Obstacles à l’accès aux services

Pour de nombreuses personnes noires ayant survécu à la violence armée ou endeuillées par un homicide, s’orienter parmi les renseignements relatifs à leurs droits et aux formes de soutien offertes dans le système de justice pénale représente un défi important, d’autant plus que cette information n’est pas toujours communiquée de manière proactive. Cette approche repose sur des considérations légitimes liées à la protection de la vie privée des victimes et aux pratiques tenant compte des traumatismes, notamment la reconnaissance du fait qu’une communication non sollicitée peut elle-même être traumatisante (Illingworth et Ferrera, 2021). Or, cette façon de faire peut imposer un lourd fardeau aux personnes touchées qui doivent déjà composer avec un traumatisme aigu, le deuil et une méfiance systémique. Elle met en évidence la nécessité de mettre en place des modèles de communication souples, guidés par les personnes touchées par l’homicide ou la violence armée et adaptés aux besoins et à la situation de chacun. Des recherches menées auprès de personnes noires endeuillées par un homicide indiquent également que l’accès à des fournisseurs de services aux antécédents culturels similaires ou qui possèdent une solide compréhension des expériences culturelles des communautés noires peut être essentiel à la participation et à la guérison (Sharpe, Aqil, et coll., 2024). La littérature sur les homicides établit clairement que le deuil est profondément influencé par les valeurs culturelles, les croyances spirituelles, les structures familiales et les traditions communautaires (Sharpe, 2008). Le soutien est donc souvent moins efficace lorsque les fournisseurs ne comprennent pas ces dimensions culturelles du deuil et du rétablissement. Dès lors, les services adaptés à la culture et éclairés par celle-ci doivent être considérés comme un élément fondamental de l’accès équitable aux services pour les personnes noires ayant survécu à la violence armée et celles endeuillées par un homicide.