Résultats

Au total, 15 incidents de victimisation de masse ont été inclus dans le présent rapport : l’attentat à la bombe à bord du vol 182 d’Air India (1985), la fusillade à l’École Polytechnique (1989), la catastrophe de la mine Giant (1992), la tragédie de Vernon (1996), la fusillade à Mayerthorpe (2005), la fusillade à Ottawa (2014), la fusillade à Edmonton (2014), la fusillade à Moncton (2014), les agressions au couteau à Calgary (2014), le triple féminicide du comté de Renfrew (2015), la fusillade à la mosquée de Québec (2017), l’attaque au camion-bélier à Toronto (2018), la fusillade de masse en Nouvelle-Écosse (2020), l’attaque à la voiture-bélier à London (2021) et les agressions au couteau dans la Nation crie de James Smith (2022). Ces événements ont été inclus puisqu’ils répondaient à tous les critères d’inclusion. Il convient de noter que le présent rapport ne comprend pas tous les incidents de victimisation de masse survenus au Canada au cours des 50 dernières années, mais seulement ceux qui répondaient à tous les critères d’inclusion visés.

Ces incidents, aussi tragiques soient-ils, ont mis en lumière de précieux renseignements qui pourraient permettre de 1) prévenir plus efficacement de futurs incidents de victimisation de masse, et 2) mettre en place des stratégies pour mieux aider les victimes à l’avenir.

Incidents de victimisation de masse et leçons apprises

Cette section répond aux questions clés suivantes :

L’annexe A contient un tableau des recommandations et des leçons apprises de chaque incident.

Attentat à la bombe à bord du vol 182 d’Air India (1985)

L’attentat à la bombe à bord du vol 182 d’Air India a été l’attaque terroriste aérienne la plus meurtrière avant le 11 septembre 2001. Le 23 juin 1985, une bombe a explosé à bord d’un avion décollant de Montréal, au Canada, à destination de Delhi, en Inde. L’explosion a tué les 329 personnes à bord, dont 268 citoyens canadiens (Sécurité publique Canada, 2022). L’attentat à la bombe a été perpétré par des extrémistes sikhs, soupçonnés d’être affiliés à Babbar Khalsa, une organisation militante sikhe. Il a été commis en représailles pour l’opération Blue Star, une opération militaire indienne de 1984 visant à déloger les militants du Temple d’Or d’Amritsar. Le principal suspect était Talwinder Singh Parmar, ainsi qu’Inderjit Singh Reyat, la seule personne reconnue coupable dans cette affaire (Sécurité publique Canada, 2022).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Dans le cadre d’une commission d’enquête publique (l’enquête), l’honorable John C. Major (2010) a reconnu que le gouvernement du Canada et ses organismes n’étaient pas préparés à un attentat terroriste à la bombe en 1985. Par conséquent, l’enquête et les procédures judiciaires qui ont suivi l’attentat ont été marquées par de nombreuses erreurs et mauvaises décisions, notamment :

L’enquête a permis de formuler de nombreuses recommandations pour aider à prévenir d’autres manquements semblables (Major, 2010). Voici les principales recommandations :

L’enquête a également permis de formuler de nombreuses recommandations visant précisément à améliorer la sûreté aérienne (Major, 2010). Voici certaines de ces recommandations :

  1. Amélioration de la surveillance de la sûreté de l’aviation au Canada par les moyens suivants :
    • Respect des normes internationales de l’aviation civile.
    • Établissement et mise en œuvre d’un Programme national de sûreté de l’aviation civile.
    • Coordination entre toutes les entités de l’industrie et du gouvernement responsables de l’aviation civile.
    • Évaluation continue des menaces contre l’aviation civile, mise en œuvre de mesures, de politiques et de pratiques de sûreté efficaces et établissement d’une culture de sensibilisation à la sûreté.
    • Examen de la sûreté aérienne tous les cinq (5) ans.
  2. Amélioration de la gestion des risques par les moyens suivants :
    • Adoption par Transports Canada d’un protocole national de gestion des risques.
    • Examen annuel du régime de sûreté de l’aviation civile par le ministre des Transports.
    • Prévention des lacunes dans la sûreté de l’aviation civile.
    • Promotion d’une culture de sensibilisation à la sûreté et de vigilance constante par Transports Canada et les autres responsables de la sûreté de l’aviation civile.
  3. Amélioration du recours au renseignement en demandant à Transports Canada de fournir de l’information opportune, pertinente et exploitable aux intervenants de l’aviation civile.
  4. Amélioration de la sécurité des aéroports par les moyens suivants :
    • Amélioration du contrôle des non-passagers.
    • Amélioration de la sécurité du périmètre.
    • Fouille de tous les véhicules entrant dans les zones côté piste et réglementées aux aéroports de catégorie 1.
    • Mise en œuvre de la carte d’identité de zone réglementée dans les aéroports.
    • Amélioration des politiques et des procédures de Transports Canada régissant les habilitations de sécurité en matière de transport.
    • Élaboration et mise en œuvre de mesures de sécurité pour protéger les aires publiques des aéroports.
  5. Amélioration du contrôle des passagers et des bagages.
  6. Évaluation continue de la technologie de contrôle et utilisation accrue des chiens détecteurs d’explosifs.
  7. Utilisation efficace des agents de contrôle et des entrepreneurs qualifiés afin d’assurer un contrôle de haute qualité.
  8. Mise en œuvre d’un système complet de contrôle du fret aérien pour le transport.
  9. Élaboration d’un système d’alerte publique pour les menaces contre les compagnies aériennes.
Stratégies axées sur les victimes

