 2018, contribue à l’application de la Politique sur l’ACS+ du Ministère puisqu’il vise à examiner comment et quand les facteurs de l’ACS+ sont appliqués aux initiatives que le Ministère dirige. Le projet des indicateurs s’est d’abord concentré sur les mémoires au Cabinet sous la responsabilité du ministère de la Justice et en 2018-2019, la portée a été élargie pour inclure les mémoires au Cabinet, les demandes budgétaires et les présentations au Conseil du Trésor que le ministère de la Justice a pilotés. Les progrès sont mesurés par rapport à deux indicateurs conçus pour prendre en compte la promptitude de l’ACS+ et son incidence significative sur les initiatives. Par ailleurs, en 2018-2019, un nouveau gabarit de rapport ministériel sur l’ACS+ a été créé afin de guider et de faciliter la préparation de rapports distincts sur l’ACS+.
La sous-ministre adjointe principale, Secteur des politiques, est responsable de l’Unité de l’ACS+. Elle exerce son leadership à l’égard de la promotion, de la mise en œuvre et de la surveillance de l’ACS+ au Ministère et informe les membres de la haute direction de leurs rôles et de leurs responsabilités. De plus, les organes de gouvernance supérieurs participent régulièrement à des discussions stratégiques destinées à renforcer l’ACS+ dans l’ensemble du ministère de la Justice du Canada.
Ressources humaines
Le Ministère dispose d’une unité de l’ACS+ (trois équivalents temps plein en 2018-2019) dirigée par le Secteur des politiques, d’un champion de l’ACS+ (pour une partie de 2018-2019) et d’une équipe d’intervention en ACS+ (d’environ 12 membres) qui donne des conseils sur les progrès, les outils et les activités dans ce domaine et contribue à la promotion de l’ACS+ à l’échelle du Ministère.
Principales initiatives : résultats obtenus
Amélioration de l’aide juridique pour les immigrants et les réfugiés, Programme d’aide juridique
Cette initiative appuie le quatrième pilier du Cadre des résultats relatifs aux genres, Violence fondée sur le genre et accès à la justice. D’après une évaluation des besoins fondés sur une ACS+, le financement accordé aux six provinces qui offrent des services d’aide juridique aux immigrants et aux réfugiés garantira que les réfugiés financièrement défavorisés admissibles (hommes, femmes, adolescents et enfants) provenant de collectivités ethnoculturelles et raciales diverses, y compris des personnes handicapées et des membres de la communauté LGBTQ2+, continuent de bénéficier de services d’aide juridique dans des affaires d’immigration et d’asile.
Les provinces sont invitées à fournir, par l’entremise de leur régime d’aide juridique, des données ventilées (selon le sexe et d’autres variables) sur la prestation de services d’aide juridique à des groupes divers d’hommes, de femmes et d’autres personnes, annuellement, dans les demandes finales qu’elles adressent au ministère de la Justice du Canada.
Initiatives pour contrer le harcèlement sexuel en milieu de travail, Programme d’aide juridique et Programme de partenariats et d’innovation en matière de justice
Dans le budget de 2018, dans le contexte de son objectif d’« Éliminer la violence fondée sur le sexe et le harcèlement », le gouvernement du Canada a financé un nouveau volet du Programme d’aide juridique du ministère de la Justice du Canada et un nouveau volet du Programme de partenariats et d’innovation en matière de justice pour aborder explicitement le harcèlement sexuel dans le milieu de travail. Ce financement accru pour l’aide juridique et la sensibilisation à la grandeur du pays facilite la prestation d’avis juridiques aux personnes qui portent plainte pour harcèlement sexuel dans le milieu de travail, de même que l’élaboration d’un programme pancanadien de sensibilisation visant à mieux informer les travailleurs, en particulier les travailleurs les plus vulnérables quant à leurs droits et la façon dont ils peuvent avoir accès à de l’aide, s’ils ont été victimes de harcèlement en milieu de travail.
