Déterminer les besoins de divers jeunes adultes et y répondre
Déterminer les besoins
L’un des objectifs de l’étude actuelle consistait à comprendre les besoins et les défis particuliers des jeunes qui s’identifiaient comme des femmes, des Autochtones, des personnes racisées ou une autre minorité (par exemple, en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre, de leur état de santé ou de leur déficience). Les points de vue de ces jeunes sont présentés tout au long du rapport, et leurs commentaires sur leurs expériences particulières au sein du système de justice et leurs propositions de changement sont détaillés ci-dessous.
Aucun jeune ayant participé à l’étude ne s’est identifié comme ayant une identité de genre autre que masculine ou féminine. Comme il est indiqué dans la section sur les contraintes du présent rapport, aucune personne interrogée s’identifiant comme une minorité sexuelle n’a parlé de besoins, de défis ou de soutiens liés particulièrement à son orientation sexuelle.
Jeunes femmes
Les jeunes femmes ont indiqué craindre d’être victimisées par des hommes dans tous les secteurs du système de justice, y compris lorsqu’elles interagissent avec la police, devant les tribunaux et en détention. Elles ont affirmé qu’une grande partie de leur crainte découlait d’expériences antérieures de violence et de mauvais traitements de la part d’hommes. Par exemple, une jeune femme autochtone a affirmé ce qui suit :
[Traduction]
« Ils ne pensent pas que les femmes ont peur des hommes lorsqu’elles sont devant les tribunaux ou en prison et qu’elles souffrent d’un trouble de stress post-traumatique après avoir été violées. C’est pourquoi j’étais si terrifié et pourquoi je ne parlerais pas devant les tribunaux, et si vous êtes aussi un Autochtone, vous n’avez littéralement aucune chance. »
Quelques jeunes femmes ont déclaré que le système de détention semblait avoir été conçu par et pour les hommes, et elles ont estimé qu’elles ne bénéficiaient pas d’un accès égal aux services et au soutien en conséquence. Une jeune femme interrogée dans un établissement correctionnel pour adultes estimait que les femmes de cet établissement n’avaient pas autant de possibilités, de soutien ou de respect que les détenus de sexe masculin. Elle estimait également que les programmes étaient conçus pour les détenus de sexe masculin et que la priorité pour accéder aux programmes et aux mesures de soutien qui étaient disponibles était accordée à ces derniers. Par conséquent, les femmes se retrouvaient souvent avec peu ou pas de programmes ou de soutien.
[Traduction]
« Il n’y a que 20 femmes ici [au centre correctionnel pour adultes]. Nous sommes très limitées à ce que nous pouvons faire parce que c’est une prison pour hommes et nous sommes simplement un peu […] je ne sais pas […] nous n’avons simplement pas l’impression qu’ils veulent que nous soyons ici. Comme s’ils se fichent de nous. J’ai simplement constaté que nous n’avons pas autant de liberté que les hommes ici, parce qu’il y a plus de personnel pour sortir les hommes pour faire des activités et des choses. Parce que nous sommes moins nombreuses, nous nous retrouvons coincées dans nos cellules et ne pouvons pas en faire autant. […] Notre cour est très petite par rapport à celle des hommes. Les hommes ont droit à un grand jardin où ils peuvent cultiver des fraises, des pois, des zucchinis et des citrouilles, alors que nous n’avons droit qu’à des fraises et à de mauvaises herbes. Comme quoi […] nous allons tous jardiner ce fraisier unique? »
Quelques jeunes femmes ont fait remarquer qu’elles voulaient avoir plus de possibilités de prendre soin de leur apparence et de s’habiller. Ces jeunes femmes estimaient que de telles expériences aidaient leur santé mentale et leur estime de soi.
