La prostitution chez les jeunes : analyse documentaire et bibliographie annotée

Annexe A : Bibliographie annotée (suite)

JACKSON, L. A. et HIGHCREST, A. «Female prostitutes in North America: What are their risks of HIV infection?» dans AIDS as a Gender Issue Psychological Perspectives, sous la direction de L. Sherr, C. Hankins et L. Bennett, Londres, Taylor and Francis Publishers, 1996.

Cet article porte sur le risque éventuel d’infection au VIH chez les prostituées dans le contexte de leur travail et de leur vie privée. Les auteurs décrivent trois genres de prostituées : les prostituées de la rue, les escortes et les prostituées à temps partiel qui travaillent dans le secteur des services (p. ex., dans les bars et les salons de massage). La majorité des initiatives et des programmes en matière de VIH s’adressent aux prostituées de la rue, mais non aux autres femmes qui pratiquent le commerce du sexe. Les auteurs soutiennent que le risque d’infection par le VIH varie selon le genre de prostitution et l’organisation sociale du commerce du sexe. Selon les études, l’infection auVIH chez les prostituées qui ne consomment pas de drogues est relativement limitée. Il semble que les prostituées risquent plus d’être infectées par le VIH dans leur vie privée que lorsqu’elles travaillent (elles risquent d’être infectées par le VIH au moment de relations sexuelles non protégées avec leurs partenaires, dont un grand nombre ont d’autres partenaires sexuels). À cet égard, il faut accorder plus d’attention à la prévention de l’infection au VIH dans le contexte de la vie privée des femmes qui pratiquent le commerce du sexe.

JACKSON, L., HIGHCREST, A. et COATS, R. A. «Varied potential risks of HIV infection among prostitutes», Social Science Medicine, vol. 35, no 3, 1992, p. 281-286.

Selon les études actuelles, l’infection au HIV chez les prostituées qui ne consomment pas de drogue est inexistante ou limitée. Néanmoins, il est essentiel d’offrir des programmes de prévention de l’infection par le VIH et d’intervention aux prostituées. La majorité des initiatives et des programmes en matière de VIH s’adressent aux prostituées de la rue, mais non à diverses autres femmes qui pratiquent le commerce du sexe (les chercheurs ont mis l’accent sur le secteur le plus visible du commerce du sexe – la prostitution de rue). Les auteurs soutiennent cependant que la prostitution ne se limite pas au commerce du sexe dans la rue; elle se pratique dans divers locaux. Les auteurs classent les prostituées en trois catégories : les prostituées de la rue, les escortes et les prostituées à temps partiel qui travaillent dans le secteur des services, c’est-à-dire celles qui travaillent dans les bars, les salons de massage, etc. Les taux d’infection peuvent varier selon le genre de prostitution, et les programmes de prévention doivent donc tenir compte de ces risques différents d’infection par le VIH. Les auteurs concluent que les programmes de prévention et d’éducation doivent s’accompagner de tentatives visant à aborder les facteurs sociaux et économiques qui contribuent aux activités à risque élevé chez toutes les prostituées.

JAMES, J. et MEYERDING, J. «Early sexual experience as a factor in prostitution», Archives of Sexual Behaviour, vol. 7, 1977, p. 31-42.

Cet article compare les expériences sexuelles précoces des prostitués et des non-prostitués en mettant l’accent sur les expériences sexuelles traumatisantes comme l’inceste et le viol. La littérature sur les premières expériences sexuelles des non-prostitués est comparée à deux études sur l’histoire sexuelle des prostitués (les deux études ont été réalisées par James en 1970-1971 et en 1974-1975). Les prostitués étaient plus susceptibles d’avoir acquis des connaissances en matière de relations sexuelles au cours d’expériences personnelles que dans le cadre de l’éducation prodiguée par leurs parents. Les prostitués risquaient plus d’avoir subi les avances sexuelles d’adultes pendant leur enfance et ils étaient plus souvent victimes d’inceste et de viol. En outre, les prostitués avaient été initiés à des activités sexuelles à un âge plus jeune et ils n’étaient pas restés en contact avec leur premier partenaire sexuel après le rapport sexuel. Selon les auteurs, le fait que certaines femmes aient été victimes de violence sexuelle les amène à décider de se prostituer : il semble possible que le fait d’avoir été victime à un jeune âge d’une violence sexuelle ayant produit la culpabilité, la honte et la perte de l’estime de soi soit susceptible d’amener une personne à se considérer comme une marchandise vendable.

