l'Initiative de lutte contre la violence familiale

RECUEIL DES PRATIQUES PROMETTEUSES VISANT À RÉDUIRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES AUTOCHTONES AU CANADA ET À ACCROÎTRE LEUR SÉCURITÉ –ANNEXE AU RECUEIL : DESCRIPTIONS DÉTAILLÉES DES PRATIQUES

INTERACTIONS AU SEIN DES COLLECTIVITÉS

Application de la loi

Nom du programme :

RCMP Aboriginal Domestic Violence Program

Organisme :

Services de police autochtones et interculturels de la GRC

Lieu :

12 réserves micmaques desservies par la GRC en Nouvelle‑Écosse

Groupe cible :

Agents de la GRC qui travaillent dans les collectivités autochtones.

Personne-ressource :

Gendarme Walter Denny

Téléphone :

S/O

Courriel :

walter.denny@rcmp-grc.gc.ca

Site Web :

www.rcmp-grc.gc.ca/ns/

Aperçu du programme
Historique :

Le poste d’agent de liaison autochtone – violence conjugale à la GRC a été créé en 2010 en tant que priorité pour combler les lacunes dans la prestation des services de police dans les cas de violence familiale et pour offrir un service coordonné et constant aux victimes de violence conjugale et à leur famille.

Description du programme
Buts et objectifs :

Informer les agents de la GRC des problèmes de violence familiale et des politiques communautaires dans les collectivités autochtones et leur fournir une formation à cet égard. La mise en place du programme est le fruit de l’engagement de la GRC à l’égard des principes et des pratiques en matière de services de police communautaires et de la conviction que, pour réussir, les services de police doivent être représentatifs de la population qu’ils desservent.

Méthodes traditionnelles et autochtones :

Le programme s’est servi des enseignements micmacs dans la conception de cinq modules de formation constituant le volet éducatif de la formation des policiers devant enquêter sur des affaires de violence familiale chez les Autochtones. Dans la mesure du possible, les services de police offerts aux Autochtones et aux membres des Premières Nations sont fournis en langue micmaque. À noter, le cours distinct de la GRC sur les perceptions autochtones fait appel à des Aînés autochtones et comporte des cérémonies traditionnelles et des cérémonies de la suerie.

Composantes du programme :

Les participants travaillent en collaboration avec les analystes des politiques autochtones, les agents de liaison communautaire et les membres des services de police interculturels pour former des membres des services de police communautaires dans les collectivités autochtones. L’agent de liaison offre de la formation continue en matière de violence conjugale aux partenaires régionaux qui travaillent dans le système de justice, y compris les membres du personnel du ministère de la Justice du Canada de même que les employés de la GRC et les bénévoles. Il organise d’importantes rencontres avec des représentants des services de police communautaires et de la fonction publique pour accroître la sensibilisation aux problèmes de violence familiale dans la collectivité micmaque. L’approche globale de gestion des cas adoptée dans ce dossier est largement acceptée par les fournisseurs de services micmacs dont l’objectif est de réduire les cas de violence familiale.

Fonctionnement des services :

Les services sont fournis sur place pour faciliter la formation. Les services fournis à la collectivité à la suite de cette formation sont offerts dans les collectivités desservies par la GRC.

Financement :

Le financement est fourni par l’entremise des initiatives de police communautaire de la GRC.

Partenaires et intervenants
Participation des groupes cibles :

Les services de police communautaires sont intégrés dans les collectivités autochtones. Des réunions de consultation ont lieu régulièrement avec les dirigeants communautaires et les représentants élus des collectivités autochtones. On y présente les commentaires reçus verbalement ou par écrit, qui comprennent la fréquence des plaintes et les résultats des enquêtes criminelles menées dans les collectivités des Premières Nations. Des membres de la GRC et l’agent de liaison autochtone mettent en œuvre d’importantes mesures de prévention et de sensibilisation, créent des forums communautaires et mettent en place des initiatives d’éducation du public et d’intervention. De plus, par l’entremise de l’Eskasoni Community Action Coalition Against Family Violence, les différents intervenants et l’agent de liaison autochtone – violence conjugale sont réunis pour travailler en étroite collaboration avec les responsables des programmes et des services de guérison familiale en milieu micmac et les membres du réseau de soutien juridique micmac.

