Recueil de recherches sur les victimes d’actes criminels, no 9

Approches tenant compte des traumatismes et de la violence pour le soutien des victimes de violence : dimensions stratégiques et pratiques

Par Pamela Ponic, Colleen Varcoe et Tania Smutylo

Dre Pamela Ponic est analyste principale des politiques en matière de prévention de la violence familiale au sein de l’Agence de la santé publique du Canada.

Dre Colleen Varcoe est professeure à l’École des sciences infirmières de l’Université de la Colombie‑Britannique, qui offre un programme de recherche sur la violence et les inégalités.

Tania Smutylo, M. Serv. Soc., est analyste des politiques en matière de prévention de la violence familiale au sein de l’Agence de la santé publique du Canada.

Les répercussions traumatisantes de la violence ont des effets à long terme sur les victimes, que la violence soit d’actualité ou qu’elle appartienne au passé. Lorsque les systèmes et les fournisseurs de services qui travaillent avec des victimes de violence ne comprennent pas les répercussions complexes et durables de la violence et des traumatismes, ils risquent de causer encore plus de dommages. Par exemple, chaque fois qu’un adulte ou un enfant raconte une nouvelle fois son histoire de maltraitance pour obtenir de l’aide auprès des nombreux systèmes de services, il y a un risque de nouveau traumatisme (Herman, 2003; Valpied et collab., 2014). Les approches tenant compte des traumatismes sont des politiques et des pratiques concernant la prestation de services et l’exécution de programmes qui, surtout lorsqu’elles tiennent également compte de la violence, visent à minimiser les préjudices pour les victimes de violence et à favoriser la guérison et la justice.

Au cours des 10 à 15 dernières années, il y a eu un mouvement pour élaborer et mettre en œuvre des politiques et des pratiques tenant compte des traumatismes dans les secteurs travaillant directement avec les personnes touchées par la violence, notamment dans le domaine de la santé, surtout en lien avec les secteurs de la santé mentale et de l’abus de substances (Covington, 2008; Savage et collab., 2007), de la justice, du logement, de la lutte contre la violence et du travail social (Strand et collab., 2015; Hopper, Bassuk et Oliver, 2010; Herman, 2003; Dechief et Abbott, 2012). Ce mouvement a pris forme en grande partie en réponse à une compréhension croissante des liens entre la violence, les traumatismes, les effets négatifs en santé physique et mentale et les problèmes d’abus de substances, ainsi qu’en rapport avec la nécessité de rendre les systèmes plus réactifs aux besoins des personnes confrontées à ces défis (Poole et Greaves, 2012). La mise en œuvre d’approches tenant compte des traumatismes à l’échelle des secteurs fournit un cadre conceptuel commun qui rehausse les efforts visant à élaborer des réponses multisectorielles intégrées pour les enfants et les adultes. Ces approches créent également des occasions pour les systèmes, et pour ceux qui travaillent en leur sein, d’améliorer les services qu’ils fournissent aux personnes touchées par la violence.

Les approches tenant compte des traumatismes reposent sur une compréhension fondamentale des répercussions de la violence et des traumatismes sur la vie, la santé et le comportement des gens (Covington, 2008; Elliot et collab., 2005). Lesdites approches requièrent des changements fondamentaux dans le mode de conception des systèmes, dans le mode de fonctionnement des organismes, ainsi que dans le mode d’engagement des prestataires de services auprès des victimes. Les approches tenant compte des traumatismes sont relationnelles; elles reconnaissent que les expériences des individus face à la violence ont trait à la manière dont les systèmes y répondent. Par exemple, les circonstances vécues par une personne (notamment sur le plan des revenus, du logement et de l’accès à des transports et à des services de garde d’enfants sécuritaires) influencent aussi bien leur exposition à la violence que leur capacité et volonté à solliciter des services de soutien. Des services accessibles et tenant compte des traumatismes peuvent atténuer ces influences. Les approches tenant compte des traumatismes reconnaissent aussi que chaque comportement souvent associé à la victimisation – notamment les problèmes d’abus de substances ou la future perpétration d’abus – est lié à un traumatisme (Watt et Scrandis, 2013; Danielson et collab., 2009; Hedtke et collab., 2008). En intégrant les compréhensions des traumatismes dans tous les éléments de la politique et de la pratique, les approches tenant compte des traumatismes accordent la priorité à la sécurité émotionnelle et physique des victimes, et elles facilitent le contrôle des victimes et leurs réponses par rapport à la violence. Cette intégration se fonde également sur leurs points forts et permet le rétablissement (Régie provinciale de la santé de la Colombie‑Britannique, 2013).