Le harcèlement sexuel au travail est un problème sexospécifique. Les femmes, surtout celles qui travaillent dans des secteurs à prédominance masculine ou dans des emplois précaires et à faible salaire, sont le plus souvent directement touchées par le harcèlement sexuel. Les taux de harcèlement sexuel seraient plus élevés dans certains secteurs qui emploient des immigrantes nouvellement arrivées au Canada et des femmes autochtones. Cette initiative vise à renforcer les droits à l’égalité, la diversité et le respect pour la dignité humaine et l’inclusion en créant un milieu de travail plus sûr qui permettra à tous les travailleurs, en particulier aux femmes, de réaliser tout leur potentiel et d’être plus satisfaits de leur vie et de leur carrière.
Cette initiative appuie le quatrième pilier du Cadre des résultats relatifs aux genres, Violence fondée sur le genre et accès à la justice. Les projets exécutés dans le cadre de cette initiative devront adopter une approche fondée sur le sexe-plus et prendre en compte des facteurs intersectionnels pertinents, comme l’ethnicité, la classe, la sexualité, l’âge, le handicap, la langue ou le statut d’immigration, pour prendre en compte le vécu des personnes qui se plaignent de harcèlement sexuel dans le milieu de travail. En préparant leurs propositions, les demandeurs devaient expliquer comment les activités qu’ils proposaient auraient une incidence sur différents groupes de femmes, d’hommes et d’autres personnes. Parmi les autres considérations importantes, mentionnons les pratiques tenant compte des traumatismes, la sensibilité culturelle, la collaboration multisectorielle et multi organisme ainsi que les communautés de langue en situation minoritaire.
Dans le cadre de ces initiatives, des fonds sont versés pour la création, l’amélioration ou l’élargissement des services communautaires en mettant l’accent sur des modèles de collaboration afin que le secteur de la justice soit en phase avec les secteurs des services sociaux et de la santé, afin de fournir des services coordonnés et holistiques aux travailleurs qui ont été victimes de harcèlement sexuel dans leur milieu de travail.
Grâce aux projets financés, les personnes qui portent plainte pour du harcèlement sexuel au travail auront accès sans frais à de l’information et à des avis juridiques pour les guider dans leur décision sur les mesures à prendre. Tous les Canadiens auront accès à des renseignements clairs et simples sur leurs droits et les recours qui s’offrent à eux en cas de harcèlement sexuel au travail.
Les organismes financés sont tenus de rendre compte de leurs activités, notamment des services fournis aux groupes diversifiés et des résultats que ceux-ci obtiennent. Des données ont été collectées sur le ou les groupes de populations ciblés par les projets, les collectivités, le nombre de personnes jointes et des caractéristiques précises des populations vulnérables touchées par les activités du projet.
Les indicateurs de rendement sont :
- Nombre de communautés disposant de documents de vulgarisation et information juridiques (VIJ) nouveaux ou adaptés
- Nombre de documents VIJ produits en plusieurs langues
- Nombre de documents VIJ produits expressément pour combler les besoins de populations vulnérables
Améliorations du Fonds d’aide aux victimes pour répondre aux besoins des victimes vulnérables d’actes criminels
Le Fonds d’aide aux victimes a été bonifié en 2018-2019 par l’ajout de fonds destinés à combler les besoins particuliers d’enfants et d’adolescents victimes dans des collectivités rurales, éloignées et autochtones; à améliorer les services tenant compte des traumatismes pour les victimes de la traite de personnes; et à accroître et améliorer l’accès à la justice et à des services adaptés pour les victimes d’agression sexuelle.
Ces bonifications du Fonds d’aide aux victimes élargiront la portée des programmes et des services offerts aux victimes d’actes criminels vulnérables, y compris les activités qui visent à combler les besoins de populations à risque élevé ou mal servies (comme les personnes qui vivent dans des collectivités rurales et éloignées, les Autochtones, les immigrants et les réfugiés et les hommes victimes de violence sexuelle).