L’absence de mesures et de leadership axés sur les victimes à la suite de l’attentat à la bombe à bord du vol 182 d’Air India a mis en évidence un manque de communication, de soutien et d’intention envers les victimes (Major, 2010). La récupération des dépouilles des victimes a été difficile et, dans de nombreux cas, incomplète. De plus, l’identification et la réclamation des corps ont été mal gérées, ce qui a causé davantage de traumatismes à de nombreuses familles (Centre canadien de ressources pour les victimes de crimes, s.d.). L’enquête a conclu que « le gouvernement a traité avec peu d’égards les familles des victimes de l’attentat » (Major, 2010, p. 40) et que le gouvernement canadien semblait « tenir davantage à se justifier et à nier ses torts, détournant ainsi son attention de la souffrance et des besoins des familles » (Major, 2010, p. 40). La commission a également conclu que le gouvernement du Canada avait traité à tort les victimes comme des ennemis (Major, 2010).

Par conséquent, le commissaire de la GRC de l’époque, William Elliot, a fait remarquer pendant l’enquête que cet événement a démontré que la GRC doit améliorer ses communications avec le public et les familles des victimes (Major, 2010, p. 55). Dans les années 1990, la GRC a engagé un dialogue avec des groupes représentant les familles des victimes et a tenu des réunions pour discuter de l’enquête.

En outre, des mesures ont été prises pour soutenir les victimes et les familles. En voici quelques exemples :

Major (2010) souligne qu’il faut demeurer à l’affût des risques potentiels tels que les réactions défavorables de la communauté, l’intensification de la violence et les tensions. Ces questions devraient faire l’objet d’une surveillance étroite et d’une approche proactive afin d’assurer la sécurité et le bien-être de toutes les parties concernées (c.-à-d. les victimes, les témoins, les membres de la communauté, etc.), surtout pendant les procédures judiciaires ou les enquêtes.

Fusillade à l’École Polytechnique (aussi connu sous le nom de la tuerie de Montréal, 1989)

Le 6 décembre 1989, Marc Lépine est entré à l’École Polytechnique armé d’un fusil semi-automatique et d’un couteau de chasse. En une vingtaine de minutes, il a assassiné 14 femmes et blessé 14 autres personnes (10 femmes et 4 hommes) avant de se suicider. Dans sa lettre de suicide, M. Lépine a explicitement exprimé sa haine envers les femmes, en particulier celles évoluant dans des domaines traditionnellement dominés par les hommes, comme l’ingénierie. Ses actions ont été considérées comme un acte de violence misogyne et de terrorisme antiféministe (Boileau, 2000).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

La tragédie de l’École Polytechnique a donné lieu à des initiatives sociales et législatives majeures :

Malgré les progrès réalisés depuis la fusillade de 1989, l’Union des Associations des Professeurs des Universités de l’Ontario (UAPUO) signale que la violence fondée sur le genre persiste et que les menaces se multiplient sur les campus universitaires canadiens, surtout contre les groupes marginalisés. Par conséquent, l’UAPUO recommande ce qui suit :

Catastrophe de la mine Giant (1992)

En 1992, la section locale 4 des Travailleurs canadiens de l’automobile de la mine Giant à Yellowknife, dans les Territoires du Nord-Ouest, était en grève contre le propriétaire de la mine, Royal Oak Mines inc. Les manifestations concernaient des questions telles que les salaires, la sécurité d’emploi et les conditions de travail. La décision de l’entreprise de faire appel à des travailleurs de remplacement a alimenté les tensions et intensifié le conflit. Le 18 septembre 1992, une bombe posée dans un tunnel souterrain a explosé, tuant neuf travailleurs de remplacement alors qu’ils descendaient dans la mine pour leur quart de travail. Le dispositif avait été déclenché par un fil-piège. En 1995, Roger Warren, un ancien mineur et gréviste, a avoué avoir posé la bombe (Foot, 2016).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

À la suite de l’attentat à la bombe à la mine Giant en 1992, les survivants et les familles des victimes ont poursuivi en justice l’entreprise de sécurité de la mine, le gouvernement territorial et le syndicat, affirmant qu’ils avaient fait preuve de négligence et n’avaient pas empêché la tragédie. En réponse, le juge Thomas A. Cromwell de la Cour suprême du Canada a réalisé une analyse exhaustive de l’affaire (Cour suprême du Canada, 2010).

Si la majorité des conclusions de la Cour portaient sur les questions de responsabilité, le jugement a également abordé des stratégies de prévention potentielles, particulièrement en ce qui concerne le rôle des inspecteurs des mines (Cour suprême du Canada, 2010) :

Au moment de l’incident, la Loi sur la sécurité dans les mines traitait principalement des risques liés à une défaillance de l’équipement ou à des conditions de travail dangereuses. Elle ne s’appliquait pas explicitement aux actes criminels tels que la violence pendant les grèves (Cour suprême du Canada, 2010). Par conséquent, les inspecteurs n’étaient pas légalement tenus d’intervenir ou de prévenir les menaces de violence dans la mine. Ils se concentraient uniquement sur les préoccupations en matière de sécurité des opérations minières. À la suite de l’attentat à la bombe, on cherche à élargir le mandat des inspecteurs pour inclure la surveillance de toute conduite – que ce soit de la part de la direction, de collègues ou de tiers – qui pourrait compromettre la sécurité des travailleurs (Cour suprême du Canada, 2010).