[Traduction]
« Nous ne pouvons pas nous maquiller, nous raser les jambes ou épiler nos sourcils […] nous voulons nous sentir bien dans notre peau, même si nous n’allons nulle part. Peut-être que c’est quelque chose que l’on peut mériter, comme si on devait faire preuve d’un bon comportement. »
Jeunes adultes handicapés
Les jeunes adultes handicapés ont parlé des défis supplémentaires qu’ils ont dû relever dans le système de justice. Ils estimaient particulièrement qu’aucune mesure d’adaptation n’avait été prise pour leur permettre de mieux comprendre les procédures judiciaires et d’y participer. Par exemple, une jeune femme ayant une déficience visuelle a fait remarquer que ses lunettes avaient été brisées lors de son arrestation. Elle n’a pas pu se procurer des lunettes de remplacement et cela a entravé sa capacité à lire et à comprendre les documents qu’on lui demandait de signer lorsqu’elle a comparu devant le tribunal. De même, une jeune femme atteinte d’une déficience auditive estimait que des mesures d’adaptation n’avaient pas été prises dans le système judiciaire pour lui permettre de suivre les discussions :
[Traduction]
« Ils se fichent de vous. Je suis sourde d’une oreille et j’ai perdu l’ouïe de l’autre, mais ils s’en fichent. Ils ne prennent aucune mesure d’adaptation. »
Jeunes adultes autochtones
Les jeunes adultes autochtones ont souligné que le système de justice pénale a été mis sur pied par des colons blancs et qu’il est actuellement géré principalement par de tels colons. Par conséquent, ils se sont sentis impuissants et ont eu l’impression d’être traités injustement. Dans certains cas, ils avaient aussi l’impression d’avoir été condamnés à une peine plus sévère que celle qui aurait été imposée à un délinquant blanc. Par exemple, une jeune femme autochtone a affirmé ce qui suit :
[Traduction]
« Que puis-je faire pour changer quoi que ce soit? Ce sont tous des hommes blancs et rien ne change, mais un changement est nécessaire. Je suis une femme et à moitié autochtone aussi, alors ils vous regardent comme de la racaille. Le système est haineux envers les Autochtones et il doit être corrigé. »
Malgré le racisme qu’ils ont subi au sein d’autres parties du système de justice, tel que cela été mentionné plus haut, la plupart des jeunes adultes autochtones qui avaient fait partie du système de détention pour jeunes délinquants ou du système de détention pour adultes appréciaient les efforts déployés par les centres pour répondre à leurs besoins culturels et respecter leur culture. Parmi les exemples de façons dont les jeunes se sentaient soutenus pour participer à leur culture, mentionnons l’accès aux Aînés, les cercles de discussion, une hutte de sudation, le grènetis et la fabrication de tambours.
Pour quelques personnes interrogées, le temps qu’elles ont passé en détention a été leur première possibilité d’apprendre à connaître leur culture autochtone et d’y participer, et cette expérience a été positive et thérapeutique.
[Traduction]
« Ça a été génial [en détention], ils m’ont aidé à faire tomber les murs de ma situation en matière de sensibilisation culturelle. »
Les jeunes adultes autochtones qui ont eu accès à un personnel autochtone au sein du système de justice en étaient très reconnaissants. Ils estimaient être en mesure d’établir des relations positives avec ces membres du personnel, ce qu’ils trouvaient utile pour les aider à composer avec leur comportement délinquant et augmenter leur souhait « d’éviter les ennuis ». Toutefois, les personnes qui ont de l’expérience en matière de détention ont fait remarquer qu’il n’y avait pas autant d’accès aux Aînés ou au personnel autochtone qu’elles le souhaiteraient, que les programmes destinés aux Autochtones n’étaient souvent pas propres à leur propre bande ou Nation et que leur accès aux aliments traditionnels était limité.