Les perspectives de l’ACS+ ont orienté des aspects des améliorations apportées au Fonds d’aide aux victimes, en particulier :
- les approches misant sur des équipes multidisciplinaires assurent des interventions efficaces en cas de signalement de mauvais traitements infligés à des enfants et sont offertes dans des collectivités rurales, éloignées et autochtones (les taux de violence non familiale sont élevés pour les garçons qui s’identifient comme Autochtones et appartenant à des collectivités marginalisées);
- l’ajout et l’amélioration de services tenant compte des traumatismes pour les victimes de la traite de personnes (les femmes autochtones sont parmi les plus vulnérables);
- l’amélioration des services aux victimes pour combler différents besoins propres aux victimes d’agression sexuelle (les femmes autochtones sont plus susceptibles que les femmes non autochtones d’être victimes de violence sexuelle et peuvent aussi être aux prises avec des troubles cognitifs attribuables à l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale).
Le processus de demande de financement de projets du ministère de la Justice du Canada exige que :
- toutes les activités proposées comportent une ACS+;
- les projets approuvés utilisent une optique intersectionnelle dans l’élaboration de leurs interventions et activités;
- les résultats des initiatives sont présentés dans une perspective d’ACS+ dans le cadre des exigences en matière de production de rapports.
L’évaluation des propositions de projets garantira qu’une optique intersectionnelle est utilisée pour saisir et prendre en compte les facteurs visés par une ACS+. Ce processus garantit une représentation des groupes vulnérables (comme les personnes qui s’identifient comme femmes, les femmes racialisées, les personnes aux identités sexuelles diverses, les membres de la collectivité LGBTQ2+) dans l’ensemble des projets financés.
Les projets retenus pour aider les victimes de la traite de personnes favorisent une meilleure compréhension de leurs besoins, de façon à contribuer à leur rétablissement physique, psychologique et social.
En ce qui concerne les victimes d’infractions de nature sexuelle, les projets retenus sont destinés à :
- améliorer les interventions du système de justice pénale à l’égard des victimes et des survivants et survivantes d’agression ou d’exploitation sexuelle,
- favoriser leur accès à la justice,
- rehausser leur confiance envers le système de justice et d’améliorer les services aux victimes.
À l’appui des enfants victimes d’actes criminels, les projets retenus ont comblé des lacunes relevées dans les services fournis aux enfants et aux adolescents victimes vivant dans les collectivités rurales, éloignées et autochtones. Les projets répondront aux besoins des enfants et des adolescents victimes en :
- rehaussant la capacité des fournisseurs de services et
- favorisant la création d’équipes multidisciplinaires dans des endroits ruraux et éloignés d’un bout à l’autre du pays.
Capacité d’établissement de rapports et données
Les identificateurs personnels ne sont recueillis pour aucune des données énumérées ci-dessous.
Représentation juridique
Les données sur les clients de l’aide juridique collectées dans le cadre du répertoire des programmes de représentation juridique comprennent : âge (adolescent/adulte), sexe et type d’affaire juridique. Ces données servent à l’évaluation des programmes et sont publiées annuellement dans le rapport intitulé Aide juridique au Canada.
Programme de financement des tribunaux de traitement de la toxicomanie
Les données sur les clients des tribunaux de traitement de la toxicomanie collectées dans le cadre de ce programme comprennent : âge, sexe, état matrimonial, origine ethnique, éducation. Ces données servent à l’évaluation du programme.
Victimes d’actes criminels
Des renseignements personnels sont collectés dans certains volets du répertoire du Programme d’aide aux victimes d’actes criminels (demandeurs des volets Victimes à l’étranger, Fonds d’aide aux victimes pour assister aux audiences de libération conditionnelle et Circonstances exceptionnelles). Les renseignements recueillis comprennent : pour les victimes, le type de victimisation; pour les personnes-ressources qui accompagnent des victimes, la relation avec la victime. Ces renseignements servent à l’évaluation du programme.
Justice autochtone
Les données sur les clients et les participants collectées dans le cadre du répertoire du Programme de justice autochtone comprennent : âge, sexe, identité autochtone, type d’affaire juridique et programme offert aux clients. Ces données servent à l’évaluation du programme.
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