JANUS, M.-D., BURGESS, A. W. et McCORMACK, A. «Histories of sexual abuse in adolescent male runaways», Adolescence, vol. 22, 1987, p. 405-417.

Cette étude porte sur les antécédents sexuels de 89 fugueurs canadiens (âgés de 15 à 20 ans). Les auteurs analysent des entrevues sur la victimisation physique et sexuelle, les antécédents familiaux et la situation socio-économique, les activités délinquantes et criminelles et les facteurs qui contribuent à la décision de faire une fugue. Les données révèlent que les fugueurs masculins ont connu un taux plus élevé de violence sexuelle et physique que les populations choisies au hasard. Comme le confirme la littérature sur les fugueurs, les fugueurs victimes de violence sexuelle et les autres fugueurs partagent plusieurs caractéristiques : difficultés familiales, niveaux élevés de délinquance, dépression, tension, piètre estime de soi et violence physique subie pendant l’enfance. La réaction des fugueurs masculins victimes de violence sexuelle à leur «fugue» se caractérise par des comportements d’évitement manifestes ainsi que par un retrait extrême de tous les genres de relations interpersonnelles, comportement souvent adopté par les victimes de violence sexuelle. Les auteurs recommandent aux refuges des programmes de traitement des fugueurs victimes de violence sexuelle et ils suggèrent de poursuivre les recherches (p. ex., examiner la fréquence de la violence sexuelle pendant l’enfance, les relations entre la victime et l’agresseur et les différences entre les hommes victimes de violence sexuelle qui ont fait une fugue et ceux qui n’en ont pas fait).

JARVINEN, M. Of Vice and Women: Shades of Prostitution, Helsinki, Finlande, Universitietsforlaget, 1993.

Avant le début des années 1980, la prostitution n’était pas considérée comme une question suscitant de vives préoccupations chez les autorités à Helsinki en Finlande. En 1984, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a publié un bref rapport sur la prostitution dont la conclusion était que le commerce du sexe ne constituait pas un problème social étendu. (La Loi sur le vagabondage a par la suite été abrogée dans les cas où la prostitution était considérée comme étant à «petite échelle» et non problématique. Selon l’auteure, l’abrogation de la loi a eu peu d’effet sur la prévalence du commerce du sexe.) Cependant, dans son livre, l’auteure révèle deux périodes de l’histoire de la Finlande où les questions associées à la prostitution étaient prises au sérieux : le début des années 1900 et, dans les années 1950 et 1960, période où les questions liées à la prostitution chez les jeunes ont suscité une attention particulière. À partir des données officielles (police), Jarvinen montre comment la prostitution est un phénomène social. «Le commerce du sexe est un reflet direct de la structure selon les sexes de notre société. Les transactions entre la prostituée et ses clients ne diffèrent pas sur le plan qualitatif des relations hétérosexuelles “normales” et acceptées». L’auteure soutient que les lois sur la prostitution ont toujours servi à contrôler les prostituées en particulier, et les femmes en général.

JESSON, J. «Understanding adolescent female prostitution: A literature review», British Journal of Social Work, vol. 23, 1993, p. 517-530.

Les travailleurs sociaux passent de plus en plus de temps avec les jeunes filles qui ont été victimes de violence sexuelle et les jeunes qui se prostituent. Par conséquent, les travailleurs des services à l'enfance doivent comprendre la dynamique pertinente pour prodiguer des conseils sur les pratiques sexuelles sans risque et la protection personnelle. L’auteure de ce rapport procède à une analyse documentaire de la prostitution chez les adolescentes pour un ministère des services sociaux. Diverses explications de la pratique de la prostitution chez les jeunes filles sont présentées, allant des facteurs pathologiques et psychologiques aux aspects sociaux plus généraux. L’auteure conclut qu’il y a relativement peu d’études britanniques sur la prostitution chez les adolescentes et qu’il n’y a aucune étude sur les jeunes filles confiées aux services sociaux et la prostitution. Il faut effectuer d’autres travaux de recherche pour informer les spécialistes des services sociaux au sujet de l’élaboration de politiques et de stratégies pour faire face à la prostitution chez les adolescentes.

JIWANI, Y. et BROWN, S. Trafficking and Sexual Exploitation of Girls and Young Women: A Review of Select Literature and Initiatives, Feminist Research, Education, Development and Action Centre (FREDA), 1999.