Tragédie de Vernon (1996)

Le 5 avril 1996, Mark Chahal est entré dans une résidence à Vernon, en Colombie-Britannique, et a assassiné son ex-épouse, Rajwar Gakhal, ainsi que huit membres de sa famille. Il s’est ensuite suicidé dans un motel qui est maintenant fermé. Avant l’incident tragique, Mme Gakhal avait déjà signalé la violence physique que lui infligeait son ex-époux à la police et à son entourage (Global News, 2013).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Une enquête sur la tragédie de Vernon a donné lieu à 29 recommandations aux gouvernements provincial et fédéral, à la police et à d’autres groupes (Ministère du Procureur général (C.-B.), 1996). Voici quelques-unes des recommandations :

Fusillade à Mayerthorpe (2005)

Le 3 mars 2005, quatre agents de la GRC ont été tués par balle à Mayerthorpe, en Alberta, lors d’une opération liée à une installation de culture de marijuana et à un véhicule volé sur une propriété rurale appartenant à James Roszko. M. Roszko possédait un lourd historique de violence, de menaces et d’interactions avec les forces de l’ordre. La GRC avait sécurisé la propriété la veille de l’incident et la surveillait en attendant les prochaines étapes de l’enquête. À leur insu, M. Roszko était retourné à sa propriété tôt le matin, sans être détecté. Vers 10 heures, il a tendu une embuscade aux agents, les abattant tous les quatre avec un fusil semi-automatique avant de se suicider (Pahl, 2011).

Leçons apprises

Stratégies axées sur les victimes

Dans le rapport à la suite de l’incident qu’il a présenté au ministre de la Justice et au procureur général de l’Alberta en vertu de la Loi sur les enquêtes médico-légales, le juge en chef adjoint Daniel R. Pahl a recommandé que la GRC mette sur pied un groupe des interventions médicales d’urgence (GIMU) qui permettrait l’ajout d’ambulanciers paramédicaux formés aux équipes d’intervention d’urgence (EIU) de la GRC. Cette mesure permettrait d’assurer une assistance médicale rapide aux agents blessés lors d’opérations à risque élevé, ce qui pourrait sauver des vies lors d’incidents futurs (Pahl, 2011).

Stratégies axées sur la prévention

Dans son rapport, le juge Pahl a également formulé plusieurs recommandations pour éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise. Il recommande entre autres que la GRC (Pahl, 2011) :

Agressions au couteau de Calgary ou tragédie de Brentwood (2014)

Le 15 avril 2014, alors qu’il assistait à une fête privée, l’étudiant universitaire Matthew de Grood a pris un grand couteau et a poignardé à mort cinq camarades de classe. Lors de son procès en mai 2016, M. de Grood a été déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux (schizophrénie) qui ont déclenché un épisode psychotique au moment de l’agression (Conlon, 2014).

Leçons apprises

Stratégies axées sur les victimes

L’Université de Calgary a mis en œuvre des mesures pour répondre aux besoins en santé mentale de sa communauté après les événements du 15 avril 2014. Comme l’ont souligné le recteur et le vice-chancelier de l’Université (Cannon, 2015), ces mesures comprenaient ce qui suit :

Stratégies axées sur la prévention

À la suite des agressions au couteau de Calgary, l’Université de Calgary (Université de Calgary, 2021) a mis en œuvre des stratégies conçues pour empêcher des événements similaires de se reproduire ou pour réduire les préjudices causés lors d’un tel incident.

Fusillade à Moncton (2014)

Le 4 juin 2014, à Moncton, au Nouveau-Brunswick, Justin Bourque, âgé de 24 ans, a lancé une attaque ciblée contre des agents de la GRC. Sur une période d’environ 28 heures, M. Bourque a tiré sur cinq agents : trois sont tués et deux sont blessés. Les actions de M. Bourque étaient alimentées par un ressentiment envers le gouvernement et un désir d’inciter la population à se révolter contre ce qu’il percevait comme un gouvernement canadien oppresseur. Le 6 juin, M. Bourque a été appréhendé puis condamné à 75 ans de prison sans possibilité de libération conditionnelle (GRC, 2014a).

Leçons apprises

Stratégies axées sur les victimes

Après la fusillade, la GRC a mis en place un large éventail de services de soutien pour les personnes directement touchées (GRC, 2014a; GRC, 2014b; GRC, 2016). Reconnaissant que l’événement a eu d’importantes conséquences psychologiques, la GRC a mis sur pied plusieurs initiatives pour fournir un soutien émotionnel immédiat et à long terme.