Comprendre le traumatisme

Le traumatisme est à la fois l’expérience d’un événement ou d’une série d’événements extrêmement négatifs et une réponse à ces événements, qu’il s’agisse de violence interpersonnelle, de perte personnelle, de guerre ou de catastrophe naturelle. Dans le contexte de la violence, les traumatismes peuvent être aigus (découlant d’un événement unique) ou complexes (découlant d’expériences répétées de violence interpersonnelle ou systémique). Les traumatismes peuvent modifier la neurobiologie humaine : la fonction cérébrale et la fonction du système nerveux changent. Même si ces changements neurobiologiques ne sont pas nécessairement permanents, ils peuvent persister s’ils ne sont pas pris en charge de façon appropriée. Les changements neurobiologiques découlant des traumatismes peuvent modifier le comportement tant chez les enfants que chez les adultes (Green et collab., 2015). Par exemple, les épreuves défavorables au cours de l’enfance, notamment diverses formes de maltraitance, ainsi que l’exposition à la violence ou l’alcoolisme d’un partenaire intime, peuvent avoir des effets neurobiologiques à long terme et sont associées à un large éventail d’effets négatifs, y compris le stress, l’anxiété, la dépression et l’abus de substances (Anda et collab., 2006; Felitti et Anda, 2010; Cloitre et collab., 2009). Les traumatismes complexes peuvent également se répercuter sur le développement des enfants; ils peuvent nourrir une incapacité à gérer des émotions difficiles (la colère, par exemple) ou à nouer des liens appropriés avec leurs proches (Haskell, 2012). Ces effets négatifs peuvent se poursuivre à l’âge adulte. De la même manière, tout au long de la vie, l’expérience d’un racisme interpersonnel et systémique (par exemple, des schémas de discrimination qui limitent l’éducation, l’emploi et l’accès au logement) peut également modifier les schémas neurobiologiques, qui peuvent avoir des répercussions profondes sur la santé et le bien-être mentaux et physiques (Krieger et collab., 2011).

Les changements neurobiologiques chez les personnes qui vivent des traumatismes complexes comprennent une réaction aux menaces potentielles pour la sécurité comme si elles étaient réelles, qu’elles le soient ou non (Van der Kolk, 2000). Ce type de réaction peut créer des associations tenaces entre les événements traumatisants et des sensations, des émotions ou des processus cognitifs particuliers. Les facteurs déclencheurs sont des événements externes qui recréent ces associations traumatisantes; dans certains cas, les situations qui semblent inoffensives et sans lien peuvent activer des facteurs déclencheurs, ce qui crée un sentiment accablant de menace lié aux expériences violentes passées. Même les services, pratiques et politiques bien intentionnés peuvent activer des facteurs déclencheurs qui entraînent un nouveau traumatisme (Harris et Fallot, 2001). Par exemple, le fait de toucher une personne sans avertissement ou permission peut déclencher une réaction neurophysiologique de lutte ou de fuite.

Dans les approches tenant compte des traumatismes, les personnes qui apportent des services de soutien comprennent que toute personne qu’ils rencontrent peut avoir été victime de violence avec des effets traumatisants. Elles comprennent que les états émotionnels (comme la dépression, l’anxiété, la colère, la dissociation, la difficulté de concentration, la crainte et la distraction) et les comportements (comme l’abus de substances, les comportements compulsifs et obsessionnels, les troubles alimentaires, l’automutilation, les comportements sexuels à risque élevé, les comportements suicidaires ou l’isolation) peuvent survenir, du moins en partie, à cause de ces expériences (Gutierres et Van Puymbroeck, 2006; Schäfer, 2009; Nadew, 2012). Il est important de transformer la question fondamentale « qu’est-ce qui ne va pas chez cette personne? » en « qu’est-il arrivé à cette personne? ». On tient compte de ce qui pourrait s’être produit et ce qui se passe peut-être chez la personne, ce qui peut se traduire par une différence notable dans la manière dont les personnes sont considérées et traitées, et dans la manière dont elles réagiront (Williams et Paul, 2008). Surtout, lesdites approches tiennent compte du fait que les personnes peuvent également évoluer à la suite d’expériences traumatisantes (Shakespeare-Finch et de Dassel, 2009; Glad et collab., 2013; Birkeland et collab., 2015; Katz et Gurtovenko, 2015).