Les divers efforts déployés à l’échelle internationale par des organismes non gouvernementaux et des groupes de pression ont accru la sensibilisation à l’exploitation sexuelle des jeunes femmes. Ce rapport porte sur la question de l’exploitation sexuelle des jeunes femmes et des jeunes filles dans un contexte international. Les auteures décrivent les facteurs qui contribuent à la vulnérabilité des femmes et des jeunes filles à l’exploitation et à la violence sexuelles, y compris la pauvreté, la violence et la dépréciation des femmes et des jeunes filles. Comme le font remarquer les auteures, le Congrès mondial contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales a déterminé que les facteurs suivants contribuent à l’exploitation sexuelle : les disparités économiques, les structures socio-économiques inéquitables, les familles dysfonctionnelles, le manque d’éducation, le consumérisme croissant, l’exode rural vers les villes, la discrimination fondée sur le sexe, le comportement sexuel irresponsable des hommes, les pratiques traditionnelles préjudiciables, les conflits armés et le trafic des enfants. La littérature canadienne fait ressortir trois catégories de femmes et de jeunes filles qui sont vulnérables au trafic et à l’exploitation sexuelle des enfants : le trafic dans le cadre du commerce du sexe international; l’exploitation des travailleurs migrants et l’importation de jeunes filles et de femmes dans le cadre de mariages par correspondance. Les auteures soutiennent qu’il est important d’offrir à celles qui veulent cesser de se prostituer le soutien et les services nécessaires. Nombre de jeunes filles victimes d’abus sexuels et qui font l’objet d’un trafic sont des fugueuses ou des fugueuses qui se livrent à la prostitution de rue pour survivre. Un grand nombre de jeunes de la rue ont peu de possibilités d’emploi, d’instruction et de logement. La prostitution devient donc un moyen de subsistance. Les auteures proposent de poursuivre les recherches en effectuant des études sur les stratégies d’emploi efficaces des jeunes, l’évaluation de services propres à chaque sexe et qui ne portent pas de jugement ainsi que la mise en œuvre de programmes contre la violence, le sexisme et le racisme dans les écoles.

JOHNSON, T. «Self-reported risk factors for AIDS among homeless youth», AIDS Education Prevention, vol. 8, 1996, p. 308-322.

Cette étude porte sur les comportements des jeunes itinérants de Chicago qui risquent d’être infectés par le VIH. Au total, 196 entrevues auprès de jeunes itinérants ont eu lieu dans 10 refuges et 5 secteurs de la rue pour obtenir des données sur les facteurs associés aux activités à risques en matière de VIH. Quatre-vingt-sept pour cent des répondants ont admis au moins un des facteurs de risque suivants : partenaires sexuels multiples, partenaires à risque élevé, utilisation non régulière du condom, antécédents de maladies transmises sexuellement, relations sexuelles anales, prostitution et(ou) utilisation de drogues injectables. La participation à ces activités à risque élevé était associée au fait d’être de sexe masculin, d’avoir des besoins personnels non satisfaits, d’être interrogé dans la rue et d’avoir déjà été victime de violence sexuelle. L'auteur suggère plusieurs initiatives pour réduire la participation à des activités qui risquent de causer une infection par le VIH : réduire la nécessité pour les jeunes de participer à des activités illicites pour obtenir un revenu; prendre des mesures pour répondre à leurs besoins de base; renseigner les jeunes sur les services existants et offrir des programmes pour diminuer et prévenir la violence sexuelle à l’endroit des enfants.

JOSEPH, C. «Scarlet wounding: Issues of child prostitution», Journal of Psychohistory, vol. 23, 1995, p. 2-17.

L’auteure veut accroître la sensibilisation à l’égard de la prostitution chez les enfants en faisant état de son expérience personnelle, de questions pertinentes associées à la prostitution chez les enfants et de renseignements historiques. En plus de décrire son expérience sur la scène de boîtes de nuit (établissements qui ont recours aux enfants comme prostitués), l’auteure examine l’incidence de la prostitution chez les enfants, du tourisme sexuel, de la pornographie juvénile ainsi que des réseaux d'exploitation sexuelle et des cultes sexuels. Elle fait également l’historique de la prostitution enfantine, de l’époque babylonienne à l’époque victorienne. L’auteure conclut que la prostitution chez les enfants est un problème humain très troublant qu’il faut résoudre par la compassion et la protection des enfants.