Stratégies axées sur la prévention

Le rapport MacNeil, un examen indépendant dirigé par le juge Michel P. MacNeil, a mis en évidence plusieurs points à améliorer dans la réponse de la GRC à la fusillade (GRC, 2014a; GRC, 2014b; GRC, 2017), notamment :

Fusillade à Ottawa (2014)

Le 22 octobre 2014, Michael Zehaf-Bibeau a abattu par balle le caporal Nathan Cirillo, un militaire canadien qui montait la garde au Monument commémoratif de guerre du Canada. M. Zehaf-Bibeau est ensuite entré dans l’édifice du Centre du parlement canadien et a ouvert le feu, blessant deux personnes et semant le chaos. Le Service de protection parlementaire et la GRC sont intervenus rapidement et ont finalement abattu M. Zehaf-Bibeau. Il s’est avéré par la suite que l’agresseur connaissait des difficultés personnelles, notamment des problèmes financiers, et qu’il montrait des signes de radicalisation. Certaines sources ont indiqué qu’il avait exprimé un intérêt pour les idéologies extrémistes, bien que les raisons précises de son attaque n’aient jamais été entièrement déterminées (Goldmeier, 2023).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Après la fusillade, une série de mesures éducatives et de sécurité ont été mises en œuvre pour améliorer la prévention et la sécurité publique.

Mesures éducatives : Le centre de recherche pour les libertés civiles de l’Alberta (Alberta Civil Liberties Research Centre, ACLRC) a élaboré un programme intitulé Délaisser le blâme (Beyond Blame) à l’intention des élèves du secondaire dans le but de réduire les préjugés, de prévenir les crimes haineux et de promouvoir la compréhension des diverses croyances qui existent au sein des communautés ethniques et religieuses (ACLRC, 2017). Le programme :

Mesures de sécurité : Le Service de protection de la Chambre des communes a procédé à un examen exhaustif de ses procédures de sécurité en 2015 (Chambre des communes, 2015). L’examen a révélé que de nombreuses pratiques exemplaires ont été suivies, mais il a également permis de cerner des points où des améliorations importantes s’imposent. Les mesures suivantes ont été mises en œuvre :

De plus, l’analyse après action de la GRC (2015) a relevé les limites suivantes en matière de préparation et de prévention, sur lesquelles se sont appuyées les recommandations formulées par la suite :

Fusillade de masse à Edmonton (2014)

La fusillade de décembre 2014 à Edmonton, perpétrée par Phu Lam, a entraîné la mort de huit personnes, dont la femme, l’enfant et plusieurs autres membres de la famille de M. Lam. L’attaque était le point culminant tragique d’un long cycle de violence familiale. L’agresseur avait des antécédents documentés de violence familiale, y compris des menaces et une agression physique plus tôt cette année-là, qui ont ultimement mené aux meurtres (Family Violence Death Review Committee (FVDRC), 2021).

Leçons apprises

Stratégies axées sur les victimes

Cet incident a mis en évidence les graves conséquences de la violence familiale et a attiré de nouveau l’attention sur les limites des systèmes de soutien actuels, en particulier pour les familles immigrantes qui peuvent avoir des conceptions culturelles différentes de la violence et moins de ressources pour demander de l’aide. Par la suite, le gouvernement de l’Alberta et divers organismes ont entrepris un examen pour analyser les événements qui ont mené à la fusillade (FVDRC, 2021). Les activités visaient ce qui suit :

Stratégies axées sur la prévention

Dans le cadre de l’enquête élargie, le FVDRC (2021) a souligné l’importance de l’éducation du public comme outil de prévention. Il a formulé les recommandations suivantes :

Triple féminicide du comté de Renfrew (2015)

Le 22 septembre 2015, Basil Borutski a assassiné trois femmes – qui étaient toutes d’anciennes partenaires intimes – dans le comté de Renfrew, en Ontario. M. Borutski avait des antécédents avérés de violence entre partenaires intimes (VPI), de violations de probation et de condamnations antérieures. L’incident a mis en évidence d’importants problèmes systémiques dans la surveillance et la gestion des délinquants à risque élevé. Une enquête du coroner tenue en juin 2022 a permis d’examiner les événements qui ont mené aux meurtres et d’émettre 86 recommandations visant à prévenir de futures tragédies liées à la VPI Lanark County Interval House and Community Support (LCIH), s.d.).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

La tragédie du comté de Renfrew a donné lieu à une multitude de stratégies axées sur la prévention, notamment les suivantes (Coroner en chef de l’Ontario, 2022) :

Mesures visant les auteurs de VPI :

Stratégies axées sur les victimes

La tragédie du comté de Renfrew a donné lieu à une multitude de stratégies axées sur les victimes, notamment les suivantes (Coroner en chef de l’Ontario, 2022) :

Fusillade à la mosquée de Québec (2017)

Le 29 janvier 2017, Alexandre Bissonnette a ouvert le feu pendant la prière du soir au Centre culturel islamique de Québec : il a tué six hommes et en a blessé cinq autres. Bissonnette a fui les lieux, mais s’est rendu peu de temps après. Il a ensuite été condamné à la prison à vie. L’attentat, largement décrié en tant qu’acte de terrorisme, a été motivé par l’opposition de Bissonnette à l’immigration et aux musulmans, sous l’influence d’idéologies d’extrême droite (Plante, 2018).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Le gouvernement du Canada a mis sur pied le Plan d’action canadien de lutte contre la haine à la suite d’une série d’attentats terroristes et de crimes motivés par la haine, notamment l’attentat à la mosquée de Québec, l’attaque au camion-bélier à Toronto et l’attentat terroriste à London (gouvernement du Canada, 2024). Le Plan jette les bases de la prévention et de la lutte contre la haine dans les collectivités canadiennes et il comporte trois priorités : i) pilier 1 : Donner les moyens aux communautés de détecter et de prévenir la haine; ii) pilier 2 : Soutenir les victimes, les survivantes et les survivants et protéger les communautés; iii) pilier 3 : Bâtir la confiance des communautés, les partenariats et la capacité institutionnelle (gouvernement du Canada, 2024).