[Traduction]
« Ils [le centre de détention] ont une liaison culturelle autochtone, mais ils n’ont pas d’Aîné ici. Du moins, ils n’en ont pas là où je suis, ce qu’ils devraient faire parce qu’il y a beaucoup d’Autochtones ici. »
Jeunes adultes racisés
Les jeunes qui ont participé à cette étude ont décrit leur identité raciale de diverses façons, y compris les Noirs, les Bruns, les Africains, les Indiens, les Asiatiques, les Persans et les Chinois. Les jeunes adultes racisés ont fait état de racisme à chaque moment où ils avaient des démêlés avec le système de justice. Cela comprenait le fait d’être ciblés par la police en raison de la couleur de leur peau, ainsi que d’avoir vécu des expériences négatives au sein du système judiciaire, lorsqu’ils purgeaient une peine communautaire ou étaient assujettis à une probation et en détention. En voici quelques exemples :
[Traduction]
« Les Noirs ne sont pas tous des criminels, certains sont présidents, d’autres sont même policiers. Les policiers me traitent comme si j’étais toujours coupable, même si je suis déclaré non coupable. […] L’avocat qu’on m’a fourni n’a pas fait son travail ni ne m’a représenté à fond. Peut-être en raison de la couleur de ma peau, mais il a agi comme si j’étais coupable du crime. […] Pendant que j’étais en détention, j’ai eu l’impression de ne pas être traité comme les autres détenus […] ce traitement semblait être comme de la discrimination en raison de la couleur de ma peau. Par exemple, la durée de la période que j’ai pu passer avec ma famille était plus courte et moins longue que toutes les autres personnes. […] La discrimination fait en sorte que nous nous sentons haïs et que nous avons l’impression qu’il n’y a aucun moyen de nous améliorer. Je veux que le système de justice soit juste pour tout le monde. Je n’ai pas l’impression que c’est de la justice. »
Une femme qui s’est identifiée comme réfugiée musulmane noire au Canada a fait remarquer ce qui suit :
[Traduction]
« [Lorsque j’étais devant le tribunal], il n’y avait pas une seule personne de race noire ni un seul immigrant. Pas un seul membre du jury. Pas un musulman. Il n’y avait aucun immigrant pour comprendre l’expérience culturelle ou l’expérience de venir au Canada […] et lorsqu’ils vous demandent pourquoi vous fuyez la police ou avez peur de lui parler, ils ne comprennent pas parce qu’ils sont nés ici et qu’ils pensent simplement “pourquoi n’avez-vous pas simplement parlé à la police?” »
Elle a ensuite décrit son expérience lorsqu’elle était assujettie à une probation :
[Traduction]
« J’avais un travailleur raciste, mais que pouvez-vous faire? Un travailleur social ou un agent de probation, ou une autre personne, est affecté à votre dossier et vous n’avez qu’à travailler avec eux jusqu’à leur départ. Il n’y a personne à qui se plaindre qui va écouter et qui peut faire quoi que ce soit. »
Certains jeunes adultes racisés qui ont fait partie du système de détention estiment que leurs besoins culturels n’ont pas été pris en compte, notamment la possibilité de s’habiller d’une manière qui reflète leur culture et de manger des aliments de leur culture :
[Traduction]
« Mes besoins en santé ont été satisfaits [dans l’établissement correctionnel], ainsi que mes besoins religieux. Cependant, en ce qui concerne les besoins culturels, c’était un non. Il faut faire en sorte que les personnes n’oublient pas qui elles sont et qu’elles apprécient leur culture et celle d’autrui. »
Un jeune adulte a fait remarquer qu’il avait eu accès à un éventail de programmes et de mesures de soutien pendant qu’il était dans un établissement correctionnel pour adultes. Il avait l’impression qu’aucune des personnes-ressources avec lesquelles il a communiqué ne comprenait sa culture ou avait tenu compte de son expérience en tant que Canadien noir. Il a eu l’impression que toute mesure de soutien culturel offerte était symbolique et qu’aucun effort n’avait été déployé pour remédier au racisme dont il a été victime dans l’établissement.
Expérience des personnes prises en charge par le gouvernement
Les jeunes adultes qui avaient été pris en charge ont parlé du lien entre la perte du soutien du système de prise en charge après leur 19ᵉ anniversaire et la probabilité accrue d’avoir des démêlés avec le système de justice pénale.
[Traduction]
« Je pense que tous ceux qui ont été pris en charge dans le cadre du système ont eu une forme ou une autre de démêlés avec les tribunaux et le système de justice. J’ai eu l’impression d’avoir 19 ans et c’est tout. J’étais seul à essayer de comprendre tous ces éléments et la façon dont tous ces éléments fonctionnaient. »
Les jeunes qui ont été pris en charge ont aussi parlé de la surreprésentation de leurs pairs qui ont été pris en charge et qui sont en détention. Un jeune adulte a fait remarquer qu’au moins la moitié des 30 jeunes qui avaient été placés en famille d’accueil étaient maintenant dans des établissements correctionnels pour adultes. Un autre estimait qu’un jeune qui était pris en charge était plus susceptible de se voir imposer une peine d’emprisonnement par rapport aux jeunes qui n’avaient pas été pris en charge. Dans son propre cas, il estimait avoir été injustement condamné à une peine d’emprisonnement en tant que jeune et s’être ainsi enraciné dans le système de justice en conséquence.