Partenaires :

La Gignoo Transition House du Nouveau‑Brunswick, le Mi’kmaw Family and Children’s Service Family Healing Program, la Native Alcohol and Drug Abuse Counselling Association, le Mi’kmaw Legal Support Network, la Transition House Association of Nova Scotia, le Mi’kmaw Men’s Intervention Program, La Nova Scotia Native Women’s Association; les Mi’kmaw Victim Services; ainsi que le Forum tripartite Micmac, Nouvelle‑Écosse et Canada.

Autres collaborations :

La GRC travaille aussi en étroite collaboration avec les collectivités qu’elle a été formée pour desservir.

Renseignements sur l’évaluation du programme
Évaluation :

Une évaluation a été réalisée.

Principales conclusions de l’évaluation :

Des évaluations sont effectuées régulièrement à l’interne par la GRC pour déterminer l’efficacité du programme. Cependant, pour des raisons de confidentialité, les évaluations de ce type ne sont généralement pas accessibles aux organisations externes. Il n’y a habituellement pas d’évaluation externe officielle des programmes de la GRC à moins que la GRC ou l’un des organismes partenaires n’en fasse expressément la demande.

Résultats du programme
Indicateurs de succès :

La réussite du programme se mesure par l’évaluation du nombre de membres qui travaillent dans ces collectivités et du nombre de ces membres qui ont reçu la formation requise fournie par l’agent de liaison autochtone – violence conjugale.

Réalisations :

Mise en œuvre d’un plan de travail efficace et exhaustif, auquel la GRC a adhéré et qui vise à s’attaquer à la priorité nationale d’accroître la sécurité dans les collectivités. Plus de 200 intervenants auprès des partenaires violents dans toute la Nouvelle‑Écosse ont été formés par l’agent de liaison autochtone – violence conjugale. Depuis le début du programme, une baisse des cas à haut risque de létalité a été observée et des indications donnent à penser que beaucoup de victimes de violence conjugale ont réussi à avoir accès aux services disponibles.

Enjeux :

En raison du taux de roulement élevé, il faut régulièrement former de nouveaux membres de la GRC. Difficultés liées au fait de surmonter les perceptions des membres de la collectivité micmaque. Problème de ressourcement en raison du nombre peu élevé de postes d’agent de liaison autochtone. Il y a encore des cas de violence conjugale et familiale et les services de soutien aux familles sont insuffisants. Les politiques de confidentialité nuisent à la communication efficace de l’information et, par conséquent, empêchent une gestion de cas coordonnée, en temps opportun.

Renseignements utiles à la reproduction du programme
Conseils sur la reproduction :

Le programme peut être reproduit tant dans la GRC que dans un autre service de police qui voudrait le mettre en place. Les cinq modules de formation sur la gestion de cas coordonnée en matière de violence conjugale chez les Autochtones peuvent facilement être donnés dans d’autres unités de la GRC, d’autres services de police, de même que dans d’autres organismes de services communautaires. La formation liée au programme pourrait être donnée annuellement et pourrait aussi faire partie de toutes les formations liées aux enquêtes et à la culture. Si d’autres provinces ou territoires envisagent la mise en œuvre d’une initiative de lutte contre la violence conjugale chez les Autochtones comme celle qui a été mise en place dans les 12 collectivités micmaques en Nouvelle‑Écosse, une attention particulière devrait être accordée au processus de consultation et de collaboration pour s’assurer la pleine adhésion et la pleine participation de la collectivité autochtone. La mise en œuvre d’un tel programme est tributaire du soutien et de l’appui de la collectivité, et tous les efforts doivent être déployés pour s’assurer que les membres du personnel connaissent les interventions et les pratiques adaptées à la culture et qu’ils ont une bonne connaissance des services offerts dans la collectivité autochtone.

Ressources :

Une bonne équipe de personnel permanente et à long terme est nécessaire pour entretenir une relation de confiance avec les collectivités.

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