Pour prévenir les crimes motivés par la haine, comme celui perpétré à la mosquée de Québec, le Plan d’action prévoit les mesures suivantes :

Stratégies axées sur les victimes

Le pilier 2 du Plan d’action canadien de lutte contre la haine, lancé en 2024, reconnaît l’existence de lacunes et d’incohérences dans les services offerts aux victimes ainsi qu’aux survivantes et survivants de crimes motivés par la haine et offre à ces derniers ainsi qu’aux communautés des ressources pour composer avec la haine et lutter contre celle-ci. Exemples de stratégies axées sur les victimes :

Attaque au camion-bélier à Toronto (2018)

Le 23 avril 2018, Alek Minassian a délibérément conduit une fourgonnette de location sur les trottoirs de la rue Yonge, dans la région de North York à Toronto (Rozdilsky et Snowden, 2021). En une dizaine de minutes, il a heurté de nombreux piétons : il a ainsi tué 10 personnes et en a blessé 16 autres. Les victimes étaient principalement des femmes. Minassian était associé au mouvement « incel » (de l’anglais involuntary celibate, ou « célibataire involontaire »), une sous-culture en ligne reconnue pour ses opinions misogynes. Il avait déjà fait l’apologie d’autres assaillants et affirmé qu’il souhaitait d’être l’étincelle qui provoquerait le « soulèvement des incel ». Il a été arrêté le jour même de l’attaque (Rozdilsky et Snowden, 2021).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Dans leur analyse de l’attaque de Toronto, Rozdilsky et Snowden (2021) ont évalué la vulnérabilité des lieux à ce genre d’attaque. Plus précisément, ils indiquent que l’aménagement urbain peut jouer un rôle crucial dans la prévention. En se servant de la liste de vérification du FBI au sujet du terrorisme, ils ont constaté que l’aménagement de la rue Yonge, avec ses larges trottoirs dégagés et peu d’obstacles physiques, en avait fait une « cible facile » et contribué à la gravité de l’attaque. Ils ont recommandé de mettre en œuvre des stratégies de prévention du crime au moyen de l’aménagement du milieu pour « consolider » les cibles potentielles et réduire leur vulnérabilité. Rozdilsky et Snowden ont souligné le processus d’aménagement urbain adopté par Saskatoon, en Saskatchewan, qui comprend 14 principes de la prévention du crime par l’aménagement du milieu, à savoir la territorialité, la surveillance naturelle, le contrôle de l’accès, l’entretien, les intérêts divergents des groupes d’usagers, le soutien des activités, les endroits propices à la criminalité, les différentes vocations des terrains, les prédicteurs de mouvement, le déplacement, la cohésion, la connectivité, les capacités et la culture.

Stratégies axées sur les victimes

À la suite de l’attaque au camion-bélier de Toronto, le Centre canadien de ressources pour les victimes de crimes (le Centre) a souligné la nécessité d’offrir rapidement aux victimes et à leur famille du soutien axé sur les traumatismes, compte tenu des répercussions émotionnelles, psychologiques, physiques et financières que de tels événements peuvent entraîner (le Centre, 2019). Par conséquent, le Centre a recommandé que les collectivités préparent des plans complets d’aide aux victimes qui :

Bien que cela ne soit pas directement en lien avec l’attaque de Toronto, le Centre (2018) a mis en exergue le document de l’Office for Victims of Crime (2004) des États-Unis qui traite des pratiques exemplaires de préparation aux crises, d’intervention immédiate et d’intervention à long terme.

Fusillade de masse en Nouvelle-Écosse (2020)

La fusillade de masse survenue en 2020 en Nouvelle-Écosse est la tuerie la plus meurtrière de l’histoire du Canada. Cette fusillade s’est déroulée sur une période de 13 heures les 18 et 19 avril 2020 et a coûté la vie à 22 personnes. Gabriel Wortman a lancé son attaque le 18 avril à Portapique, en Nouvelle-Écosse, en provoquant des incendies et en abattant plusieurs victimes. Le lendemain, le 19 avril, Wortman, déguisé en policier et au volant d’une réplique de véhicule de la GRC, a ciblé d’autres victimes dans la province. Wortman a finalement été abattu par la GRC à Enfield, en Nouvelle-Écosse. La plupart des victimes ont été choisies au hasard, bien que certaines avaient déjà eu des liens avec l’agresseur. Si les motivations exactes du tueur demeurent inconnues, nombreux sont ceux qui estiment que ses antécédents de violence familiale auraient été un facteur (Rozdilsky et Snowden, 2021; Hill, 2022).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Une commission d’enquête publique indépendante, la Commission des pertes massives, a été chargée d’enquêter sur la fusillade de masse en Nouvelle-Écosse et formuler des recommandations en vue d’améliorer la sécurité publique. Le rapport final (le rapport) de quelque 3 000 pages a été rendu public. Les recommandations de la Commission recoupent plusieurs thèmes. Ci-dessous figurent les recommandations pertinentes pour chacun de ces thèmes.

