Faire des plans - Guide sur les arrangements parentaux après la séparation ou le divorce

Section 1 : Les émotions que vous pouvez éprouver

Après une séparation ou un divorce, vous devrez prendre de nombreuses décisions pratiques et juridiques; vous ressentirez aussi toute une gamme d’émotions.

La présente section explique certaines émotions que vous pourriez éprouver. Pour en apprendre plus sur la façon dont vos enfants pourraient réagir à votre séparation ou à votre divorce, consultez la Section 2 : Ce que vos enfants peuvent éprouver.

Les relations prennent fin pour de nombreuses raisons. Peu importe la raison pour laquelle votre relation a pris fin, la séparation pourra vous sembler difficile et être chargée d’émotions. Parfois, vos émotions peuvent être si intenses que vous pouvez trouver difficile de vous occuper des questions juridiques.

Votre vie changera après la séparation ou le divorce. Certaines choses peuvent changer sur-le-champ. D’autres choses pourraient changer plus tard.

La séparation et vos émotions

La séparation représente la perte d’une relation importante et cela ne faisait probablement pas partie de votre plan de vie. Il se pourrait donc que vous éprouviez de nombreuses émotions différentes.

Il est tout naturel de ressentir de vives émotions. Vous pouvez passer par toute une gamme de sentiments : la colère, la peur, la jalousie, l’angoisse, la tristesse, l’incertitude, la culpabilité, la honte, la solitude, le soulagement, l’excitation, l’espoir et même le bonheur.

Vous pourriez constater que vous passez rapidement d’une émotion à une autre ou au contraire, vous pourriez éprouver certaines émotions plus longtemps que d’autres. C’est normal.

N’oubliez pas

Jusqu’à ce que vous vous sentiez mieux, il est important que vous essayiez de composer avec vos émotions de manière à donner un bon exemple à vos enfants. Cela vous aidera, vous et vos enfants, à vous adapter aux changements qui surviennent dans votre vie.

Par exemple, même si vous êtes en colère, ne critiquez pas votre ancien conjoint devant vos enfants. Évitez d’exprimer vos émotions dans des publications sur les médias sociaux qui pourraient être lues par vos enfants ou partagées avec eux. Trouvez d’autres façons d’évacuer votre colère, par exemple par l’activité physique ou une thérapie.

Étapes du deuil

Voici quelques-unes des émotions que vous pourriez éprouver à mesure que vous vivez le deuil de votre relation. Il se peut que vous passiez par toutes ces étapes ou par quelques-unes seulement. Vous pourriez aussi les vivre dans un ordre différent que celui qui est présenté ici, ou faire un va-et-vient entre les différentes étapes. Peu importe ce que vous éprouvez, il est important de savoir qu’en général, ces émotions ne dureront pas.

Vous et votre ancien conjoint passerez probablement par ces étapes à des moments différents. En général, le conjoint qui décide de mettre fin à la relation passe plus rapidement par toutes les étapes parce qu’il ou elle a commencé plus tôt à faire son deuil de la relation.

Déni

« Ce n’est que temporaire. »

« Nous n’allons pas vraiment divorcer. »

« Il(elle) va changer d’idée. »

Le déni est un mécanisme de défense naturel. Nous l’utilisons pour nous protéger d’événements traumatisants dans notre vie. Avec le temps, le déni peut se transformer en acceptation.

Colère

« C’est entièrement de ta faute. »

« Je ne mérite pas ça. »

« C’est plus facile pour toi que pour moi. »

La colère est une réaction normale à la fin d’une relation très importante dans votre vie. Parfois, la colère peut aider à masquer un sentiment de perte ou de déception face à la fin de votre relation.

Il n’y a rien de mal à ressentir de la colère, dans la mesure où elle ne contrôle pas votre comportement. Si votre colère vous submerge, essayez de demander de l’aide ou de faire une activité que vous aimez.

Il est normal que l’un des parents ou les deux éprouvent de la colère l’un envers l’autre, mais vous avez tous deux la responsabilité de protéger vos enfants de la colère et des conflits. Si vous avez menacé l’autre parent ou si vous avez des idées de violence envers l’autre parent, vous devez chercher de l’aide. Parlez-en à votre médecin, à un conseiller, à un aîné ou à quelqu’un en qui vous avez confiance. Il est aussi important d’obtenir de l’aide si votre colère vous empêche d’exécuter vos activités quotidiennes.

Si vous ou une personne que vous connaissez est en danger immédiat, appelez le 9-1-1 ou votre service de police local.