[Traduction]
« Essentiellement, la raison pour laquelle je fais cela [interagir avec le système de justice pour adultes] est parce que j’ai été transféré devant les tribunaux lorsque j’étais plus jeune. J’étais en foyer de groupe et j’en sortais, à maintes reprises, parce que je ne voulais pas aller en famille d’accueil et être adopté, et je ne restais pas au foyer de groupe. Je ne commettais même pas de crimes, je n’allais tout simplement pas au foyer de groupe, alors ils m’ont mis en prison. […] Et, en raison de tout ça, je suis traité différemment maintenant, comme dans le système. »
Répondre aux besoins en matière de diversité
Les jeunes avaient un éventail de propositions quant à la façon dont les jeunes de diverses cultures et ayant divers besoins pourraient être mieux servis dans le système de justice. Celles-ci comprenaient les suivantes :
Avoir des services spécialisés
Tous les services doivent tenir compte des différents besoins et expériences des divers jeunes et y répondre. Il devrait y avoir des services distincts propres à différents genres et milieux culturels, au besoin.
[Traduction]
« Ils devraient offrir des services aux femmes et aux femmes autochtones. Par exemple, vous devriez avoir des policières, des avocates, des femmes juges, et pas seulement ces hommes blancs. »
Les jeunes adultes pour qui l’anglais n’était pas leur langue maternelle ont proposé d’avoir des interprètes disponibles au sein du système de justice. Ils ont souligné le fait que, même si ces jeunes semblent maîtriser l’anglais, ils ne connaissent souvent pas les mots associés au système de justice pénale. Il peut donc être difficile pour eux de comprendre ce qui se passe aux différentes étapes du processus judiciaire. Par exemple, un jeune adulte immigrant a proposé ce qui suit :
[Traduction]
« Toutes les personnes, et certainement les jeunes, devraient avoir quelqu’un pour leur dire ce qui se passe lorsqu’ils sont devant les tribunaux. Sans mon avocat, je n’aurais pas compris ce qui était dit, car il y avait beaucoup de mots que je ne connaissais pas. »
Appliquer une approche adaptée à la culture en matière de détermination de la peine
Certains jeunes autochtones estimaient qu’une approche communautaire réparatrice pour composer avec le comportement criminel serait plus appropriée que le système actuel pour les jeunes adultes autochtones.
[Traduction]
« Certaines collectivités font participer tout le monde, comme l’ensemble de la collectivité, et elles parviennent à la comprendre ensemble. Elles tiennent compte de tout et écoutent tout le monde. Nous devrions offrir cela davantage. »
Accroître la diversité au sein du système de justice
Les jeunes voulaient voir davantage de professionnels au sein du système auxquels ils pouvaient s’identifier. Cela comprenait de jeunes femmes qui voulaient avoir la possibilité d’avoir une avocate nommée par le tribunal, ainsi que de jeunes autochtones et d’autres jeunes racisés qui voulaient avoir accès à des membres du personnel provenant de leur milieu d’origine.
[Traduction]
« Je pense que, si vous pouviez avoir plus de policiers noirs et de juges noirs, vous pourriez mieux établir un lien avec eux et ils pourraient faciliter toute la lutte raciale. »
Accroître la surveillance communautaire et la responsabilisation
Les jeunes autochtones et les autres jeunes racisés souhaitaient vivement qu’il y ait davantage de surveillance communautaire et de responsabilisation pour atténuer les risques de victimisation des jeunes en raison de la couleur de leur peau ou de leurs origines culturelles. Ils estimaient que cela permettrait de réduire la probabilité qu’ils soient ciblés et qu’ils aient des démêlés avec le système de justice.
[Traduction]
« Les personnes n’aimeront pas cette idée, mais je pense que vous devriez avoir des caméras partout, comme ils le font en Angleterre et à d’autres endroits. Ainsi, si je fais quelque chose que je ne devrais pas faire, ce sera là, très bien, cela empêchera les policiers de s’en prendre aux jeunes. À l’heure actuelle, c’est votre parole contre la leur et qui croient-ils? Mais avoir des caméras et ça finit là. […] Je sais que les personnes seront paniquées, mais s’il arrive quelque chose, ce sera filmé! »
Fournir un soutien financier et un logement stable aux jeunes qui cessent d’être pris en charge par le gouvernement
Les jeunes qui ont été pris en charge par le gouvernement estiment qu’un soutien accru devrait leur être offert lorsque leur prise en charge prend fin en vue de s’assurer qu’ils ont un logement stable et suffisamment d’argent pour subvenir à leurs besoins essentiels.