Prévention de la violence : Le rapport fournit des recommandations pour lutter contre la violence fondée sur le sexe et d’ajouter aux interventions en cas de pertes massives des stratégies de lutte contre la violence fondée sur le sexe (Cunliffe, 2023). Comme le souligne Cunliffe, des données probantes montrent que les auteurs d’actes de violence de masse présentent souvent des antécédents de violence entre partenaires intimes (VPI), ce qui suggère qu’il serait possible d’anticiper de telles tragédies lorsque des signaux d’alarme sont déclenchés en amont. Dans son rapport (2023), la Commission des pertes massives recommande :

Sécurité et bien-être des communautés : Le rapport appelle à la transition vers une approche collaborative en faveur de la sécurité et du bien-être des communautés canadiennes (Sécurité publique Canada, 2024). Les recommandations suggèrent d’adopter des approches intégratives pour la sécurité des communautés ainsi que pour améliorer la préparation aux situations d’urgence et la coordination entre les secteurs en cas de crise (Sécurité publique Canada, 2024). Le rapport comprend les recommandations suivantes à cet effet (Commission des pertes massives, 2023) :

Politiques de contrôle des armes à feu : Comme l’indique le rapport, les antécédents de comportements violents et intimidants de l’agresseur et l’acquisition illégale d’armes à feu ont envoyé de nombreux signaux d’alarme et donné lieu à des occasions manquées de prévention et d’intervention (Sécurité publique Canada, 2024). Le rapport souligne que le régime actuel de contrôle des armes à feu au Canada doit être évalué conjointement avec les autres aspects des systèmes de sécurité publique et communautaire et présente les recommandations suivantes (Sécurité publique Canada, 2024; Commission des pertes massives, 2023) :

Stratégies axées sur les victimes

De nombreuses recommandations ont été formulées concernant les stratégies axées sur les victimes à la suite de la fusillade en Nouvelle-Écosse.

Réforme des services de police pour soutenir les victimes : Le rapport appelle les corps policiers à apporter des changements fondamentaux dans leur manière de structurer et de fournir leurs services (Sécurité publique Canada, 2024). Parmi ces changements, le rapport présente des recommandations visant à soutenir les survivants et les personnes touchées par une tuerie de masse (Commission des pertes massives, 2023). La Commission recommande que :

Réforme du travail des services de police auprès des victimes : En plus des recommandations quant au travail auprès des survivants et des personnes touchées et quant à leur soutien, le rapport recommande de procéder à une réforme systémique qui améliorerait les capacités des services de police à travailler avec les survivants et les personnes touchées et à les soutenir lors de tueries de masse (Commission des pertes massives, 2023). La Commission recommande :

Santé mentale dans les collectivités : Le rapport présente des recommandations visant à favoriser la santé mentale de la population canadienne dans le contexte des tueries de masse, mais aussi de manière générale (Commission des pertes massives, 2023). La Commission recommande :

Comme le souligne Cunliffe (2023), le manque de confiance envers les forces de l’ordre, le scepticisme généralisé envers les témoignages des femmes et la connaissance insuffisante des traumatismes au sein des services de police comptent parmi les principaux obstacles qui empêchent les victimes de signaler la violence fondée sur le sexe et la violence entre partenaires intimes. Voici quelques recommandations pour surmonter ces obstacles :

Dans son rapport d’expert présenté dans le cadre des travaux de la Commission des pertes massives, Schildkraut (2022) décrit notamment les mesures formelles et informelles suivantes pour soutenir les communautés touchées par un événement ayant entraîné des pertes massives :

Attaque à la voiture-bélier à London (2021)

Le 6 juin 2021, Nathaniel Veltman a délibérément foncé avec sa camionnette sur une famille musulmane à London, en Ontario. Quatre membres de la famille ont été tués, tandis qu’un garçon de 9 ans a survécu, mais a été grièvement blessé. Veltman a été arrêté peu de temps après et plus tard condamné à cinq peines d’emprisonnement à vie. L’incident a été largement condamné comme un acte de terrorisme motivé par l’islamophobie et a suscité de nombreux appels en faveur de mesures plus rigoureuses pour lutter contre les crimes motivés par la haine et protéger les communautés religieuses au Canada (Riess, 2021).

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

À la suite de la fusillade à la mosquée de Québec en 2017 et de l’attaque à la voiture-bélier à London en 2021, la Chambre des communes du Canada a présenté plusieurs recommandations visant à prévenir les crimes motivés par la haine, en mettant particulièrement l’accent sur la protection de la communauté musulmane (Chambre des communes, 2024). En voici quelques-unes :

Attaques au couteau dans la Nation crie de James Smith (2022)

Le 4 septembre 2022, Myles Sanderson a mené une série d’attaques au couteau en faisant du porte-à-porte dans la Nation crie de James Smith et le village de Weldon, en Saskatchewan. Ce carnage a fait 11 morts et 17 blessés (gouvernement du Canada, 2024B). Myles Sanderson avait des antécédents d’agressions violentes et était un délinquant fédéral en liberté d’office dans la collectivité. Il s’agit de l’une des pires attaques au couteau au Canada. Le Service des coroners de la Saskatchewan (2024) a mené deux enquêtes sur l’événement. De plus, la Commission des libérations conditionnelles du Canada et le Service correctionnel du Canada ont convoqué un Comité d’enquête national mixte.