Les prestataires de services travaillant directement avec les victimes sont exposés souvent et de façon répétée à des histoires d’expériences terrifiantes et inhumaines en matière de violence. Ces expériences peuvent entraîner des traumatismes par procuration (ou secondaires) avec des répercussions négatives sur la santé semblables à celles vécues par les victimes (Bartoskova, 2015; Hensel et collab., 2015; Middleton et Potter, 2015; Raunick et collab., 2015; van Mol et collab., 2015). Par exemple, les prestataires de services victimes de traumatismes par procuration peuvent souffrir de dépression, d’épuisement émotionnel, d’anxiété et de troubles du sommeil (Cohen et Collens, 2013). Les répercussions négatives des traumatismes par procuration sont associées à des problèmes en matière d’emploi tels que les taux de roulement élevés (Cieslak et collab., 2014; Middleton et Potter, 2015). Les traumatismes par procuration peuvent également se manifester par le déclenchement des réactions décrites précédemment. Les approches tenant compte des traumatismes prennent en considération les traumatismes par procuration en appuyant activement et intentionnellement les pratiques axées sur le bien-être et l’autonomie en matière de santé des prestataires de services qui sont exposés de façon répétée à des histoires de violence et de traumatismes. Qui plus est, lorsqu’ils sont bien soutenus, les prestataires de services peuvent également connaître la compassion, la satisfaction et l’évolution lorsqu’ils travaillent avec des victimes (Cohen et Collens, 2013; Abel et collab.; 2014, Hyatt-Burkhart, 2014).

D’une approche tenant compte des traumatismes à une approche tenant compte des traumatismes et de la violence

Récemment, des spécialistes dans le domaine ont réclamé un virage linguistique important en faisant référence à cette approche comme une politique et pratique tenant compte des traumatismes et de la violence, au lieu d’utiliser seulement l’expression « approche tenant compte des traumatismes » (Browne et collab., 2015). Ce virage linguistique fait ressortir les actes de violence et leur incidence traumatisante sur les victimes (et les distingue d’autres sources de traumatismes, notamment les catastrophes naturelles). Il permet d’insister sur le fait que les différentes expériences de violence continuelle et passée vécues par une personne sont la cause du traumatisme, et il évite de voir la situation comme un problème touchant seulement l’état psychologique d’une personne. Étant donné que ce point de vue met l’accent sur l’établissement de pratiques et de politiques sécuritaires, il encourage les occasions pour les prestataires de services de prévenir et de limiter les préjudices, et de prendre des mesures à tous les niveaux : dans leurs propres pratiques, au sein de leurs organismes et, d’une manière plus large, dans la société. Bien que les prestataires de services ne puissent pas influencer les événements passés et les répercussions de ces événements sur les victimes, ils peuvent chercher à limiter l’exposition à une violence continuelle et à réduire les facteurs déclencheurs et les effets potentiellement traumatisants des services.

Ce virage linguistique permet aussi une compréhension plus élargie des expériences des personnes par rapport à la violence et aux traumatismes. Tout particulièrement dans le cas d’un traumatisme complexe, les histoires de violence comprennent généralement des expériences interreliées de violence interpersonnelle et systémique. Pour de nombreuses victimes, la violence interpersonnelle est continuelle; elle peut être intergénérationnelle et liée à des contextes historiques plus larges. Par exemple, la violence familiale et d’autres formes de violence interpersonnelle dans les collectivités autochtones ont été liées à des histoires de colonisation, notamment les pensionnats, le système des réserves et les pratiques courantes dans le domaine de la protection de l’enfance (Brownridge, 2008; Daoud et collab., 2013; Pedersen, Malcoe et Pulkingham, 2013). Les effets persistants et continus des pensionnats illustrent la manière dont les systèmes peuvent perpétuer la violence et les traumatismes, par exemple par l’intermédiaire de taux d’incarcération plus élevés des populations autochtones par rapport aux populations non autochtones (Narine, 2012). Alors que les systèmes modernes peuvent être moins flagrants dans leur perpétration de la violence, les politiques et les pratiques peuvent continuer d’engendrer de nouveaux traumatismes et préjudices pour les victimes, parfois de manière subtile et par inadvertance. La discrimination, la marginalisation et la stigmatisation demeurent une expérience d’actualité pour de nombreuses personnes au sein de systèmes tels que la protection de l’enfance, les soins de santé et la justice pénale.