[Traduction]
« Réglez la question du logement et cela aidera beaucoup. C’est tellement difficile lorsque la prise en charge prend fin, puis le loyer est de 1 500 $ à 1 800 $ par mois, puis vous allez devenir un sans-abri ou devoir faire des choses pour survivre. […] Il est impossible de vivre à l’aide de l’argent que vous recevez, mais lorsque les personnes obtiennent des renseignements à votre égard, vous n’obtiendrez pas un emploi et vous n’avez pas les qualifications nécessaires parce que vous n’avez pas non plus les moyens de payer vos études. »
S’assurer que les jeunes connaissent les services et les mesures de soutien qui sont à leur disposition
Des jeunes de différents milieux d’origine ont indiqué qu’ils ne savaient pas quels services et mesures de soutien étaient à leur disposition avant d’avoir des démêlés avec le système de justice pénale. Ils avaient l’impression qu’ils auraient pu faire des choix différents s’ils avaient su qu’il y avait des endroits où ils pouvaient aller, des mesures de soutien auxquelles ils pouvaient avoir accès ou des cours qu’ils pouvaient suivre.
[Traduction]
« En tant qu’immigrant, je n’étais pas au courant des choses comme les banques alimentaires. Je le suis maintenant, mais si quelqu’un m’en avait informé plus tôt, je n’aurais pas eu à faire des choses pour obtenir de la nourriture. Je ne savais pas où aller, je n’avais pas de téléphone. Je n’avais rien de ce dont vous avez besoin. »
Offrir aux jeunes adultes des possibilités de participer à leur culture
Les participants ont souligné l’importance de respecter les jeunes adultes et de leur permettre de pratiquer leur culture, y compris la possibilité de manger des aliments traditionnels, de jouer de la musique traditionnelle et de jouer des instruments de leur culture. Ils estimaient que le lien avec la culture pouvait apporter la guérison, l’appartenance et un sentiment d’identité.
[Traduction]
« Certainement, je n’avais pas le droit de m’habiller culturellement ou de manger culturellement ou juste d’avoir mon mode de vie autochtone […] cela était loin d’être offert [en détention]. Je pense qu’il est vraiment important de faire ressortir cet aspect, d’aider les personnes à avoir un sentiment d’appartenance à leur culture et d’en faire partie […] Peut-être un jour par mois [centres de détention] nous pourrions avoir le droit de manger de la nourriture de notre culture. »
« Je ne voulais pas un [juron] programme. Je n’ai pas besoin de participer à un atelier de fabrication de capteur de rêves. J’ai besoin de manger de la nourriture que je reconnais. La nourriture EST la culture et non les [juron] programmes. »
Les jeunes adultes autochtones qui purgent des peines communautaires et des peines d’emprisonnement ont laissé entendre qu’il serait utile d’avoir plus de possibilités d’établir des liens avec un Aîné.
[Traduction]
« J’aimerais qu’il y ait un Aîné ou quelqu’un dans le programme [peines communautaires] pour m’aider à apprendre les traditions. Apprendre la langue serait vraiment bien, car des choses sont partagées par des histoires, ce qui m’aiderait vraiment à établir des liens avec ma culture. »
Résumé
Les jeunes estimaient qu’une surveillance communautaire et une responsabilisation accrues permettraient de réduire le nombre de personnes âgées de 18 à 25 ans de divers milieux d’origine qui ont eu des démêlés avec le système de justice pénale, tout comme des mesures de soutien et des services accrus pour les jeunes qui cessent d’être pris en charge par le gouvernement. Les jeunes adultes qui ont effectivement eu des démêlés avec le système de justice pénale pourraient être mieux servis par l’instauration de services spécialisés et adaptés à la culture destinés aux jeunes adultes ayant divers besoins et milieux d’origine. Ils ont également proposé d’offrir aux jeunes adultes des possibilités authentiques de participer à leur culture pendant qu’ils purgent une peine d’emprisonnement.
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