Leçons apprises

Stratégies axées sur la prévention

Le Service des coroners de la Saskatchewan (2024) a publié un rapport sur les conclusions du jury qui recommandait les mesures suivantes pour prévenir d’autres décès semblables :

Service correctionnel du Canada :

Ministère de la Sécurité publique du Canada :

GRC :

Nation crie de James Smith :

Le Bureau du coroner en chef de la Saskatchewan (2024) a également publié les recommandations suivantes afin de prévenir des décès semblables :

GRC :

Commandant de la Division F de la GRC :

Commandant de l’Équipe d’exécution des mandats et de répression de la GRC :

Commandants des détachements de la GRC :

Dirigeants de la Nation crie de James Smith ou juge désigné :

Commandant du détachement de Melfort de la GRC et dirigeants de la Nation crie de James Smith :

Service correctionnel du Canada :

Service correctionnel du Canada et la Commission des libérations conditionnelles du Canada (la Commission) ont convoqué un comité national mixte d’enquête afin qu’il : analyse les domaines d’enquête relatifs aux attaques au couteau qui ont eu lieu dans la Nation crie de James Smith; formule des recommandations pour améliorer les politiques et les pratiques de Service correctionnel Canada et de la Commission; et fasse valoir l’esprit ou la raison d’être des libérations conditionnelles (gouvernement du Canada, 2024B). Certaines de ces recommandations ont été caviardées et ne figurent pas dans la liste ci-dessous.

Service correctionnel du Canada :

La Commission :

Similitudes entre les tueries de masse

Bien que les contextes, les moyens employés et les motivations diffèrent dans le cas des quinze tueries de masse examinées dans le présent rapport, on peut en dégager des points communs. Derrière des particularités aussi diverses, quelles sont les similitudes entre ces événements et que peuvent-elles nous apprendre? Pour répondre à cette question, nous avons analysé trois questions récurrentes :

Nous présentons également des leçons apprises relativement au sexe et au genre, à l’identité culturelle et ethnique, à l’identité de genre, à l’identité autochtone et à l’âge.

Aperçu des recommandations et des leçons apprises sur les services aux victimes

Parmi les quinze incidents en question, plusieurs pratiques axées sur les victimes ont été systématiquement recommandées ou employées. Ces pratiques visaient à réduire au minimum les préjudices, à rétablir le pouvoir d’action des victimes et à favoriser leur rétablissement à long terme. Le tableau 3 résume ces stratégies.

Tableau 3 : Résumé des recommandations et des leçons apprises axées sur les victimes

Tableau 3 : Résumé des recommandations et des leçons apprises axées sur les victimes
Stratégie Explication Événements
Améliorer les communications entre les forces de l’ordre et les victimes pendant les enquêtes. Les communications doivent être rapides, transparentes et empreintes de compassion. La mauvaise gestion des enquêtes a retardé l’identification des victimes, causé la perte d’éléments de preuve et entraîné des manquements lorsque l’on faisait le point à l’intention des familles. La communication régulière de l’information (même en l’absence de nouvelle information) et la clarification des attentes à l’égard des communications à venir réduisent la détresse.
  • Attentat à la bombe à bord d’un vol d’Air India
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
  • Attaques au couteau dans la Nation crie de James Smith
Offrir de la formation aux forces de l’ordre et au personnel juridique afin de favoriser le traitement impartial et respectueux des victimes. Les événements ont révélé le besoin de formation sur la violence fondée sur le sexe (misogynie, idéologie incel, etc.) et sur le racisme (l’islamophobie, entre autres). L’incorporation de ces sujets à la formation pourra améliorer la sensibilisation et la capacité à s’adapter.
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
  • Fusillade à la mosquée de Québec
  • Triple meurtre dans le comté de Renfrew
Inclure les familles et les victimes dans le cadre de la prise de décision après les tragédies, notamment dans le cadre des enquêtes et de la planification des commémorations. La participation des survivants et des familles favorise la guérison, valide les expériences vécues, renforce la confiance du public et garantit la pertinence et l’efficacité des politiques.
  • Attentat à la bombe à bord d’un vol d’Air India
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
Améliorer la coordination entre les entités gouvernementales afin de réduire la confusion Des réponses fragmentées ont laissé les familles dans l’incertitude quant à savoir où elles pouvaient trouver de l’aide. L’établissement d’un seul et même point de contact central améliorera l’accès aux ressources et à l’information.
  • Fusillade à Edmonton
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
  • Fusillade à Ottawa
Donner rapidement accès à du soutien psychologique axé sur les traumatismes à la suite d’un incident Les retards et le manque de soutien ont aggravé les problèmes de santé mentale. La consultation rapide de thérapeutes, l’établissement de liens vers des ressources et les organismes de sécurité locaux peuvent atténuer les traumatismes.
  • Agression au couteau à Calgary
  • Attaque à Moncton
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
  • Attaque au camion-bélier à Toronto
  • Attaques au couteau dans la Nation crie de James Smith
Fournir du soutien à long terme adapté aux victimes et aux familles Le rétablissement est marqué par des difficultés prolongées sur les plans juridique, financier et psychologique. Il est donc essentiel d’offrir des services de soutien soutenu et flexible pour répondre aux besoins en évolution.
  • Attaque à Moncton
  • Attaque au camion-bélier à Toronto
  • Attaques au couteau dans la Nation crie de James Smith

Aperçu des recommandations et des leçons apprises sur la prévention

Les lacunes relevées dans les interventions des forces de l’ordre, la sensibilisation du public et la coordination systémique ont souvent éclairé les recommandations axées sur la prévention. Le tableau 4 résume les mesures connexes.