Considérations liées au genre et à la culture

Les expériences et les effets de la violence sont extrêmement sexospécifiques. Bien que les hommes soient les victimes les plus courantes de la violence, en incluant la violence armée (Organisation mondiale de la Santé, 2011), les femmes portent le plus lourd fardeau de la violence familiale, et les hommes sont le plus couramment auteurs d’actes de violence (Statistique Canada, 2013). En 2013, 80 % des cas signalés de violence conjugale avaient été commis contre des femmes (Statistique Canada, 2015). Les taux de la plupart des formes de violence envers les enfants (c’est-à-dire une exposition psychologique ou physique à la violence d’un partenaire intime) sont semblables pour les garçons et les filles, sauf dans le cas des abus sexuels, où les taux sont plus élevés chez les filles (18 %) que chez les garçons (7,6 %) (Stoltenborgh et collab., 2011). Les filles sont également plus exposées à un risque de pratiques nocives, notamment les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés, ainsi que la violence soi‑disant fondée sur l’honneur et l’excision (Garcia-Moreno, Guedes et Knerr, 2012; Maryum Anis, Shalini Konanur et Mattoo, 2013; Muhammad, 2010). Les personnes transgenres subissent des taux alarmants de violence; un sondage mené récemment au Canada a révélé que 65 % des personnes se disant transgenres avaient été victimes de violence domestique (Wathen, MacGregor et MacQuarrie, 2015).

Les victimes sont également confrontées à des obstacles sexospécifiques à la divulgation et à l’accès au soutien, c’est-à-dire que l’on inculque plus fortement aux hommes et aux garçons qu’il faut éviter de demander de l’aide et garder silence (Vogel et collab.; 2011, Sierra Hernandez et col., 2014). Les personnes transgenres sont d’ailleurs confrontées à de nombreuses formes concomitantes de discrimination (Logie et collab., 2012; Bauer et collab., 2015). Les personnes qui sont victimes de violence envers les enfants font face à des risques accrus de violence interpersonnelle à l’âge adulte; les garçons sont plus susceptibles de commettre des actes de violence et les filles sont plus susceptibles de devenir des victimes (Abramsky et collab., 2011; Radford et collab., 2013, Sigurdardottir, Halldorsdottir et Bender, 2014). Étant donné ces différences, une optique sexospécifique est requise pour adopter des réactions tenant compte des traumatismes et de la violence face à la violence qui soient non sexistes et appropriées.

Les approches tenant compte des traumatismes et de la violence cadrent avec les efforts visant à établir des politiques et des pratiques plus sécuritaires d’un point de vue culturel, et elles sont soutenues par lesdits efforts. La sécurisation culturelle est une approche visant à travailler à l’échelle des nombreuses différences (notamment les différences ethniques) qui met moins l’accent sur le fait que les prestataires de services doivent apprendre à connaître les autres pour plutôt rendre les pratiques, les politiques et les environnements de services plus sécuritaires pour tous, indépendamment de la culture exprimée ou présumée (Varcoe et Browne, 2015; Kirmayer, 2013). De façon importante, la transition vers des approches tenant compte des traumatismes et de la violence est parallèle à la transition vers la sécurisation culturelle; toutes deux imposent aux systèmes la responsabilité de modifier les politiques et les pratiques en créant des occasions pour les responsables des politiques et les prestataires de services d’optimiser le soutien aux victimes.

Dans l’optique de la sécurisation culturelle, les prestataires de services tiennent compte de la façon dont les relations de pouvoir et les réalités sociales, économiques, politiques et historiques dans la vie des personnes influencent leur comportement. C’est particulièrement impératif dans le contexte canadien. Au Canada, les populations autochtones sont exposées à de nombreuses formes de désavantages et de marginalisation, y compris des taux disproportionnellement élevés de victimisation et de racisme systémique omniprésent, qui peuvent décourager l’accès aux services. Les femmes autochtones sont trois fois plus susceptibles que les femmes non autochtones d’être victimes de violence familiale (Statistique Canada, 2011), et quatre fois plus susceptibles d’être assassinées ou enlevées (Gendarmerie royale du Canada, 2014). L’héritage permanent de la maltraitance dans les pensionnats ainsi que dans les services de placement en famille d’accueil et d’adoption, contribue également à la violence intergénérationnelle (McKenzie et collab., 2016) et constitue un exemple de la manière dont les systèmes de colonisation ont perpétué des actes de violence contre les peuples autochtones.