Si vous ou vos enfants avez été maltraités ou si vous vous sentez en danger en présence de l’autre parent, vous devez accorder la priorité à la sécurité et vous devrez peut-être créer un plan de sécurité. Vous devez vous protéger, vous et vos enfants. Si vous êtes en danger immédiat, appelez la police.

Négociation

« Si tu restes, je vais faire plus d’efforts. »

« Pourquoi ne pourrions-nous pas essayer encore — je vais arrêter de te critiquer. »

Les personnes qui se séparent font parfois des promesses pour essayer de sauver la relation. Elles peuvent promettre, par exemple :

Très souvent, ces tentatives de négociation ne fonctionnent pas. Au bout du compte, elles peuvent mettre mal à l’aise l’un des conjoints ou les deux.

Si vous et l’autre parent voulez sincèrement vous réconcilier, c’est une bonne idée d’obtenir du counseling. Cependant, faites attention à ce que vous dites à vos enfants à ce sujet. Ils peuvent être déroutés si les choses semblent bien aller pour un temps et que vous vous séparez ou divorcez quand même plus tard.

Dépression

« Personne ne se soucie de moi. »

« Je me sens si triste et seul. »

« Ce serait mieux pour ma famille si je n’étais plus là. »

Il est très courant de se sentir déprimé après une séparation ou un divorce. Voici quelques signes fréquents d’une dépression :

La plupart des personnes qui se séparent ou divorcent disent que ces sentiments disparaissent avec le temps. Si vous vous sentez déprimé, demandez de l’aide. Par exemple, vous pouvez en parler à un spécialiste de la santé mentale, à un conseiller, à votre médecin, à un aîné ou à votre guide spirituel.

Il n’y a aucune honte à demander de l’aide. Cela peut vous aider à devenir un meilleur parent.

Le service Jeunesse, J’écoute (1-800-668-6868), la Ligne d’écoute d’espoir pour le mieux-être des Autochtones (1-855-242-3310), 1-866-APPELLE pour les résidents du Québec (1-866-277-3553) et le Service de prévention du suicide du Canada (1-833-456-4566) offrent tous un soutien 24 heures par jour, 7 jours par semaine.

Vous pouvez aussi faire une recherche sur Internet avec les mots clés « ligne d’écoute » ou « centre d’aide » et le nom de votre ville ou région pour trouver un service près de chez vous.

Si vous ou une personne que vous connaissez est en danger immédiat, appelez le 9-1-1 ou votre service de police local.

Acceptation

« Bon, je suppose que les choses sont ce qu’elles sont. »

« Notre mariage est terminé, c’est le temps de tourner la page. »

« Je n’aime pas ça, mais je suis prêt(e) à l’accepter. »

Accepter la séparation ou le divorce signifie que vous êtes conscient que le processus est en marche et que rien ne va l’arrêter. Cela ne signifie pas toujours que la situation vous réjouit, mais bien que vous êtes prêt à tourner la page. Il est important que vous acceptiez la séparation ou le divorce pour que vous puissiez travailler à l’établissement d’une nouvelle relation avec l’autre parent. Cette nouvelle relation sera axée sur ce qui est le mieux pour vos enfants.

Allez de l’avant

Vous devez prendre soin de vous pour être fort pour vos enfants et les soutenir pendant la séparation ou le divorce. Voici quelques conseils :

La séparation ou le divorce met le point final à un chapitre de votre vie, mais c’est aussi le point de départ d’un autre chapitre. Cela peut vous offrir l’occasion d’essayer quelque chose de nouveau. Par exemple, vous pourriez essayer un nouveau sport ou adhérer à un groupe social.

Posez-vous la question : Comment est-ce que je m’adapte à la séparation ou au divorce?

Il est important de réfléchir à ce que vous éprouvez et à la façon dont vous vous adaptez à la séparation ou au divorce. Posez-vous les questions qui suivent pour vous aider à comprendre vos émotions.

  1. Qu’est-ce que j’éprouve? Est-ce que je ressens de la colère, de la tristesse, de l’angoisse, de la joie, du soulagement?
  2. Est-ce que je suis en deuil? À quelle étape du deuil suis-je?
  3. Qu’est-ce que je fais pour composer avec mes émotions?
  4. Que puis-je faire d’autre pour m’aider à faire face à la situation? Pourrais-je parler à un ami, lire, faire du bénévolat, faire partie d’une chorale, parler à un conseiller ou à un aîné, adhérer à un groupe de soutien, faire de l’exercice, entreprendre un nouveau passe-temps?
  5. À quoi j’aimerais que ressemble ma vie dans un an? Dans cinq ans? Que dois-je faire pour y arriver?