Tableau 4 : Résumé des recommandations et des leçons apprises axées sur la prévention

Tableau 4 : Résumé des recommandations et des leçons apprises axées sur la prévention
Mesure Explication Événements
Offrir une formation spécialisée qui comporte des mises en situation pour permettre aux forces de l’ordre d’intervenir en présence d’un tireur actif De nombreuses forces de police n’avaient pas la capacité de s’attaquer à des attaquants lourdement armés. Malgré l’interruption de l’entraînement au tir à la carabine, étant donné la persistance des armes à feu illégales, il faudrait rétablir la formation sur les interventions en présence d’un tireur actif, les unités tactiques et les équipes chargées des crimes motivés par la haine.
  • Attaque à Moncton
  • Tragédie à Mayerthorpe
  • Fusillade à Ottawa
  • Attaque à la voiture-bélier à London
  • Attaques au couteau dans la Nation crie de James Smith
Améliorer les mesures de sécurité dans les lieux publics, les milieux de travail et les transports Des lacunes sur le plan de la sécurité ont joué un rôle majeur : sécurité aéroportuaire (Air India); sécurité dans les mines (Westray); aménagement urbain (camion-bélier à Toronto); gestion des scènes de crime (Mayerthorpe). Le renforcement des protocoles pourrait prévenir des tragédies.
  • Attentat à la bombe à bord d’un vol d’Air India
  • Attentat à la bombe à la mine Giant
  • Attaque au camion-bélier à Toronto
  • Tragédie à Mayerthorpe
Améliorer les politiques et les procédures des forces de l’ordre pour améliorer la réactivité Les réponses tardives ou inadéquates étaient liées au profil des agresseurs (race, classe sociale, etc.). Les lacunes dans le filtrage, la formation et le suivi des plaintes dénotent la nécessité d’une réforme.
  • Massacre à Vernon
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
  • Attaque à la voiture-bélier à London
  • Attaques au couteau dans la Nation crie de James Smith
Élargir l’éducation du public et les campagnes sur la violence fondée sur le sexe, le racisme et la haine L’augmentation de la sensibilisation à ces questions, en particulier dans le cadre de programmes scolaires et d’activités de sensibilisation publique, pourra contribuer à prévenir la violence envers les femmes et les communautés racisées.
  • Fusillade à Ottawa
  • Fusillade à la mosquée de Québec
  • Tuerie à l’École polytechnique
  • Agression au couteau à Calgary
  • Attaque à la voiture-bélier à London
  • Triple meurtre dans le comté de Renfrew
Renforcer les processus de vérification et de délivrance des permis liés aux armes à feu et restreindre l’accès en présence de signes avant-coureurs Les événements passés montrent que les agresseurs avaient réussi à faire l’acquisition d’armes à feu même s’ils présentaient des signaux d’alarme (antécédents de violence familiale, armes illégales, etc.). Il faut donc renforcer les vérifications, l’application de la loi et les contrôles à la frontière.
  • Tragédie à Mayerthorpe
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse
  • Massacre à Vernon
Améliorer la communication et l’interopérabilité entre tous les ordres de gouvernement, la police et les organismes communautaires Les mauvaises communications ont entraîné des erreurs et la prise de mauvaises décisions lors d’événements, d’enquêtes et de procédures judiciaires.
  • Attentat à la bombe à bord d’un vol d’Air India
  • Fusillade de masse à Edmonton
  • Fusillade en Nouvelle-Écosse

Méthodes employées et tendances qui ressortent des événements

L’examen des méthodes employées lors des tueries de masse a permis de dégager des tendances claires :

Ces changements peuvent refléter des dynamiques sociales et politiques plus générales (plus grande accessibilité relative des armes et des véhicules, par exemple) ainsi que l’évolution des idéologies quant aux moyens de faire du mal et d’attirer l’attention du public.

Caractéristiques des agresseurs

Tous les agresseurs étaient des hommes, pour la plupart blancs (11 sur 15) et âgés entre 20 et 50 ans. La plupart ont agi seuls, sauf dans le cas de l’attentat coordonné sur le vol d’Air India.

Les motifs varient, mais on peut les regrouper dans les catégories suivantes :

Les événements ont également connu un dénouement différent. Dans certains cas, les agresseurs se sont enlevé la vie ou ont été tués pendant l’incident. D’autres ont été arrêtés, et dans le cas de l’attentat d’Air India, des suspects ont été accusés, mais n’ont finalement pas été reconnus coupables.

Dans trois des quatre événements impliquant des assaillants non blancs, ceux-ci ont commis des agressions contre leur famille avant de s’enlever la vie. Ces événements se distinguaient des autres en ce sens que les victimes étaient, en totalité ou en partie, des membres de la famille des agresseurs. Ces cas peuvent indiquer des différences culturelles quant à la façon dont la détresse et la violence se manifestent, en particulier lorsque la stigmatisation de la santé mentale, la dynamique familiale ou la violence familiale sont souvent peu signalées ou donnent lieu à des mesures insuffisantes. Il faut toutefois admettre que cette supposition se fonde sur un échantillon très faible, dans la mesure où la majorité des événements (11 sur 15) mettaient en cause des agresseurs blancs.

Caractéristiques des victimes

La plupart des victimes n’avaient aucun lien de parenté avec leur agresseur et ont été prises pour cibles dans des lieux publics, notamment dans des rues, des écoles et des lieux de travail.