Il est également important de tenir compte de la sécurisation culturelle au moment de soutenir les nouveaux arrivants et d’autres populations venant de cultures non occidentales. Les membres de ces populations peuvent être confrontés à des suppositions quant à la manière dont leur culture contribue aux actes et aux expériences en matière de violence, et ces suppositions font obstacle aux services et mécanismes de soutien efficaces. Par exemple, les prestataires de services peuvent supposer que les femmes qui appartiennent à certaines communautés ethniques et qui vivent une expérience de violence avec un partenaire intime sont bien soutenues par leurs communautés, alors qu’en réalité, elles peuvent craindre d’être ostracisées ou véritablement l’être lorsque vient le moment de demander de l’aide et de divulguer un cas de maltraitance (Roger, Brownridge et Ursel, 2015; Thurston et collab., 2013). Les réfugiés ont probablement été exposés à diverses formes de violence (Guruge, Roche et Catallo, 2012; Bogic, Njoku et Priebe, 2015; Kirmayer et collab., 2011). Tel qu’il est souligné par Pottie et collab., « les réfugiés, qui sont par définition déplacés de force, courent le plus grand risque d’avoir été exposés par le passé à des conditions de vie nocives, à des actes de violence et à des traumatismes » (Pottie et collab., 2011, E827); on déduit de cette constatation qu’ils ont grandement besoin de services tenant compte des traumatismes et de la violence qui soient sécuritaires d’un point de vue culturel.

Approches tenant compte des traumatismes et de la violence : principes et stratégies

Les approches tenant compte des traumatismes et de la violence visent à transformer les politiques et les pratiques selon une compréhension des répercussions de ces traumatismes et de cette violence sur la vie et le comportement des victimes. Le tableau 1 présente les principes clés et des exemples de stratégies de mise en œuvre sur le plan organisationnel et auprès des prestataires de services. On peut les utiliser dans bon nombre de secteurs divers, notamment la justice, la santé, la lutte contre la violence, le travail social et le logement.

Dans le domaine de la santé publique et dans d’autres contextes de services sociaux, nous soutenons que la divulgation des antécédents d’une personne en matière de violence et de traumatismes n’est pas nécessaire pour la prestation de services d’excellente qualité. Bien que la divulgation soit souvent nécessaire dans le contexte de la justice, les objectifs des approches tenant compte des traumatismes et de la violence consistent à fournir une sécurité émotionnelle, physique et culturelle pour tous, peu importe si certains antécédents de victimisation sont connus ou non. L’intégration de ces principes et stratégies dans les systèmes crée des « précautions universelles pour les traumatismes » qui réduisent les préjudices et offrent un soutien positif à tous (Raja et collab., 2015). Il est important de voir les traumatismes et les réactions violentes sur un continuum. À une extrémité du continuum, les approches tenant compte des traumatismes et de la violence se concentrent sur la minimisation du risque que les systèmes de services causent des préjudices en déclenchant des traumatismes et en traumatisant encore une fois, de même que sur la création d’environnements de soutien qui procurent un bénéfice universel tant aux victimes qu’aux prestataires de services. À l’autre extrémité du continuum, les approches tenant compte des traumatismes s’efforcent de traiter les traumatismes et les résultats de santé connexes de façon réfléchie par l’entremise de modalités de soins de santé précises, notamment la psychothérapie ou les interventions en douleur chronique (Poole et Greaves, 2012). Dans bien des cas, desapproches précises nécessitent une certaine compréhension des antécédents d’une personne en matière de traumatismes et de violence, afin de pouvoir adapter le traitement à ces expériences. Les approches tenant compte des traumatismes peuvent être mises en œuvre à grande échelle, mais elles doivent être renforcées par une approche multisectorielle grâce à laquelle on peut adresser des personnes à des services de psychiatrie légale, par exemple, ou à certaines formes de services de soins de santé ou de logement.

Tableau 1 : Principes et stratégies des approches tenant compte des traumatismes et de la violenceNote de bas de la page 1
Principes Stratégies organisationnelles/politiques Stratégies individuelles/des prestataires de services
1. Comprendre le traumatisme et la violence, ainsi que leurs répercussions sur la vie et le comportement des personnes.
  • Créer des structures, des politiques et des processus organisationnels qui favorisent une culture organisationnelle fondée sur la compréhension des traumatismes et de la violence, par exemple par l’entremise de pratiques d’embauche et de systèmes de récompenses.
  • Former l’ensemble du personnel à propos des liens entre la violence et les traumatismes ainsi que les résultats de santé et les comportements, y compris les traumatismes par procuration.
  • Écouter et croire les expériences de la victime : « Cette expérience semble horrible ».
  • Affirmer/valider : « Personne ne mérite... ».
  • Reconnaître la force : « Vous avez vraiment survécu à beaucoup de choses... ».
  • Exprimer sa préoccupation : « Je suis vraiment inquiet pour votre sécurité... ».
2. Créer des environnements psychologiquement et physiquement sûrs pour les clients et les fournisseurs de services.
  • Participer à l’aménagement d’un environnement de services sécuritaire, notamment des procédures d’admission et un affichage accueillants, des lieux physiques confortables, l’attention à la confidentialité.
  • Demander l’avis des clients pour des stratégies inclusives et sécuritaires.
  • Apporter un soutien aux prestataires de services courant un risque de traumatisme par procuration et faciliter leur autonomie en matière de santé (par exemple, soutien des pairs, contrôles réguliers avec un superviseur, programmes de soins autogérés).
  • Ne pas porter de jugement, de façon à ce que les personnes se sentent valorisées, comprises, reconnues et acceptées.
  • Nourrir un sentiment de lien pour renforcer la confiance.
  • Fournir des renseignements clairs et des attentes prévisibles au sujet des programmes.
3. Favoriser des possibilités de choix, de collaboration et d’établissement de rapports.
  • Former le personnel à l’introspection critique sur les différences de pouvoir entre les prestataires de services et les clients.
  • Communiquer ouvertement.
  • Transmettre des réponses ne portant pas de jugement.
  • Fournir des choix quant aux préférences en matière de traitement et de service.
  • Tenir compte des choix de façon collaborative.
  • Pratiquer l’écoute active de façon à privilégier la voix des clients.
4. Offrir une approche basée sur les forces et le renforcement des capacités pour appuyer l’acceptation et la résilience des clients.
  • Fournir suffisamment de temps et de ressources pour favoriser l’établissement d’un rapport véritable entre le prestataire de services et le client.
  • Fournir des options de programme qui adaptent les interventions en fonction des besoins, des points forts et des milieux des personnes.
  • Soutenir une culture organisationnelle axée sur l’intelligence émotionnelle et l’apprentissage social, et former le personnel à ces disciplines.
  • Aider les clients à cerner leurs forces au moyen de techniques telles que la technique d’entrevue motivationnelle (une technique de communication qui améliore l’engagement et la responsabilisation).
  • Reconnaître les effets des conditions historiques et structurelles.
  • Enseigner et modéliser les compétences destinées à reconnaître les éléments déclencheurs, à calmer, à se centrer et à rester présent, y compris des compétences appropriées du point de vue du développement pour les enfants et les jeunes.

Conclusion

L’évolution des systèmes vers de nouveaux paradigmes de politiques et de pratiques, notamment les approches tenant compte des traumatismes et de la violence, la sécurisation culturelle et l’inclusivité des deux sexes, prend du temps et nécessite des changements graduels. Pour que cette transformation soit efficace, il faut de la patience et une approche stratégique à l’égard des changements à l’échelle des systèmes. Cependant, cette démarche peut avoir de nombreux avantages. Premièrement, elle donne aux systèmes et aux prestataires de services l’occasion de créer un système de soutien qui répond aux victimes d’une manière sécuritaire, empreinte de compassion et respectueuse; elle a ainsi une influence plus positive sur la vie des clients et du personnel. Deuxièmement, elle fournit une plateforme de soutien commune et uniforme à l’échelle de plusieurs systèmes de services (santé, justice, logement, etc.) qui apportent un soutien aux personnes victimes de violence. Troisièmement, comme les expériences passées en ce qui concerne la violence et les traumatismes alimentent les cycles d’abus, y compris, tel qu’il a été mentionné, les cycles intergénérationnels, un système de réponse multisectoriel solide peut aider à briser ces cycles et à prévenir la violence continuelle et future. Enfin, et plus important encore, les approches tenant compte des traumatismes et de la violence serviront mieux tout un chacun en réduisant les préjudices et en créant de meilleures possibilités de rétablissement et de justice.

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